L'héroïque prise de la Bastille

De Christ-Roi
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Résumé

Contrairement à la légende des manuels d’histoire républicains, la Bastille n’est pas prise par une foule spontanément mobilisée. L’opération est menée par une bande d’agitateurs à la recherche de fusils et de munitions, entrés par la porte que leur a ouverte le gouverneur Launay. En guise de remerciement, celui-ci est assassiné. De la vieille forteresse – que l’administration royale voulait démolir – sont extraits en fait de victimes de l’absolutisme, sept prisonniers : quatre faussaires, un libertin et deux fous...

La légende républicaine a fait de cette péripétie un haut fait d’armes.

Michel Vovelle, historien marxiste, convient qu’il s’agit d’une "interprétation symbolique des faits"... (Jean Sévillia, Historiquement correct. Pour en finir avec le passé unique, Perrin, Saint-Amand-Montrond 2003, p. 180).

Le mythe de la prise de la Bastille

Un mythe fondateur

Le 29 juin 1880, les parlementaires français ont choisi la date du 14 Juillet pour notre fête nationale, commémorant ainsi la prise de la Bastille le 14 Juillet 1789 et la fête de la Fédération le 14 Juillet 1790. Mais c'est bien la prise de la Bastille qui prime. En effet:

  • La fête de la fédération n'était qu'une fête ! C'était la première commémoration de la prise de la Bastille. Un rassemblement de 260 000 parisiens, quelques serments solennels et une messe païenne célébrée sur l'autel de la patrie par Talleyrand, l'évêque apostat d'Autun
  • le dispendieux bicentennaire de la révolution française s'est fêté en 1989
  • les français pensent que les réjouissances du 14 juillet commémorent la prise de la Bastille
  • Historiquement, les journées du 13 et 14 Juillet 1789 constituent bien une victoire militaire contre la monarchie. La milice bourgeoise est créée d'autorité, des symboles royaux sont pris, Paris est pris.


Ainsi, la prise de la Bastille nous apparait comme le mythe fondateur de la république française.

Un élan populaire révolutionnaire

Prise de la Bastille
L'historien Jules Michelet écrivait : "Le 14 Juillet une idée se leva sur Paris avec le jour et tous virent la même lumière. Une lumière dans les esprits et dans chaque coeur une voix: << Va, et tu prendras la Bastille >>. Cela était impossible, insensé, étrange à dire... Et tous le crurent néanmoins. Et cela se fit ! (...) L'attaque de la Bastille ne fut nullement raisonnable. Ce fut un acte de foi. Personnne ne proposa. Mais tous crurent et tous agirent. Le long des rues, des quais, des ponts, des boulevards, la foule criait à la foule: << A la Bastille ! A la Bastille ! >>. Personne, je le répète, ne donna l'impulsion. (...) Le seul 14 Juillet fut le jour du peuple entier. Qu'il reste donc, ce grand jour, qu'il reste une des fêtes éternelles du genre humain (...) La rage du peuple fut inexprimable. (...) << Nos cadavres serviront au moins à combler les fossés ! >> Et ils allèrent obstinément, sans se décourager jamais, contre la fusillade, contre ces tours meurtrières, croyant qu'à force de mourir ils pourraient les renverser. (...) une lutte tellement inégale qui n'était qu'un assassinat. Ils voulurent en être. " [1, p. 262-276].


Une prison tyrannique

Jules Michelet écrivait aussi : "[La Bastille] était [la prison] de l'arbitraire capricieux, du despotisme fantasque, de l'inquisition ecclésiastique et bureaucratique. (...) Le monde entier connaissait, haïssait la Bastille. Bastille, tyrannie, étaient, dans toutes les langues, deux mots synonymes. Toutes les nations, à la nouvelle de sa ruine, se crurent délivrées." [1, p. 266].

Toujours d'après Michelet, il y avait à la Bastille "des cachots noirs, profonds, fétides, où le prisonnier, au niveau des égouts, vivait assiégé, menacé par des crapauds, des rats et des bêtes immondes." [2].

L'historien Louis Blanc écrivait: Le pont-levis de la cour intérieure une fois franchi, c'en était fait du prisonnier. Enveloppé des ombres les plus sinistres du mystère, condamné à une ignorance absolue du genre de supplice qui l'attendait, il avait cessé d'appartenir à la terre..." [2].


