Bossuet

De Christ-Roi
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Jacques Bénigne Bossuet, (1627-1704), prélat gallican, vrai chef du gallicanisme, surnommé « l'Aigle de Meaux ».

"Il rédigea, ou du moins il fit accepter la fameuse Déclaration de 1682, qu'on pourrait appeler la déclaration de l'indépendance du roi à l'égard de l'Eglise, la déclaration de l'indépendance des Evêques à l'égard du Pape, la déclaration des droits absolus du roi sur les Evêques du royaume...

Le Saint-Siège protesta; l'orgueil et la colère firent naître de déplorables résistances. Après onze ans, le roi, moins obstiné et plus raisonnable, céda le premier, et retira son odieux décret...; mais plus coupables que lui et plus aveugles, les Evêques ne se soumirent pas tous; Bossuet, leur vrai chef, s'obstina dans les erreurs qu'il avait formulées avec un si grand art; hélas! il ne se rétracta jamais. Durant les vingt-trois années qu'il vécut encore, il travailla et retravailla, pour complaire au roi, un détestable traité, qui eût été mis immédiatement à l' index, nous apprend le Pape Benoît XIV, si l'exaltation des esprits n'eût fait craindre un schisme.

Dans ce traité, Bossuet s'évertuait à prouver que la doctrine dite gallicane, résumée dans la Déclaration de 1682, n'était pas hérétique et qu'à la rigueur elle pouvait et devait être tolérée... Son livre, rempli d'erreurs historiques empruntées aux protestants, et de subtilités indignes d'un si grand génie, est mortellement ennuyeux, et a été paraît-il, refait, corrigé, et perfectionné par son neveu, M. Bossuet, Evêque de troyes, janséniste déclaré. Quant aux évêques et aux ecclésiastiques français, qui depuis lors, ont professé les erreurs gallicanes, les préjugés d'éducation et le prestige de la vanité nationale expliquent et au delà ce malheur. Dans les séminaires, on enseignait que cette doctrine; on la représentait comme seule vraie, seule modérée; la doctrine opposée, c'est-à-dire la plus pure doctrine catholique-romaine, était flétrie du nom d' ultramontaine; dénomination dédaigneuse, inventée par le parti janséniste. Et ainsi, sous le couvert du grand nom de Bossuet, notre pauvre France a végété, pendant près de deux siècles, dans des doctrines erronées, césariennes (voir césarisme), anticatholiques, désastreuses pour l'ordre ecclésiastique et pour la piété des fidèles, non moins que pour le vrai bien de la monarchie et de la société civile, toujours lié au règne de la vérité catholique."

Ce furent M. de Maistre, M. de Bonald et M. de Lammenais qui, sous la Restauration, portèrent les premiers coups à l'idole gallicane, actuellement tombée de son piédestal et réduite en poussière."

( Mgr Gaume, Le dogme de l'infaillibilité, Editions Saint-Rémi, 1871, p. 281-283.)

Bossuet, "l'un des principaux introducteurs du principe cartésien et de ses influences désastreuses dans les études du clergé" (Abbé Augustin Aubry)

""Si Bossuet fait toujours parler la Tradition, s'il lui emprunte de solides arguments; déjà, cependant, il appartient à l'école française moderne. Chronologiquement et logiquement, il arrive après Descartes, et il est touché par le principe cartésien; peut-être même ne serait-il pas téméraire de dire qu'il est un des principaux introducteurs du principe cartésien et de ses influences désastreuses dans les études du clergé, et qu'il a été le ministre de Descartes a parte cleri. N'est-il pas un des premiers formateurs de la France ecclésiastique moderne? Peut-être sans lui aurions-nous échappé à Descartes. Car si la part de Descartes é té plus initiale et plus active, s'il a posé et organisé le principe, Bossuet n'a pas empêché ce mal, et il a introduit dans les études du clergé ce principe de diminution de la doctrine et de la vie chrétienne, pour aboutir, en dernière anlayse, à nous former une philosophie, une théologie, des études laïques, et c'est depuis lors qu'elles le sont tant." (Aubry, Méthode, T. IX, p. 328, cité in Abbé Augustin Aubry, Contre le modernisme, Etude de la Tradition, le sens catholique et l'esprit des Pères, Pierre Tequi Editeur, Gand 1927, réédité aux ESR, p. 62.)

[...]

"Dans l' Histoire des variations, Bossuet parle encore de la Tradition; il en connaît le principe. Mais il tire ses arguments et la défense de l'Eglise beaucoup plus du raisonnement des dissidents que de la Tradition. Pour lutter avec plus d'avantage contre le protestantisme, il n'eût pas dû commencer par réfuter une à une ses erreurs, mais par établir solidement la règle de foi, le principe d'autorité, et par restituer ce principe au tribunal d'enseignement que Dieu a étébli dans l'Eglise pour définir, juger et condamner. C'est le seul vrai procédé pour établir la règle de foi; c'est la méthode des docteurs, particulièrement de saint François de Sales." (Aubry, IX, 265., cité in (Aubry, Méthode, T. IX, p. 328, cité in Abbé Augustin Aubry, ibid., p. 63.)

"Cette observation est d'autant plus importante que, pécisément, l'erreur fondamentale, la véritable erreur des protestants (v. protestantisme), c'est la négation du principe d'autorité.., à cette erreur, Bossuet - comme la plupart des théologiens modernes - n'a pas toujours donné toute son importance; il l'a souvent traitée comme une des erreurs protestantes, tandis qu'elle est l' erreur protestante."

(Abbé Augustin Aubry, ibid., p. 64.)

"L' argument de Tradition: l'instrument le plus puissant de défense et d'apologie dogmatique" (Abbé Augustin Aubry)

"L' argument de Tradition, dont le besoin ne s'était pas fait sentir à l'époque de la Scolastique, est une des innovations heureuses de la thologie positive et un précieux élément de démonstration. [...]

"Cette ressource du témoignage de la Tradition doit être exploitée dans toute sa richesse; il faut la mettre davantage en relief, organiser plus solidement son emploi, l'introduire à haute dose dans l'enseignement, comme l'instrument le plus puissant de défense et d'apologie dogmatique. Que d'avantages précieux à visiter ce riche passé de l'Eglise, ces anicennes controverses si fécondes en doctrine et en arguments; à recueillir, à mettre en ordre, à discuter, à faire parler en les interprétant, tous ces antiques documents qui avaient dormi en réserve dans les catacombes de l'Histoire, (et aussi les vraies!), et dont le témoignage, en faveur de la foi catholique, déjà si puissant par lui-même en raison des temps et des circonstances où il fut porté, emprunte encire à l'état des esprits modernes une valeur bien plus incontestées et tout actuelle. Car, dans nos temps de critiques,e t avec les idées actuelles, quel enseignement, si solide et si fondé soit-il en raisons intrinsèques, n'est réputé douteux et traité d'hypothèse et d'opinion, s'il n'est démontré avec des faits, des textes, des preuves en chiffres?" (Aubry, Méthode, IX, 157., cité in Abbé Augustin Aubry, Contre le modernisme, Etude de la Tradition, le sens catholique et l'esprit des Pères, Pierre Tequi Editeur, Gand 1927, réédité aux ESR, p. 91-92.)