Libéralisme

De Christ-Roi
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"Le libéralisme "catholique" n'est autre chose, en effet, que 
l'esprit révolutionnaire cherchant à s'introduire dans l'Eglise elle-même"
(Mgr Delassus, L'américanisme et la conjuration antichrétienne, 
Société de Saint-Augustin, Desclée De Brouwer et Cie, Paris 1899, p. 223)


Le terme "libéralisme" dans une acceptation ancienne signifiait "générosité": on dit parfois de Dieu qu'il est "libéral" (=généreux). Ce sens n'a rien à voir avec le libéralisme entendu comme une philosophie morale, politique ou économique, condamné par l'Eglise.

Sommaire

Définitions du libéralisme

Un système général de fausse liberté et de fausse charité" (Mgr de Ségur)

"D'abord, la doctrine catholique-libérale est un système général de fausse liberté et de fausse charité qui, en religion comme en politique, tend à amoindrir les vérités et les principes, et à les remplacer par des nuances et par dus entiment, non certes par impiété, mais afin de soit-disant concilier à l'Eglise, à la foi, à la vérité, au droit les sympathies des adversaires. Elle tient peu de compte des principes les plus certains dès que ces principes sont en opposition avec l'opinion publique,c 'est-à-dire avec les préjugés et les erreurs peubliques. [...] De là vient, que tout en aimant sincèrement le bien, ils perdent pour ainsi dire l'horreur du mal, l'horreur de l'hérésie, l'horreur des crimes politiques. Ils ne conservent que l'amour des concessions aux méchants; pauvres dupes! pendant qu'ils se flattent d'attirer les méchants sur leur terrain, ils glissent eux-mêmes et tombent sur le terrain de l'ennemi

"[...] Ils dénient au Souverain Pontife et à l'Episcopat le droit d'enseigner les gouvernants aussi bien que les gouvernés et de veiller à ce que Jésus6Christ puisse régner sans entraves dans les isntitutions publiques, dans les lois, dans la direction des sociétés.

"Enfin, la doctrine catholique-libérale méconnaît et altère profondément les rapports de l'autorité et de la liberté, telles que DIEU les a établies et telles que son Eglise est chargée de les enseigner et de les maintenir. Elle est une altération profonde de la doctrine catholique sur l'autorité au profit de la liberté; et c'est pour cela qu'elle s'appelle libérale.

"Suivant l'Eglise, l'autorité est la puissance établie de Dieu pour faire respecter et exécuter la loi: suivant le catholicisme libéral, l'autorité est la puissance passive qui doit couvrir d'une égale protection et la foi et l'hérésie..., et la vérité et l'erreur..., et le bien et la mal...; pourvu que l'ordre matériel - l'ordre public - ne soit pas troublé, elle ne doit point prendre parti pour le Bon Dieu contre le démon...

"Suivant l'Eglise, la liberté est la puissance donnée à tous et à chacun de faire sans entraves la volonté de Dieu et d'accomplir le devoir: suivant le catholicisme libéral, la liberté est la faculté, accordée à tous et à chacun, de faire le mal comme le bien, pourvu que l'ordre matériel - l'ordre public - ne soit point troublé.

"Pour le Bon Dieu et son Eglise, l'autorité est la puissance qui protège le bien et le fait régner; pour le démon et la Révolution, l'autorité est la puissance qui protège le mal et le fait régner; pour les catholiques libéraux, l'autorité est la puissance indifférente au bien et au mal et qui les protège également (le droit de ne pas être empêchés ni contraint en matière religieuse, au public comme au privé... ou (fausse) liberté religieuse de Vatican II). Et de même pour l'Eglise, la liberté est la puissance de faire le bien sans entraves; pour la Révolution, c'est la puissance de faire le mal sans entraves; pour le catholicisme libéral, c'est la puissance de faire indifféremment le bien ou le mal (ce qui, à leurs yeux doit constituer, ce qu'ils appellent "un droit...")

"[...] Aussi, et précisément parce qu'elle s'étend àtout, la doctrine catholique-libérale est-elle une erreur extrêmement grave, dont les conséquences pratiques sont incalculables. Elle touche, pour la fausser, à la notion essentielle de l'autorité et de la liberté, sur laquelle reposent comme sur leur base, l'ordre religieux, l'ordre civil et l'ordre domestique tout entier. Il y a les éléments d'une immense hérésie. [...] une altération systématique de la vérité, de la foi et du droit: elle est une altération systématique des rapports de l'Eglise avec les sociétés civiles, et une négation plus ou moins accentuée du droit divinement conféré à l'Eglise de diriger spirituellement les gouvernements et les sociétés, d'inspirer les lois et les isntitutions publiques; elle est enfin une altération systématique de la doctrine de l'Eglise sur l'autorité et la liberté" (Mgr de Ségur, aux jeunes catholiques libéraux, Oeuvres de Mgr de Ségur, Librairie Saint-Joseph, Tolra Libraire Editeur, Paris 1887, troisième édition, tome dixième, Editions Saint-Rémi, p. 398-400.)

