Roi

De Christ-Roi
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"Donner un roi à une nation, c'est lui faire le plus précieux ou le plus funeste présent. Évêque du dehors, protecteur, modèle et père des peuples : voilà les noms du roi chrétien. Dans ces noms, quels devoirs? qui l'élèvera à la hauteur de sa dignité? qui lui apprendra que le pouvoir est une charge? qui le dépouillera de lui-même pour en faire l'homme de tous? Seul le Saint-Esprit peut opérer ce difficile miracle.

"L'Église le sait; et le sacre des rois n'est qu'une invocation perpétuelle à l'Esprit de force, de lumière, de justice et de charité. Dans cette consécration redoutable qui dit aux rois de la terre : Vous êtes les vassaux du Roi du ciel, et vous devez être ses images vivantes; à Lui vous devrez, comme le dernier de vos sujets, rendre compte de votre administration : quelles garanties de bonheur temporel pour les peuples et de salut éternel pour les âmes! Pour les dynasties elles-mêmes, quel gage de durée! Météores passagers ou fléaux permanents : voilà ce qu'elles ont été, ce qu'elles seront toujours, si elles ne sont soutenues et dirigés par l'Esprit de Dieu : Veni creator Spiritus.

"Faire des lois et les appliquer avec discernement, c'est-à-dire tout à la fois distinguer le juste de l'injuste, frapper utilement le coupable ou absoudre courageusement l'innocent, n'importe pas moins au bonheur des nations que la consécration des rois. La prospérité publique, la paix au dedans, le respect au dehors, la fortune, l'honneur, la liberté, la sécurité, la vie même des citoyens sont entre les mains du législateur et du juge. Quelle responsabilité!

"[...] L'Église veut que les législateurs et les magistrats chrétiens cherchent leurs inspirations à la source même de la vérité, et prennent pour règle invariable la loi immaculée dont l'Esprit-Saint est en même temps l'auteur et l'interprète (On ne cesse de répéter, après Bossuet, que le droit romain, c'est la raison écrite. Rien de plus faux. La vraie raison écrite, c'est le décalogue. Il n'y en a pas, il n'y en aura jamais d'autre) : Veni creator Spiritus.

(Source: Mgr Gaume, Traité du Saint-Esprit, 1865, troisième édition, Gaume et Cie Editeurs, 3 rue de l'Abbaye, tome II, Paris 1890, p. 647-648).