Pascendi

De Christ-Roi
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PASCENDI DOMINICI GREGIS

LETTRE ENCYCLIQUE DE SA SAINTETÉ LE PAPE PIE X SUR LES ERREURS DU MODERNISME

(texte intégral)

8 septembre 1907


Analyse de L'Encyclique Pascendi (source)

Les doctrines modernistes

NB: toutes les citations sont prises dans l'encyclique

1) Le Philosophe moderniste

Si Saint Pie X commence par la philosophie, c'est que tout dans le modernisme découle d'une fausse philosophie. Le grand philosophe Louis JUGNET écrivait en 1964: "Si le modernisme est bien une erreur religieuse" et même "la synthèse de toutes les hérésies" comme le nomme St Pie X dans Pascendi, sa racine profonde est dans la philosophie, la "falsa philosophia", "telle est l'origine empoisonnée dont tout découle".

Le moderniste

  • parle,
  • écrit,
  • agit,

conditionné par un a priori favorable à la philosophie moderne; on peut englober toute la philosophie qui sous-tend le modernisme dans l'expression: "un évolutionnisme radical". L'encyclique Pascendi précise que les racines de cet évolutionnisme sont doubles:

- L'agnosticisme : (a : privatif, cognoscere: connaître) qui nie à la raison la possibilité d'atteindre l'intelligible au delà des purs phénomènes. "D'où les modernistes infèrent deux choses:

  • Dieu n'est point objet direct de science ,
  • Dieu n'est point un personnage historique ".

"Erreurs monstrueuses, continue St Pie X, car le Concile Vatican I a décrété ce qui suit: Si quelqu'un dit que la lumière naturelle de l'humaine raison est incapable de faire connaître avec certitude, par le moyen des choses créées le seul et vrai Dieu, notre Créateur et Maître, qu'il soit anathème. Et enfin, si quelqu'un dit que la révélation divine ne peut être rendue croyable par des signes extérieurs, et que ce n'est donc que par l'expérience individuelle ou par l'inspiration privée que les hommes sont mus à la foi, qu'il soit anathème". Or les modernistes avancent que c'est par la lumière de la raison que l'on connaît Dieu, et écartent toute action divine.

- L'immanence vitale: (in: dans, manere: demeurer, rester). L'immanence vitale "fait jaillir la vérité religieuse des besoins de la vie". La foi devient le résultat d'un désir, d'une nécessité interne. Elle est issue du subconscient par désir du divin: elle réside donc en l'homme ; toute révélation extérieure est abolie...

"Telle est pour les modernistes, la foi, et dans la foi ainsi entendue, le commencement de toute religion... Dans ce sentiment, ils trouvent donc la foi mais aussi avec la foi et dans la foi la révélation ... c'est à dire que Dieu y est dans le même temps révélateur et révélé... De là l'équivalence entre la conscience et la révélation. De là, enfin, la loi qui érige la CONSCIENCE religieuse en règle universelle, entièrement de pair avec la révélation, et à laquelle tout doit s'assujettir..., jusqu'à l'autorité suprême dans sa triple manifestation, doctrinale, culturelle, disciplinaire".


St Pie X aborde ensuite quelques conséquences:

  • les dogmes demeurent de purs symboles et les formules qui les signifient sont des "entre-deux" reliant le croyant et sa foi.
  • les dogmes sont évolutifs: les dogmes ne sont plus des vérités intangibles, ils ont à s'adapter aux croyants dans leurs rapports avec le sentiments religieux, ils peuvent et doivent évoluer.

Et St Pie X conclut: "Etant donné le caractère si précaire et si instable des formules dogmatiques, on comprend à merveille que les modernistes les aient en si mince estime, s'ils ne les méprisent ouvertement"...

2) Le Croyant moderniste

Le philosophe moderniste place la réalité divine dans l'âme même du croyant. Le croyant cependant a la certitude au moins formelle que "Dieu existe en soi indépendamment de lui" mais il fait reposer cette certitude sur "l'expérience individuelle".