Une "idée absolument fausse du gouvernement social", "un délire" et "une liberté de perdition" (Pie IX)

"En effet, il vous est parfaitement connu, Vénérables Frères, qu'aujourd'hui il ne manque pas d'hommes qui, appliquant à la société civile l'impie et absurde principe du Naturalisme, comme ils l'appellent, osent enseigner que "la perfection des gouvernements et le progrès civil demandent impérieusement que la société humaine soit constituée et gouvernée sans plus tenir compte de la religion que si elle n'existait pas, dou du moins sans faire aucune différence entre la vraie religion et les fausses". De plus, contrairement à la doctrine de l'Ecriture, de l'Eglise et des saints Pères, ils ne craignent pas d'affirmer que "le meilleur gouvernement est celui où l'on ne reconnaît pas au pouvoir l'obligation de réprimer, par la sanction des peines, les violateurs de la religion catholique, si ce n'est lorsque la tranquilité publique le demande". En conséquence de cette idée absolument fausse du gouvernement social, ils n'hésitent pas à favoriser cette opinion erronée, on ne peut plus fatale à l'Eglise catholique et au salut des âmes, et que Notre prédécesseur d'heureuse mémoire, Grégoire XVI, appelait "un délire", savoir que, "la liberté de conscience et des cultes est un droit propre à chaque homme, qui doit être proclamé et assuré dans tout Etat bien constitué; et que les citoyens ont droit à la pleine liberté de manifester hautement et publiquement leurs opinions, quelles qu'elles soient, par la parole, par l'impression ou autrement, sans que l'autorité ecclésiastique ou civile puisse la limiter". Or, en soutenant ces affirmations téméraires, ils ne pensent pas, ils ne considèrent pas qu'ils prêchent une liberté de perdition" (Pie IX, Lettre Encyclique Quanta Cura, Rome 8 décembre 1864, éditions Saint-Rémi, p. 5.)

La corruption des jeunes générations

"Tous ceux qui ont entrepris de bouleverser l'ordre religieux et l'ordre social, et d'anéantir toutes les loids divines et humaines, ont toujours fait conspirer leurs conseils, leur activité et leurs efforts, à tromper et à dépraver surtout l'imprévoyante jeunesse [...], parce qu'ils mettent toute leur espérance dans la corruption des jeunes générations. Voilà pourquoi le clergé régulier et séculier, malgré les plus illustres témoignages rendus par l'histoire et ses immenses services dans l'ordre religieux, civil et littéraire, est de leur part l'objet des plus atroces persécutions; et pourquoi ils disent que " le clergé est ennemi des Lumières, de la civilisation et du progrès, il lui faut ôter l'instruction et l'éducation de la jeunesse" (Pie IX, Lettre Encyclique Quanta Cura, Rome 8 décembre 1864, éditions Saint-Rémi, p. 9.)

"Le véritable fléau de notre siècle: ce qui afflige votre pays et l'empêche de mériter les bénédictions de Dieu" (Pie IX)

"Mes chers enfants, il faut que mes paroles vous disent bien ce que j'ai dans mon coeur. Ce qui afflige votre pays et l'empêche de mériter les bénédictions de Dieu, c'est ce mélange des principes.

"Je dirai le mot, et je ne le tairai pas: ce que je crains, ce ne sont pas toutes ces misérables de la Commune de Paris, vrais démons de l'enfer qui se promènent sur la terre. Non, ce n'est pas cela; ce que je crains, c'est cette malheureuse politique, ce libéralisme catholique qui est le véritable fléau.

"Je l'ai dit plus de quarante fois; je vous le répète, à cause de l'amour que je vous porte. Oui, c'est ce jeu... Comment dit-on en français? nous l'appelons en italien altalena... Oui, justement, ce jeu de bascule qui détruirait la Religion. Il faut sans doute pratiquer la charité, faire ce qui est possible pour ramner ceux qui sont égarés: mais pour cela il n'est pas besoin de partager leurs opinions".

(Source: Allocution de Pie IX à la grande députation des catholiques de France au Vatican au mois de juin 1871, cité in Mgr de Ségur, aux jeunes catholiques libéraux, Oeuvres de Mgr de Ségur, Librairie Saint-Joseph, Tolra Libraire Editeur, Paris 1887, troisième édition, tome dixième, Editions Saint-Rémi, p. 351)

Vis-à-vis de la loi, l'erreur a les mêmes droits que la vérité

"Le libéralisme catholique est "une peste très pernicieuse", parce qu'il place à la bse de nos isntitutions publiques des principes dont les conséquences extrêmes, rigoureusement logiques, aboutissent à des horreurs. Le principe fondamental du libéralisme peut se résuméer ainsi: vis--vis de la loi, l'erreur a les mêmes droits que la vérité.

"De là sort "la liberté de penser", qui peut se formuler ainsi: "J'ai le droit de penser tout ce que je veux, de croire tout ce que je veux, de nier tout ce que je veux. j'ai le droit de croire qu'il n'y a pas de DIEU, que je n'ai pas d'âme, que le vol est permis, qu'il n'y a pas plus de mal à tuer un homme qu'un poulet.

"De là sort la "liberté de cosncience": toutes les religions ont un droit égal au respect et à la protection de la loi... Même respect pour le chrétien qui adore JESUS-CHRIST et pour le juif qui le blasphème. Même respect pour le catholique qui vénère la Sainte Eucharistie et pour le Huguenot qui la foule aux pieds. Même respect pour le martyr et pour son bourreau.

"De là sort "la liberté de la parole": j'ai le droit de dire tout ce que je pense, et personne n'a le droit de retenir ma parole sur mes lèvres. j'ai le droit au blasphème. M'empêcher de louer Dieu et m'empêcher de l'insulter sont, l'un comme l'autre, un attentat à ma liberté, et par conséquent un crime...

"De là sort "la liberté de la presse": Tout ce que j'ai le droit de lire, j'ai le droit de l'imprimer et de le publier. Le premier apostat venu a le droit d'écrire que JESUS-CHRIST n'est pas DIEU, et nul homme, nul pouvoir n'a le droit d'arrêter son livre ou son journal.

"De là sort "la liberté d'action": j'ai le droit de faire toutce que je veux et de mettre en pratique tout ce que je pense, à la seule condition (encore parfaitement arbitraire) d'être en règle avec la polcie.

