Force

De Christ-Roi
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"LA FORCE SEULE N'EST PAS L'AUTORITE, C'EST LE DESPOTISME" ( Mgr Gaume)

"La société, n'étant qu'une réunion d'hommes, n'a pas plus par elle-même le droit de commander qu'un seul homme. Si la racine du droit était en elle, la règle du bien et du mal y serait aussi. Il faudrait admettre comme vrai le monstrueux sophisme de Rousseau et dire que le peuple est la seule autorité qui n'a pas besoin d'avoir raison pour légitimer ses actes. Sans doute, la société peut parler au nom de la force, mais la force seule n'est pas l'autorité, c'est le despotisme.

De qui vient donc l'autorité et toute espèce d'autorité? Elle vient de Dieu, et de Dieu seul: Non est potestas nisi a Deo (Rom., XIII.) Dans ce mot, un des plus importants de nos divines Ecritures, est la raison du droit.

( Mgr Gaume, La profanation du dimanche considérée au point de vue de la religion, de la société, de la famille, de la liberté, du bien-être, de la dignité humaine et de la santé.)

La force, "vertu chrétienne"

"La troisième vertu cardinale, c'est la force. Sans elle la prudence et la justice seraient des lettres mortes. Ce n'est pas assez d'avoir la connaissance du bien, ni même la volonté, il faut en avoir le courage. Le courage est fils de la force. La force est une vertu qui tient l'âme en équilibre entre l'audace et la crainte. L'audacieux pèche par excès, le méticuleux par défaut, le fort tient le milieu entre l'un et l'autre (Fortitudo est mediocritas inter audaciam et tiniorem constituta. Apud Ferraris, Biblioth., etc., art. Virtus, n. 120.) La force a un double rôle, actif et passif. Actif, en face du devoir elle brave les dangers; passif, à l'adversité elle oppose la patience.

"La magnanimité ou la grandeur d'âme, la confiance, le sang-froid, la constance, la persévérance, la résignation, l'activité, sont filles de la force. Toute cette famille, surnaturalisée par la grâce, élève le caractère de l'homme à son plus haut degré de noblesse, en même temps qu'elle enfante dans la vie privée, comme dans la vie publique, les actes admirables qu'on cesse d'admirer depuis que le Saint-Esprit, répandu sur le monde, les a rendus si communs. Est-il besoin d'ajouter que, à raison des circonstances présentes, la force doit être la grande vertu des chrétiens ? force pour mettre par le nombre, la grandeur et la sainteté de leurs œuvres, un contrepoids aux iniquités du monde ; force héroïque pour résister aux attaques exceptionnelles dont ils sont l'objet" (Mgr Gaume, Traité du Saint-Esprit, 1865, troisième édition, Gaume et Cie Editeurs, 3 rue de l'Abbaye, tome II, Paris 1890, p. 341-342).

"La force est le quatrième don du Saint-Esprit : agir et souffrir en sont les deux objets. Il se manifeste par la quatrième béatitude, c'est-à-dire par des actes d'indomptable amour pour la justice, pour l'expulsion de Satan des domaines qu'il a usurpés, et pour l'établissement du règne du Verbe rédempteur, soit en nous-mêmes, soit dans les autres" (Mgr Gaume, Traité du Saint-Esprit, 1865, troisième édition, Gaume et Cie Editeurs, 3 rue de l'Abbaye, tome II, Paris 1890, p. 542).