Templiers

De Christ-Roi
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LE DEVOIEMENT DE L'ORDRE PAR DES RITES CABALISTICO-ESOTERIQUES

"L'affaire des Templiers est une des plus retentissantes de l'histoire.

Après sept siècles, on n'en est pas arrivé à déterminer avec certitude ce qu'il y a de vrai

  • dans les accusations qui s'élevèrent contre cet ordre militaire,
  • dans les arguments contre les procédés de Philippe le Bel et de Clément V,
  • dans les critiques du jugement et de la condamnation de l'Ordre.

Il faut cependant reconnaître que la documentation disponible sur cette célèbre affaire devrait permettre de porter un jugement serein et en quelque sorte définitif.

M. Michelet a réuni en deux grands volumes les documents les plus importants de cette grande cause, tels les interogatoires menés à Paris en 1307 par le tribunal de l'inquisition, puis toute la procédure des sept commissaires pontificaux d'août 1309 à mai 1311 (Michelet, Procès des Templiers, Paris, Imprimerie Royale, 1844-1851.)

Une masse de témoignages et d'aveux concordants à la charge des accusés

De ces procès, il ressort une masse si importante et si bien étudiée de témoignages et d'aveux concordants à la charge des accusés qu'il est impossible de douter, au moins en général, de la véracité des accusations, gravissimes pour la plupart, qui furent portées (La Civilta Cattolica, Rome 1866, Anno 17, vol. VII, p. 699.)

Les aveux ne furent pas arrachés sous la torture

Qu'on ne dise pas que les aveux furent arrachés sous la torture: le protestant Wilcke, dans l'Histoire des Templiers, et le même Michelet, directeur du Procès des Templiers, dont le témoignage n'est pas suspect..., attestent que

  • l'interrogatoire subi par le Grand Maître et par plus d'une centaine de chevaliers à Paris fut mené par les juges posément, non sans égards et sans douceur.
  • Il est tout aussi certain qu'aucun des cent quarante chevaliers qui furent examinés par l'inquisiteur Fray Imberto au cours du premier procès de 1307, aucun des soixante-deux chevaliers examinés par le Pape et les cardinaux à Poitiers, aucun des grands officiers de l'Ordre qui, en même temps que le Grand Maître, furent examinés par trois cardinaux à Avignon, aucun des deux cent trente et un chevaliers qui furent examinés par sept commissaires pontificaux à Paris entre août 1309 et mai 1311, aucun de tous ceux-là ne fut soumis à la torture (La Civilta Cattolica, Rome 1866, Anno 17, vol. VII, p. 702.)
  • Dans les interrogatoires, on n'exigeait d'eux rien d'autre que le serment de dire la vérité, et sur la foi de ce serment, on recevait toute leur déposition: "Ayant prêté serment de dire la pure et pleine vérité sur toutes les choses en question, librement et spontanément, sans aucune contrainte ni terreur, ils ont déposé et avoué.", etc. C'est le Pape qui l'atteste dans la Bulle "Vox in excelso" (La Civilta Cattolica, Rome 1866, Anno 17, vol. VII, p. 702.)

Quels étaient les délits dont on accusait les chevaliers du Temple?

Les énormes délits dont le pape fait mention dans la Bulle Vox in excelso et dans d'autres documents sont, par exemple:

  • blasphémer et renier Jésus-Christ,
  • cracher sur la Croix,
  • pratiquer des rites obscènes au cours leur secrète initiation,
  • adorer une tête d'idole, le célèbre Bahomet [l'androgyne chevreau-chèvre de Mendes - démon bouc -, qui selon l'Eglise romaine fut adoré par les Templiers. Malgré la nature démoniaque qu'on lui attribue, H. P. Blavatsky soutient que c'était un symbole hermético-cabalistique qui dérivait d'Ammon, le dieu à tête de mouton de la Basse-Egypte, lequel servit malheureusement certains desseins ecclésiastiques (?). Zaniah, Dicc. esotérico, Kier, Buenos Aires 1962.)] dans leurs assemblés secrètes;
  • tenir pour licites des actes abominables contre nature et s'y adonner librement;
  • se confesser et s'absoudre mutuellement, bien que simples laïcs, de leurs péchés;

ces énormités et d'autres similaires furent attestées et avouées par plus d'une centaine de Templiers, non par d'obscurs serviteurs de l'Ordre, mais par les chevaliers les plus en vue, par les précepteurs et les officiers supérieurs et par le Grand Maître lui-même. Elles furent avoués à maintes reprises devant les inquisiteurs, les évêques, les cardinaux, le Pape lui-même, souvent avec les marques de repentir les plus sincères.