"Assurément tous les catholiques-libéraux, et non seulement eux, mais tous les honnêtes gens repoussent avec indignation ces absurdes et horribles folies; mais ils admettent bel et bien les principes d'où elles découlent, et dans les bas-fonds de la société, il ne manquera jamais de terribles logiciens qui les tirent."

Mgr de Ségur, aux jeunes catholiques libéraux, Oeuvres de Mgr de Ségur, Librairie Saint-Joseph, Tolra Libraire Editeur, Paris 1887, troisième édition, tome dixième, Editions Saint-Rémi, p. 434-435)

comme si ce qui est en opposition avec la vraie religion..., ce qui ouvre la voie large à toutes les erreurs et à la corruption, pouvait apporter aux nations prospérités, profit et gloire... (Pie IX)

Ces "libertés de conscience, des cultes, de la presse et autres du même genre proclamée par les révolutionnaires à la fin du sicèle dernier, et constamment proscrites par l'Eglise..., ils prétendent qu'on doit les tolérer, mais encore qu'on doit pleinement les tenir pour des droits (fausse liberté religieuse), et les favoriser et les défendre comme nécessaires à la condition présente des choses et à la marche du progrès: comme si ce qui est en opposition avec la vraie religion,c e qui fait l'homme autonome et l'affranchit de l'autorité divine, ce qui ouvre la voie large à toutes les erreurs et à la corruption, pouvait apporter aux nations prospérité, profit et gloire..." (Pie IX, Lettre à Charles Périn, professeur de droit public et d'économie politique à l'Université de Louvain, Rome, 1er février 1875, cité in Mgr de Ségur, aux jeunes catholiques libéraux, Oeuvres de Mgr de Ségur, Librairie Saint-Joseph, Tolra Libraire Editeur, Paris 1887, troisième édition, tome dixième, Editions Saint-Rémi, Appendice.)

"Qu'ils auraient moins de succès si un grand nombre de ceux parmi ceux qui portent le nom de catholiques ne leur tendaient une main amie" (Pie IX)

"Cependant, et bien que les enfants du siècle soient plus habiles que les enfants de la lumière, leurs ruses et leurs violences auraient sans doute moins de succès si un grand nombre parmi ceux qui portent le nom de catholiques, ne leur tendaient une main amie".

(Source: Bref de Pie IX au cercle de la jeunesse catholique de Milan, 6 mars 1876, cité in Mgr de Ségur, aux jeunes catholiques libéraux, Oeuvres de Mgr de Ségur, Librairie Saint-Joseph, Tolra Libraire Editeur, Paris 1887, troisième édition, tome dixième, Editions Saint-Rémi, p. 351)

"une alliance entre la lumière et les ténèbres, un accord entre la justice et l'iniquité" (Pie IX)

"Oui, hélas! il yen a qui ont l'air de vouloir marcher d'accord avec nos ennemis, et s'efforcent d'établir une alliance entre la lumière et les ténèbres, un accord entre la justice et l'iniquité au moyen des doctrines qu'on appelle catholiques-libérales, lesquelles,s 'appuyant sur les principes les plus pernicieux, flattent le pouvoir laïque quand il envahit les choses spirituelles, et poussent les esprits au respect, ou tout au moins à la tolérance des lois les plus iniques, absolument comme s'il n'était pas écrit que personne ne peut servir deux maîtres"

(Source: Bref de Pie IX au cercle de la jeunesse catholique de Milan, 6 mars 1876, cité in Mgr de Ségur, aux jeunes catholiques libéraux, Oeuvres de Mgr de Ségur, Librairie Saint-Joseph, Tolra Libraire Editeur, Paris 1887, troisième édition, tome dixième, Editions Saint-Rémi, p. 355-356)

Ces catholiques-libéraux sont "plus dangereux assurément et plus funestes que des ennemis déclarés" (Pie IX)

"Or ceux-ci (ceux qui prônent les doctrines catholiques-libérales) sont plus dangereux assurément et plus funestes que des ennemis déclarés, et parce qu'ils secondent leurs efforts sans être remarqués, peut-être même sans s'en douter, et parce que, se maintenant sur l'extrême limite des opinions formellement condamnées, ilsse donnent une certaine apparence d'intégrité et de doctrine irréprochable, alléchant les imprudents amateurs de conciliation et trompant les gens honnêtes, lesquels se révolteraient contre une erreur déclarée. De la sorte, ils divisent les esprits, déchirent l'unité et affablissent les forces qu'il faudrait réunir pour les tourner toutes ensemble contre l'ennemi.

"Toutefois vous pourrez facilement éviter leurs embûches, si vous avez devant les yeux cet avis divin: C'est par leurs fruits que vous les reconnaîtrez".

Source: Bref de Pie IX au cercle de la jeunesse catholique de Milan, 6 mars 1876, cité in Mgr de Ségur, aux jeunes catholiques libéraux, Oeuvres de Mgr de Ségur, Librairie Saint-Joseph, Tolra Libraire Editeur, Paris 1887, troisième édition, tome dixième, Editions Saint-Rémi, p. 355-356).

"Voilà la vérité sur le parti catholique-libéral. [...] il est beaucoup plus dangereux que le parti libéral-révolutionnaire. Celui-ci fait horreur, et non point l'autre: on voit du premier coup les abîmes où conduit tout droit le libéralisme révolutionnaire, tandis que le libéralisme catholique, enveloppé qu'il est de religion, fait aisément illusion à ceux qui n'y regardent pas de très-près" (Mgr de Ségur, aux jeunes catholiques libéraux, Oeuvres de Mgr de Ségur, Librairie Saint-Joseph, Tolra Libraire Editeur, Paris 1887, troisième édition, tome dixième, Editions Saint-Rémi, p. 394.)