Conséquences:

  • Indifférentisme religieux: l'idée d'expérience religieuse associée à celle du symbolisme des dogmes amène assez naturellement à considérer que toutes les religions se valent... ils tiennent pour vraies toutes les religions".
  • Transformation de la Tradition: la Tradition moderniste est la transmission écrite ou orale de l'expérience de la foi, au fond de ce qu'éprouvent les croyants dans leur vie!
  • Séparation de la foi et de la science: les modernistes préconisent une totale séparation des deux domaines d'où leur duplicité: "A les entendre, à les lire, on serait tenté de croire qu'ils tombent en contradiction avec eux-mêmes, qu'ils sont oscillants et incertains. Loin de là : tout est pesé, tout est voulu chez eux, mais à la lumière de ce principe que la foi et la science sont l'une à l'autre étrangères.

Telle page de leur ouvrage pourrait être signée par un catholique ; tournez la page, vous croyez lire un rationaliste. Ecrivent-ils histoire; nulle mention de la divinité de Jésus-Christ; montent-ils dans la chaire sacrée, ils la proclament hautement".

3) Le Théologien moderniste

Il applique à la foi, les deux principes philosophiques de l'immanence et du symbolisme. Le cardinal Mercier dans sa pastorale de carême de 1908 résume ainsi le fond du modernisme : "L'âme religieuse ne tire d'aucune autre source que d'elle-même l'objet et le motif de sa propre foi"...

Au principe d'immanence, il faut rattacher celui de permanence divine "qui diffère du premier à peu près comme l'expérience transmise par tradition de la simple expérience individuelle".

Ainsi, l'Eglise, le dogme, les sacrements, se seraient développés peu à peu comme la plante à partir du germe.

Conséquences:

  • Le dogme naît d'abord comme la foi du besoin du croyant de "travailler sur sa pensée religieuse" en vue d'éclairer de plus en plus non seulement sa propre conscience, mais aussi celle des autres, il n'a pas un développement rationnel mais plutôt circonstanciel "vital" disent-ils. (Le dogme est donc un corps de constructions doctrinales sanctionnées par le magistère comme répondant à la conscience commune).
  • Le culte naît d'une double nécessité, d'un double besoin, de donner à la religion un corps sensible et de la propager. La nécessité et le besoin étant dans le modernisme "la grande et universelle explication".

Les sacrements, nécessaires, "sont donc de purs signes ou symboles bien que doués d'efficacité [...] Ils les comparent, dit St Pie X, à certaines paroles dont on dit vulgairement qu'elles ont fait fortune...".

  • Les livres saints sont pour les modernistes le recueil des expériences faites dans une religion donnée. L'inspiration est rabaissée au niveau d'une veine poétique

Quant aux miracles, signes de la crédibilité du Christ, ils sont éliminés...

  • L'Eglise aussi naît d'après les modernistes d'une double besoin de communiquer des expériences de foi, d'une part, de s'organiser en société d'autre part. Elle est également le fruit de la conscience collective.

Quant à l'autorité, elle n'est qu'une émanation vitale de l'Eglise elle-même. On voit apparaître la conception démocratique des modernistes: l'Eglise pour eux doit se plier aux modes et exigences démocratiques sur le plan disciplinaire comme dogmatique.

  • Les rapports Eglise-Etat sont régis par la même loi que ceux de la foi et de la science: séparation de l'Eglise et de l'Etat.

Et même, assujettissement de l'Eglise à l'Etat dans les affaires temporelles: "Celà ils ne le disent pas encore ouvertement" dit St Pie X, mais tendent à ce que "l'Eglise en vienne enfin à s'harmoniser avec les formes civiles".

  • L'évolution: Le principe fondamental des modernistes est, comme on l'a déjà vu, "Rester dans l'Eglise et la faire évoluer...

Leur doctrine, comme l'objet de leurs efforts, c'est qu'il n'y ait rien de stable, rien d'immuable dans l'Eglise. Ils ont eu des précurseurs, ceux dont Pie IX écrivait: "ces ennemis de la Révélation divine exaltent le progrès humain et prétendent, avec une témérité et une audace vraiment sacrilèges, l'introduire dans la religion catholique, comme si cette religion n'était pas l'oeuvre de Dieu, mais l'oeuvre des hommes, une invention philosophique quelconque, susceptible de perfectionnements humains"...