Ces aveux n'eurent pas lieu seulement en France, pays qui était encore le siège et le nerf principal de l'Ordre, mais aussi en Angleterre, en Italie et ailleurs, là où les templiers avaient des maisons et pouvaient être examinés; la corruption de l'ordre était donc, sinon universelle, du moins certainement assez étendue. Et non seulement étendue, mais ancienne, puisque le Grand Maître avouait en 1307 que lors de sa réception dans l'Ordre, quarante-deux ans plus tôt, il avait lui aussi renié le Christ, selon le rite impie et obscène introduit on ne sait combien de temps auparavant (La Civilta Cattolica, Rome 1866, Anno 17, vol. VII, p. 700.)

Le problème des Templiers soulève une question extrêmement délicate, surtout si nous tenons compte du fait que la franc-maçonnerie moderne se présente comme la continuatrice de ce même Ordre du Temple dans la poursuite de ses fins. Ce que sont ces fins (de la franc-maçonnerie) nous est magnifiquement révélé par un ouvrage qui, écrit sous une forme romancée, n'en reflète pas moins un aspect digne d'être pris au sérieux. Nous voulons parler du livre du journaliste Gérard de Sede, Les Templiers sont ici (éditorial Bruguera, Barcelone 1963.), dans lequel il relie l'Ordre du Temple

  • aux cabalistes,
  • aux gnostiques et aux assassins. (Voir aussi Louis Charpentier, Les mystères Templiers, Robert Laffont, Paris 1967.)

La cabale et l'hermétisme à ses côtés, se contenteront de marcher sur le sombre sentier ésotérique, non conforme d'ailleurs à leurs origines, transmettant de siècle en siècle leur héritage rituel et idéologique, dont certains rites pythagoriciens forment encore une bonne partie.

L'Ordre des Templiers recueille tout le mouvement d'idées et de révolution qui s'agitait dans le monde souterrain du Moyen Âge et dont les Juifs étaient le plus puissant moteur. La subversion ne se concentrait pas en un point, mais dans tous les tissus de la société chrétienne."

(Source: Abbé Julio Meinvielle, De la Cabbale au Progressisme, Editions Saint-Rémi, 1970, p. 141-143.)

LA FRANC-MACONNERIE DU XVIIIe s. SE DONNE POUR L'HERITIERE DU PRESTIGIEUX ORDRE DES TEMPLIERS

La franc-maçonnerie, cette Secte subversive maîtresse de l'inversion a entrepris au XVIIIe s., de se prêter une ascendance noble, celle des Templiers. Quand on sait jusqu'où cette Secte pousse le mensonge, il n'est pas audacieux d'envisager que cette prétention relève, une fois de plus, de la pure propagande.

L'Abbé Augustin Barruel nous indique quel était cet endoctrinement maçonnique au XVIIIe siècle:

Le grade maçonnique où le voile se déchire: celui de Kadosch ou l'homme régénéré

"C'était à ce grade qu'avait été admis l'adepte dont j'ai parlé plus haut. Je ne suis pas surpris de l'état d'épuisement auquel il se trouvait réduit par les épreuves qu'il venait de subir. Quelques adeptes du même grade m'ont appris qu'il n'est point de ressources dans les moyens physiques, dans les jeux des machines, pour effrayer un homme, point de spectres affreux, point de terreurs, dont on n'emploie les ressources pour éprouver la confiance de l'aspirant. M. Montjoie nous parle d'une échelle à laquelle on fit monter le duc d'Orléans, & dont on l'obligea de se précipiter. Si c'est là que son épreuve fut réduite, il est à croire qu'il fut bien ménagé. Qu'on imagine un profond souterrain, un véritable abyme, d'où s'élève une espèce de tour fort étroite jusqu'au comble des loges. C'est au fond de cet abyme qu'est conduit l'initié, à travers des souterrains où tout respire la terreur. Là, il est enfermé, lié & garotté. Abandonné à cet état, il se sent élevé par des machines qui font un bruit affreux. Il monte lentement, suspendu dans cet abyme ténébreux; il monte quelquefois des heures entières, retombe tout-à- coup, comme s'il n'était plus soutenu par ses liens... Cette description ne rend que bien imparfaitement une partie des épreuves dont nous parlent des hommes qui les ont subies eux-mêmes. Ils ajoutent qu'il leur est impossible d'en faire une excate description; que leur esprit se perd; qu'ils cessent quelquefois de savoir où ils sont; qu'il leur faut des breuvages, & que souvent on leur en donne qui ajoutent à leurs forces épuisées, sans ajouter à leur pouvoir de réflechir; ou plutôt qui n'ajoutent à leurs forces que pour ranimer tantôt le sentiment de la terreur, tantôt celui de la fureur".