La construction du mythe

(à faire) historiens marxistes officialisés ...


La réalité

Bien que de nombreux historiens aient vu la supercherie, le mensonge de la prise de la Bastille est passé dans les manuels scolaires. Le faux soulèvement patriotique de la Bastille sert de mythe pour étayer la démagogie républicaine et discréditer Dieu et le roi.

La monarchie est le régime catholique par excellence, les révolutionnaires ont voulu destituer Dieu et le Roi.


Un complot franc-maçon

La Fayette remet une clé de la Bastille au vénérable de la loge 22

La Fayette

Lettre à George Washington datée du 17 mars 1790

La Fayette n'hésite pas à affirmer son intentention de démolir la Bastille et son allégeance à la franc-maçonnerie américaine dans sa lettre à George Washington datée du 17 mars 1790[1]:« Permettez-moi, mon cher général, de vous offrir un tableau représentant la Bastille telle qu'elle était quelques jours après que j'eusse donné l'ordre de la démolir. Je vous fais aussi l'hommage de la principale clé de cette forteresse du despotisme. C'est un tribut que je vous dois, comme fils à mon père adoptif, comme aide-de-camp à mon général, comme missionnaire de la liberté à son patriarche ».


Remise officielle d'une autre clé de la Bastille aux francs-maçons américains

La Fayette fut invité aux Etats-Unis par la loge 22 d'Alexandrie (Virginie)[1]. A cette occasion, le 21 février 1825, il remit au vénérable de la loge la clé du portail frontal de la Bastille. Une reproduction du vitrail commémoratif se trouve dans le compte-rendu maçonnique Minutes of the Forty-Ninth Annual convention of the George Washington Masonic National Memorial Association

Palloy [2] [3]

D'après Romi

Extraits de la préface de Romi[3] : Le 14 juillet 1789, à cinq heures et demie du soir, quand le combat s'arrête enfin, on crie: « La Bastille est prise ! ... » (...) [Le peuple] court au Palais-Royal[4] pour voir, au bout d'une pique, la tête du gouverneur coupée au ras du col... « Victoire! ». Mais lorsque, dans la fumée de l'incendie, le peuple voit tomber les premières pierres des créneaux, il s'arrête et soudain une immense clameur monte vers les glorieux combattants qui détruisent l'odieux monument du despotisme!... Car on ignore dans Paris que les ouvriers de l'entreprise Palloy (...) sont venus là tout exprès(...). Les ouvriers de l'entreprise Palloy ont attendu depuis le matin auprès de la forteresse(...). [Palloy, gros entrepreneur des bâtiments] a toujours rêvé de démolir la Bastille et s'il se plaît chez les beaux messieurs de la Franc-Maçonnerie, c'est qu'ils parlent souvent de cette destruction symbolique. Dès 1788, lorsque paraît leur Code National, destiné à initié les masses aux théories du Grand-Orient, leur plan de soulèvement, exposé en plusieurs étapes, aurait effarouché Palloy s'il n'avait pas vu autour de lui tant de hauts personnages enthousiasmés par la marche du progrès social. Il y a là tant d'aristocrates, d'avocats et de prêtres (...). Les rêves se réalisent! Le 12 juillet, il court aux nouvelles, Santerre, le marquis de la Salle et quelques autres initiés disent que l'affaire est proche; le soir même dans ses ateliers Palloy fait compter les pioches disponibles. Le lendemain matin, il assiste à la réunion du district du Petit-Saint-Antoine, où il retrouve mêlés à la foule qui demande des armes, beaucoup des ses amis francs-maçons, l'armement du faubourg est décidé. Palloy organise, prévoit, (...), et le matin du 14 juillet tout est en place, hommes et outils, à quelques pas de la forteresse. Dès six heures les hommes sont à l'ouvrage (...). Le 16 juillet enfin, l'ordre officiel de démolir la Bastille sera remis à P.-F. Palloy, patriote.

