La république a été un grand progrès pour la France

De Christ-Roi
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Sommaire

Résumé

Le progrès annoncé par les hérauts de la révolution n'est pas celui qu'on croit.

Aujourd'hui, force est de constater un échec patent.

On peut ironiser mais ceux qui avaient interprété la 'modernité' (la Révolution) comme une décadence sont aujourd’hui justifiés...

Car à moins d'être aveugle, la 'France' républicaine est en panne. Et elle l'est déjà par rapport à ses propres valeurs et ambitions, en aboutissant paradoxalement à l’inverse de ses buts...

La république «contractuelle une et indivisible» implose sous nos yeux.

Raymond Aron avait pressenti la décadence (voir ses Mémoires, 1983) et "il est légitime de se demander à la suite de Pareto et de beaucoup d’autres, si l’épanouissement des libertés, le pluralisme des convictions, l’hédonisme individualiste ne mettent pas en péril la cohérence des sociétés et leur capacité d’action" (La Nouvelle Revue de l’Histoire, N°10, ibid., page 29).

C'est d'avoir oublié la transcendance des choses divines qui nous vaut la tragique situation du monde que nous connaissons aujourd'hui.

Nous vivons aujourd'hui sur des acquis révolutionnaires qui sont l'"anti-France", cependant que la vraie France n’est plus qu’un simulacre.

Mais nous sommes probablement à la fin de ce cycle.

L'explosion de la dette publique, le creusement du déficit et la crise financière sont les signes évidents d'une prochaine réaction du peuple qui devrait balayer le système avec la mafia qui le dirige.

Le livre "Ne laissons pas mourir la France" de Paul-Marie Couteaux, et Dupont-Aignan chez Albin Michel, parle du danger des communautarismes dangereux pour la paix sociale. Soit la France est de nouveau capable d’être souveraine chez elle, soit c’est la fin qui s’annonce...

Ce qui n'est d'ailleurs pas nouveau lorsqu'on sait comment un Saint-Just définit la république:

"Ce qui constitue une république, c'est la DESTRUCTION TOTALE de ce qui lui est opposé... [difficile de mettre du lien dans ce cas...]" (Saint-Just, cité par Jacques d'Arnoux, L'heure des héros)...

Tout un programme...

Décadence et déclin

De plus en plus d'historiens sérieux admettent l'idée soit du déclin soit de la décadence de la France" (La Nouvelle Revue d’Histoire, Déclins et réveils de la France, N°10, janvier-Février 2004).

Philippe Alméras: Début XXe, fin XXe siècle: "un déclin"

«Si l’on examine l’état de la France au début du XXè siècle et ce qu’elle est à la fin, il y a un déclin» (Philippe Alméras, professeur de littérature et historien. Docteur de l’Université de Californie, son Retour sur le siècle, est un bilan du XXème siècle... La Nouvelle Revue d’Histoire, N°10, ibid., page 30).

Jean de Viguerie: "Le reniement de la foi, premier signe de la décadence"

"La décadence vient du reniement, car le pays décadent est celui qui renie les vertus et les principes qui avaient fait sa grandeur et sa force.

Le reniement de la foi a été le premier signe de la décadence...

Les années cinquante ont été les dernières pendant lesquelles on a vu encore quelque chose de la France. Au déclin est venue s’ajouter la décadence.

La France avait déjà connu une première époque de décadence au siècle des Lumières quand la plupart des privilégiés avaient renié les croyances et les principes de leurs pères...

La décadence qui s’amorce dans les années 60 du 20ème siècle est beaucoup plus grave parce que le reniement de la foi et des valeurs traditionnelles est quasi général.

La crise religieuse postconciliaire, l’abandon de l’Algérie, la trahison de la parole donnée aux harkis, la révolution de Mai 1968, .. forment les principales étapes de ce reniement.

Domaines de la décadence (Jean de Viguerie)

Dès les années 70, la France est en état de décadence avancée.

Il n’y a plus seulement un déclin, il y a un pourrissement.

On le constate dans les lettres et dans les arts.

On le constate aussi dans les moeurs.

Aujourd’hui, le stade de la décadence est dépassée. La France se meurt. Peut-être est-elle déjà morte (Jean de Viguerie).

Causes de la décadence (Jean de Viguerie)

"Pourquoi est-on passé de la décadence à la mort ? Il y a trois causes.

"La première est la substitution définitive de la patrie révolutionnaire, celle des droits de l’Homme, celle qui est ouverte sur l’universel selon l’expression de M. Chevènement, et qui n’est qu’un fantôme et une illusion, à la patrie réelle, celle des vertus et du trésor spirituel et moral accumulé au cours des siècles.

"La seconde est l’ensemble des lois qui ont détruit la famille et favorisé l’avilissement des moeurs.

"La troisième est sans doute la plus importante : je veux parler de la nouvelle «éducation» et du «nouvel enseignement» qui sévissant depuis le début des années soixante, ont déjà affaibli les intelligences de deux générations et les ont privées à la fois de leur héritage français et de tout savoir digne de ce nom.

"Ce peuple a donc perdu, en même temps, et son jugement, et sa mémoire. Il ne vit plus que de ses appétits. Soumis à de telles conditions, un pays ne peut pas vivre indéfiniment. Il est bientôt asphyxié. La France n’est plus qu’un simulacre. On ne peut plus parler de déclin, ni de décadence. Nous sommes devant la mort et la disparition" (Jean de Viguerie, voir son dernier ouvrage, Les Deux Patries, Editions Dominique Martin-Morin, cité in La Nouvelle Revue d’Histoire, ibid., N° 10, janvier-Février 2004, page 34).

La crise du système éducatif, Entretien avec le professeur Jean de Viguerie

L'enseignement catholique, comme celui de l'Eglise qui a instruit l'Europe d'autrefois, est-il compatible avec notre "civilisation pluraliste"?

Jean de Viguerie : La réponse à cette question est non. En effet, pluralisme sous-entend tolérance, et la tolérance pluraliste admet tout sauf la religion catholique enseignée et pratiquée dans son intégrité. Elle qualifie cette religion de fanatique et la rejette absolument. Voltaire écrivait déjà: "Il faut commencer par n'être pas fanatique - entendez "catholique" - pour mériter la tolérance".

Pourtant me direz-vous, il existe actuellement un enseignement catholique digne de ce nom. je veux parler de quelques instituts supérieurs et de quelques écoles primaires et secondaires hors contrat. Cela représente un très petit nombre d'établissements mais qui fonctionnent. la comptabilité n'est pas prouvée pour autant. Car l'existence de ces établissements est fragile et menacée. L'Etat les asphyxie en appauvrissant les familles. Il les surveille et vérifie leur conformité aux principes de l'éducation "citoyenne". Ira-t-il jusqu'à les fermer ? Je ne crois pas. Nous ne sommes plus sous la Troisième République. La mode n'est plus aux interventions violentes. On préfère la mort lente.

Nous nous trouvons donc, il faut le reconnaître, devant une situation paradoxale: incompatibilité d'une part, existence de véritables écoles catholiques d'autre part. Cette situation risque de se prolonger. l'enseignement vraiment catholique doit en profiter pour se fortifier, développer son implantation, améliorer sa qualité, attirer les meilleurs maîtres avec de bons salaires, enfin persuader les familles de sa supériorité.

La crise du système éducatif telle que nous la vivons s'est-elle déjà produite ailleurs ? Si oui, l'a-t-on résolue et comment ?

Jean de Viguerie : La réponse est également non. la crise actuelle de l'enseignement - elle a commencé il y a une quarantaine d'années - n'a pas de précédent. Aussi haut que l'on remonte dans le temps, on ne trouve rien de semblable. Depuis les origines de l'histoire, on n'avait jamais vu pareille subversion des méthodes, pareil défi au bon sens, pareil mépris de l'intelligence. C'est la première fois que l'on dévalue à ce point la mémoire, le "par coeur" et l'exercice de la raison; la première fois que l'on sépare ainsi la jeunesse de l'histoire et de la littérature de son pays, et que l'on prétend faire passer "l'épanouissement de l'enfant" et sa libre expression avant l'acquisition du savoir et de la formation de l'intelligence.

On aaiy vu des époques avec peu d'écoles et un grand nombre d'analphabètes. mais, au moins, le eptit nombre qui s'instruisait observait les règles élémentaires et de tous temps respectées, de l'apprentissage des connaissances. La véritable instruction subsistait, même si elle n'était dispensée qu'à très peu d'enfants. Aujourd'hui, les écoles sont innombrables, mais les enfants qu'elles prétendent former, n'acquièrent jamais, sauf exception, ce savoir de base qui permet à l'homme de garder sa dignité en cultivant sa mémoire et en exerçant sa raison.

Des facultés universitaires aux collèges, on a pu observer que les conflits du proche-Orient exarcerbent les "communautarismes". Ce phénomène rampant ne risque-t-il pas de faire imloser l'Education Nationale ?

Jean de Viguerie : L'Education Nationale possède une grande faculté d'adaptation. Dans les années soixante-dix, personne n'aurait imaginé qu'elle puisse intégrer des millions d'enfants immigrés. Si on avait dit aux gens: "Vous aurez des classes avec quatre-vingt pour cent d'enfants musulmans et parlant à peine le français", ils auraient répondu: "Cela ne se fera jamais, l'Education Nationale imploserait". Et pourtant cela s'est fait, et l'Education Nationale n'a pas implosé. pourquoi ? Parce que l'Education Nationale est seulement un cadre, ou, si l'on préfère, un récipient. C'est une structure artificielle. Ce n'est pas une véritable éducation; elle ne transmet rien d'essentiel. On peut donc y mettre ce qu'on veut et qui on veut. mais alors diront certains, il ne sera plus possible de donner un enseignement méritant ce nom ? Sans doute, mais peu importe. Ne s'agit-il pas en premier lieu de fabriquer des "citoyens", autrement dit, des observants fidèles de la religion des droits de l'homme ? Et l'on peut fabriquer de tels citoyens avec tout le monde.

Entretien réalisé au mois d'avril 2003 et publié dans Vu de Haut n° 12, Institut Universitaire Saint Pie X et Revue Association de Défense de l'Ecole Catholique, n° 8 juin 2005, p. 2-5).

Des "germes de dissolution et de mort" (Cardinal Pie)

"Nous vous l'avons dit en arrivant parmi vous, Nos Très Chers Frères, il n'y aura de salut pour la société, qu'autant qu'elle se réformera selon les principes chrétiens. [...] Plus nous étudions le corps social dans tout ce qui constitue son existence et sa vie, plus nous y reconnaissons des germes de dissolution et de mort; depuis la plante des pieds jusqu'au sommet de la tête, nous n'y trouvons aucune partie saine (cf. Isaïe, I, 4-6); et, remontant des effets à la cause, nous sommes forcés d'avouer que les vices de la société moderne sont le hideux écoulement de ses doctrines. "D'où proviennent tant de maux, s'écriait Jérémie, sinon de ce que la nation a délaissé le Seigneur son Dieu, alors qu'il la conduisait lui-même dans le chemin de la prospérité et de la gloire ?" (Jérémie, II, 17) (Discours du Cardinal Pie, Comment une nation entière revient-elle à Dieu?) [1]

"Une volonté prométhéenne de fonder l'ordre social sur la seule volonté humaine" (Bruno Gollnisch)

Ce qui est criticable dans la Révolution, ... c'est la volonté prométhéenne de fonder l'ordre social sur la seule volonté humaine, et par là même de s'affranchir de l'ordre naturel. Ce fut le cas de la Révolution 'française', qui prétendait parvenir au bonheur de l'humanité en fondant tout l'ordre social et politique sur l'exercice de la seule raison humaine, raison qu'on avait d'ailleurs déifiée - la déesse Raison - et ceci a sombré dans la Terreur révolutionnaire. En ce sens, la Révolution 'française' est la matrice de tous les totalitarismes modernes, qui ont pour but de fonder un "Homme Nouveau", une société nouvelle, par l'exercice de la seule volonté humaine... (Bruno Gollnisch, professeur de Langue et de civilisation japonaise à l'Université de Lyon, Revue L'Héritage, N°2, été 2005, p 6).

Voici à présent l'analyse de Jean Tulard:

"La France de 2004: "un fantôme" (Jean Tulard)

«Le déclin n’est pas la fin.

Mais incontestablement, la France de 2004 n’est pas celle du sacre de Napoléon.

Alors la France était le pays le plus peuplé d’Europe, Russie mise à part, et possédait la population la plus jeune...

Le français était la langue de l’Europe cultivée : il servit à la rédaction des traités de Vienne qui détruisaient pourtant le grand empire.