Avertissement de Mgr de Ségur: "Ils prennent tous les noms de la vérité. Si Dieu ne vient à renverser cette grande imposture, c'est elle qui achèvera la ruine de la France et de la Chrétienté" (Mgr de Ségur)

"[...] le libéralisme, prenant tous les noms de la vérité (progrès, lumière, liberté, égalité, fraternité, loi, civilisation, etc.), apparaît chez les peuples sous un déguisement tel que, si DIEU ne vient pas renverser cette grande imposture, c'est elle qui achèvera la ruine de la France et de la Chrétienté.

"[...] en pratique, lorsqu'ils sont atteint de libéralisme, les catholiques se conduisent en vrais libéraux: au lieu de défendre, comme c'est leur devoir, le droit de JESUS-CHRIST et de son Eglise, ils sont toujours prêts à le sacrifier, au nom de la politique, au nom des nécessités du temps..., au nom de l'opinion publique..., au nom des faits accomplis... On les voit revendiquer, au moins indirectement, pour les ennemis de la foi..., la liberté d'attaquer l'Eglise..., et ils mettent une sorte de générosité chevaleresque à soutenir les prétendus droits de l'erreur et à réclamer pour les ennemis de Dieu des privilèges égaux à ceux de ses serviteurs...

"Ils feront, comme hommes publics, des actes qui impliquent la négation de ce qu'ils croient comme hommes privés... De pareilles tendances, conséquences logiques des principes catholiques-libéraux, peuvent-elles, je le demande, se concilier avec la foi d'un vrai chrétien? Un même homme peut-il avoir deux consciences? et ce qui est faux pour l'homme privé peut-il être vrai pour l'homme public? (Mgr de Ségur, aux jeunes catholiques libéraux, Oeuvres de Mgr de Ségur, Librairie Saint-Joseph, Tolra Libraire Editeur, Paris 1887, troisième édition, tome dixième, Editions Saint-Rémi, p. 429-430)

Des erreurs "d'autant plus dangereuse que, par une apparence extérieure de piété, elles trompent beaucoup d'hommes honnêtes, et que, les portant à s'éloigner de la saine doctrine,... elles affaiblissent la foi, rompent l'unité, divisent les forces catholiques et fournissent une aide très-efficace aux ennemis de l'Eglise" (Pie IX)

"Nous avons dû louer le zèle avec lequel vous vous êtes efforcés de prémunir le même peuple contre les astucieuses erreurs du libéralisme dit catholique,d 'autant plus dangereuses que, par une apparence extérieure de piété, elles trompent beaucoup d'hommes honnêtes, et que, les portant às 'éloigner de la saine doctrine, nommément dans les questions qui, à première vue, semblent concerner plutôt le pouvoir civil que l'ecclésiastique, elles affaiblissent la foi, rompent l'unité, divisent les forces catholiques et fournissent une aide très-efficace aux ennemis de l'Eglise, qui enseignent les mêmes erreurs, quoique avec plus de développement et d'impudence, et amènent insensiblement les esprits à partager leurs desseins pervers" (Pie IX, A notre vénérable frère Louis, évêque des Trois-Rivières, Rome, 18 septembre 1876, cité in (Mgr de Ségur, aux jeunes catholiques libéraux, Oeuvres de Mgr de Ségur, Librairie Saint-Joseph, Tolra Libraire Editeur, Paris 1887, troisième édition, tome dixième, Editions Saint-Rémi, Appendice)

"trompe plus facilement ceux qui ne se tiennent pas sur leurs gardes, et, détruisant insensiblement et d'une manière cachée l'union des esprits, diminue les forces des catholiques et augmente celle des ennemis" (Pie IX)

"C'est pourquoi, Nous ne pouvons que vous approuver d'avoir entrepris de défendre et d'expliquer les décisions de Notre Syllabus, surtout celles qui concernent le libéralisme soit-disant catholique, lequel comptant u ngrand nombre d'adhérents parmi les hommes honnêtes eux-mêmes, et paraissant s'écarter moins de la vérité, est plus dangereux que les autres erreurs, trompe plus facilement ceux qui ne se tiennent pas sur leurs gardes, et, détruisant insensiblement et d'une manière cachée l'union des esprits, diminue les forces des catholiques et augmente celle des ennemis" (Pie IX, A notre Cher Fils Vernhet, prêtre, directeur du journal le Peuple à Rodez, Rome, 11 décembre 1786, cité in (Mgr de Ségur, aux jeunes catholiques libéraux, Oeuvres de Mgr de Ségur, Librairie Saint-Joseph, Tolra Libraire Editeur, Paris 1887, troisième édition, tome dixième, Editions Saint-Rémi, Appendice)

Ce qu'en dit un protestant

"Un ministre protestant de genève, le professeur Bouvier, vient de le proclamer. Expliquant à son auditoire pourquoi le catholicisme libéral doit être et est si sympathique au protestantisme, il dit en toutes lettres: "Dans notre lutte contre le catholicisme, le catholicisme libéral intervient, armé à la fois du prestige de l'antiquité des doctrines et de la nouveauté de l'esprit... Le catholicisme libéral peut seul faire l'oeuvre de réforme, d'édification vivante qu'il a entreprise dans le milieu où il est né. le pur Evangile, lorqu'il est apporté aux masses catholiques par des mains protestantes, est par cela même compromis; on le suspecte. Le catholicisme libéral, lui, a chance de trouver meilleur accès et de pénétrer un jour, plus vite et plus droit, au coeur même de la place" (L'Eglise libre, journal protestant de Nice, janvier 1874 cité in (Mgr de Ségur, aux jeunes catholiques libéraux, Oeuvres de Mgr de Ségur, Librairie Saint-Joseph, Tolra Libraire Editeur, Paris 1887, troisième édition, tome dixième, Editions Saint-Rémi, p. 402.)