4) L'Historien moderniste

Trois principes le guident:

  • Le principe de l'agnosticisme,
  • Le principe de transfiguration par la foi: la foi déforme le phénomène historique.
  • Le principe de défiguration par la foi: la foi soustrait le phénomène historique à son contexte de lieu et de temps:

"Ainsi [...] ils dénient au Christ de l'histoire réelle la divinité, comme à ses actes tout caractère divin ; quant à l'homme, il n'a fait ni dit que ce qu'ils lui permettent, eux, en se reportant aux temps où il a vécu, de faire ou de dire"...

5) Le Critique moderniste

Sur les données fournies par l'historien, le critique fait deux parts dans les documents: Ceux qui répondent à la triple élimination vont à l'histoire de la foi ou à l'histoire intérieure; le résidu reste à l'histoire réelle "et ce qui est à noter" dit St Pie X "c'est que l'histoire de la foi, ils l'opposent à l'histoire réelle, précisément en tant que réelle: d'où il suit que des deux Christs que Nous avons mentionnés, l'un est réel: l'autre, celui de la foi, n'a jamais existé dans la réalité; l'un a vécu en un point du temps et de l'espace, l'autre n'a jamais vécu ailleurs que dans les pieuses méditations du croyant. Tel, par exemple, le Christ que nous offre l'Evangile de saint Jean: cet Evangile n'est, d'un bout à l'autre, qu'une pure contemplation"...

6) L'Apologiste moderniste

Pour lui l'apologétique traditionnelle appuyée sur les Livres Saints, l'histoire de l'Eglise est surannée, préscientifique, "La nouvelle apologétique doit s'alimenter aux sources psychologiques et historiques de l'histoire rationaliste".

L'apologiste veut amener le non-croyant à sa foi par deux chemins: l'un objectif procède de l'agnosticisme. Il tend à montrer qu'il y a une vitalité prodigieuse dans le développement de la religion catholique à partir du germe initial en Jésus-Christ.

Mais la vitalité même de cette progression ne peut s'expliquer que par "une inconnue".

L'autre chemin subjectif s'appuie sur l'immanence pour persuader le non-croyant qu'il y a en lui non seulement un désir mais l'exigence de la religion catholique. "A vrai dire, ceux des modernistes qui recourent ainsi à une exigence de la religion catholique sont les modérés".

Par une évolution cohérente on en est venu aujourd'hui à déconseiller tout prosélytisme.

Le Père Cloupet, secrétaire général de l'Enseignement Catholique, déclare dans "Enseignement catholique actualité" de Février 1988 que "l'école catholique se veut une force de proposition et se sent lavée de toute volonté de prosélytisme". Le Président de l'UNAPEL, M. Cerisola donne à "La Croix" une interview qui paraît le 6 octobre 1988 avec pour titre "L'école catholique ne doit pas faire de prosélytisme"...

7) Le Réformateur Moderniste

Il est inutile d'insister sur ce point. Comme le dit St Pie X: "Il n'y a rien, absolument rien, à quoi leur manie réformatrice ne s'attaque".

Il conclut par cette phrase "Voilà qui suffit et surabondamment, pour montrer par combien de routes le modernisme conduit à l'anéantissement de toute religion.

Le premier pas fut fait par le protestantisme, le second est fait par le modernisme, le prochain précipitera dans l'athéisme".

Causes du modernisme

Les cause sont résumées dans ces deux phrases :

  • "La cause prochaine et immédiate réside dans une perversion de l'esprit, cela ne fait pas de doute : les causes éloignées nous apparaissent pouvoir se réduire à deux : la curiosité et l'orgueil".
  • "Que si, des causes morales, nous venons aux intellectuelles, la première qui se présente - et la principale - c'est l'ignorance. Oui ces modernistes qui jouent aux docteurs de l'Eglise, qui portent aux nues la philosophie moderne et regardent de si haut la scolastique, n'ont embrassé celle-là en se laissant prendre à ses apparences fallacieuses, que parce que ignorants de celle-ci, il leur a manqué l'instrument nécessaire pour percer les confusions et dissiper les sophismes".

