Lumières

De Christ-Roi
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L'homme livré à lui-même...

  • "Dans la mentalité des Lumières,... le grand drame de l'histoire du Salut avait disparu. L'homme était resté seul: seul comme créateur de sa propre histoire et de sa propre civilisation; seul comme celui qui décide de ce qui est bon et de ce qui est mauvais... Si l'homme peut décider par lui-même, sans Dieu, de ce qui est bon et de ce qui est mauvais, il peut aussi disposer d'un groupe d'hommes soit anéanti... Des décisions analogues furent prises sous le IIIe Reich,... par le parti communiste de l'union Soviétique et des pays soumis à l'idéologie marxiste" (Jean-Paul II, Mémoire et identité, Le testament politique et spirituel du pape, Flammarion, Mayenne 2005, p. 23-24).
  • "Cela arrive parce que Dieu en tant que Créateur a été rejeté..." (ibid, p. 25).

Ainsi le pape Jean-Paul II établit un lien entre les "Lumières" et les idéologies criminelles du XXe siècle: en ce qu'elles ont prétendu éliminer le péché originel et donc tout le mystère de la rédemption en Christ, les Lumières sont à l'origine des utopies criminelles et des idéologies mosntrueuses qui, au nom du progrès et de l'amélioration de la société qu'il fallait changer pour apporter le bonheur sur terre, ont assassiné des millions de personnes (camps de concentration, goulags, etc...)

"Une forme de totalitarisme sournoisement caché sous les apparences de la démocratie" (Jean-Paul II)

  • "[...] le Christ est toujours "la pierre angulaire" de la construction des sociétés... Mais,... Sans cesse, se manifestent à nouveau les signes d'une 'civilisation' différente de celle dont la "pierre angulaire" est le Christ - une civilisation... positiviste et agnostique, puisque le principe dont elle s'inspire est de penser et d'agir comme si Dieu n'existait pas... "Vivre comme si Dieu n'existait pas veut dire vivre en dehors des repères du bien et du mal, c'est-à-dire en dehors du cadre de valeurs dont Dieu lui-même est la source. On prétend... qu'il appartient à l'homme de décider de ce qui est bon ou mauvais... Les courants de l'anti-évangélisation..., divorces, l'amour libre, l'avortement, la contraception, la lutte contre la vie..., se développe avec d'énormes moyens financiers, non seulement dans chaque nation, mais aussi à l'échelle mondiale... Face à tout cela on peut légitimement se demander si ce n'est pas une autre forme de totalitarisme, sournoisement caché sous les apparences de la démocratie..." (Jean-Paul II, Mémoire et identité, Le testament politique et spirituel du pape, Flammarion, Mayenne 2005, p. 63-64).

Les Lumières condamnent l'homme à une humanité incomplète (Jean-Paul II)

  • "Le refus du Christ et en particulier de son mystère pascal - de la Croix et de la Résurrection - se dessina à l'horyzon de la pensée européenne à cheval sur le XVIIe et le XVIIIe s., dans la période des "Lumières"... Les "illuministes" repoussaient la vérité sur le Christ... De ce Dieu-homme, mort et ressuscité, la pensée européenne des Lumières voulait se défaire, et elle fit de nombreux efforts pour l'exclure du continent. Il s'agit d'un effort auquel de nombreux penseurs et hommes politiques actuels continuent de rester obstinément fidèles...
  • "Le Christ affirme: 'Moi, Je suis la vigne, et vous, les sarments' (Jean XV, 5)... C'est seulement en acceptant d'être greffé sur la vie divine du Christ que l'homme peut se réaliser pleinement lui-même. En refusant d'y être greffé, il se condamne de fait à une humanité incomplète" (Jean-Paul II, Mémoire et identité, Le testament politique et spirituel du pape, Flammarion, Mayenne 2005, p. 119-120).

Le drame des Lumières à l'origine de l'ouverture vers les expériences dévastatrices du mal (Jean-Paul II)

  • "[...] le drame des Lumières. En rejetant le Christ,... a marqué un tournant. L'homme a été privé de la "vigne", du greffage sur cette Vigne par lequel il est assuré d'atteindre la plénitude de son humanité. On peut dire que d'une façon qualitativement nouvelle et jamais connue auparavant, ou du moins jamais à une telle échelle, s'est ouverte la voie vers les expériences dévastatrices du mal qui devaient venir plus tard..." (Jean-Paul II, Mémoire et identité, Le testament politique et spirituel du pape, Flammarion, Mayenne 2005, p. 121)

"La signification de la "séparation" de l'Eglise et de l'Etat n'est pas celle que les systèmes totalitaires veulent lui attribuer (Jean-Paul II)