"Suivre le courant", c'est à quoi se résument ces fameuses inventions et ces grandes fiertés du Libéralisme catholique" (Mgr Delassus)

"Au commencement de l'Evangile selon S. Matthieu, dit Louis Veuillot (L'illusion libérale), le tentateur s'approche de Jésus retiré dans le désert... le transporte sur le sommet du temple et lui dit: "Si vous êtes le Fils de Dieu, jetez-vous en bas, car il est écrit que les anges veilleront sur vous, vous soutiendront de leurs mains et empêcheront que votre pied ne heurte contre la pierre." JESUS lui répond: "Vous ne tenterez point le Seigneur votre Dieu."

Le libéralisme renouvelle cette scène. Il dit à l'Eglise: "Si vous êtes de Dieu, si vous avez la parole de Dieu, vous ne risquez rien de quitter le sommet du Temple: jetez-vous en bas, allez à la foule qui ne vient plus à vous, dépouillez-vous de ce qui lui déplaît en vous..., dites-lui des paroles qu'elle aime d'entendre, et vous la reconquerrez; car Dieu est avec vous! Mais les paroles que la foule aime d'entendre ne sont pas les paroles sorties de la bouche de Dieu, et il est toujours défendu de tenter le SEIGNEUR."

"Suivre le courant", c'est à quoi se résument ces fameuses inventions et ces grandes fiertés du Libéralisme catholique.

Et pourquoi suivre le courant? Nous sommes nés, nous sommes baptisés, nous sommes sacrés pour remonter le courant. Ce courant d'ignorance et de félonie de la créature, ce courant de mensonge et de péché, ce courant de boue qui porte à la perdition, nous devons le remonter et travailler à le tarir. Nous n'avons pas d'autre affaire au monde." (Mgr Delassus, L'américanisme et la conjuration antichrétienne, Société de Saint-Augustin, Desclée De Brouwer et Cie, Paris 1899, p. 166-168.)

Une théorie faisant de la liberté un absolu

Libéralisme dans l'ordre de la pensée

Chacun est libre de penser ce qu'il veut:

  • subjectivisme,
  • nominalisme

La notion de doctrine disparaît... --- à chacun sa vérité...

Libéralisme dans l'ordre économique

Théorie établissant une cloison étanche entre la morale et l'économie L'économie doit être libre, sans règle, sans contraintes morales; La loi du libre marché suffit à tout équilibrer... --- capitalisme libéral

Libéralisme dans l'ordre politique

a.) Pas de règle morale s'imposant à l'Etat Pas d'ordre moral transcendant que l'Etat aurait le devoir de res-pecter et de faire respecter --- séparation de l'Eglise et de l'Etat

b.) L'autorité, puisqu'il en faut bien une, ne vient pas de Dieu mais du peuple, autrement dit de l'homme considéré collectivement ----souveraineté populaire.

Résultats

  • soit un Etat soumis à la volonté de puissance des plus forts
  • soit l'anarchie résultant de la lutte entre féodalités ou groupes de pression
  • et de toute façon: la société permissive

Nota: les points a.) et b.) se retrouvent dans la déclaration des droits de l'homme de 1789...

Aussi, peut-on faire l'équivalence entre les principes de 89 et les idées libérales (au sens du libéralisme politique).

Le libéralisme a pénétré dans la société

- En particulier sous l'influence:

  • du Protestantisme: qui est "étranger à tout dogme fixé, à toute morale immuable et surtout à toute règle définitive"...
  • de la franc-maçonnerie: qui refuse qu'il puisse y avoir des vérités universelles (ou dogmes)…

tout cela pour aboutir à la complète laïcisation du système scolaire. C'est par exemple en fonction de ce but que le B'naï Brith ont demandé la modification de la version française de l'hymne canadien en soutenant que "Son orientation pesamment chrétienne est en conflit avec l'esprit du multi-culturalisme et de l'égalité entre citoyens de toutes religions...."

  • Théorie qui résulte de la pénétration en milieu catholique du libéralisme politique, autrement dit des principes de 89.

C'est un mariage de l'Église et de la Révolution qu'on a pu symboliser par les images suivantes :

- 93 faisant ses pâques

- un bonnet phrygien surmonté d'une croix.

  • Le libéralisme catholique est marqué par une contradiction fondamentale, puisqu'il y a opposition, sur le plan de l'ordre politique, entre l'Église et la Révolution

"Deux puissances vivent et sont en lutte dans le monde: la Révélation et la Révolution".

Tout tient dans cette constatation liminaire ou bien l'homme a reçu de Dieu ce que Bonald appelait "la Constitution essentielle de l'humanité", et c'est le Décalogue qui doit servir de régie à la Société; ou bien l'homme n'a reçu aucune loi divine et il s'invente sa propre loi" (Sources: Jacques Ploncard d'Assac, L’Eglise occupée).

Le libéralisme catholique est en somme caractérisé par un effort de conciliation contre nature...

et qui ne peut aboutir qu'à semer le désordre dans les idées et dans la société.

A quoi cela conduit-il dans la pratique?

  • Rappel de la position catholique

La doctrine catholique enseigne et l'expérience montre – que l'humanité, affaiblie par le péché, penche naturellement vers l'erreur. Comme il faut garder les hommes de leur propre faiblesse, l'Etat a le droit - et le devoir - de protéger les citoyens contre l'erreur, donc de la combattre (en restant dans son domaine de compétence). "La main séculière doit faire passage à la vérité" (Louis Veuillot) Conséquence: union (sans confusion) de l'Eglise et de l'Etat dans la défense de la vérité.