Aujourd’hui l’anglais l’a supplanté et la France est un pays d’immigration.

Ce déclin a commencé en 1918. La Grande Guerre a fauché une génération ; plus grave, elle a brisé un élan. Il n’en faut pas plus pour précipiter un déclin.

Une crise économique n’est pas mortelle. La chute de sa démographie et la perte de sa langue condamnent une nation à n’être plus qu’un fantôme... » (Jean Tulard, membre de l’Institut, vice-président de l’Académie des Sciences morales et politiques, cité in La Nouvelle Revue d’Histoire, N°10, ibid., page 34).

Michel Maffesoli: "le mythe de l'homogénéité de la république"

« On pourrait dire que l’on assiste à la décadence d’une France officielle, instituée, et à la renaissance d’une France instituante... La république, une et indivisible, se veut homogène, alors que la royauté était quand même plus intéressante...

Le roi était le primus inter pares parmi les baronnies, des régions, des spécificités locales qui étaient fortes » (Michel Maffesoli, professeur à la Sorbonne-Paris V. Dernier ouvrage paru : Précis de subversion post-moderne (Flammarion), cité in La Nouvelle Revue d’Histoire, N°10, ibid., page 33).

"une décadence de la morale" (Jacques Heers)

«On peut dire que la France est en déclin si l’on compare la période actuelle aux grandes périodes de prospérité et de rayonnement international .

Le mot de déclin me semble correspondre à l’aspect économique de la question.

Mais du point de vue moral, je préférerai parler de décadence.

Déclin se rapporte à ce qui est matériel. Le mot de décadence a une valeur morale très forte.

Pour moi, la décadence que nous connaissons vient très clairement du refus du travail.

J’ai été professeur à l’Université de Nanterre. Le processus a été progressif, puis il a explosé en 1968. Je n’y ai pas vu la grande fête dont on a parlé, mais le refus de jeunes gens de courir le risque de la compétition et de la réussite par le travail.

Mais l’histoire nous enseigne que rien n’est définitif et que rien n’est jamais pareil...» (Jacques Heers, directeur du département d’études médiévales de Paris-Sorbonne. Dernier ouvrage paru : Les Négriers en terre d’islam (Perrin), cité in La Nouvelle Revue d’Histoire, N°10, ibid.).

François Chamou: "une déconfiture"

François Chamou, membre de l’Institut de France, un des plus grands hellénistes français, ancien élève de l’Ecole normale supérieure et membre de l’Ecole française d’Athènes, agrégé des lettres, docteur ès lettres, témoigne : « J’ai vécu une très longue vie pendant laquelle j’ai vu le monde se transformer et en particulier notre pays passer d’une situation brillante à sa présente déconfiture » (François Chamou, entretiens Nouvelle revue d’Histoire N°8, Sept-octobre 2003).

Marcel Gauchet: "décadence culturelle" et "omnipotence des individualismes"

«La littérature française n’a absolument plus l’éclat qu’elle avait eu pendant au moins quatre siècles.

L’art français n’est plus grand chose.

Paris n’est plus la capitale des arts et des lettres.

De ce point de vue, la place de la France dans le monde est évidemment en déclin » (Marcel Gauchet, haute figure de l’Histoire et de la sociologie française, directeur d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences sociales. Dernier ouvrage paru: La Condition historique, L’histoire comme boussole, chez Stock, cité in La Nouvelle Revue d’Histoire, N°10, ibid., page 33).

«L’ivresse de mai 68 se solde pour Gauchet par une gueule de bois théorique, l’expérience d’une illusion et d’une désillusion » ... On ne peut mieux dire...

«Au fond, ce qui porte le schéma marxien d’émancipation c’est le postulat qu’il suffirait que la société soit pleinement elle-même pour que nous devenions libres; elle serait alors débarassées de toutes les hypothèques que sont l’Etat, les classes, la domination, le politique. ...

C’est exactement le contraire qui s’opère, et si une chose est étonnante, c’est précisément qu’on ait pu croire l’inverse »... [Marcel Gauchet, de la génération qui eut des certitudes en 1968, est un des rares intellectuels qui aient su très tôt ériger le doute en sagesse et porter un regard critique sur les assises de la modernité ; il a évidemment été cloué au pilori à l’automne 2002 sous l’infamante accusation de « nouveau réactionnaire » par Daniel Linderberg dans Le Rappel à l’ordre, Enquête sur les nouveaux réactionnaires, Le Seuil, 2002...]

L’effacement des repères sociaux, l’exarcerbation des individualismes : la machine à broyer les peuples est bel et bien à l’oeuvre selon Gauchet (diagnostic anticipé par des visionnaires sulfureux comme Oscar Spengler, Ernst Jünger, ou Martin Heidegger (La Nouvelle Revue d’Histoire, N°10, ibid., page 27).

"L’Homme coupé de ses racines divines est aussi l’homme qui doit affronter la solitude résultant de l’effacement des structures collectives et l’inéluctable omnipotence des individualismes".

Gauchet poursuit en dénonçant l’individu-roi sanctifié par l’idéologie des droits de l’Homme...

La primauté du marché engendre une dévalorisation du politique. Ce qui explique que notre société de plus en plus libérale se révèle être de moins en moins démocratique... (La Nouvelle Revue d’Histoire, N°10, ibid., page 28).

Max Gallo: "une crise de l'identité"...

Voici maintenant ce que nous dit Max Gallo: « Pour moi, la crise est essentiellement celle de l’identité. Je veux dire par là un trouble profond quant au sens de l’histoire nationale. Les élites sont travaillées par l’idée que la nation est obsolète et que les histoire nationales sont finies. Personnellement, je suis d’un avis différent » (Max gallo, agrégé d’histoire. Dernier ouvrage paru : Morts pour la France, trois tomes chez Fayard), cité in La Nouvelle Revue d’Histoire, N°10, ibid., page 32).

François-Georges Dreyfus: un "déclin patent"

«Même si la classe politique de gauche comme de droite estime que parler d’un déclin de la France est un faux problème, ce déclin est patent.

La Constitution de 1958 dévoyée (cohabitation, quinquennat, abandon de fait du référendum), la faiblesse de la classe politique expliquent dans une large mesure le déclin français » (François-Georges Dreyfus, professeur émérite d’histoire contemporaine à la Sorbonne. Dernier ouvrage paru : L’Engrenage, 1919-1939 chez Fallois, cité in La Nouvelle Revue d’Histoire, N°10, ibid., page 31).

Chantal Delsol: un "recul de la volonté de se persévérer dans son être"

«Déclin et décadence s’entendent en termes de recul de la confiance en soi et de volonté de persévérer dans son être...

Il n’est pas exagéré de parler de déclin.

On peut voir par exemple un signe de déclin dans le fait que la France a depuis quelque temps relâché ses efforts consacrés au développement de la francophonie dans le monde » (Chantal Delsol, professeur de philosophie politique à l’Université de Marne-la-Vallée. Dernier ouvrage paru : La République, une question française au PUF, cité in La Nouvelle Revue d’Histoire, N°10, ibid., page 31).

François Bluche: "un pays sans âme"

« Certes notre vieux pays a surmonté jadis maintes crises (1429, 1589, 1815 etc.) mais il avait encore alors une âme... » (François Bluche, un historien protestant, professeur émérite à l’Université de Paris X. Dernier ouvrage paru: Richelieu chez Perrin, cité in La Nouvelle Revue d’Histoire, N°10, ibid., page 30).

Fermer le ban.

L'anti-patrie

La patrie de la Révolution va faire des Français des parias dans leur propre pays au seul motif de leur foi.

Autrefois, "la Patrie, ce fut à l’origine le territoire de la famille, la terre du père. Le mot s’étendit à la seigneurie, et au royaume entier, le Roi étant le Père du peuple. L’ensemble des territoires sur lesquels s’exerçait l’autorité du Roi s’appelait donc ‘Patrie’" (F. Funck-Brentano, L’ancienne France, le Roi, in Marquis de la Franquerie, La mission divine de la France, ESR, p 96).

"Cette famille est aimée et respectée comme la première du pays. Elle personnifie ses traditions et ses gloires [que bien évidemment le Roi ne pouvait pas supprimer... Cela change par exemple du pouvoir actuel qui d'autorité contraint les Français à travailler le lundi de Pentecôte, traditionnellement férié] La prospérité de la famille royale et celle du pays n’en fait qu’une. Elle porte en elle les espérances de l’avenir. Tous le savent et vivent en paix" (Mgr Delassus, L’esprit familial, dans la famille, dans la cité, dans l’État, p. 31, in Marquis de la Franquerie, ibid., ESR, p. 96).

"La patrie est une unité totale dans laquelle tous les individus et toutes les classes sont intégrées… Elle est une synthèse transcendante, indivisible, capable d'assumer son propre dessein… Unité permanente, irrévocable" (Antonio de Primo de Rivera, Discours prononcé au Théâtre de la Comédie de Madrid, le 29 octobre 1933, cité in Thomas Molnar, La Contre-Révolution, Poche, Union Générale d'Éditions, Saint-Amand 1972, p. 147).

Discours de Charette

... Il faut relire le discours prononcé un jour par Charette devant ses officiers : "Notre patrie à nous, c'est nos villages, nos autels, nos tombeaux, tout ce que nos pères ont aimé avant nous. Notre patrie, c'est notre Foi, notre terre, notre Roi... Mais leur patrie à eux, qu'est-ce que c'est ? Vous le comprenez, vous?... Ils l'ont dans le cerveau; nous l'avons sous les pieds. Il est vieux comme le diable, le monde qu'ils disent nouveau et qu'ils veulent fonder dans l'absence de Dieu... On nous dit que nous sommes les suppôts des vieilles superstitions ; faut rire! Mais en face de ces démons qui renaissent de siècle en siècle, sommes une jeunesse, Messieurs! Sommes la jeunesse de Dieu. La jeunesse de la fidélité! Et cette jeunesse veut préserver pour elle et pour ses fils, la créance humaine, la liberté de l'homme intérieur...

Au jour de son procès, Charette le répétera à ses juges qui demandaient une explication: "Pour mon Dieu, mon Roi et ma Patrie !" (Michel de Saint Pierre, Monsieur de Charette, Chevalier du Roi, La table Ronde 1977) [2]

A côté donc de la patrie de toujours, la France éternelle, celle de Clovis, de Charlemagne, de sainte Jheanne d'Arc ou de Louis XIII, il y a la 'patrie de la révolution' qui n'est plus la patrie mais son contraire et pour tout dire même, son inversion.

Les deux Patries (Jean de Viguerie)

"Toute histoire de l’idée de patrie est vaine, si les deux sens du mot ne sont pas distingués.

"Le premier est le sens traditionnel conforme à l’étymolo­gie. Le mot «patria» dans le latin médiéval, et le mot «patrie» adopté par la langue française au seizième siècle, désignaient la terre des pères, le pays de la naissance et de l’éducation.

"L’amour de la patrie – le mot patriotisme n’existait pas encore – rendait à la France les devoirs de la piété avec les honneurs du respect et de la fidélité. La patrie était la France. La France était un être moral doté de vertus. Les Français évoquaient souvent ces vertus de la France et voulaient s’en montrer dignes. En cas de guerre certains d’entre eux acceptaient de donner leurs vies. Mais aucune obligation n’était faite au commun des citoyens de mourir pour la patrie sur simple réquisition du prince.

"Le deuxième sens peut être qualifié de révolutionnaire. Il se précise peu à peu au cours des dix-septième et dix-huitième siècles. La nouvelle patrie est d’abord celle des libertins, tout pays où l’on est bien. Elle devient ensuite celle des philosophes des Lumières tout pays où l’on est bien par la vertu des « droits du genre humain ». Enfin elle se réalise pleinement dans la patrie de la Révolution, c’est-à-dire dans les droits de l'homme. Cette patrie n’est pas la France, et la France ne représente pour elle qu’un support et un instrument. Le patriotisme qui lui correspond, la divinise, l’adore, la place au-dessus de tout, déclare à ses ennemis une haine mortelle et réquisitionne à son service les vies de tous les citoyens. On voit que ce deuxième sens n’a rien à voir avec le premier.

"Pourtant les Français, tout en conservant le premier, ont aussi adopté le second. ils ont même fini par les confondre. Au point de voir la France dans la patrie révolutionnaire, et de vouer à leur pays natal la passion exclusive et frénétique exigée par la patrie jacobine, ils se sont mis à aimer la France comme la patrie révolutionnaire veut l’être, c’est-à-dire à l’égal de Dieu. Les richesses et les énergies du patriotisme naturel ont été détournées de leur objet et mobilisées au service d’une patrie qui n’était pas la France, qui n’était qu’une utopie. En somme la patrie révolutionnaire a été substituée à la France, mais à l’insu des Français.