Colonne de juillet à la place de la Bastille
Aveu de Palloy

Extraits des premières pages de Palloy[3]: p.17: 25 août 1787: Il circule en ville une copie d'une lettre (...) dans laquelle le chancelier du Duc d'Orléans a conseillé au roi de démolir la Bastille. (...) p.18: 11 mai 1789: Bailly m'a fait porter une copie d'un article des cahiers de Paris, lus hier à l'assemblée des Electeurs. Je lis le voeu que la Bastille soit détruite et rasée et que sur son emplacement on élevat une colonne (...). 13 juillet 1789: Ce matin à onze heures, j'ai assisté à la grande réunion des Frères dans l'église Saint-Antoine. C'est Dufour, officier du Grand Orient, qui présida avec un député de la loge "modération", de l'Orient de Paris. Nous y avons décidé qu'une insurrection populaire commencera dans le faubourg Saint-Antoine. Ils espèrent tous en faire une véritable révolution. On verra bien! Nos frères Lafayette, Sieyès, Mounier, le Chapelier lancent en même temps un manifeste par lequel des Conseillers du roi vont être responsables de l'ensemble des évènements. En distribuant quelque argent à des coquins bien armés, on arrivera peut-être à une Révolution. Les fonds ne manquent point! Le Frère Marquis de laSalle promet de me mettre au courant, il prétend que je dois me tenir prêt avec des ouvriers pour aller démolir la Bastille, la démolition de cette forteresse étant un voeu du peuple qu'ils encouragent. (..) Le Frère Thuriot de la Rozière, de la loge "Les Amis Réunis", m'a assuré de son concours, de même que le Frère Santerre, du "Contrat Social". (...) 14 juillet 1789 au matin: Le plan d'attaque de la Bastille est prêt... J'ai vu cette nuit le Marquis de la Salle. (...) Le gros du peuple ignore tout. Santerre s'occupera de les conduire. (...) 14 juillet 1789 dans la nuit: Mes hommes son entrés dans la Bastille à cinq heures du soir (...) déjà mes pioches étaient à l'ouvrage!


Coroller

Le franc-maçon Coroller et d'autres avouent que les émeutes du 11 juillet 1789 étaient préparées d'avance [5](p.293).


Hommage des menés au meneur

Ces émeutiers, composés de mercenaires et d'agitateurs, acclament le grand maître du grand orient, le Duc Philippe d'Orléans, [5](p.295).


Une pièce de monnaie
RF pour République Française

Albert Pike

La confirmation d'Albert Pike[6]: « A Lodge inaugurated under the auspices of Rousseau, the fanatic of Geneva, became the centre of the revolutionary movement in France (...) The registers of the Order of Templars attest that the Regent, the Duc d'Orleans, was Grand Master of that formidable Secret Society (...) The secret movers of the French Revolution had sworn to overturn the Throne and the Altar upon the Tomb of Jacques de Molai. When Louis XVI was executed, half the work was done; and thenceforward the Army of the Temple was to direct all its efforts against the Pope. »
« Une Loge inaugurée sous les auspices de Rousseau, le fanatique de Genève, devint le centre du mouvement révolutionnaire en France (...) Les registres de l'Ordre desTempliers attestent que le régent, le Duc d'Orléans, était le Grand Maître de cette terrible Société Secrète (...) Les meneurs secrets de la Révolution Française ont juré de renverser le trône et l'autel sur la tombe de Jacques de Molay. Quand Louis XVI a été exécuté, la moitié du travail fut faite; et depuis l'Armée du Temple devait diriger tous ses efforts contre le Pape. »