• Position catholique libérale Faisant de la liberté un absolu, le catholique libéral a horreur de la contrainte. Il professe la nécessité de ne pas employer la force au profit de la vérité.

- 1ère conséquence: la liberté de l'erreur. Tout le monde doit être libre d'exprimer ses opinions, ses convictions, ses doctrines religieuses et philosophiques: c'est le concept libéral de la liberté religieuse.

- 2eme conséquence: on laisse la vérité se défendre toute seule (elle est suffisamment attrayante pour le faire, dira-t-on).

- 3eme conséquence: on confie à la seule liberté le soin de régler tous les litiges.

- 4eme conséquence: séparation de l'Eglise et de I'Etat "L'Église libre dans l'Etat libre" (Montalembert).

Insistons sur ce point l'idée-clef du libéralisme catholique est qu'il ne faut pas employer la force au profit de la vérité.

• Appréciation Cette conception erronée s'explique par un souci de se conformer aux idées libérales de notre société et par l'oubli de l'une des principales conséquences du péché originel ( l'homme penche naturellement vers l'erreur).

Son résultat a été ainsi jugé par saint Augustin: "Qui peut mieux donner la mort à l'âme que la liberté de l'erreur?"...

Manifestations du libéralisme catholique

1805 - Chateaubriand: pour lui, ni la vérité ni l'Eglise n'auraient besoin de tutelles temporelles.

1814 - La charte: introduisant le libéralisme dans les principes d'un Etat catholique (l'Etat français).

1830 - Lammenais: pour lui, le salut résiderait dans un immense développement de la liberté individuelle. Défend le libéralisme; condamné par Rome (encyclique "Mirari vos")

"On tremble devant le libéralisme; catholicisez-le et la société renaîtra", avait-il affirmé (lettre du 30 janv. 1829).

1863 - Montalembert "Nous acceptons, nous invoquons les principes et les libertés proclamés en 89" (discours de Malines).

Réponse de Rome:

  • encyclique "Quanta cura"
  • et "Syllabus" (1864), dont voici la dernière proposition (condamnée): "Le pontife romain peut et doit se réconcilier avec le progrès, le libéralisme et la civilisation moderne" (LXXX) [1]...
  • 1871 - Pie IX réitère sa condamnation du libéralisme catholique

"Ce qui afflige votre pays et l'empêche de mériter les bénédictions de Dieu, c'est ce mélange de principes... Ce que je crains, c'est cette malheureuse politique, ce libéralisme catholique qui est le véritable fléau... Ce jeu de bascule qui détruirait la Religion. Il faut sans doute pratiquer la charité, faire ce qui est possible pour ramener ceux qui sont égarés; il n'est cependant pas besoin pour cela de partager leurs opinions..." (Pie IX, Aux pèlerins de Nevers, juin 1871).

1871-1878: Les députés catholiques libéraux de la Chambre préparent les voies à la 3ème République maçonnique.

1866-1900: Développement de l'américanisme aux Etats-Unis. "Lentement, à travers souffrances et révolutions, l'humanité se rapproche du règne des droits de l'homme" (Mgr lreland, archevêque de Saint-Paul, Minnesota, 1894).

Mises au points romaines par l'encyclique "Longinqua oceani" (1895) et la lettre au cardinal Gibbons Testem benevolentiae (1899). L'américanisme est condamné comme une hérésie; mais la condamnation non suivie de mesures disciplinaires n'a que peu d'effets.

1900-1910: Développement en France du Sillon de Marc Sangnier, dont la théorie démocratique était une déformation de l'Evangile dans l'idéologie révolutionnaire (Toujours le rapprochement entre Eglise et Révolution). Mouvement condamné en 1910 par saint Pie X (Lettre sur le Sillon).

1906 Encyclique "Vehementer" [2] de saint Pie X, rappelant le caractère inadmissible de la séparation de l'Eglise et de l'Etat (thèse chère aux catholiques libéraux).

1908 Nouvelle offensive maçonnique en vue de la propagande libérale en milieu catholique. "Cette propagande ne doit pas avoir pour but de substituer une croyance à une autre. Ce que nous devons proposer, c'est la conviction que chacun doit faire soi-même ses opinions, il doit respecter cette même liberté chez autrui. Ce serait là l'enseignement de la pure doctrine maçonnique" (Pogramme maçonnique, 1908).

1930-1960 Jacques Maritain, philosophe passé de l'Action française au libéralisme politique et qui bénéficia d'un prestige considérable. "La nation ne sera vraiment unie que lorsqu'un idéal assez puissant l'entraînera vers une grande œuvre commune où les deux traditions de la France de Jeanne d'Arc et de la France des Droits de l'Homme seront réconciliés..." (Figaro, 7 décembre 1944). Toujours l'utopie de marier l'Eglise et la Révolution!...

1965 - Vatican II, Décret conciliaire sur la liberté religieuse [3]. Selon la doctrine conciliaire:

- Toutes les religions doivent bénéficier de la liberté de culte et de propagande (l'ordre public juste étant sauf);

- L'Etat ne doit pas intervenir en matière religieuse dès lors que l'ordre public juste n'est Pas transgressé;

- L'Etat ne doit établir aucune discrimination pour motif religieux.

Est présente, dans cette doctrine conciliaire, l'idée-clef du libéralisme catholique il ne faut pas que la force (ici celle de l'Etat) soit employée au profit de la vérité.

On ne peut que souscrire à l'opinion émise en 1969 par M. Prélot, sénateur du Doubs et catholique libéral "Nous avons lutté pendant un siècle et demi pour faire prévaloir nos opinions à l'intérieur de l'Eglise et nous n'y avons pas réussi. Enfin est venu Vatican Il et nous avons triomphé. Désormais les thèses et les principes du catholicisme libéral sont définitivement acceptés et officiellement par la sainte Eglise"...