"Ce fut le résultat d’une longue manipulation. Habiles serviteurs de l’idéologie des droits de l’homme, les politiciens des régimes successifs depuis l’Empire jusqu’à la Cinquième République, parlant sans cesse de la chère France immortelle, ont effectué le plus gros du travail de brouillage des esprits. Mais d’autres leur ont bien facilité la tâche. Des historiens ont présenté le patriotisme révolutionnaire ou bien comme le premier patriotisme français digne de ce nom, ou bien comme le plein accomplissement du patriotisme traditionnel. Des militaires, des ecclésiastiques et de grands écrivains nationaux ont exalté la France guerrière et la grandeur de la mort pour la patrie. Sans eux la patrie révolutionnaire n’aurait jamais convaincu les Français. Sans eux elle n’aurait jamais réussi à faire croire qu’elle était la vraie patrie, qu’elle était la France. Cette patrie n’était qu’un mythe, mais des personnes respectables, des généraux, des évêques et des académiciens l’ont présentée comme une réalité, la réalité de la France. Il n’y avait plus qu’à mourir.

"La tromperie a culminé avec les guerres, et surtout celle de 1914-1918. On a dit aux Français en 1914 «c’est la guerre du droit» et ils l’ont cru. Et surtout ils ont cru que la «guerre du droit» était vraiment la guerre de la France. Alors ils ont engagé tout leur courage, et sont allés se faire tuer par centaines de milliers pour le seul avantage de la patrie révolutionnaire. Ces innombrables vies sacrifiées ont certes rendu à la France l’Alsace et la Lorraine, mais elles ont servi principalement l’expansion de l’idéologie des droits de l'homme.

"Un si grand holocauste aurait dû frapper d’horreur les survivants et leur inspirer la plus grande répulsion pour la divinité avide de ces sacrifices sanglants. il n’en fut rien. Au contraire tout se passa comme si le sang humain avait humanisé la déesse, et les dernières préventions tombèrent. Un de nos amis, de famille royaliste et catholique, nous raconta un jour cette anecdote: il avait douze ans alors — c’était pendant la dernière guerre — son frère cadet et lui se plaisaient à chanter à tue-tête le refrain de la Marseillaise et celui du Chant du Départ. Un jour leur mère, les ayant écoutés, leur dit: «Autrefois, nous ne voulions pas de ces chants dans nos familles, car c’étaient des chants révolutionnaires, mais aujourd’hui nous les acceptons à cause des soldats de la guerre de Quatorze, qui souvent sont morts en les chantant».

"Après la mort des soldats, la mort du pays lui-même : en ces dernières années du vingtième siècle nous entrons dans la dernière phase, celle de la disparition de la France. Le patriotisme révolutionnaire y travaille depuis longtemps. Nous savons que déjà les hommes de la Révolution, et leurs successeurs et disciples du dix-neuvième siècle, rêvaient d’une France absorbée dans le genre humain. Mais ils avaient encore besoin de la France et du sang français pour imposer aux pays esclaves l’idéologie libératrice des droits de l’homme. Aujourd’hui cette idéologie règne dans tout l’univers. La situation n’est donc plus du tout la même. Conserver la France n’a plus d’intérêt. On peut même considérer son éventuelle survie comme un obstacle à l’avènement de la patrie mondiale confondue avec le genre humain. Il importe donc de hâter sa disparition. Cela ne fera pas difficulté, car elle est déjà morte. Les guerres. les discordes et les épurations du patriotisme révolutionnaire l’ont vidée de sa substance. Le sacrifice des Français a préparé celui de la France.

"Il était temps de dire ces choses, et c’est pourquoi nous avons écrit ce livre." (Jean de Viguerie) [3]

(éd Dominique Martin Morin, isbn 2-85632-229-7.)

"Quand les catholiques étaient hors la loi..." (Jean Sévillia)

Présentation du livre

Dans ce livre, Sévillia montre que la laïcité, à l'époque, ne signifiait nullement la neutralité à l'égard de la religion, mais signifiait au contraire une grande intolérance à l'égard du catholicisme...

  • Des centaines d'écoles catholiques fermées par ordre du gouvernement: c'était en 1902.
  • Des processions attaquées, laissant des morts et des blessés : c'était en 1903.
  • Des milliers de moines et de religieuses contraints par la loi à dissoudre leurs communautés ou à s'exiler: c'était en 1904...

Déboulonnant le mythe de la laïcité, l'écrivain demande également si, à l'heure de l'islam conquérant, la laïcité est la bonne réponse..., et s'il ne vaudrait pas mieux se tourner vers les sources chrétiennes de la France. C'est peut-être cette conclusion qui gêne certains ?...

1879-1914 Les catholiques écartés des instances dirigeantes du pays (Jean Sévillia)

1879-1914 "Jusqu’à l’Union sacrée de la gauche, les catholiques sont exclus du gouvernement de la France – politiquement proscrits au sein d’un pays où ils sont pourtant les plus nombreux !"...

La république opportuniste (1879-1890)

Le régime maçonnique de la IIIe République né de la défaite de Sedan avait eu du mal à s'imposer à la majorité des Français, indifférents aux bienfaits de la liberté, de la laïcité, de l'égalité.

Contre ce scepticisme généralisé, le Parti républicain entreprit, sous l'impulsion de Gambetta, de créer une nouvelle couche sociale chargée d'inculquer au peuple les bonnes valeurs... (Thierry Wolton, journaliste et essayiste. Comment guérir du complexe de gauche, Plon).

Voilà les Français aux mains des nouveaux moralistes avec leurs nouvelles valeurs. En 2005, on en est toujours pas sortie.

Jules GREVY Président de la république (1879-85- 87) (démission)

1879 1er février La Marseillaise est choisie comme hymne national français.

Une idéologie partisane et une doctrine d'Etat (Jean-Pierre Machalon)

Dans une thèse pour le doctorat d’Etat de droit public consacrée aux « Restrictions aux libertés publiques de 1879 à 1914 », Jean-Pierre Machelon estime que la "troisième république défendit moins l’idéologie libérale, dont elle ne cessa de se réclamer, qu’une idéologie partisane, une sorte de doctrine d’Etat mettant à part les individus que leur mode de vie ou leurs attitudes faisaient regarder comme des opposants ou des ennemis de la liberté"...

Un viol des principes constitutionnels

Ce juriste (Jean-Pierre Machelon) voit dans la soit-disant consécration des 'libertés publiques' un viol des principes constitutionnels et notamment un viol de la liberté d'opinion (catholique):

"le fonctionnaire tenu auparavant à un loyalisme sincère envers la république, mais ne pouvant être républicain sans être anticlérical et anticlérical sans être gouvernemental, vit ainsi sa liberté d’opinion pratiquement anéantie" (Jean-Pierre Machelon, La République contre les libertés? Presse de la Fondation nationale des sciences politiques, 1976.)

C'est que "l'anticléricalisme a servi de ciment politique aux partis exerçant le pouvoir, et les catholiques ont été écartés des instances dirigeantes du pays" (Jean Sévillia, Quand les catholiques étaient hors la loi, Perrin, 2005).

Une violation des "libertés individuelle, de conscience et des cultes, d'enseignement et d'égalité devant la loi..." (André Hauriou)

"Les lois sur la séparation des Églises et de l'État, sur les biens ecclésiastiques, sur les congrégations religieuses, dans celles de leurs dispositions qui mettent hors du droit commun les biens ou les personnes ecclésiastiques, sont manifestement contraires aux principes de la liberté individuelle, de la liberté de conscience et des cultes, de la liberté d'enseignement et de l'égalité devant la loi [pourtant proclamés ailleurs…] (André Hauriou, Droit constitutionnel et institutions politiques, Montchrestien, 1975, cité in Jean Sévillia, Quand les catholiques étaient hors la loi, Perrin, 2005 p. 19). "En 1905, c'est dans un climat où beaucoup ne cachaient pas leur volonté de déchristianiser la France que la loi de Séparation a été imposée sans concertation avec l'Eglise".

Suppression du droit d'enseigner pour les religieux

"De 1901 à 1904, une série de mesures d'exception restreint le droit des congrégations religieuse et finit par leur retirer la liberté d'enseigner. Leurs communautés dissoutes et leurs biens sequestrés, plus de 30 000 moines et soeurs contraints à l'exil...

Au cours de la même pérode, le gouvernement ferme 14 000 écoles catholiques, multiplie les agressions à l'encontre du clergé et prive d'avancement les officiers qui vont à la messe" (Jean Sévillia, Quand les catholiques étaient hors la loi, Perrin, 2005).

27 juin 1902 Fermeture par décret gouvernemental de 125 écoles de filles ouvertes sans autorisation par les congrégations autorisées.

10 juillet 1902 Combes demande aux préfets de fermer sous huit jours les écoles ouvertes avant 1901 et qui croyaient ne pas avoir besoin d'autorisation. Près de 3000 écoles catholiques sont fermées au cour de l'été !...

Mars 1903 Combes ne dissimule pas ses intentions: à la Chambre, il déclare: "Il n'y a pas de raison pour que l'État, à certaines époques, ne puisse interdire l'enseignement à certaines catégories de citoyens au nom des intérêts dont il a la garde..."

18 mars 1903 À la demande de Combes, la Chambre rejette les demandes d'autorisation des congrégations enseignantes déposées conformément à la loi de 1901, par les congrégations religieuses.

Plus de 400 congrégations sont interdites : le 24 mars, celle des congrégations prédicantes; le 26 mars, c'est au tour des Chartreux d'être condamnés. Combes veut débarrasser la France de ses moines et de ses religieuses.

Au gouvernement, qui pense aux souffrances silencieuses de ceux qui vont être chassés de leurs couvents et des écoles où ils ont vécu pendant tant d'années ?

Certaines congrégations refusent de quitter volontairement leurs maisons. Elles sont expulsées manu militari et leurs supérieurs traduits en justice.

À Chambéry, les Capucins quittent leur couvent en placardant un avis d'excommunication sur la porte: "Les châtiments de l'avenir prouveront un jour aux incrédules qu'on ne brave pas en vain la justice éternelle de Dieu..." (Aujourd'hui, en 2005, vu l'état de la France, force est de constater la pertinence de la mise en garde).

9 avril 1903 Combes fait fermer les chapelles des congrégations dont les fidèles suivent le culte.

Le 11 avril 1903 Combes adresse une circulaire aux évêques interdisant aux membres des congrégations dissoutes de prêcher dans les églises paroissiales. La plupart des prélats refusent d'appliquer ces consignes, ce qui leur vaut la suppression de leur traitement.

Novembre 1903 Projet de loi d'interdiction aux congrégations, dans un délai de cinq ans, toute forme d'enseignement, primaire, secondaire ou supérieur. Pour les religieux enseignants, c'est le coup de grâce. La loi sera votée le 8 juillet 1904.

7 juillet 1904 Loi interdisant l'enseignement à tous les religieux. 2500 écoles doivent fermer. Mise sous séquestre des biens des congrégations.

Février 1904 Jaurès proclame: "Nous combattons l'Église et le christianisme parce qu'ils sont la négation du droit humain et renferment un principe d'asservissement intellectuel qui doit être banni de toute œuvre d'éducation".

Juin 1904 Combes interdit aux ecclésiastiques de se présenter au concours de l'agrégation: tant pis pour ceux qui s'y préparaient depuis de longs mois.

8 juillet 1904 Promulgation de la loi d'interdiction d'enseignement de toute nature aux congrégations. Municipalités anticléricales, comités radicaux, groupes de Libre-pensée, loges maçonniques, sections de la Ligue des droits de l'homme: 800 messages de félicitations sont adressés au Président du Conseil. Emile Combes exulte.

Explication de l'"esprit d'action républicaine et de liberté laïque (Combes)

Été 1902 Combes explique ce qu'il entend par "l'esprit d'action républicaine et de liberté laïque dont le gouvernement est animé".

Le 27 juin, un décret retire le droit d'enseigner à tous les établissements qui, depuis le 1er juillet 1901, ont été ouverts sans autorisation par les congrégations autorisées : 135 écoles de filles sont concernées.

Le 4 juillet, au Palais-Bourbon, Combes se vante de "faire triompher l'esprit de la Révolution" et "assurer définitivement la victoire de la société laïque sur l'obédience monacale".

Son discours se clôt par cet avertissement : "c'est le premier acte, et cet acte sera prochainement suivi d'autres actes..."