Joseph de Maisonneuve

La confirmation de Joseph de Maisonneuve, haut dignitaire de la Maçonnerie polonaise, intime du duc d'Orléans, écrivit le 12 janvier 1790 à un ami [1](p.147)
: « Je ne sais si vous avez connu le parti que l'on a tiré de la maçonnerie pour la révolution de Paris. Personne n'ignore que M. le Duc d'Orléans en est le Grand Maître, et il est bien avéré que cette association a été un des grands moyens dont on s'est servi pour se ménager des intelligences dans Paris, pour armer les citoyens, pour réclamer les secours mutuels promis et jurés pour les grandes occasions. Les gens instruits ont remarqué que tous les premiers noms signés à l'hôtel de ville des 12, 13 et 14 juillet dernier étoient ceux des principaux membres des loges de Paris. »
Et aussi, [7](p.471):
« Deux enquêtes... écrit Bernard Faÿ, m'ont permis de trouver, des documents maçonniques contemporains de la Révolution, qui confirment, de façon claire et formelle, le rôle de premier plan joué par Orléans et par le Grand Orient dans les débuts de la Révolution, en particulier au 13-14 Juillet et au 5-6 octobre. Les archives de l'Académie polonaise des Sciences et des Arts à Cracovie, possédaient jusqu'en 1939, et peut-être encore aujourd'hui, les papiers du chanoine Albertrandi, avec les lettres de son ami Joseph de Maisonneuve, Rose-Croix et haut dignitaire de la Maçonnerie polonaise. Or celui-ci conte en détail les mésaventures de son confrère, le bailli de Loras, que d'imprudentes manigances de Cagliostro firent arrêter. Cela amena la confiscation de ses papiers, lesquels contenaient des communications du Grand Orient de France, prouvant le rôle initiateur et directeur joué par cet organisme la première année de la Constituante. Ces informations me furent confirmées par les papiers et la correspondance de Mazzéi, autre haut dignitaire de la Maçonnerie (anglaise), et envoyé de Stanislas Poniatowski à Paris de 1788 à 1792. Sa correspondance, dont le manuscrit se trouve à la bibliothèque de Florence, et dont M. Ciampini a publié, de façon fort savante, un volumen, qui ne représente pas la moitié de l'ensemble, cette correspondance montre Mazzéi, un intime de La Fayette, des La Rochefoucauld, de Condorcet, et de tout le clan des nobles révolutionnaires, qui le tiennent au courant de leurs actes, de leurs intentions et des manigances du duc d'Orléans » repris depuis christroi.over-blog.


Description de la colonne de Juillet commémorant la prise de la Bastille

Détail du génie de la bastille
Lucifer

Lucifer au sommet de la colonne, portant la lumière dans une main, une chaîne brisée dans l'autre, symbole du rejet de Dieu, Force de la franc-maçonnerie comme le dit Albert Pike[6]:
« Satan is not a black god, but the negation of God. The Devil is the personification of Atheism or Idolatry. For the Initiates, this is not a Person, but a Force, created for good, but which may serve for evil. It is the instrument of Liberty or Free Will. (...) the Light-bearer or Phosphor »
« Satan n'est pas un dieu sombre, mais la négation de Dieu. Le Diable est la personnification de l'Athéisme ou de l'Idôlatrie. Pour les Initiés, ce n'est pas une Personne, mais une Force, créée pour le bien, mais pouvant servir au mal. C'est l'instrument de la Liberté ou de la Volonté sans entrave. (...) le Porteur-de-lumière ou Phosphoros ».

Pharaon

Un pharaon enterré dans le socle de la colonne [8](p.294), hommage à l'idôlatrie égyptienne.

Symbolique

La Bastille, symbole de l'autorité royale catholique, est détruite et remplacée par le diable glorifié, symbole de la révolte contre l'ordre divin.




Un désordre organisé

Des agitateurs

« Il y a bien lieu de conclure, par tous les bruits faux et toutes les alarmes qu'on semait partout, qu'on voulait entretenir, accroître l'agitation et porter au siège de la Bastillle » [9](p.376).


Des mercenaires

Avant: [3, p.152-158, 226-227], la délivrance des prisonniers de La Force montre l'immoralité,...

[4 p.43]

Disette factice

L'abbé Barruel écrit: « Necker affamera ce peuple pour le forcer à l'insurrection ». Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, 1799, t. V, p. 124.


Bertrand de Molleville rapporte un complot pour affamer Paris, une « disette factice ». Des lettres signées de Necker demandaient aux marchands de vivres de ne plus approvisionner Paris du 20 Avril au 15 Mai 1789. Mr Necker averti, déclara que la signature était fausse. Mr de Molleville veut bien le croire mais se demande pourquoi Mr Necker n'était pas davantage inquiet et n'a pas employé tous les moyens pour trouver les coupables. Histoire de la Révolution de France, 1° partie, T1, p.159


D'après Charles-Guillaume Leprévot, une conjuration manipule le cours du blé. La première disette fabriquée date de 1693. Toutes celles qui ont suivi sont factices. Le roi aurait autorisé la création de réserves à blé pour pallier les famines. Les responsables de ces réserves auraient trafiqué pour raréfier le blé, faire du profit et blâmer le roi. Mr Leprévot donne le noms des ministres conjurés: Mrs de Machault, de Sartine, Del'Averdy, Bertin, Mayron d'Ivau et le duc de Choiseul. Mr de Machault crée le premier monopole du stockage des céréales françaises. Mr Del'Averdy suivra, le 12 Juillet 1765 il donne pour 12 ans ce monopole à trois riches « publicains »: Mrs Roi-de-Chaumont, Perruchot et Rousseau. 21 pamphlets sur les subsistances, p410-449