1992 Catéchisme de l'Eglise catholique - Son article 2137 réaffirme en la résumant la doctrine conciliaire sur la liberté religieuse "L'homme doit pouvoir professer librement la religion en privé et en public".

De cette ébauche d'histoire du catholicisme libéral de Chateaubriand à nos jours, retenons deux idées

- la qualité humaine d'un assez grand nombre de chefs et adeptes du mouvement catholique libéral. Des hommes comme Chateaubriand, Lamennais, Montalembert, Ozanam, Mgr Dupanloup, Denys Cochin, Jacques Maritain étaient de classe exceptionnelle et pour la plupart très certainement honnêtes. Or, rien n'est dangereux comme l'erreur des honnêtes gens, surtout Si ceux-ci sont par ailleurs brillants.

- deuxième idée: la continuité avec laquelle les idées libérales (toujours les mêmes) (l'idée-clef, rappelons-le, étant qu'il ne convient pas d'employer la force au service de la vérité... d'où est issue la liberté de l'erreur), la continuité avec laquelle ces idées ont été proposées en milieu catholique, sur une période de près de deux siècles, au point de finir par être avalisées par le Magistère lui-même.

Le caractère illusoire du libéralisme catholique

Propagé par des esprits brillants, bénéficiant d'une continuité d'effort remarquable depuis près de deux siècles, le libéralisme catholique n'a abouti qu'à un seul résultat: affaiblir les positions catholiques.

Il était d'ailleurs impossible qu'il aboutisse à autre chose qu'une DESTRUCTION car il constitue, à proprement parler une illusion, c'est-à-dire "une croyance erronée que forme l'esprit et qui l'abuse par sa séduction" (Le Robert).

Une erreur qui séduit... voici quelques traits du Catholicisme libéral qui rendent compte de ces deux caractéristiques:

  • Une incohérence foncière

Il est incohérent de vouloir concilier à toute force

- l'ordre social chrétien fondé sur le décalogue (commandements de Dieu)

- l'ordre social révolutionnaire basé sur cet anti-décalogue qu'est la déclaration des droits de l'homme de 1789.

Rappelons les expressions déjà données et qui rendent bien compte de cette incohérence

- 93 faisant ses pâques

- un bonnet phrygien surmonté d'une croix.

  • Un faux esprit de conciliation

Le libéralisme catholique séduit les esprits favorables par tempérament à la conciliation; et il les trompe car il les engage dans une conciliation impossible (il ne peut pas y avoir de conciliation dans le domaine de la doctrine).

  • Un espoir vain de se faire bien voir des vrais libéraux au pouvoir

et de les influencer Le catholicisme libéral séduit parce qu'il se présente comme une solution de facilité pour approcher les hommes au pouvoir et éventuellement les influencer.

Espoir vain, car comme le remarquait Louis Veuillot en 1866 (L 'illusion libérale, p. 73): "S'il est une chose évidente, c'est que les libéraux non chrétiens, tous révolutionnaires, ne veulent pas plus des catholiques libéraux que des autres catholiques. Ils le disent formellement, sans cesse, sur tous les tons (...). Plus de christianisme, qu'il n'en soit plus question! Voilà le cri de la Révolution partout où elle domine. Et où ne domine-t-elle pas en Europe?

Aucun groupe, aucun notable révolutionnaire n'a encore été converti par les programmes, les avances, les tendresses, et il faut le dire, hélas! les faiblesses des catholiques libéraux. Ils ont en vain renié leurs frères, méprisé les bulles, expliqué ou dédaigné les encycliques: ces excès leur ont valu de chiches éloges, d'humiliants encouragements, point d'adhésion.

Jusqu'ici la chapelle libérale n'a point d'entrée, et semble n'être qu'une porte de sortie de la grande Eglise".

Le diagnostic de Louis Veuillot vaut pour aujourd'hui "La chapelle libérale n'est qu'une porte de sortie de la grande Église".

Conclusion

  • Illusion... mais illusion tenace puisqu'elle renaît constamment depuis deux siècles tel se présente le libéralisme catholique. De cette illusion sont issus les résultats qui viennent d'être évoqués, et principalement la sécularisation complète de la société, autrement dit la destruction de ce qui reste de l'ordre social chrétien.
  • Les laïcs, étant les premiers à être pénalisés par une telle défaillance doctrinale et par ses conséquences, devraient être les premiers à réagir, comme le pressentait déjà le cardinal Pie au siècle dernier "Un jour viendra où la société, la famille, la propriété repousseront plus énergiquement que nous-mêmes, certains axiomes de sécularisation exclusive et systématique qui leur auront été plus funestes qu'à l'Église".
  • D'où la nécessité de connaître la doctrine qui sert de support à l'ordre social chrétien et les erreurs qui s'y opposent (les deux vont ensemble car "l'amour de la vérité ne peut exister sans la haine de l'erreur").

A cette fin, il faut lire, étudier, travailler en petit groupe quelques livres fondamentaux. Nous en mentionnerons trois:

- Pour qu'il règne, de Jean Ousset;

- La royauté sociale de Notre-Seigneur Jésus-Christ d'après le cardinal Pie, du père Théotime de Saint-Just;

- Ils L'ont découronné, de Mgr Lefebvre.

  • D'abord connaître... puis transmettre; transmettre à nos enfants, aux

jeunes générations. On sait l'importance d'une "tradition orale" dans l'enseignement de la doctrine. Nous devons être des chaînons de la tradition orale, transmettant la doctrine sociale catholique, montrer la beauté et la cohérence de cette doctrine, expliquer que, sans elle, tout redressement social et politique ne peut être que fragmentaire et transitoire.