"Par bien des circonstances qu'ils disent de ce grade, j'aurais cru qu'il appartenait à l'Illuminisme; mais le fond en est encore pris de l'allégorie maçonnique. Il faut encore ici renouveler l'épreuve du grade où l'initié se change en assassin; mais le Maître des Frères à venger n'est plus Hiram; c'est Molay, le Grand maître des Templiers; & celui qu'il faut tuer, c'est un Roi, c'est Philippe le Bel, sous qui l'ordre des Chevaliers du Temple fut détruit." (Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, 1798, t. II, p. 318-319).

"Au moment où l'adepte sort de l'antre, portant la tête de ce Roi, il s'écrie Nékom, je l'ai tué. Après l'atroce épreuve, on l'admet au serment. Je sais d'un des adpetes qu'à cet instant il avait devant lui un des Chevaliers Kadosch, tenant un pistolet, & faisant signe de le tuer s'il refusait de prononcer ce serment... Ce même adepte interrogé s'il croyait que la menace fût sérieuse, répondit: 'Je ne l'assurais pas, mais je le craindrais bien'" (Augustin Barruel, ibid., t. II, p. 319-320).

"Enfin le voile se déchire, l'adepte apprend que jusqu'alors la vérité ne lui a été manifesté qu'à demi; que cette liberté & cette égalité dont on lui avait donné le mot dès son entrée dans la Maçonnerie, consistent à ne reconnaître aucun supérieur sur la terre; à ne voir dans les Rois & les Pontifes que des hommes égaux à tous les autres, & qui n'ont d'autres droits sur le trône ou auprès de l'autel que celui qu'il plaît au peuple de leur donner, que ce même peuple peut leur ôter quand bon lui semblera... On lui dit encore que depuis trop longtemps les Princes & les Prêtres abusent de la bonté, de la simplicité de ce peuple; que le dernier devoir d'un Maçon, pour bâtir des temples à l'égalité & à la liberté, est de chercher à délivrer la terre de ce double fléau, en détruisant tous les autels que la crédulité & la supersitition ont élevés; tous les trônes, où l'on ne voit que des tyrans régner sur des esclaves.

Barruel précise: "Je n'ai point pris ces connaissances du grade des Kadosch simplement dans les livres de M. Montjoie ou de M. le Franc, je les tiens des initiés eux-mêmes..." (Augustin Barruel, ibid., t. II, p. 320-321).

Rapprochement des grades maçonniques

"Dans les deux premiers, c'est-à-dire ceux d' apprenti & de compagnon, la secte commence par jeter en avant son mot d' égalité, de liberté. Elle n'occupe ensuite les novices que de jeux puérils ou de fraternité, de repas maçonniques; mais déjà elle les accoutume au plus profond secret par un affreux serment.

"Dans celui de Maître, ellle raconte son histoire allégorique d'Adoniram qu'il vaut venger, & de la parole qu'il faut retrouver.

"Dans le grade d' Elu, elle accoutume ses adeptes à la vengeance, sans leur dire celui sur qui elle doit tomber. Elle les rapelle aux patriarches, au temps où tous les hommes n'avaient, suivant les prétentions, d'autre culte que celui de la religion naturelle, où tous étaient également Prêtres & Pontifes; mais elle ne dit pas encore qu'il faille renoncer à toute religion révélée depuis les Patriarches. Ce dernier mystère se dévoile dans les grades Ecossais. Les Maçons y sont enfin déclarés libres; la parole si long-temps cherchée est celle du Déiste; c'est le culte de Jéhovah, tel qu'il fut reconnu par les Philosophes de la nature. Le vrai Maçon devient Pontife de Jéhovah; c'est là le grand mystère qui lui est présenté comme laissant dans les ténèbres tous ceux qui n'y sont pas initiés... (Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, 1798, t. II, p. 322). "Ici on vous déclare que cette fameuse parole découverte par les Maçons est Jéhovah. [...] Jéhovah est simplement pour eux le Dieu commun du genre humain..." (Augustin Barruel, ibid., t. II, p. 326-327).

"Dans les grades des Chevaliers Rose-Croix, celui qui a ravi la parole, qui a détruit le vrai culte de Jéhovah, c'est l'auteur même de la Religion Chrétienne; c'est-à-dire Jésus-Christ & de son Evangile qu'il faut venger les Frères, les Pontifes de Jéhovah.