Le coup suivant, le Président du conseil va s'en prendre aux écoles ouvertes avant le vote de la loi sur les associations.

En janvier 1902, le Conseil d'État avait déjà classé comme établissement congréganiste toute école employant des religieux. Le 31 janvier, le Conseil des ministres décide que les conclusions du Conseil d'État ne seront pas appliquées. Mais, cinq mois plus tard, Combes dirigeant le gouvernement, le 10 juillet, une circulaire ordonne aux préfets de fermer dans un délai de huit jours 3000 établissements ouverts sans autorisation par les congrégations autorisées. Ces écoles pour la plupart sont tenues par des religieuses.

Septembre 1902 La prédication en breton dans les départements des Côtes-du-Nord, du Finistère, et du Morbihan sont interdites, mais doivent être assurées en français.

24 septembre 1902 Le convent du Grand-Orient programme de rupture diplomatique avec le Saint-Siège, dénonciation du Concordat, abrogation de la Loi Falloux, instauration du monopole d'État en matière d'enseignement, épuration du ministère de l'Instruction publique, retrait du droit de vote aux ecclésiastiques...

4 décembre 1902 Est frappé d'amende ou de prison quiconque ouvrira sans autorisation un établissement scolaire congréganiste et toute personne qui après ordonnance de fermeture en continuera les activités.

Une lutte contre tout ce qui reste du vieux monde (Léon Gambetta)

Laïcisation des rites et des rythmes de l'existence

1880 Le repos dominical est abrogé: l'anticléricalisme vient ici au secours du capitalisme.

1884 Loi Naquet de rétablissement du divorce, introduit par la révolution et supprimé en 1816 par Louis XVIII.

1887 Laïcisation des obsèques. Le caractère confessionel des cimetières ayant été aboli dès 1881.

Léon Gambetta avait prévenu: "La lutte est contre tout ce qui reste du vieux monde, entre les agents de la théocratie romaine et les fils de 89" (Jean Sévillia, Quand les catholiques étaient hors la loi, Perrin, 2005, p. 84).

Laïcisation des prisons et de l'armée

1880-1883 Suppression des aumôneries militaires.

1883 Deux décrets prescrivent aux troupes qui rendent les honneurs de ne plus entrer dans les édifices religieux, interdisent à l'armée d'escorter les processions et d'affecter des sentinelles à la garde des palais épiscopaux.

1883 Les religieux sont chassés des établissements pénitentiaires: les sœurs de Marie-Joseph vouées à l'apostolat des prisonniers sont renvoyées.

1889 L'exemption dont bénéficiait le clergé est levée; Désormais les séminaristes devront accomplir un an de service militaire: le gouvernement cherche en réalité à rabaisser le prestige social des séminaristes ou à les détourner de leur vocation.

Laïcisation de la magistrature

1883 Loi de suspension de l'inamovibilité des magistrats. Cette mesure permet d'éliminer les juges hostiles au régime et rétifs au laïcisme gouvernemental: 600 magistrats du siège sont remerciés, et 300 autres démissionnent en signe de solidarité.

1er avril 1904 Combes ordonne au ministère de la Justice d'enlever (par circulaire) les crucifix dans tous les tribunaux de France.

Laïcisation des institutions politiques

1883 Suppression des prières publiques prévues au Parlement dans la Constitution de 1875.

1884 Loi sur l'administration des communes déclarant inéligibles les ministres du culte et réservant aux maires la possibilité d'interdire les processions.

1884 Interdiction des crucifix dans les bâtiments officiels.

1884 Suppression des prières publiques à l'ouverture des sessions parlementaires.

1884 Loi de liberté syndicale Waldeck- Rousseau. (Ce n'est pas nouveau, les Corporations d'Ancien Régime jouaient le rôle de syndicats et les grèves étaient courantes...)

1884 Election des maires par les Conseils municipaux. [là non plus ce n'est pas une nouveauté, les femmes au Moyen Age avaient déjà un droit d'élection au niveau local).

1884 Une révision constitutionnelle précise que « la forme républicaine du gouvernement ne peut faire l’objet d’une révision ». [Vive la liberté du peuple français!...]

1886 Loi d'Exil qui interdit le sol national aux descendants des rois de France...

Laïcisation du système de santé

1879 Loi d'interdiction au clergé de siéger dans les conseils d'administration des hospices et dans les bureaux de bienfaisance.

1880-1890 Arrêtés municipaux chassant les religieuses infirmières des hôpitaux. Tous les établissements de santé parisiens seront laïcisés en 1890, à l'exception de l'Hôtel-Dieu, de l'Hôpital Saint-Louis et des Quinze-Vingts.

1er janvier 1904 Combes interdit les religieuses infirmières dans les hôpitaux militaires.


Laïcisation de l'école: "L'école républicaine..., une université antireligieuse, active, militante et belliqueuse" (René Viviani)

"La neutralité de l'École fut toujours un mensonge!" (R. Viviani)

René Viviani avoue dans L'humanité en 1904 que "la neutralité de l'École fut toujours un mensonge. Nous n'avons jamais eu d'autre dessein que de faire une université antireligieuse, et antireligieuse d'une façon active, militante, belliqueuse" (Jean Sévillia, Quand les catholiques étaient hors la loi, Perrin, 2005, p. 237-238).

27 février 1880, loi d'exclusion des membres du clergé de l'Instruction publique.

29 mars 1880, deux décrets de dissolution des établissements de la Compagnie de Jésus: les Jésuites ont trois mois pour se dispercer. Le second décret prévoit l'expulsion des congrégations n'ayant pas déposé de demande d'autorisation. C'est la violence et la persécution officiellement promulgués: c'est aussi la violation de la liberté religieuse, la violation de la loi protégeant l'inviolabilité de la propriété privée et du domicile.

30 juin 1880, expulsion des jésuites.

Le 30 juin 1880, le cardinal-archevêque de Paris intervient auprès du président de la république afin d'obtenir la levée provisoire des scellés apposés sur la chapelle de la rue de Sèvres: le Saint-Sacrement y était resté exposé. Dieu sous scellé ! Le transfert vers l'églises Saint-Sulpice s'effectuera au milieu d'une foule estimée à 10000 personnes (Jean Sévillia, ibid., Perrin, 2005, p. 64).

6000 religieux sont expulsés de leurs couvents. Dissolution de la compagnie de Jésus. Expulsions forcées de 265 congrégations religieuses non autorisées.

Loi Camillé Sée créant un enseignement secondaire de jeunes filles (1880). L'année suivante sera crée l'École normale de Sèvres destinée à former les maîtresses des Lycées. L'objectif est de briser le monopole de fait exercé par l'Église dans ce domaine : "Celui qui tient la femme tient tout explique Jules Ferry. C'est pour cela que l'Église veut retenir la femme, et c'est aussi pour cela qu'il faut que la démocratie la lui enlève. Il faut que la femme appartienne à la science ou qu'elle appartienne à l'Église". Camille Sée traduit cela d'une formule triviale: "il faut donner des compagnes républicaines aux hommes républicains" (Jean Sévillia, ibid., Perrin, 2005, p. 69).

Ecole primaire gratuite (1880), laïque et obligatoire (1882): interdiction de l’éducation religieuse dans les écoles publiques. [Notons au passage, que Mgr Freppel, alors évêque d'Angers, ne manqua pas de déclarer qu'il fallait aller plus loin encore et voter la gratuité de l'entretien complet des élèves, pension comprise, mais Ferry coupa court à toutes ces déductions indiscrètes et s'empressa de rassurer les contribuables...]

16 octobre 1880 Dissolution des congrégations masculines "non autorisées".

Le 31 août 1880, les scellés sont mis sur tous les collèges jésuites.

16 juin 1881 Promulgation de la loi Ferry instaurant la gratuité de l'enseignement primaire.

28 mars 1882 Loi d’interdiction de tout enseignement religieux dans les écoles publiques. La loi rendant l'enseignement primaire obligatoire pour les enfants des deux sexes entre 6 et 13 ans est promulguée. L'instruction religieuse est supprimée dans les établissements primaires d'État où les ministres des cultes n'ont plus le droit d'entrer : désormais, Dieu n'a plus sa place dans les écoles publiques.

La loi promulguée, Paul Bert révèle le fond de sa pensée: "Les écoles congréganistes, par la gratuité, perdront beaucoup de leur prestige"….

"L’école laïque, gratuite et obligatoire" constitue un mythe fondateur de la IIIè République. Cependant ni le principe de la gratuité de l’enseignement ni celui de son obligation ne datent de cette époque : les petites écoles de l’Ancien Régime n’étaient pas payantes : les milliers de Frères des écoles chrétiennes donnaient un enseignement gratuit depuis 1681, pour instruire gratuitement les enfants du peuple; et Louis XIV avait édicté l’obligation scolaire jusqu’à quatorze ans, en 1698.

En 1880 à la chambre des députés, Paul Bert, personnalité marquante du parti républicain, reconnaissait que 85% des enfants étaient scolarisés dans le primaire mais mal scolarisés car ils l’étaient par l’Eglise…. l’important dans les lois Ferry, c’est la laïcité. En 1998, Jean –Michel Gaillard fit remarquer lors d’un colloque organisé à la Sorbonne, que « la laïcité loin d’être idéologiquement neutre, était un combat mené par les instituteurs contre la monarchie et le cléricalisme ». En décrétant la laïcité, ferry veut en réalité que les enfants soient coupés des milliers de religieuses et de religieux qui se consacrent à l’enseignement primaire » (Jean Sévillia, Historiquement correct, pour en finir avec le passé unique p.284).

Théoriquement, l’ 'école obligatoire' date de Louis XIV et non de Jules Ferry. » (François Bluche, Louis XIV, Fayard, Saint-Amand-Montrond 2002, p. 494). Le principe de l'obligation scolaire, on le trouve en 1698 avec un édit de Louis XIV, même si celui-ci fut peu suivi d'effets. À l'étranger il avait été mis en œuvre par la Prusse en 1717, ébauché par l'Autriche en 1774 avant d'y devenir effectif en 1869.

Les frères des écoles chrétiennes dispensaient déjà aux enfants du peuple une instruction gratuite.

Et la loi Guizot en 1833 garantit la gratuité de l'école pour les indigents.

Là où Jules Ferry va innover, c'est vrai, c'est en liant gratuité et obligation avec la laïcité… (Jean Sévillia, Quand les catholiques étaient hors la loi, Perrin, 2005, p. 70).

Novembre 1882 Circulaire Jules Duvaux, ministre de l'Instruction publique, adressée aux préfets, confirmant l'interdiction des symboles religieux dans les écoles publiques qui doivent être créées. S'agissant des écoles déjà existantes, la faculté est laissée, dans un souci d'apaisement, de conserver les crucifix. Leurs retraits ne devant pas ressembler à une croisade iconoclaste, il est conseillé de profiter des vacances ou de travaux de réfection des classes pour les décrocher.

28 mars 1882 Loi rendant l'enseignement primaire obligatoire et laïc dans les écoles publiques. L'enseignement religieux est interdit dans les établissements primaires d'État.

2 novembre 1882 Circulaire prescrivant la suppression des crucifix et des images religieuses dans les bâtiments scolaires publics.

30 octobre 1886 Loi Goblet: les religieux sont interdits d'enseignement dans les écoles primaires publiques: enlève aux Français religieux le droit d'enseigner au sein des établissements primaires publics

les frères des écoles primaires d'État devront être remplacés par du personnel laïc dans un délai de cinq ans.

Les sœurs enseigantes le seront au fur et à mesure des vacances de poste.

"Il n'y a pas de vérité sacrée" ou le "non serviam" de Jean Jaurès

1895 Une formule "fameuse" de Jean Jaurès exprime bien la haine de Dieu des républicains:

"Ce qu'il faut sauvegarder avant tout, ce qui est le bien inestimable conquis par l'homme à travers tous les préjugés, toutes les souffrances et tous les combats, c'est cette idée qu'il n'y a pas de vérité sacrée, c'est-à-dire interdite à la pleine investigation de l'homme, c'est que ce qu'il y a de plus grand dans le monde, c'est la liberté souveraine de l'esprit... c'est que toute la vérité qui ne vient pas de nous est un mensonge, c'est que, jusque dans les adhésions que nous donnons, notre sens critique doit rester toujours en éveil et qu'une révolte secrète doit se mêler à toutes nos affirmations et à toutes nos pensées, c'est que, si l'idéal même de Dieu se faisait visible, si Dieu lui-même se dressait devant les multitudes sous une forme palpable, le premier devoir de l'homme serait de refuser l'obéissance et le considérer comme l'égal avec qui l'on discute, non comme le maître que l'on subit. Voilà ce qu'est le sens et la grandeur et la beauté de l'enseignement laïque dans son principe" (Jean Jaurès, discours à la Chambre des Députés, le 18 février 1895).