Mr De Lacourt place le Duc de Choiseul à la tête de la conjuration pour « l'accaparement » du blé, une manoeuvre financière destinée à faire monter le prix du blé. « La chèreté actuelle provient incontestablement ou de l'exportation illimitée, ou du fait des accapareurs. L'intempérie locale n'est qu'un vain prétexte ». 21 pamphlets sur les subsistances, p256-270


Le 6 Juillet 1789, la chasse aux entrepôts secrets de blé est lancée. 21 pamphlets sur les subsistances, p152-155


Depuis 1776, « il n'y a pas eu de disette en France depuis plus d'un siècle. Si l'on entend par disette l'insuffisance apparente & l'excessive cherté des grains, causée par le monopole ou l'avidité, on en trouverait aisément des exemples. Le monopole est seul mal dont il soit essentiel de se garantir ». Il s'agit de disettes fabriquées par des financiers, raréfier pour enchérir. Voilà l'ignoble. Il y a deux catégories d'accapareurs: « ceux qui répandent de faux bruits dans l'espérance de vendre à un prix excessif les grains qu'ils possèdent (monopole de spéculation). Ceux qui voyant augmenter le prix des grains, s'abstiennent d'en vendre, dans l'espérance que le prix pourra augmenter encore (monopole d'imitation) ».

  • En 1660, la nielle gâta quelque récoltes, des marchands en profitèrent pour acheter tous les grains et « en firent des magasins ». Ils alarmèrent le peuple et le prix du blé tripla. Les commissaires découvrirent des magasins dans Paris. Les marchands déplacèrent leur stocks en Province, « de concert entr'eux, ils en cachaient l'abondance et entretenaient la cherté ». D'autres réserves « considérables » furent découvertes à Meaux. Des procès-verbaux furent établis, la manigance éventée. Pour justifier de ces stocks, plusieurs marchands les avaient faits saisir par de faux créanciers. On découvrit des stocks de plusieurs années, des blés gâtés jetés de nuit dans les rivières, la connivence de quelques officiers, les fausses rumeurs. Le blé revint vers Paris mais des banquiers du Trésor (Traitants) le saisirent. Le roi s'y opposa mais ne parvint pas la Justice fut favorable aux banquiers. Finalement l'affaire cessa quand le roi importa des quantités considérables de blés.
  • En 1692, c'est encore à l'occasion d'une maigre récolte que les accapareurs rachetèrent tous les grains avant de répandre de faux bruits. L'Ordonnance du 13 Septembre interdit l'exportation de céréales mais le peuple en fut affolé et des pillages eurent lieu. « Le roi fit acheminer des blés, les fit convertir en pains; on en distribuait tous les jours cent mille livres pesant, pour la moitié qu'il coûtait. Cependant tous les maux de cette disette subsistaient encore au mois de Mai 1694 ». Finalement six commissaires parcoururent la province et « trouvèrent partout des blés vieux de plusieurs récoltes ». Les emprisonnements des principaux accapareurs rétablirent le commerce.
  • En 1698, les accapareurs profitent de la nielle et de la mauvaise pluie. Le commissaire de Lamare découvrit « des granges & des greniers entiers remplis, mais fermiers par les fermiers mêmes, ou par des usuriers qui les avaient achetés pour les y garder ». « Enfin, malgré une multitude d'exemples de sévérité contre ceux qui achetaient des grains sur pied, il y eut des gens qui en passèrent des Actes par devant Notaires; d'autres plus artificieux se les faisaient adjuger en justice sans aucune saisie précédente; & le monopole inépuisable en ressources, parvint à faire durer cette fause disette jusqu'à la moisson de 1699 ».
  • En 1709 la récolte s'annonce très mauvaise. Le 27 Avril, Louis XIV oblige quiconque possède du grain à en déclarer la quantité aux juges des lieux. Le roi rappelle alors l'abondance des réserves et dénonce l'avidité de ceux qui veulent profiter de la misère publique et accaparent pour attendre que la « rareté apparente du blé » ait fait monter son prix. Des mesures légales et fiscales ne parvinrent pas à triompher du monopole. Le disette fut grande.