Remèdes

St Pie X indique ensuite les remèdes contre le modernisme:

  • La philosophie de St Thomas à la base des études : que tout ce qui avait été édicté à ce sujet par son prédécesseur Léon XIII reste pleinement en vigueur dans les séminaires et les Instituts religieux.
  • Exclusion des modernistes "sans merci" de toute charge de directeur ou professeur. De même ceux qui favoriseraient ces erreurs de quelque façon que ce soit. "De même qui, en histoire, en archéologie, en exégèse biblique trahit l'amour de la nouveauté".
  • "Vigilance et sévérité à l'examen et au choix des candidats aux saints Ordres" chacun devra avoir suivi le cours régulier de philosophie scolastique.
  • "Le devoir aux évêques d'empêcher la publication des écrits entachés de modernisme". "Faites tout au monde, dit-il, pour bannir de votre diocèse tout livre pernicieux". Obligation du "Nihil obstat" et "Imprimatur" de l'Evêque.
  • "Défense aux membres du clergé de prendre la direction de journaux ou de revues sans la permission des ordinaires".
  • "Que désormais les évêques ne permettent plus ou que très rarement de Congrès Sacerdotaux. [...] qui sont un champ propice aux modernistes pour y semer et y faire prévaloir leurs idées".
  • Enfin, les évêques devront donner des rapports périodiques au St Siège sur l'exécution de ces mesures.


Cependant, St Pie X s'est bien gardé du moindre optimisme. Trois ans plus tard, il devait combattre le modernisme dans le "Sillon" puis, la même année, adressait à toute l'Eglise un "motu proprio" "établissant des lois pour repousser le péril du modernisme", ensemble de prescriptions très sévères précisant les mesures édictées à la fin de l'encyclique Pascendi auxquelles il ajoutait l'obligation de prêter "le serment antimoderniste" à tout prêtre, supérieur religieux, clerc, professeur, dont voici l'essentiel :

"Je tiens en toute certitude et je professe sincèrement que la foi n'est pas un sens religieux aveugle surgissant des profondeurs ténébreuses de la "subconscience" moralement informée sous la pression du coeur et l'impulsion de la volonté; mais bien qu'elle est un véritable assentiment de l'intelligence à la vérité acquise extrinsèquement par l'enseignement reçu ex auditu, assentiment par lequel nous croyons vrai, à cause de l'autorité de Dieu dont la véracité est absolue, tout ce qui a été dit attesté et révélé par Dieu personnel, notre Créateur et notre Maître" .

Presque incidemment, on apprit vers les années 1968-69 que ce serment ne serait plus obligatoire.

Au début de son motu proprio, St Pie X n'hésite pas à écrire que, malgré les claires condamnations, "ils n'ont pas abandonné leurs desseins de troubler la paix de l'Eglise. Ils n'ont pas cessé, en effet, de rechercher et de grouper en association secrète de nouveaux adeptes, et d'inoculer avec eux, dans les veines de la société chrétienne, le poison de leurs opinions ... Ces adversaires sont d'autant plus à redouter qu'ils nous touchent de plus près, ils abusent de leur ministère...".

Le modernisme social [1]

Le SILLON

St Pie X commence par faire un rapprochement entre "les doctrines des prétendus philosophes du 18ème siècle, celles de la Révolution et du libéralisme tant de fois condamnées" et les théories du Sillon "telles (qu'elles) sont encore aujourd'hui sous leurs apparences brillantes et généreuses".

Il dit combien il aime cette vaillante jeunesse et ses chefs aux âmes élevées mais qu'il s'est aperçu depuis longtemps que le Sillon s'égarait et qu'il se décide à parler publiquement, les évêques français lui ayant fait appel. Il s'aperçoit que ses fondateurs jeunes et enthousiastes n'étaient pas suffisamment armés de "saine philosophie et de forte théologie pour affronter les difficiles problèmes sociaux vers lesquels ils étaient entraînés par leur activité et leur coeur et pour se prémunir, sur le terrain de la doctrine et de l'obéissance, contre les infiltrations libérales et protestantes".

"Les chefs du Sillon, en effet, allèguent qu'ils évoluent sur un terrain qui n'est pas celui de l'Eglise; qu'ils ne poursuivent que des intérêts de l'ordre temporel et non de l'ordre spirituel; que le Silloniste est tout simplement un catholique voué à la cause des classes laborieuses, aux oeuvres démocratiques..." et ne relève donc pas de l'autorité ecclésiastique.