C’est le non serviam de Satan.

Le premier gouvernement franc-maçon en France: le gouvernement Jules Ferry (1880-81)

J. Ferry représente la gauche républicaine, franc-maçonne, positiviste, scientiste et anti-cléricale.

Tout un programme...

1881 Loi de liberté de réunion, supprime l’autorisation administrative préalable. - Loi de liberté de la presse.

14 juillet 1881 1ère célébration de la fête nationale; Marseillaise, hymne national.

1881-1885 Gouvernement dominé par des républicains dits "opportunistes"

Ils disent désirer "s’adapter à la réalité" en acceptant les institutions et le Concordat avec l’Eglise catholique.

1881-82 Gouvernement Gambetta

1882 Gouvernement Freycinet

Crise économique, textile, bâtiment, chômage.

1883-85 2ème Gouvernement Jules Ferry

Colonialisme, démocratie et droits de l'homme au programme:

1885 Jules Ferry affirme:

  • «Les races supérieures ont un droit vis- à- vis des races inférieures. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures»...

Ce même Jules Ferry qui veut «organiser l’humanité sans roi et sans Dieu», répète la même consigne:

  • «La République est perdue si l’Etat ne se débarrasse pas de l’Eglise, s’il ne désenténèbre pas les esprits du dogme…».

"Les fondateurs de la IIIè république, note Serge Berstein, influencés par la franc-maçonnerie ou par la Ligue de l’enseignement, professent une véritable foi laïque qui leur paraît signe de 'progrès' et tiennent l’Eglise pour une force rétrograde, obscurantiste, fondée sur l’ignorance et la superstition, et qui ne peut que disparaître avec les progrès des Lumières" (Serge Berstein, La IIIè république, MA Editions, 1987).

1886 Loi d'Exil qui interdit le sol national aux descendants des rois de France...

1887 Démission de Jules Grévy suite au "scandale des Décorations" mettant en cause le député Wilson, gendre du président Grévy).

1887 Clemenceau déclare avec insolence: «prenons le plus bête» : ce qui montre assez le rôle médiocre réservé désormais au chef de l’État... Sadi Carnot est élu...

Sadi CARNOT Président de la république (1887-94)

Assassiné par un militant anarchiste italien, Caserio.

1888 Les radicaux fondent la «Société des Droits de l’Homme et du Citoyen»...

Années 1890 La république est solidement installée : la république "modérée" marquée par une orientation conservatrice favorisée par le ralliement des catholiques. A la lutte contre la droite monarchiste et catholique succède le combat contre la gauche radicale et socialiste. Les modérés au pouvoir répriment sévèrement les mouvements ouvriers («lois scélérates» 1893), mais ils sont mis en difficultés par le scandale de Panama et l’anarchisme.

1891 Fusillade de Fourmies (1er mai)- Depuis 1890, les travailleurs célèbrent le 1er mai comme fête du travail. A l’appel de guesdistes, les ouvriers réclament la journée de 8 heures et manifestent à Fourmies. La troupe intervient. Bilan: 9 morts (dont 2 enfants, 4 jeunes filles) et 35 blessés. Cela doit être çà la Liberté républicaine.

1891 Encyclique Rerum Novarum du pape Léon XIII; document important dans l’histoire du catholicisme social, manifeste pour le recul des iniquités sociales. Léon XIII se dédouane place son intervention sur le terrain de la morale, simple expression de la charité chrétienne. Néanmoins, il ne dissimule pas sa méfiance vis-à-vis de l'émergence d'une conscience de classe au sein de la population ouvrière, qui se manifeste par une politisation croissante. Le premier chapitre de l’encyclique s’intitule d’ailleurs, de manière non équivoque, « Un faux remède : le socialisme »…

17 février 1892 Encyclique "Au milieu des sollicitudes" de Léon XIII, appelle les catholiques français à infléchir sa législation laïcarde et anticléricale en la combattant "par des moyens légaux et honnêtes" les actes "procédant de tendances hostiles à la religion". Malheureusement, la concession faite au principe, c'est l'échec à la fin (Mgr Freppel)....

Jean CASIMIR-PERIER Président de la République (1894-95)

Petit-fils de C. Perier. Pt de droite. Ancien légitimiste favorable à Henri de Bourbon comte de Chambord.

Janvier 1895 Jean Casimir Perier démissionne suite aux attaques socialistes de Jaurès qui voyait en lui le représentant de la bourgeoisie d’affaires et lui reprochait l’arrestation et la condamnation du capitaine Dreyfus.

Félix FAURE Président, républicain "modéré" (1895-99)

1898 Publication dans l’Aurore de Georges Clémenceau (journal anticlérical) du « J’accuse » d’Emile Zola à propos de Dreyfus.

Emile LOUBET Président (1899-1906)

Juin 1899 «ministère de Défense républicaine» Waldeck- Rousseau , cabinet de coalition à majorité progressiste rassemblant aussi bien les radicaux, le socialiste Alexandre Millerand (vite désavoué par son parti) que le général de Gallifet, le «fusilleur de la Commune», pour s’assurer la soumission de l’armée.

- arrestations des chefs des ligues nationalistes et antidreyfusardes. A l’aube du 20è siècle, s’achève le temps de la République des modérés (1890-1900), celui de la "La République radicale" (ou anticléricale), commence...

21-23 juin 1901 Congrès constitutif du parti radical et radical-socialiste.

La loi de 1901 sur les associations: une "loi d'exclusion" (Jean Sévillia)

1er juillet 1901 Promulgation de la loi sur les associations dans le but de lutter contre les congrégations: exigence d’une demande d’autorisation et d’un certain nombre de conditions...

Cette loi introduit une exception pour les congrégations en les contraignant, au lieu d'une simple déclaration en préfecture, à obtenir une autorisation législative. Les congrégations ont trois mois pour déposer leur demande et les membres d'une congrégatio non-autorisée sont interdits d'enseignements...

René Viviani lors de la préparation du projet de loi, vantant le projet, affirme que "la loi sur les associations est la préface de la séparation des Églises et de l'État: Nous ne livrons qu'une escarmouche au regard des batailles du passé et de l'avenir. Il s'agit de savoir qui l'emportera de la société fondée sur la volonté de l'homme et de la société fondée sur la volonté de Dieu..." (Tout un programme...)

Loi d'exclusion, un article du texte de loi défend à toute personne appartenant à une congrégation non autorisée de faire partie d'un établissement scolaire, soit comme directeur, soit comme enseignant.

Les religieux sont une catégorie de citoyens français interdits d'enseignement.

Lors des débats à la Chambre, le rapporteur, Georges Trouillot, député radical du Jura attaque d'emblée: "Les congrégations tendent à annihiler l'individu, à détruire sa volonté et son initiative, à le courber sous une autorité absolue [Dieu] devant laquelle s'efface jusqu'à la personnalité humaine" (Jean Sévillia, Quand les catholiques étaient hors la loi, Perrin, 2005, p. 108).

"cette loi est à la fois libérale et liberticide": Pour les citoyens ordinaires, la liberté d'association est totale, les formalités de déclaration étant réduites au minimum. En revanche, pour les religieux, la loi ne fait qu'accumuler les obstacles. Leur existence civile dépend du vote d'une loi au Parlement. L'ouverture de chaque congrégation nouvelle est soumise à un décret du Conseil d'État. Toute congrégation non-autorisée ou toute succursale non-autorisée d'une congrégation autorisée est illicite: le fait d'y appartenir constitue un délit passible d'une amende ou d'une peine de prison. L'article 14 stipule que nul n'est autorisé à diriger un établissement d'enseignement, ni à professer, s'il est membre d'une congrégation non autorisée. Les congrégations ont à tenir à la disposition des préfets le compte de leurs dépenses et de leurs recettes, l'inventaire de leurs biens et la liste complète de leurs membres. Toute contravention à ces règles est passible de poursuites.

Nouvelle loi d'exception, cette loi du 1er juillet 1901 exclut du droit commun les religieux, hommes ou femmes.

Citoyens français de seconde zonne, ceux-là n'ont pas les mêmes droits d'association que les autres.

Par la décision d'une idéologie totalitaire, leurs libertés – liberté de conscience, liberté d'enseignement, liberté d'association – sont désormais restreintes.

Le juriste Jean-Pierre Machelon porte cette appréciation: "Cette loi fut avant tout une 'loi de combat', présentée et discutée comme telle. Chacun y voyait bien que si le but théorique de la loi était de fonder, sur un principe général, la liberté d'association, le but réel était d'aggraver le régime des associations religieuses. Ils 'agissait moins de donner la liberté à tous que de l'enlever à quelques-uns (Jean-Pierre Machelon, Le titre III de la loi du 1er juillet 1901 relative au contrat d'association, Actes du colloque "Autour de la loi du 1er juillet 1901. Les congrégations hors la loi ?", 27-28 septembre 2001, éd. Letouzeu & Ané, 2002, cité in Jean Sévillia, Quand les catholiques étaient hors la loi, Perrin, 2005, p. 110)

Le 20 juin 1902, Combes adresse aux préfets une circulaire exigeant leur "concours le plus loyal et le plus résolu", les priant "d'exercer une action politique sur tous les services publics"…, de "réserver les faveurs dont ils disposent seulement à ceux de leurs administrés qui ont donné des preuves non équivoques de fidélité aux institutions républicaines" (Jean Sévillia, Quand les catholiques étaient hors la loi, Perrin, 2005, p. 122-123).

1902-1905 Ministère anticlérical Combes

20 juillet 1903 Mort de Léon XIII, élection de Pie X (1903-1914) le 4 août.

5 juillet 1904 Une loi interdit l’enseignement à toutes les congrégations, autorisées ou non. = fermeture de la quasi totalité des écoles catholiques du pays (16 000 établissements); et loi d’interdiction de l’enseignement à toute congrégation religieuse (1904); Combes rompt les relations diplomatiques avec le Vatican et le pape Pie X...

1904 Jean Jaurès fonde le journal «l’humanité»...

29 juillet 1904 Rupture des relations diplomatiques avec le Saint-Siège.

28 octobre 1904 Début du scandale des Fiches impliquant la franc.:.maçonnerie (Grand Orient) qui va coûter sa place à Emile Combes (démission du 18 janvier 1905).

Toujours en octobre 1904, Combes présenta un projet de loi, inspiré de la Constitution civile du clergé de 1790, qui soumettait l'Eglise à l'Etat. Mais le scandale des fiches l'obligea à démissionner.

18 novembre 1904, Combes ne désarme pas. Il adresse une circulaire enjoignant aux préfets de prendre des renseignements sur l'état d'esprit et les opinions des candidats à la fonction publique. Après la délation dans l'armée, la délation dans l'administration. Interpellé à la Chambre, "délation", l'accusation revient dans toutes les bouches, Combes fléchit. Le progressiste Ribot ironise sur un "code de délation honorable".

Le 18 janvier 1905, faute de soutien à l'assemblée, Combes démissionne, attaqué par les socialistes à cause de son désintérêt pour les problèmes sociaux, et également par les modérés, qui lui reprochent d’affaiblir l’armée.

Gabriel Merle, dans une biographie qui prétend réhabiliter Emile Combes, le reconnaît: le système des Fiches, c'était "la tentation de la dictature républicaine" (Jean Sévillia, Quand les catholiques étaient hors la loi, Perrin, 2005, p. 154).

Promulgation de la Loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat (9 décembre 1905)

(acceptée par le Saint Siège en 1921 seulement suite à des modifications).

C'est la fin du concordat napoléonien de 1801 qui régissait les rapports entre le gouvernement français et l'Église catholique et qui associait l’Eglise à l’Etat; proclame la "liberté de conscience" et garantit le "libre exercice des cultes" (en réalité, il s'agit d'une violation de la liberté de conscience et des cultes...).

Le 4 mars 1905 Aristide Briand dépose à la Chambre le rapport sur le projet de séparation des Églises et de l'État.

Un "sommet longtemps inégalé de la bêtise dans la haine" (Pierre Chaunu)

S'ouvre alors ce qu'un historien protestant appelle "une guerre de Religion enclenchée par la IIIe République qui atteint, en 1905, un sommet longtemps inégalé de la bêtise dans la haine" (Pierre Chaunu, Éric Mension-Rigau, Baptême de Clovis, baptême de la France, De la religion d'État à la laïcité d'État, Éditions Balland, Mayenne 1996, p. 45).

Le texte affirme qu'il s'agit de reprendre l'œuvre que le Concordat napoléonien avait interrompue.