  • Il faut aussi comprendre la faiblesse des arguments invoqués pour

éliminer la doctrine catholique en matière sociale et politique. Soit le principal d'entre eux: la doctrine en cause serait sans intérêt, inopportune, voire néfaste parce qu'inapplicable dans notre monde laïcisé; ce serait faire preuve d'"absence de réalisme" que de la rappeler.

Un tel argument ne manifesterait-il pas un affaiblissement de la foi chez ceux qui l'utilisent, puisqu'il conduit à ne plus confesser Jèsus-Christ dans l'une de ses principales prérogatives: sa royauté sur le monde? Il manifeste, en tout cas, un pragmatisme de bas étage qui fait litière des droits de la vérité et rend impossible tout redressement ultérieur. Car, comme l'explique Mgr Freppel dans une exhortation souvent citée "Le plus grand malheur, pour un siècle ou un pays, c'est l'abandon ou l'amoindrissement de la vérité. On peut se relever de tout le reste; on ne se relève jamais du sacrifice des principes (...). Rien n'est perdu tant que les vraies doctrines restent debout dans leur intégrité. Avec elles, tout se refait tôt ou tard, les hommes et les institutions, parce qu'on est toujours capable de revenir au bien lorsqu'on n'a pas quitté le vrai. Ce qui enlèverait jusqu'à l'espoir même du salut serait la désertion des principes, en dehors desquels il ne se peut rien édifier de solide et durable".

Le vrai réalisme consiste, non pas à taire la vérité pour des motifs opportunistes - surtout quand il s'agit d'un point essentiel de notre foi - mais à la professer contre vents et marées" (Arnaud de Lassus) [4]

Le libéralisme est un péché (Don Sarda y Salvany)

Ce libéralisme est un péché qui au nom de l'amour des hommes, oublie le premier commandement, l'amour de Dieu.

Il est la plus dangereuse des hérésies comme le dit Don Felix Sarda y Salvany: "le libéralisme est l'hérésie radicale et UNIVERSELLE, parce qu'il comprend toutes les hérésies (pharisaïsme, arianisme, nestorianisme, islam, protestantisme, etc.)

"Dans l'ordre des faits, il est l'infraction universelle et radicale de la loi de Dieu parce qu'il en autorise et sanctionne toutes les infractions." (Don Felix Sarda y Salvany, Le libéralisme est un péché, 1887, Nouvelle Edition, Publication du Sel de la Terre, Loudun 1997, p. 25).

...issu de la Révolution française

Issu de la Révolution dite "française", le libéralisme sous toutes ses formes (politique, religieux, sexuel, économique...) est le père de toutes les idéologies modernes (freudisme, sexualisme, modernisme, capitalisme, socialisme, tiers-mondisme, cosmopolitisme, naturalisme...) Et ce sont les Anglo-américains les pères de cette idéologie…

Il plonge ses racines dans le 18ème siècle des prétendues "lumières" et dans la Révolution de 1789: "Si l’on consent néanmoins, par pure convention, à donner un acte de naissance au libéralisme, celui-ci n’est autre que la Déclaration des droits de l’homme de 1789" (Francis Balle, Encyclopédie Universalis, Libéralisme).

La condamnation infaillible de Quanta Cura

La foi nous l’enseigne, c’est que Notre Seigneur Jésus-Christ doit régner ici-bas, maintenant et pas seulement à la fin du monde, comme le voudraient les libéraux...

Dans le Syllabus, le libéralisme est condamné. Tous les papes du XIXe s., et ceux du XXe s., jusqu'à Pie XII inclusivement reprendront systématiquement cette condamnation.

Aujourd'hui, les libéraux disent que la condamnation du libéralisme correspond à un état antérieur & dépassé du Magistère; il nous faudrait évoluer et nous mettre en conformité avec l'état du monde actuel (Aggiornamento décrété au Concile Vatican II)... Tout cela est bien beau, mais les libéraux ont un problème: ils ne peuvent pas effacer les condamnations, faire comme si elles ne s'étaient pas produites. Alors ils tentent des sophismes pour nous expliquer que le Magistère évolue (évolutionnisme), que la tradition est vivante (de Lubac) et que donc qu'elle doit s'adapter au monde...

Seulement, saint Paul le dit: "Ami du monde, ennemi de Dieu..."

="Les vraies, les seules vraies et bonnes libertés publiques sont les libertés chrétiennes"

"Ces fameuses "libertés publiques", que sont-elles, en effet, sinon les libertés révolutionnaires de 89, c'est-à-dire la liberté de tout imprimer, la liberté de tout dire, la liberté de l'hérésie et de la libre-pensée, la liberté des sociétés secrètes et des clubs..., la suppression légale de l'autorité de l'Eglise..., aussi bien que de la véritable autorité civile? Nos libéraux sont libéraux, précisément parce qu'ils réclament et acclament, comme autant de principes de vie, tous ces principes de mort.

"[...] Les vraies, les seules vraies et bonnes libertés publiques sont les libertés chrétiennes. Celles-là, l'Eglise est la première, ou pour mieux dire, est la seule à les réclamer et à combattre pour elles: c'est la liberté de la vérité, c'est la liberté du droit, c'est la liberté de la famille et de la société chrétiennes; c'est la liberté de l'exercice légitime de l'autorité religieuse, civile, domestique. C'est, en un mot, la liberté de tout ce qui est bon et bienfaisant" (Mgr de Ségur, aux jeunes catholiques libéraux, Oeuvres de Mgr de Ségur, Librairie Saint-Joseph, Tolra Libraire Editeur, Paris 1887, troisième édition, tome dixième, Editions Saint-Rémi, p. 417)