"La réponse à ces subterfuges, dit St Pie X, n'est que trop facile. A qui fera-t-on croire, en effet, que les Sillonistes catholiques, que les prêtres et les séminaristes enrôlés dans leurs rangs n'ont en vue, dans leur activité sociale, que les intérêts temporels des classes ouvrières? Ce serait pensons-nous, leur faire injure que de le soutenir". Puis, il poursuit en exposant l'objectif des sillonistes qui est de reconstruire la société sur un plan nouveau et "pour justifier leurs rêves sociaux, ils en appellent à l'Evangile interprété à leur manière et, ce qui est plus grave encore, à un Christ défiguré et diminué".

Le Pape rappelle ensuite les principes constants de la doctrine catholique en matière sociale et cite Léon XIII qui enseigne que la démocratie chrétienne doit maintenir la "diversité des classes" et garder la société humaine dans la "formule et le caractère que Dieu son auteur lui a imprimés".

On peut remarquer en particulier ce très beau passage : "Non, Vénérables Frères, - il faut les rappeler énergiquement dans ces temps d'anarchie sociale et intellectuelle où chacun se pose en docteur et en législateur, - on ne bâtira pas la cité autrement que Dieu ne l'a bâtie; on n'édifiera pas la société, si l'Eglise n'en jette les bases et ne dirige les travaux; non, la civilisation n'est plus à inventer, ni la cité nouvelle à bâtir dans les nuées. Elle a été, elle est; c'est la civilisation chrétienne, c'est la cité catholique. Il ne s'agit que de l'instaurer et de la restaurer sans cesse sur ces fondements naturels et divins, contre les attaques toujours renaissantes de l'utopie malsaine, de la révolte et de l'impiété: Omnia instaurare in Christo ".

Il reproche ensuite au Sillon de vouloir placer l'autorité dans le peuple, de prendre comme idéal le nivellement des classes, et d'avoir une conception utopique et fausse de la dignité humaine qu'il faut étendre au monde entier par "la célèbre trilogie : Liberté, égalité, fraternité".

"Sans doute le Sillon fait descendre de Dieu cette autorité qu'il place d'abord dans le peuple mais de telle sorte qu'elle remonte d'en bas pour aller en haut, tandis que dans l'organisation de l'Eglise, le pouvoir descend d'en haut pour aller en bas".

Et St Pie X pose la question : "Est-ce que les saints qui ont porté la dignité humaine à son apogée avaient cette dignité là". "Et les humbles de la terre, qui ne peuvent monter si haut, et qui se contentent de tracer modestement leur sillon au rang que la Providence leur a assigné, en remplissant énergiquement leurs devoirs dans l'humilité, l'obéissance et la patience chrétienne ne seraient-ils pas dignes du nom d'hommes, eux que le Seigneur tirera un jour de leur condition obscure pour les placer au ciel parmi les princes de son peuple?".

Ensuite, il parle du danger à "inféoder par principe, le catholicisme à une forme de gouvernement". Puis de l'évolution du sillon qui proclamait d'abord que "la démocratie serait catholique ou qu'elle ne serait pas" et bientôt à cette formule en substitua une autre :"La démocratie ne sera pas anti-catholique, pas plus d'ailleurs qu'anti-juive ou anti-boudhiste. Ce fut l'époque du plus grand Sillon" qui deviendra une religion: "car le Sillonisme, les chefs l'ont dit, est une religion plus universelle que l'Eglise catholique, réunissant tous les hommes devenus enfin frères et camarades dans "le règne de Dieu" . - "On ne travaille pas pour l'Eglise, on travaille pour l'humanité".

Le Pape indique enfin aux évêques la façon dont ils doivent prendre part activement à l'organisation de la Société "que vos prêtres soient persuadés que la question sociale et la science sociale ne sont pas nées d'hier: que, de tous temps, l'Eglise et l'Etat, heureusement concertés, ont suscité dans ce but des organisations fécondes: que l'Eglise, qui n'a jamais trahi le bonheur du peuple par des alliances compromettantes, n'a pas à se dégager du passé et qu'il lui suffit de reprendre, avec le concours des vrais ouvriers de la restauration sociale, les organismes brisés par la Révolution et de les adapter, dans le même esprit chrétien qui les a inspiré, au nouveau milieu créé par l'évolution contemporaine : car les vrais amis du peuple ne sont ni révolutionnaires, ni novateurs, mais traditionalistes".

Il demande ensuite aux sillonistes de prendre le nom de "Sillons Catholiques".