D'après le Concordat, c’est le Chef de l'État qui nomme les évêques, le Saint-Siège conservant la ressource de leur refuser l'institution canonique.

L'article 4 de la loi qui concerne la gestion des biens ecclésiastiques, prévoit l'attribution des biens mobiliers et immobiliers de l'Église à des associations cultuelles qui doivent être constituées dans un délai d'un an. Depuis la Révolution, les édifices cultuels (cathédrales, églises, chapelles) et les bâtiments utilisés par l'Église (palais épiscopaux, séminaires, presbytères) étaient la propriété de l'État, des départements ou des communes. D'après le Concordat de 1802 (article2), le clergé n'en était que l'affectataire. Le mobilier des églises était la proprité té de l'Eglise. L'article 4 de la loi précise que les biens ecclésiastiques seront transférés aux associations "aux associations qui, en se conformant aux règles d'organisation générale du culte dont elles se proposent d'assurer l'exercice (le culte catholique) se seront légalement formées".

Une loi passée au forceps, sans concertation ni avec le peuple ni avec les évêques ni avec le pape

A aucun moment n'a lieu la moindre concertation ni avec les évêques de France, ni avec le pape.

Toute la loi de séparation est contenue dans ce grand écart entre l'idéologie dont elle se réclame et le poids de la réalité. Mais le grand écart c'est aussi celui de Briand afin de faire passer sa loi. C'est lui qui, grâce à son adresse politicienne, fera triompher ce qui constitue, à l'échelle de l'histoire de France, une véritable fracture.

Depuis le Second empire, la séparation fait partie des objectifs du parti républicain: dès 1869, Gambetta a inscrit cette revendication dans son programme de Belleville.

Le 28 mars 1905, au moment où les débats parlementaires viennent de commencer, cinq cardinaux français adressent au président de la république, Emile Loubet, une lettre non rendue publique dans laquelle ils demandent le maintien du Concordat: "Le projet de Séparation conduit nécessairement à la persécution religieuse et n'est pas l'expression de la volonté nationale."

Article 1er: «la République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes...».

Article 2: «La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte...»

L'article 4 de la Loi de Séparation prévoit de dresser un "inventaire descriptif et estimatif" des biens ecclésiastiques, qu'ils soient propriété publique ou propriété de l'Église. Sont à inventorier les églises avec leur mobilier et les objets du culte, ainsi que les autres bâtiments (bibliothèques, séminaires etc) avec leur mobilier...

Une loi votée par une minorité contre la majorité

La pétition qui circule dans le pays confirme l'hostilité des fidèles à la Séparation: 507 000 signatures en bretagne, 407 000 en Normandie, 315 000 en Anjou et dans le Maine.

Les 341 députés qui ont voté la Séparation représentaient "exactement 2 647 315 électeurs" sur près de 11 millions d'inscrits (Emile Poulat, Notre laïcité publique, Berg International 2003 cité in Jean Sévillia, Quand les catholiques étaient hors la loi, Perrin, 2005, p. 188).

Dans un pays de 40 millions d'habitants, si les femmes avaient possédé le droit de vote, la loi de 1905 aurait-elle été ratifiée par référendum ?...

Tout au long du processus d'élaboration de la loi de 1905, où sont les négociations et les échanges avec l'Église ? Celle-ci n'a pas été consultée une seule fois...

L'aveu viendra de Clémenceau: "Il faut bien reconnaître que nous nous sommes conduits comme des goujats !" (Jean Sévillia, Quand les catholiques étaient hors la loi, Perrin, 2005, p. 190).

Il n'y a pas eu de "pacte laïc" en 1905 (Jean Sévillia)

Contrairement à la formule popularisée par Jean Baubérot, il n'y a pas eu de "pacte laïque" en 1905 (Jean Baubérot, Vers un nouveau pacte laïque ?, Le Seuil, 1990). La loi de séparation de l'Église et de l'État n'a jamais été négociée avec la hiérarchie catholique. Ce n'est donc pas parce que aujourd'hui, la laïcité passe pour le summum de la tolérance qu'il faut occulter sa violence antireligieuse initiale (Jean Sévillia, Quand les catholiques étaient hors la loi, Perrin, 2005, p. 20).

Inventaires des biens de l'Eglise (1906): Deux morts

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Le 2 janvier 1906, une circulaire du ministère des Finances décrétant que les fonctionnaires devront se faire ouvrir les tabernacles des églises met le feu aux poudres.

Les menaces de profanation étaient réelles. D'inommbrables incidents eurent lieu à l'occasion de ces inventaires. Certaines églises sont prises d'assaut par l'armée, la gendarmerie, les pompiers. Les bagarres font des dizaines de blessés et même des morts :

- Gery Ghyseel, dans le Nord à Boescheppe, abattu d'un coup de revolver (6 mars 1906): premier martyr des Inventaires, Gery Ghyseel, ouvrier boucher de 35 ans, laissa une veuve et trois orphelins. La Flandre catholique l'enterrera le 10 mars. Trois jours auparavant, ce drame a provoqué la chute du gouvernement. L'autopsie révéla que la balle mortelle venait du calibre 6 du fils du percepteur M. Caillet qui s'était présenté le 6 dans l'église de Boeschepe, un village du Nord, non loin de la frontière belge, accompagné de son fils, étudiant en droit à Lille et de M. Benoist, commisaire de Bailleul, le chef-lieu du canton. Un détachement du 8e d'Infanterie, une dizaine de dragons et cinq gendarmes. Leur mission: assurer la protection de l'inventaire des biens ecclésiastiques qui doit avoir lei à Boeschepe comme dans les 36 000 communes de France en application de la Loi de séparation des Églises et de l'État...

Depuis un mois, ces inventaires donnent lieu à de multiples incidents. Ce jour-là 6 mars, la bagarre éclate dans l'église de Boeschepe. Coups de poing, coups de pied, les chaises volent. Le percepteur roule à terre. Son fils, armé d'un revolver prend peur, il tire. Un homme s'effondre mort. Gery Ghyseel est la première victime des inventaires (Jean Sévillia, Quand les catholiques étaient hors la loi, Perrin, 2005, p. 16-17).

- André Régis, à Montregard en Haute-Loire, un paysan abattu par des gendarmes (il mit trois semaines à mourir de ses blessures en mars 1906).

Objectif: Dépouillement de l'Eglise et extinction "dans le ciel d'étoiles qu'on ne rallumera plus..." (René Viviani)

Les biens détenus jusqu'alors par les églises deviennent la propriété de l'État (violation flagrante de la liberté de l'Eglise et du droit de propriété).

Celui-ci se réserve le droit de les transférer aux associations cultuelles qui peuvent en jouir gratuitement.

Près d'un an plus tard, le 8 novembre 1906, René Viviani, ministre du Travail dans le cabinet Clemenceau, salue la loi par une mémorable envolée lyrique à la Chambre des députés:

«Nous nous sommes attachés dans le passé à une oeuvre d'anticléricalisme, à une œuvre d'irreligion. Nous avons arraché les consciences humaines à la croyance (...). Ensemble, d'un geste magnifique, nous avons éteint dans le ciel des étoiles qu'on ne rallumera plus. Voilà notre œuvre, notre œuvre révolutionnaire. Est-ce que vous croyez que l'œuvre est terminée ? Elle commence au contraire...» [Viviani n'a pas tout à fait tort vu qu'aujourd'hui encore, le travail de démolition de la société chrétienne se poursuit avec un acharnement subtil par la suppression pour les catholiques de leur liberté de sanctifier le lundi de Pentecôte traditionnellement férié... Dorénavant, ce jour-là sera travaillé.]

Le député socialiste Viviani un peu plus tard, devenu président du Conseil, entraînera la France dans la Grande Guerre... Celle qui coûtera aux Français 1 300 000 morts.

La Séparation de l'Eglise et de l'Etat: "Une thèse absolument fausse, une pernicieuse erreur" (Saint Pie X)

Adressée par Pie X aux archevêques, évêques, au clergé et au peuple français, l'encyclique Vehementer nos (1906) condamnait fermement le principe de la séparation: ‘Une thèse absolument fausse, une pernicieuse erreur’.

Basée, sur ce principe que l'Etat ne doit reconnaître aucun culte religieux, elle est tout d'abord très gravement injurieuse pour Dieu, car le Créateur de l'homme est aussi le fondateur des sociétés humaines et il les conserve dans l'existence comme il nous soutient.

L'obligation d'un culte privé mais aussi public et social à Dieu (Saint Pie X)

Nous lui devons donc, non seulement un culte privé, mais un culte public et social, pour l'honorer...

Cette thèse bouleverse également l'ordre très sagement établi par Dieu dans le monde, ordre qui exige une harmonieuse concorde entre les deux sociétés.

Enfin, cette thèse inflige de graves dommages à la société civile elle-même, car elle ne peut pas prospérer ni durer longtemps lorsqu'on n'y fait point sa place à la religion, règle suprême et souveraine maîtresse quand il s'agit des droits de l'homme et de ses devoirs.

Aussi, les pontifes romains n'ont-ils pas cessé, suivant les circonstances et selon les temps, de réfuter et de condamner la doctrine de la séparation de l'Eglise et de l'Etat...

Notre illustre prédécesseur Léon XIII, notamment, a plusieurs fois, et magnifiquement exposé ce que devraient être, suivant la doctrine catholique, les rapports entre les deux sociétés. "Entre elles, a-t-il dit, il faut nécessairement qu'une sage union intervienne, union qu'on peut non sans justesse; comparer à celle, qui réunit dans l'homme, l'âme et le corps." "Quaedam intercedat necesse est ordinata colligatio inter illas quae quidem coniuntioni non immerito comparatur per quam anima et corpus in homine copulantur."

Il ajoute encore: "Les sociétés humaines ne peuvent pas, sans devenir criminelles, se conduire comme si Dieu n'existait pas ou refuser de se préoccuper de la religion comme si elle leur était chose étrangère ou qui ne pût leur servir de rien.

Quant à l'Eglise, qui a Dieu lui-même pour auteur, l'exclure de la vie active de la nation, des lois, de l'éducation de la jeunesse, de la société domestique, c'est commettre une grande et pernicieuse erreur!" "Civitates non possunt, citra seclus, genere se, tanquam si Deus omnino non esset, aut curam religionis velut alienam nihil que profituram ablicere. Ecclesiam vero quam Deus ipse constituit ab actione vitae excludere, a legibus, ab institutione adolescentium, a societate domestica, magnus et perniciosus est error " (Lettre encyclique Immortale Dei, 1er nov. 1885.)...

Que si en se séparant de l'Eglise, un Etat chrétien, quel qu'il soit, commet un acte éminemment funeste et blâmable, combien n'est-il pas à déplorer que la France se soit engagée dans cette voie,… la France, dont la fortune et la gloire ont toujours été intimement unies à la pratique des moeurs chrétiennes et au respect de la religion.

"Violation du droit des gens" (Saint Pie X)

18 février 1906 Publication de l'encyclique Vehementer Nos [4], (11 février 1906) dénonce l’abrogation unilatérale du Concordat, qui constituait une ‘violation du droit des gens’, démontre que la nouvelle loi n’était en rien une loi de liberté, mais une loi qui tendait à mettre l’Eglise sous la domination du pouvoir civil : "L'Ecriture nous enseigne, et la tradition des Pères nous le confirme, que l'Eglise est le corps mystique du Christ, corps régi par des pasteurs et des docteurs (Ephes., IV, 11), société d'hommes, dès lors, au sein de laquelle des chefs se trouvent qui ont de pleins et parfaits pouvoirs pour gouverner, pour enseigner et pour juger (Matthieu, XXVIII, 18-20 ; XVI, 18-19 ; XVIII, 17 ; Tite II, 15 ; II Cor. X, 6 ; XIII, 10, etc.)

Contrairement à ces principes, la loi de séparation attribue l'administration et la tutelle du culte public, non pas au corps hiérarchique divinement institué par le Sauveur, mais à une association de personnes laïques.

A cette association elle impose une forme, une personnalité juridique et pour tout ce qui touche au culte religieux, elle la considère comme ayant seule des droits civils et des responsabilités à ses yeux. Aussi est-ce à cette association que reviendra l'usage des temples et des édifices sacrés. C'est elle qui possédera tous les biens ecclésiastiques, meubles et immeubles; c'est elle qui disposera, quoique d'une manière temporaire seulement, des évêchés, des presbytères et des séminaires! C'est elle, enfin, qui administrera les biens, réglera les quêtes et recevra les aumônes et les legs destinés au culte religieux… d'autre part, on a bien soin de déclarer que, dans tous les différends qui pourront naître relativement à leurs biens, seul le Conseil d'État sera compétent.