"Enfin, dans le grade de Kadosch, l'assassin d'Adoniram (qui possédait la parole et qui l'a perdue) devient le Roi qu'il faut tuer pour venger le Grand-Maître Molay, & l'Ordre des Maçons successeurs des Templiers. La religion qu'il faut détruire, pour retrouver la parole ou la doctrine de la vérité, c'est la Religion de Jésus-Christ, c'est tout culte fondé sur la Révélation. Cette parole, dans toute son étendue, c'est la liberté & l' égalité à rétablir par l'extinction de tout Roi & par l'abolition de tout culte.

"Telle est la liaison & la marche, tel est l'ensemble du système maçonnique; & c'est ainsi que, par le développement successif de son double principe d' égalité & de liberté, de son allégorie du Maître des Maçons à venger, de la parole à retrouver, la secte conduisant les adeptes de secrets en secrets, les initie enfin à tout le code de la Révolution & du jacobinisme..."

(Source: Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, 1798, t. II, p. 323).

Identité des Jacobins & des adeptes des trois conspirations

"Consentons à entrer dans cet antre, le prototype de tous ceux que la Secte établit & multiplie sous le même nom dans toutes les Provinces. C'est là que nous conduit enfin la tâche que nous nous sommes imposée, de suivre tant de sectes conspiratrices depuis leur origine jusqu'à l'instant qui nous les montre toutes coalisées, toutes ne formant plus que ce monstrueux ensemble d'êtres appelés Jacobins.

[...] Ici tous se montrent à la fois dans cet antre; tous s'unifient par le même serment.

  • Sophistes & adeptes des arrière-Loges,
  • Rose-Croix,
  • Chevaliers du Soleil,
  • Kadosch,
  • disciples de Voltaire & de Jean-Jacques (Rousseau),
  • adeptes des Templiers ,
  • enfans de Swedenborg & de Saint-Martin,
  • époptes de Weishaupt;

tous ici travaillent de concert aux bouleversements & aux forfaits révolutionnaires.

"Il n'est plus cet impie, qui le premier jura d'écraser le Dieu de l'Evangile (Voltaire); mais ses complots subsistent; ses élèves sont encore pleins de vie. Nous les avons vu naître dans leurs Lycées académiques; [...] leurs conspirations se concertèrent pour un temps chez Holbach. [...] Ne les cherchez plus même à cet Hôtel d'Holbach ou dans leurs Loges; ils ont désertées pour le nouveau repaire. Ils sont là, ils sont tous au club des Jacobins; & là ils ont quitté jusqu'au manteau de leur philosophie. Les voilà tous couverts du bonnet rouge. Tous Condorcet, Brissot, Bailly, Garat, Ceruty, Mercier, Rabaud, Cara, Gorfas, Dupui, Dupont, Lalande, athées, désites, encyclopédistes, économistes, soit-disant philosophes de toutes espèces; ils sont tous sur la liste des Jacobins, sur la première ligne des rebelles, comme ils le furent sur celle des impies. Ils sont avec la balayure des brigands & des Loges, comme les héros des forfaits & des mystères; avec les bandits de Philippe d'Orléans, comme avec Chabroud son plus digne avocat, & son rival La Fayette. Ils y sont avec tous les apostats de l'Aristocratie, comme avec les Judas du Clergé; avec le Duc de Chartres, les Marquis de Montesquiou, de la Salle, les Comtes de Pardieu, de Latouche, & Charles-Theodore Lameth, Victor de Broglie, Alexandre Beauharnais, Saint-Fargeau; comme Sieyès, & Perigord d'Autun, Noel, Chabot, Dom Gerles, Fauchet & les intrus.

"Ce n'est point par hasard que se voient dans cet antre commun, tous ces antiques conjurés des Lycées & des Loges Parisiennes, & que dans ce même antre viennent se réunir tous les Frères qui ont brillé dans celles des Provinces; Barrère, Mendouze, Bonnecarrère & Collot d'Herbois. Ce n'est point par hasard qu'à Paris, comme dans les Provinces, tous les clubs Jacobins se composent en général des adeptes Rose-Croix, ou Chevaliers du Temple, Chevaliers du Soleil, ou Kadosch; de ceux-là plus spécialement encore, qui sous le nom de Philalètes, ont suivi à Paris, à Lyon, à Avignon, ou Bordeaux, ou Grenoble, les mystères de Swedenborg. Qu'on cherche en ce moment des Frères si zélés de Saint-Martin, les Savalette de Lange, les M**** ou bien les W****. Ils avaient renchéri sur les Rose-Croix, leurs antiques devanciers; ils vont encore les surpasser aux Jacobins. Ils se sont tous unis à Weishaupt, & ils sont devenus avec ses adeptes les plus ardents Jacobins (Voy. la liste des principaux Jacobins dans l'ouvrage intitulé, Causes & effets de la Révolution)

(Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, P. Fauche Libraire, Hambourg 1799, t. V, p. 102-105)