Des moyens pratiques pour lutter contre les hérésies

De Christ-Roi
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Saint François de Sales.jpg

"Si saint François de Sales avait eu une attitude "oecuménique" à l'égard des protestants du Chablais, il n'en aurait pas converti 70 000. C'est en rappelant la nécessité d'adhérer à l'Eglise romaine qu'il a touché les âmes.

"Notre-Seigneur ne nous a pas appelés à "dialoguer" mais à enseigner. Autre chose est le dialogue qui vise à ramener une âme dans le droit chemin, comme on le voit dans l'Evangile, autre chose est le dialogue qui laisse supposer un enrichissement mutuel et qui devient une fin en soi, au détriment de la conversion..." (Abbé Patrick Troadec in Revue Fideliter, Septembre-octobre 1999, n° 131, p. 70.)

"On ne met pas Dieu en discussion avec Satan"

"On ne met pas le bien en discussion avec le mal"
"Deus non irridetur". De Dieu, on ne se moque pas  (Saint Paul, Galates VI, 7.)


Comment lutter efficacement contre l'engrenage révolutionnaire (Luce Quenette)

"La révolution est un tout intrinsèquement pervers, c'est un engrenage «impardonnable», une destruction du réel sans rémission. De même que l'esprit chrétien peut habiter tout entier dans la plus humble des actions, ainsi tout l'esprit de la subversion habite dans la plus insignifiante en apparence de ses démarches"

"- Le but de la technique révolutionnaire ce n'est pas de convaincre, c'est de faire accepter la règle du jeu c'est-à-dire le moyen.

"Le but n'est pas de nier, ni d'affirmer, mais de former, dans les esprits, la conviction que tout ce qui se dit n'est et ne peut être que l'opinion de l'individu qui s'exprime.

Le contenu de la discussion, le sujet qu'on traitera dans la réunion à laquelle on vous invite est superflu. Ce n'est pas le fond qui importe, c'est la forme qu'on va lui donner devant vous, qu'on veut que vous acceptiez par votre seule présence, même si vous ne dites pas un mot. Les idées n'importent plus, mais le mécanisme de la machine.

Dans cette réunion à laquelle le vicaire vous invite avec tant de gentillesse et d'insistance, on va vous demander votre avis, à vous intégriste au même titre exactement qu'on le demande au progressiste, à l'athée, au communiste également invités. Acceptez : c'est tout, vous êtes dans l'engrenage. Vous avez accepté que la vérité soit l'objet d'une information. La communauté va décider de ce qu'il faut croire pour le moment. Vous êtes entré dans le processus révolutionnaire et avec plus d'efficacité que le camarade communiste, votre voisin, justement parce que vous êtes affiché intégriste, anticommuniste. Vous jouez le rôle nécessaire d'excitant de la technique de groupe, à titre d'opposant. Vous cristallisez la majorité ou la diversité contre quelque chose. C'est ce quelque chose de réel que vous prétendez représenter qui assaisonne la fade dilution des opinions individuelles.

"...la parodie de charité joue le rôle de police en cas de prise de position trop nette : « Laissez parler, on vous a laissé parler ! »

"Résultat : donner à l'auditoire l'impression que la volonté communautaire « se dégage, » = authentique fruit révolutionnaire.

"Le dialogue a dilué - la vérité n'a plus de définition." (Luce Quenette) [1]


L'absence

"User des moyens de la révolution, c'est déjà lui appartenir.

"Mieux, la révolution ne demande pas autre chose de ses opposants que de « lui faire la politesse, la gentillesse, voire la charité, de venir contester contre elle ». C'est que l'opposition à l'intérieur de son terrain est vivifiante pour la révolution. Je vous invite chez moi : rite vital, obligatoire de la révolution.

IX. L'absence est-elle donc un devoir du contre-révolutionnaire ?

"- L'absence n'est pas tout le devoir - mais elle est le premier devoir.

L'Ecriture ne dit-elle pas: "Quiconque va trop avant et ne demeure pas dans la doctrine du Christ n'a pas Dieu. Celui qui demeure dans la doctrine, il a, lui, et le Père et le Fils" (II Jean, verset 9). "Si quelqu'un vient à vous sans être porteur de cette doctrine, ne l'accueillez pas chez vous et ne lui souhaitez pas la bienvenue." (II Jean verset 10)

"La technique révolutionnaire dite technique de groupe (voir les "techniques de communications"...) ne redoute rien autant que l'absence systématique:

1) celui qui n'est pas là, systématiquement, quelles que soient les avances qui lui sont faites est l'opposant puissant, par le seul système de son absence.

2) Il est à craindre qu'il soit ailleurs où il fait autre chose...