Ces associations cultuelles elles-mêmes seront donc, vis-à-vis de l'autorité civile dans une dépendance telle, que l'autorité ecclésiastique, et c'est manifeste, n'aura plus sur elles aucun pouvoir.

Combien toutes ces dispositions seront blessantes pour l'Eglise et contraires à ses droits et à sa constitution divine!

Il n'est personne qui ne l'aperçoive au premier coup d'oeil, sans compter que la loi n'est pas conçue, sur ce point, en des termes nets et précis, qu'elle s'exprime d'une façon très vague et se prêtant largement à l'arbitraire et qu'on peut, dès lors, redouter de voir surgir de son interprétation même de plus grands maux !

[Lorsque Régine Pernoud dit que "c'est une Église de fonctionnaires nommés par l'État, rétribués par lui, qui est installée en France; on sait comment en 1904, est proclamée la séparation de l'Église et de l'État. Depuis, il est apparu pour l'un comme pour l'autre que ce régime de séparation présentait des aspects positifs… Aussi bien l'Église des temps classiques, sous des dehors splendides et forts rassurants, au XVIIe s. surtout, voit-elle se détériorer, minés de l'intérieur, la plupart des grands ordres monastiques… Les quatre siècles classiques sont en réalité ceux de l'emprisonnement de la mystique par la politique" (Régine Pernoud, Les saints au Moyen Age, la sainteté d'hier est-elle pour aujourd'hui ? Plon, Mesnil-sur-l'Estrée 1984, p. 230), elle dit très clairement le contraire de ce que dit saint Pie X. Elle dit que l'Église était emprisonnée et que la loi de Séparation l'a libérée ! Saint Pie X dit tout le contraire...] :

Violation de la liberté de l'Eglise (Saint Pie X)

(suite de l'Encyclique) L'Eglise ne sera pas libre. En outre, rien n'est plus contraire à la liberté de l'Eglise que cette loi. En effet, quand, par suite de l'existence des associations cultuelles, la loi de séparation empêche les pasteurs d'exercer la plénitude de leur autorité et de leur charge sur le peuple des fidèles; quand elle attribue la juridiction suprême sur ces associations cultuelles au Conseil d'Etat et qu'elle les soumet à toute une série de prescriptions en dehors du droit commun qui rendent leur formation difficile, et plus difficile encore leur maintien, quand, après avoir proclamé la liberté du culte, elle en restreint l'exercice par de multiples exceptions, quand elle dépouille l'Église de la police intérieure des temples pour en investir l'Etat, quand elle entrave la prédication de la foi et de la morale catholiques et édicte contre les clercs un régime pénal sévère et d'exception, quand elle sanctionne ces dispositions et plusieurs autres dispositions semblables où l'arbitraire peut aisément s'exercer, que fait-elle donc sinon placer l'Église dans une sujétion humiliante et, sous le prétexte de protéger l'ordre public, ravir à des citoyens paisibles, qui forment encore l'immense majorité en France, le droit sacré de pratiquer leur propre religion?

Aussi. n'est-ce pas seulement en restreignant l'exercice de son culte auquel la loi de séparation réduit faussement toute l'essence de la religion, que l'Etat blesse l'Eglise, c'est encore en faisant obstacle à son influence toujours si bienfaisante sur le peuple et en paralysant de mille manières différentes son action. C'est ainsi, entre autres choses, qu'il ne lui a pas suffi d'arracher à cette Eglise les ordres religieux, ses précieux auxiliaires dans le sacré ministère, dans l'enseignement, dans l'éducation, dans les oeuvres de charité chrétienne; mais qu'il la prive encore des ressources qui constituent les moyens humains nécessaires à son existence et à l'accomplissement de sa mission.

Violation du droit de propriété (Saint Pie X)

... Droit de propriété violé.

Outre les préjudices et les injures que nous avons relevés jusqu'ici, la loi de séparation viole encore le droit de propriété de l'Eglise et elle le foule aux pieds!

Contrairement à toute justice, elle dépouille cette Eglise d'une grande partie d'un patrimoine, qui lui appartient pourtant à des titres aussi multiples que sacrés.

Elle supprime et annule toutes les fondations pieuses très légalement consacrées au culte divin ou à la prière pour les trépassés.

Quant aux ressources que la libéralité catholique avait constituées pour le maintien des écoles chrétiennes, ou pour le fonctionnement des différentes oeuvres de bienfaisance cultuelles, elle les transfère à des établissements laïques où l'on chercherait vainement le moindre vestige de religion!

En quoi elle ne viole pas seulement les droits de l'Eglise, mais encore la volonté formelle et explicite des donateurs et des testateurs!

Il nous est extrêmement douloureux aussi qu'au mépris de tous les droits, la loi déclare propriété de l'Etat, des départements ou des communes, tous les édifices ecclésiastiques antérieurs au Concordat.

Nous avons de plus les craintes les plus véhémentes en ce qui concerne la sainteté de ces temples, asiles augustes de la Majesté Divine et lieux mille fois chers, à cause de leurs souvenirs, à la piété du peuple français ! Car ils sont certainement en danger, s'ils tombent entre des mains laïques, d'être profanés!

Quand la loi supprimant le budget des cultes exonère ensuite l'Etat de l'obligation de pourvoir aux dépenses cultuelles [par la suite l'Etat s'engagera à financer l'entretien des lieux de culte], en même temps elle viole un engagement contracté dans une convention diplomatique et elle blesse très gravement la justice. Sur ce point, en effet, aucun doute n'est possible et les documents historiques eux-mêmes en témoignent de la façon la plus claire. Si le gouvernement français assuma, dans le Concordat, la charge d'assurer aux membres du clergé un traitement qui leur permit de pourvoir, d'une façon convenable, à leur entretien et à celui du culte religieux, il ne fit point cela à titre de concession gratuite, il s'y obligea à titre de dédommagement partiel, au moins vis-à-vis de l'Eglise, dont l'Etat s'était approprié tes biens pendant la première Révolution.

La condamnation (Saint Pie X)

C'est pourquoi, Nous souvenant de notre charge apostolique et conscient de l'impérieux devoir qui nous incombe de défendre contre toute attaque et de maintenir dans leur intégrité absolue les droits inviolables et sacrés de l'Eglise, en vertu de l'autorité suprême que Dieu nous a conférée, Nous, pour les motifs exposés ci-dessus, nous réprouvons et nous condamnons la loi votée en France sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat comme profondément injurieuse vis-à-vis de Dieu, qu'elle renie officiellement (et publiquement), en posant en principe que la République ne reconnaît aucun culte. Nous la réprouvons et condamnons comme violant le droit naturel, le droit des gens et la fidélité due aux traités, comme contraire à la constitution divine de l'Eglise, à ses droits essentiels, à sa liberté, comme renversant la justice et foulant aux pieds les droits de propriété que l'Eglise a acquis à des titres multiples et, en outre, en vertu du Concordat. Nous la réprouvons et condamnons comme gravement offensante pour la dignité de ce Siège apostolique, pour notre personne, pour l'épiscopat, pour le clergé et pour tous les catholiques français. En conséquence, nous protestons solennellement de toutes nos forces contre la proposition, contre le vote et contre la promulgation de cette loi, déclarant qu'elle ne pourra jamais être alléguée contre les droits imprescriptibles et immuables de l'Eglise pour les infirmer... Assurément, profonde est notre tristesse, comme nous l'avons déjà dit, quand, par avance, nous mesurions du regard les maux que cette loi va déchaîner sur un peuple si tendrement aimé par nous... Mais, pour nous garder au milieu des sollicitudes si accablantes contre toute affliction excessive et contre tous les découragements, nous avons le ressouvenir de la Providence divine toujours si miséricordieuse et l'espérance mille fois vérifiée que jamais Jésus-Christ n'abandonnera son Eglise, que jamais, il ne la privera de son indéfectible appui. Aussi, sommes-nous bien loin d'éprouver la moindre crainte pour cette Eglise. Sa force est divine comme son immuable stabilité. L'expérience des siècles le démontre victorieusement. Personne n'ignore, en effet, les calamités innombrables et plus terribles les unes que les autres qui ont fondu sur elle pendant cette longue durée et là où toute institution purement humaine eût dû nécessairement s'écrouler, l'Église a toujours puisé dans ses épreuves une force plus rigoureuse et une plus opulente fécondité. Quant aux lois de persécution dirigées contre elle, l'histoire nous l'enseigne, et dans des temps assez rapprochés la France elle-même nous le prouve, forgées par la haine, elles finissent toujours par être abrogées avec sagesse, quand devient manifeste le préjudice qui en découle pour les Etats. Plaise à Dieu que ceux qui en ce moment sont au pouvoir en France suivent bientôt sur ce point l'exemple de ceux qui les y précédèrent. Plaise à Dieu qu'aux applaudissements de tous les gens de bien, ils ne tardent pas à rendre à la religion, source de civilisation et de prospérité pour les peuples, avec l'honneur qui lui est dû, la liberté ! En attendant, et aussi longtemps que durera une persécution oppressive, revêtus des armes de lumière (Rom. XIII, 12), les enfants de l'Eglise doivent agir de toutes leurs forces pour la vérité et pour la justice. C'est leur devoir toujours! C'est leur devoir aujourd'hui plus que jamais ! Dans ces saintes luttes, vénérables Frères, vous qui devez être les maîtres et les guides de tous les autres, vous apporterez toute l'ardeur de ce zèle vigilant et infatigable, dont de tout temps l'Episcopat français a fourni à sa louange des preuves si connues de tous; mais par dessus tout, nous voulons, car c'est une chose d'une importance extrême, que, dans tous les projets que vous entreprendrez pour la défense de l'Eglise, vous vous efforciez de réaliser la plus parfaite union de coeur et de volonté !... Bien certainement, aussi les membres de ce clergé comprendront que dans cette tourmente ils doivent avoir au coeur les sentiments qui furent jadis ceux des apôtres et ils se réjouiront d'avoir été jugés dignes de souffrir des opprobres pour le nom de Jésus. Gaudeates quoniam digni habili sunt pro nomine Jesu contumeliam pari. (Act. V, 41.) Ils revendiqueront donc vaillamment les droits et la liberté de l'Eglise, mais sans offenser personne. Bien plus soucieux de garder la charité comme le doivent surtout des ministres de Jésus-Christ, ils répondront à l'iniquité par la justice, aux outrages par la douceur, et aux mauvais traitements par des bienfaits. Au peuple catholique - Appel à l'union. Et maintenant, c'est à vous que nous nous adressons, catholiques de France; que notre parole vous parvienne à tous comme un témoignage de la très tendre bienveillance avec laquelle nous ne cessons pas d'aimer votre pays et comme un réconfort au milieu des calamités redoutables qu'il va vous falloir traverser.

Les sectes impies veulent décatholiciser la France (Saint Pie X)

Vous savez le but que se sont assigné les sectes impies qui courbent vos têtes sous leur joug, car elles l'ont elles-mêmes proclamé avec une cynique audace : "Décatholiciser la France". Elles veulent arracher de vos coeurs, jusqu'à la dernière racine, la foi qui a comblé vos pères de gloire, la foi qui a rendu votre patrie prospère et grande parmi les nations, la foi qui vous soutient dans l'épreuve qui maintient la tranquillité et la paix à votre foyer et qui vous ouvre la voie vers l'éternelle félicité. C'est de toute votre âme, vous le sentez bien, qu'il vous faut défendre cette foi ; mais ne vous y méprenez pas, travail et efforts seraient inutiles si vous tentiez de repousser les assauts qu'on vous livrera sans être fortement unis. Abdiquez donc tous les germes de désunion s'il en existait parmi vous et faites le nécessaire pour que, dans la pensée comme dans l'action, votre union soit aussi ferme qu'elle doit l'être parmi des hommes qui combattent pour la même cause, surtout quand cette cause est de celles au triomphe de qui chacun doit volontiers sacrifier quelque chose de ses propres opinions... Pour nous, aussi longtemps que vous aurez à lutter contre le danger, nous serons de coeur et d'âme au milieu de vous. Labeurs, peines, souffrances, nous partagerons tout avec vous et, adressant en même temps au Dieu qui a fondé l'Eglise et qui la conserve, nos prières les plus humbles et les plus instantes, nous le supplierons d'abaisser sur la France un regard de miséricorde, de l'arracher aux flots déchaînés autour d'elle et de lui rendre bientôt, par l'intercession de Marie Immaculée, le calme et la paix… Donné à Rome, auprès de Saint-Pierre, le 11 février de l'année 1906, de notre pontificat la troisième.[5]

L'Eglise assujettie à l'Etat

"30. Il ne suffit pas à l'écoute moderniste que l'Etat soit séparé de l'Eglise. … ainsi faut-il que dans les affaires temporelles l'Eglise s'assujettisse à l'Etat." (Pie X, Encyclique Pascendi, paragraphe 30, 1907) [6].