  • "Dans la Constitution Gaudium et spes [1] nous lisons: "La communauté politique et l'Eglise sont indépendantes l'une de l'autre et autonomes... Mais toutes les deux,... pratiqueront une SAINE COLLABORATION... La signification que le Concile attribue au terme "séparation" de l'Eglise et de l'Etat est très loin de ce que les systèmes totalitaires veulent lui attribuer.
  • "Dans leur optique, le monde appartient exclusivement à l'Etat... La vision concilaire de l'Eglise rejette une telle interprétation... Le concile a posé résolument la question de l'apostolat des laïcs, c'est-à-dire de la présence active des chrétiens dans la vie sociale.
  • "Il n'est pas inutile de le rappeler, car aujourd'hui il y a des partis qui, en dépit du cadre "démocratique" assuré, ont de plus en plus tendance à interpréter les principes de la séparation de l'Eglise et de l'Etat selon la position qui était propre aux gouvernements communistes..." (Jean-Paul II, Mémoire et identité, Le testament politique et spirituel du pape, Flammarion, Mayenne 2005, p. 145-146).
  • "Les fidèles ne peuvent absolument pas renoncer à leur participation à la politique, à savoir à l'action multiforme, économique, sociale, législative, administrative, culturelle, qui a pour but de promouvoir organiquement et par les institutions, le bien commun." (Jean-Paul II, [2])

Le mal érigé en système s'est servi des structures étatiques

"Si Notre seigneur ne règne pas par les bienfaits de sa présence, Il règne néanmoins par les méfaits de son absence..." ( Cardinal Pie, cité in La royauté sociale de Notre Seigneur Jésus-Christ [3]

"Le mal du XXe siècle n'a pas été un mal à petite échelle... Il a été un mal aux proportions gigantesques, un mal qui s'est servi des structures étatiques pour accomplir son oeuvre néfaste, un mal érigé en système" (Jean-Paul II, ibid., p. 201).

C'est l'Etat totalitaire des Lumières. Un Etat qui prône une séparation absolue entre lui et l'Eglise: "l'Eglise a son domaine propre qui, pour ainsi dire, est au-delà des 'frontières' du monde..." (Jean-Paul II, ibid., p. 146).

Dès lors qu'on a chassé Dieu, il ne faut pas s'étonner des fléaux qui nous tombent dessus: "L'erreur dominante, le crime capital de ce siècle, c'est la prétention de soustraire la société publique au gouvernement et à la loi de Dieu" ( Cardinal Pie, La Royauté sociale de .S. Jésus-Christ, d'après le cardinal Pie, P. Théotime de Saint-Jsut, O.M.C., Lecteur émérite en théologie, 1923, Éditions Saint-Rémi, p. 40-41).

"Les catholiques doivent croire fermement que Jésus-Christ doit régner sur les institutions sociales, les pénétrant de son esprit et rendant leur législation conforme aux lois de son Evangile et de son Eglise" ( Cardinal Pie, ibid., p. 80). C'est la saine collaboration dont parle Jean-Paul II.

"Dans un discours prononcé en 1848, Mgr Pie compare l'union qui doit exister entre l'Eglise et l'Etat à l'union de l'âme et du corps. Si les différentes formes du gouvernement ont péri en France, c'est qu'elles n'étaient pas unies à l'Eglise [la "saine collaboration"], comme le corps doit être uni à l'âme. "Or,... un corps sans âme, c'est un cadavre, et le propre d'un cadavre est de tomber bientôt en dissolution... L'âme de toute société humaine, c'est la croyance, c'est la doctrine, c'est la religion, c'est Dieu" ( Cardinal Pie, ibid., p. 116).

"Lors donc que j'entends certains bruits qui montent, certains aphorismes (séparation de l'Eglise et de l'Etat) qui prévalent de jour en jour, et qui introduisent au coeur des sociétés, le dissolvant sous l'action duquel doit périr le monde, je jette ce cri d'alarme: Prenez garde à l'antéchrist: Unum moneo, cavete antichristum" ( Cardinal Pie, instruction pastorale sur cette paroled e saint Jean: Et il y a déjà beaucoup d'antéchrists", (Carême 1863), cité in ibid., p. 119).

La crise de l'Europe est due au développement d'une culture "qui, de façon inconnue jusqu'ici, exclut Dieu de la conscience publique" (Cardinal Ratzinger)

"le Saint-Père a rappelé à la catholique Italie qu'une «saine laïcité de l'État, en vertu de laquelle les réalités temporelles sont régies selon leurs règles propres», ne doit cependant pas oublier «les références éthiques qui trouvent leurs fondements ultimes dans la religion». Quand la communauté civile écoute le message de l'Église, elle est «plus responsable», plus «attentive à l'exigence du bien commun».

Son dernier livre, L'Europe de Benoît dans la crise des cultures, a été présenté en grande pompe mardi (21 juin 2005) à Rome. C'est un recueil de trois conférences en italien – déjà publiées par ailleurs – données de 1992 à 2005 par celui qui était alors le «gardien de la doctrine de l'Église». On peut y lire que le futur pape estime que la crise de l'Europe est due au développement d'une culture «qui, de façon inconnue jusqu'ici, exclut Dieu de la conscience publique» (Cardinal Ratzinger).


Source: Le Figaro, Benoît XVI veut réconcilier l'Europe autour des valeurs chrétiennes

Le Vatican : Hervé Yannou

[25 juin 2005] [4]