"L'absence et l'autre chose leur sont insupportables. Pas l'opposition..." (Luce Quenette) )

Le silence

Un dicton dit que "la parole est d'argent, le silence est d'or".

Contre le démon & la Révolution, il faut briser & rompre tout dialogue par l'absence comme on vient de le dire, ou si l'on ne peut s'absenter, par le silence.

Le lecteur peut méditer la signification des silences de Notre Seigneur Jésus-Christ tout au long de Sa Passion, et leur importance.

"Le bruit ne fait pas de silence et ne fait pas de bien, 
 tandis que le silence, lui, ne fait pas de bruit et fait du bien"

Le grand argument de Prescription de Tertullien contre les gnostiques qui dès second siècle, repoussèrent la Tradition, et disputèrent à l'Eglise la possession de la vraie doctrine

Tertullien.JPG

Tertullien de Carthage

(v. 160- 240 ap. J.-C.)


"Et de fait, dès second siècle, les hérétiques repoussèrent la Tradition, et disputèrent à l'Eglise la possession de la vraie doctrine qu'ils revendiquaient pour eux-mêmes...

"A cet effet, ils voulurent être reçus à discuter avec les catholiques sur les Ecritures, c'est-à-dire à plaider la cause au fond, moyennant un examen critique des textes de la Bible. Tertullien refusa net d'engager un tel combat. Il déclarait les hérétiques non recevables à formuler leur demande, qu'il écarte a priori, en leur opposant une exception péremptoire basée sur une possession paisible et non interrompue. - "Nous n'avons pas besoin, leur dit-il, d'examiner en détail, ni de réfuter vos opinions, l'une après l'autre. Toute la question entre vous et nous consiste à savoir où se trouve la doctrine du Christ. Or, cette doctrine, le Christ l'a communiquée aux Apôtres qui, à leur tour, l'ont transmise aux Eglises fondées par eux. Donc, nous sommes les vrais possesseurs; et ce seul fait de la possession suffit pour mettre en droit de repousser vos prétentions à une doctrine qui existait avant vous et en dehors de vous. En d'autres termes, nous prescrivons contre vous, nous appuyant sur ce fait certain, palpable, et, par là, nous coupons court à toute discussion ultérieure." (Tertullien, De proescript., XX., cité in Abbé Augustin Aubry, Contre le modernisme, Etude de la Tradition, le sens catholique et l'esprit des Pères, Pierre Tequi Editeur, Gand 1927, réédité aux ESR, p. 41.)

"Tertullien établit ici le grand argument de Prescription; or, cet argument a une valeur incontestable; et il n'est pas de méthode plus conforme à la nature des choses, lorsqu'il s'agit d'une révélation divine qui, indiscutable quant à son sujet même, ne peut être connue et transmise que par la voie du témoignage légitime; il n'est pas de méthode plus rationnelle, aujourd'hui encore, en face des erreurs contemporaines, et surtout de ce modernisme qui tend à s'ériger en juge de la foi, et à remettre en question la doctrine traditonnelle la plus solidement établie.

"D'où nous concluons, à juste titre, que la Tradition a une valeur dogmatique, et que c'est là le principe différentiel entre le catholicisme et toute hérésie en général, puisque toute hérésie est une innovation, et le protestantisme en particulier, puisque le protestantisme est, par excellence, l'innovation ou la "réforme", et la plus subversive de toutes les hérésies.

"On comprend, dès lors, pourquoi le principe de Tradition est un de ceux auxquels l'Eglise, dès l'origine, a tenu le plus: Depositum custodi... nihil innovetur nisi quod traditum est. Toutes les fois qu'elle veut juger une doctrine, elle commence par interroger ses anciens, ceux qu'elle sait dans la ligne traditionnelle; ce qu'ils disent, c'est ce qu'elle adopte toujours.

"Pour être sûr d'avoir les idées vraies, il ne faut pas s'adresser au premier venu; si vous prenez le dogme n'importe où, il sera n'importe comment. Il faut s'adresser à ceux que l'Eglise nous indique comme ayant des idées sans mélange d'erreur; cela est surtout nécessaire dans un ordre de notions aussi délicates que le dogme, où il est si facile et si fréquent de glisser des idées personnelles. [...] Saint Thomas lui-même, lorsqu'il expose, dans sa Somme, l'idée théologique, va la puiser chez les Pères qu'il possède à fond et qu'il admire; ainsi, pour lui, l'oeuvre du théologien consiste à prendre ce que les Anciens ont dit et à le fondre en un monument de forme nouvelle, mais tout entier pris aux sources.