Le 2 janvier 1907 une loi modifie la Loi de Séparation: les départements et les communes reçoivent la libre disposition des archevêchés, évêchés, presbytères et séminaires qui sont leur propriété depuis la révolution et dont la jouissance n'a pas été réclamée par une association cultuelle conforme à la loi de 1905.

Les palais épiscopaux vont devenir des préfectures, des mairies ou des tribunaux. Il en sera de même des séminaires, convertis en bâtiments publics.

La loi laisse les cathédrales et églises, "édifices du culte" à la disposition du clergé et des fidèles: le prêtre peut y officier comme un "occupant sans titre juridique" [...], ou profiter d'un droit de jouissance précisé dans un contrat signé avec la municipalité, à charge pour le curé ou un groupement de fidèles d'entretenir l'édifice.

La loi maintient l'obligation d'une déclaration annuelle pour que le culte soit autorisé.

La loi du 13 avril 1908 enfin, permet aux collectivités publiques "d'engager les dépenses nécessaires pour l'entretien et la conservation des édifices du culte dont la propriété leur est reconnue par la présente loi". Cette loi de 1908 autorise l'État (en général propriétaire des cathédrales) et les communes (propriétaires des églises) à entretenir les édifices: elle ne leur en fait pas obligation.

De 1910 à 1913, devant la ruine de nombreux sanctuaires, Maurice Barrès mènera campagne sur "la grande pitié des églises de France", et finira par obtenir de Briand que les édifices construits avant 1800 soient protégés par les Beaux-Arts.

Le scandale des Fiches

Le 28 octobre 1904 débute le scandale des Fiches impliquant la maçonnerie (Grand Orient) qui va coûter sa place à Emile Combes (qui devra démissionner du 18 janvier 1905).

En 1904, les officiers qui vont à la messe sont fichés par des expressions telles que : "Va à la messe", "clérical pratiquant scandaleusement", "assiste aux offices religieux et s'y fait remarquer par sa dévotion", "porte des cierges aux cérémonies religieuses", "avale son hostie tous les dimanches, "a assisté à la messe de première communion de sa fille", "ne manque pas la confession", "reçoit la Croix chez lui", "sa femme s'occupe beaucoup d'œuvres pieuses", "appartient à une famille de prêtres", "fait élever ses enfants chez les frères" etc., et stoppés dans leur avancement par des expressions telles que: "à barrer"…

Des fiches en revanche signalent les éléments à promouvoir: "Bon républicain, ne met jamais les pieds dans une église", "libre-penseur convaincu à recommander au ministre", "dévoué au gouvernement" etc. (Source: Jean Sévillia, Quand les catholiques étaient hors la loi, Perrin, 2005, p. 148-150.

Lire encore à ce sujet de l'anti-patrie, Les deux patries de Jean de Viguerie:

Que reste-t-il aujourd'hui de la France après deux siècles d'apostasie révolutionnaire, d'idéologie dominante des droits de l'homme sans Dieu, deux siècles d'« Anti-France » ?

Où est-il le « principe de génération et d'éducation » propre à l'être moral de l'ancienne patrie ? Le bilan est terrible, sans appel...

En quelques lustres, en dépit de petits sursauts, la tradition laïciste prolongeant désormais le pacte révolutionnaire a réduit à quia la tradition chrétienne qui prolongeait en France depuis quinze cents ans le pacte de Reims.

La patrie révolutionnaire a agi comme un coucou imposteur dans le nid français, explique bien l'historien.

Et la plupart des Français, jusque parmi les meilleurs, s'y sont laissés prendre. Tout comme, en un autre sens, la grande majorité des catholiques qui ont cru sincèrement à l'aggiornamento de Vatican II, alibi d'une véritable révolution culturelle dans l'Eglise... On a vu le résultat...

Jean de Viguerie se demande notamment pourquoi sont morts les centaines de milliers de « bleuets » de 14-18 dont l'héroïsme patriotique ne fait pas de doute. N'est-ce pas pour une idée fausse ou faussée ? Ne se sont-ils pas trompés de patriotisme, abusés par la passion du patriotisme idéologique ? N'ont-ils pas été sacrifiés, comme « chair à canon », sur l'autel de la patrie révolutionnaire, ce Moloch vorace inventé de toutes pièces par les Hobbes et les Rousseau ? Et leur sang, loin d'être fécond, ne préparait-il pas le sacrifice de la France elle-même ? Car voici maintenant le nouveau Contrat social (mondialiste) dévorant non plus les individus mais les nations : « Il s'agit toujours de réaliser la grande patrie, celle du genre humain, que déjà Robespierre appelait de ses vœux (...). La France a toujours le même rôle d'instrument, mais dans la seconde phase on détruit l'instrument... ». Inutile de préciser dans l'histoire qui a été les premiers 'mondialistes' à s'élever fanatiquement pour faire barrage au Christ et à ses enseignements... et à dresser contre son royaume un mondialisme matérialiste, socialiste et syncrétiste.

Depuis 1789, le mal français, est un manque, un être amoindri, dévié, défiguré, aliéné, mais demeure encore l'être...

La patrie révolutionnaire, c'est la France amoindrie, déviée, défigurée, aliénée, mais il reste toujours l'idée de la France de toujours.

Or le trésor du christianisme, c'est le miracle de la résurrection qui passe par le mystère de la croix.

C'est par résurrection que l'âme morte dans le péché renaît à la vie de la grâce et peut ainsi toujours être sauvée.

Ainsi (analogiquement) pour la France en état de péché mortel, c'est par résurrection que la Chrétienté pourra renaître en elle conformément au pacte de Reims.

Il faut donc que France et Chrétienté continuent et ressuscitent à la fois.

Et ce n'est pas en grattant consciencieusement du visage la France le signe de son baptême qu'on efface ce baptême conçu dans l'éternité...

Sous les cendres accumulées par la culture de mort toujours plus arrogante de la patrie révolutionnaire, couvent toujours les braises du feu allumé par saint Rémi. Des braises entretenues en silence par la communion des saints français, connus et inconnus, qui, sur terre comme au ciel, veillent sur la "tribu de Juda de la Nouvelle Alliance". "Elle ne périra pas la fille de tant de soupirs et de tant de larmes , a prévenu saint Pie X(...) La France, comme Saül sur le chemin de Damas..." (Rémi Fontaine)

Enseignements à tirer de l'Affaire des Fiches (Henri de fersan)

"De très nombreux enseignements sont à tirer de cette Affaire des Fiches.

Le premier est que la République nous considère comme des sous-hommes. Comme pour tous les crimes de la Gueuse contre les catholiques, la réponse a été la même: c’est regrettable, on ne le refera plus.

Pas un pardon, pas un travail de mémoire, pas la moindre indemnisation.

Pire, le système des Fiches continua jusqu’en 1912 au moins et reprit ensuite après-guerre jusqu’en 1940. Mais cette fois, la France ne s’en releva pas.

Le second, est que toute négociation avec la République, sous quelque forme que ce soit, est à proscrire. Il faut avoir à l’esprit que tout combat contre la gueuse est un combat à mort. Son attitude lors de l’Affaire des Fiches est symptomatique. Elle a joué le pourrissement de la situation, endormi les catholiques avec de fausses promesses qu’elle n’a évidemment jamais tenues, comme par exemple réintégrer dans le grade qu’ils méritaient les officiers discriminés. Il ne faut jamais, sous aucun prétexte, négocier avec les partisans de la République. Ils nous ont toujours trahis, n’ont jamais, à aucun moment, respecté la parole donnée, que ce soit à Quiberon, lors de l’affaire des Fiches, en 1919, lors de l’affaire du Grand Bornand et quelques autres encore. A méditer pour l’avenir. Quand ils nous tendent la main, c’est qu’ils sont aux abois et que l’autre main dissimule un poignard..." (Henri De Fersan) [7]

Conclusion

La loi de juillet 1904 contre les Congrégations a fait de 50.000 Français des parias dans leur propre pays au seul motif de leur foi.

De 1879 à 1914, il n’y a pas eu un seul ministre catholique au gouvernement.

Au lieu de parler de grand progrès, au sujet de la république, il faudrait donc plutôt parler de grande régression et même de grande persécution.

Alors que cette république maçonnique tombe en ruine un peu plus chaque jour, étouffe les crises politiques comme l'euro étouffe les crises monétaires (mais sans en faire disparaître les causes qui cheminent sourdement jusqu'à l'explosion finale), l'impuissance caractérise la clique politique française actuelle, incapable de mener à bien les réformes nécessaires à la survie même de la France (mais la souhaite-t-elle seulement ?...), que reste-t-il du mythe révolutionnaire ?

Partout traîtrise, forfaiture, prévarication, décadence. Les scandales judiciaires éclosent à chaque détour de procédure comme des pustules sur un corps infecté.

Les malversations financières semblent être devenues le mode de gestion ordinaire d'une économie rendue folle par les tourments que lui infligent la politique et l'administration; La corruption, le régime naturel de la république.

Tout va mal, tout va mal, tout va mal. Jusque à quand Catilina … ? Jusque à quand la Gueuse ?

Je crois donc [à la grâce de Dieu] qu'après la manifestation de l'impéritie républicano-maçonnique anti-catholique, nous aurons le bonheur de voir le Retour du Monarque "Très-Chrétien", celui qui a fait la France, la France de toujours. Une monarchie revigorée en quelque sorte dans le feu de l’épreuve révolutionnaire, qui fut tout de même son juste châtiment pour de graves péchés commis à la fin de l'Ancien Régime... et pour son reniement.

"Le mal est la conséquence du péché originel... Mais assurent Joseph de Maistre, Chateaubriand, Bonald, Balzac, Donoso Cortes et bientôt Dostoïevski, le mal (la Révolution) est peut-être une nécessité pour atteindre à la Rédemption, même si celle-ci se fait un peu attendre..." (La Nouvelle Revue de l’Histoire, N°10, janvier-Février 2004, ibid., page 29).

"Il n’y a qu’un mot d’ordre, pour en sortir; il est triple: ce n’est pas le maçonnique Liberté, égalité, fraternité (ou la mort!); c’est, avec la grâce du Saint-Esprit : Foi, Espérance et Charité !" (Vicomte François René de Chateaubriand – 1815).

Or, nous pouvons avoir bon espoir: le mythe de la république consensuelle vole en éclat: ce régime politique ne sait plus "mettre du lien" là où il n'y en a plus.

Et il n'est pas certain que dans le contexte d'une montée des individualismes, le modèle purement idéologique offert par la république d'une homogénisation de la population autour de ses valeurs soit un rempart suffisant à l'éclatement du corps social.

Dans ces conditions, vouloir replacer la question de la monarchie au cœur du débat public n’est donc en rien passéiste ou ringard: le régime monarchique -que Montesquieu faisait reposer sur l’honneur...- et qui est le régime naturel de la France de toujours, est une vraie alternative au système, athée, défaillant, qui ne sait plus créer du lien là où il n'y en a plus ni créé du 'vouloir vivre ensemble' (terme de l’impie Ernest Renan définissant ainsi la Nation...) dans des populations, que tout différencie, et qui ne veulent pas vivre ensemble...

L'Etat libéral dit ne pas avoir besoin de justification supérieure. Il trouve sa légitimation dans le processus démocratique lui-même, qui est "une méthode de production de la légitimité par la légalité" (Habermas, "meilleur représentant allemand de la philosophie des 'Lumières'..., "Prix 2001 de la paix des libraires allemands"... ), sans aucune transcendance...

Or, le processus démocratique et la loi de la majorité (en réalité de la minorité) deviennent des réponses insuffisantes quand, pour des raisons économiques et/ ou sociales, surviennent des imprévus...

Ce jour-là, d'un coup, le mythe de la société idéale, tolérante et démocratique, s'effrite, la transcendance revendique à nouveau ses droits.

Il faudra donc bien qu'un jour ou l'autre les Français renouent avec ce qu'ils sont et ce qu'ils ont toujours été: un peuple chrétien et catholique, de culture romaine.

Chassez le naturel et il revient au galop, dit-on... Surtout quand ce naturel aura été chassé par une révolution...

Le moyen pour en sortir

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La France aux pieds du Sacré-Coeur de Jésus


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Le Sacré-Coeur de Jésus, Espoir et salut de la France


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