18 pamphlets sur les subsistances, p.2-50


Le 13 Juillet 1788, « une grêle désatreuse a ravagé quelques cantons de la France, on a vu avec la plus vive douleur s'exercer dans toutes ses provinces un monopole affreux. Des compagnies avides du sang des peuples ont accaparé les blés dans toute l'étendue du royaume, et, par leurs indignes manoeuvres, les ont fait monter au prix exhorbitant où nous le voyons aujourd'hui : et comme un mal en attire un autre, le monopole, et la misère qui en est la suite infaillible, ont servi de prétexte aux méchants, pour exciter partout les soulèvements effrayants dont nous venons d'être témoins ».

  • p.419 accuse les trusts ..
  • p.421 les lois de 1763-64 aident les accapareurs
  • p.422 la déclaration du 17 Juin 1787 cause la disette de 1789 -> emmagasinage & exportation
  • 427 renchérissement des loyers de la terre
  • 433fin les fermiers préfèrent perdre leur blé plutôt que de le vendre à bas prix
  • 434 trafic triangulaire pour percevoir les subventions à l'importation
  • 438 anciennes lois qui protégeaient des accapareurs

18 pamphlets sur les subsistances, p.415-532, écrit en Juillet 1789


Ce jour, 7 septembre 1773, le Procureur Général du Roy est entré - la Cour de Bordeaux et toutes les Chambres assemblées - et a dit "qu'il a plu au Roy d'accorder à ses sujets la facilité de commercer librement les grains" selon des règles étroites afin de concilier l'intérêt des commerçants et les facultés des consommateurs. Il a fallu d'une part lever les obstacles qu'une police mal éclairée avait apporté à la liberté de circulation des grains et d'autre part tempérer la rigueur des lois ... et imposer des conditions pour prévenir le monopole, le surhaussement immodéré dans les prix et par conséquent la disette dans le sein de l'abondance. "C'est dans cet objet qu'a été donné la déclaration du Roy du 27 décembre 1770". En conséquence il est ordonné que la circulation des grains de toute espèce demeurera libre dans toute l'étendue du ressort de la Cour. http://jurade.free.fr/decennie1770-1779.htm

p.416


Voir aussi CAPITULAIRE DE VILLIS, LI (Charlemagne): Que chaque intendant veille à ce que des hommes malveillants ne puissent cacher sous terre ou ailleurs nos semences et que pour cette raison la moisson ne soit insuffisante.

Inaction de la police

[3, p.306]

Bezenval, sans ordres de la Cour, maintenait au Champ-de-Mars des troupes qu'un témoin nous peint « tristes, mornes et abattues », telles que deviennent promptement les troupes qu'on a laissé insulter et qu'on fait se morfondre.

création d'une milice bourgeoise

création d'une milice bourgeoise pour pallier au désordre et prendre le pouvoir dans Paris [3, p.307-314]

désarmement des bandits salariés [3, p.319]

vol d'armes aux Invalides [3, p.320-323]

prise de la bastille [3, p.324-340]


Absence de combat

Les lettres de cachet, symbole de l'absolutisme royal ?

Dans l'imaginaire révolutionnaire, avec les lettres de cachet, on touche au symbole même de l'absolutisme royal. Qu'en est-il en réalité ?

"Les adversaires de la monarchie voyaient en elles l'une de ses plus flagrantes iniquités: un témoignage de la toute-puissance du roi, aux dépens de la liberté individuelle. Le bon plaisir du souverain, de ses ministres, de ses intendants, faisant jeter le premier venu au fond d'une prison obscure, où il languissait des années sans jugement… Ainsi séparait-on parents et enfants des familles protestantes, ainsi enfermait-on tous ceux qui déplaisaient aux puissants… Voltaire, à l'occasion, jugeait cette pratique 'ignominieuse'…

Depuis les travaux de Funck-Brentano, la lettre de cachet a perdu beaucoup de sa légende… On sait qu'elle était un instrument d'indulgence plus que de répression. On l'appelait couramment lettre de justice ou lettre de grâce. Etait-elle même arbitraire ? Elle apparaît comme l'expression, dans le cadre légal, de la justice personnelle du souverain, le plus souvent après enquête et délibération.