"C'est pour avoir rejeté l'autorité de la Tradition et, en définitive, la direction de l'Eglise qui en est le dépositaire, que le protestantisme s'est constitué, pour aboutir, finalement, au rationalisme. Car le protestantisme ne possède et ne veut reconnaître que l'Ecriture. Or, l'Ecriture isolée, dépourvue du secours d'une autorité enseignante et interprétante, de même nature qu'elle, ne peut se défendre contre les tendances de la raison à se l'assimiler et à l'affecter à ses propres fluctuations.

"La grande force de l'enseignement catholique, c'est la parole de Notre-Seigneur lui-même. Dans le choix qu'il a fait de ses apôtres, et par la mission qu'il leur a donnée - Ite, docete omnes gentes - il a fondé son enseignement sur la parole et non sur l'Ecriture. "Le Christ, dit saint Chrysostome, n'a pas laissé un seul écrit à ses apôtres. Au lieu de livre, il leur promit le Saint-Esprit. C'est lui, leur affirma-t-il, qui vous inspirera ce que vous aurez à dire." (Matt., II, 1.) Ce qui faisait dire à saint Augustin, parlant aux fidèles: "Nous sommes vos livres." (Sermon 227.)

"Ce grand livre vivant, auquel il faut se reporter toujours et avant tout,c 'est donc l'enseignement oral, perpétué dans la Tradition: Docete... proedicate. L'enseignement par la parole, la parole avec l'assistance du Saint-Esprit promise et assurée, selon les besoins de l'Eglise et jusqu'à la fin des temps. Tel est le seul canal officiel de la diffusion de la foi parmi les nations, passant nécessairement des apôtres à leurs successeurs réguliers, c'est-à-dire à l'Eglise, s'imposant avant même et au-dessus des Ecritures qui ne renferment, d'ailleurs, comme nous en avertissent les Evangélistes, qu'une très faible partie des enseignements du Sauveur.

Ainsi, la Tradition, qui est déjà, naturellement, le moyen humain de conserver toute doctrine, est érigée, officiellement, explicitement et par une loi positive, sous la forme d'un corps enseignant qui est l'Eglise - Docentes eos servare omnia quaecumque mandavi vobis (Matt., XVIII, 20.) - pour être l'organe de la conservation, de la préservation et du développement de la foi à travers les âges, pour la défendre soit contre l'oubli, soit contre toute altération spontanée et sans malveillance, à laquelle est exposée toute doctrine confiée aux hommes, et à laquelle n'avait pas échappé, du moins parmi les gentils, la révélation primitive, soit surtout contre l'altération consciente et préméditée des hérésies."

(Source: Abbé Augustin Aubry, ibid., p. 41-44.)


Le principe général de la foi ou "règle de la foi" : le principe d'autorité

"Ainsi, la Tradition, qui est déjà, naturellement, le moyen humain de conserver toute doctrine, est érigée, officiellement, explicitement et par une loi positive, sous la forme d'un corps enseignant qui est l'Eglise - Docentes eos servare omnia quaecumque mandavi vobis (Matt., XVIII, 20.) -

  • pour être l'organe de la conservation, de la préservation et du développement de la foi à travers les âges ("colonne et soutien de la vérité", Thim., III, 15.),
  • pour la défendre soit contre l'oubli, soit contre toute altération spontanée et sans malveillance, à laquelle est exposée toute doctrine confiée aux hommes, et à laquelle n'avait pas échappé, du moins parmi les gentils, la révélation primitive,
  • soit surtout contre l'altération consciente et préméditée des hérésies."

(Source: Abbé Augustin Aubry, Contre le modernisme, Etude de la Tradition, le sens catholique et l'esprit des Pères, Pierre Tequi Editeur, Gand 1927, réédité aux ESR, p. 42-44.)

[...]

"Sans doute, par la voie de la philosophie, on pourra savoir que l'Ecriture est historique, authentique, vérace, belle, consolante; mais pour savoir qu'elle a une autorité divine, il faut passer par le principe général de la foi, c'est-à-dire par l' autorité infaillible qui la représente (l'Eglise). C'est en ce sens que saint Augustin dit:

"Je ne croirais pas à l'Ecriture comme livre divin, si l'Eglise ne me la donnait comme divine."

"C'est dans le même sens que les théologiens font préexister l'autorité divine à l'Ecriture, et que le cardinal Franzelin, dans la série des dogmes chrétiens, fait précéder le Traité de l'Ecriture de celui de la Tradition, établissant ainsi la priorité de la Tradition sur l'Ecriture, priorité que beaucoup d'esprits modernes, même ecclésiastiques, tendent à atténuer, sinon à détruire totalement, pour lui substituer, à la légère, ce subjectivisme dangereux qui est un des périls les plus subtils des théories modernistes, et qui vient, en droite ligne, du protestantisme."

(Source: Abbé Augustin Aubry, ibid, p. 51.)