S'opposant à la lettre patente, qui par définition était ouverte et publique, et signée par le grand chancelier, la lettre de cachet était une simple feuille de papier pliée de telle manière qu'on ne pouvait la lire qu'après avoir brisé le cachet qui la fermait. Elle portait la signature du roi, accompagnée de celle d'un secrétaire d'État. Son objet pouvait être de convoquer un corps judiciaire, voire d'ordonner une cérémonie. Elle était habituellement un ordre individuel d'exil ou d'internement qui permettait une justice rapide et discrète. Quelquefois, elle était sollicitée dans les milieux modestes: un plombier, une tripière, un vitrier demandaient au roi d'enfermer fils ou fille, pour soustraire à de mauvaises fréquentations. Le cas le plus général était celui du fils de famille qu'on mettait à l'ombre pour débauche, indignité ou prodigalité, et qu'on soustrayait à l'infamie d'une condamnation de droit commun, ou d'une incarcération ordinaire. C'était presque toujours à la demande du chef de famille qu'était rédigée la lettre de cachet: elle constituait une faveur, même pour sa victime; car elle la conviait parfois dans une prison de luxe, à Vincennes ou à la Bastille. Ni le marquis de Sade, ni le comte de Mirabeau n'ont apprécié le confort qui leur était ainsi proposé..." (René Sédillot, Le coût de la Révolution française, Vérités et Légendes, Perrin Mesnil-sur-l'Estrée 1987, p. 76-77) .

Une prison de luxe

"Interné au donjon de Vincennes, pour inconduite et enlèvement, à la demande de son père, Mirabeau se plaint amèrement d'y être mal nourri: "Un bouilli et une entrée à dîner, laquelle entrée est de pâtisserie tous les jeudis; un rôti et une entrée à souper, une livre de pain et une bouteille de vin par jour…" Cet ordinaire lui semble indigne de sa condition. "Du veau racorni, du mouton coriace, du bœuf réduit ou à demi cru, voilà la continuelle nourriture des prisonniers". Pourtant, le roi paye six francs par jour pour chaque détenu: six francs, soit alors environ six fois le salaire quotidien d'un journalier…

"La Bastille était le symbole de cette justice de classe, assimilée à une injustice. Ses pensionnaires, lorsqu'ils en avaient les moyens, faisaient venir leurs repas de l'extérieur et tenaient table ouverte. Marmontel s'y était vu servir à dîner "potage, tranche de bœuf, cuisse de chapon, artichauts en marinade, épinards, poire de Cressane, raisin frais, bourgogne et moka". Dumouriez, interné dans une chambre de vingt-six pieds sur dix-huit, avait cinq plats à dîner, trois à souper, et le gouverneur en personne lui apportait citrons, café, sucre, porto et malaga (Claude Manceron). Ce même gouverneur invitait les prisonniers à tour de rôle. Mais l'opinion, en retard de quelques générations, considérait toujours la forteresse désaffectée comme l'une des citadelles de l'oppression, où avaient gémi dans les fers Biron, Fouquet, l'homme au masque de fer, les jansénistes et les philosophes… De toute façon, même si la Bastille n'était qu'une prison pour aristocrates, et même si ces aristocrates étaient des bénéficiaires, plus que des victimes, de lettres de cachet, ne fallait-il pas en finir avec ce vestige du Moyen Age présumé ténébreux ? le 14 juillet 1789, en trois quarts d'heure, la Bastille est prise par une bande d'émeutiers, plus ou moins commandités par Philippe d'Orléans, grand maître des Loges du Grand Orient: ils sont partis du Palais Royal, où réside le duc. Ils ont pris des armes aux Invalides. Ils massacrent le gouverneur et la garnison qui ne résistaient pas. Ils seront 633 "vainqueurs de la Bastille", officiellement homologués et dotés d'une décoration spéciale: tout glorieux d'avoir délivré sept captifs dont quatre faussaires et deux faibles d'esprit, et d'avoir fait triompher l'égalité devant le loi pénale, en consacrant l'abolition des lettres de cachet…

"Est-ce une liberté conquise ? La révolution remplira d'autres geôles, en massacrera, non plus les gardiens, mais les prisonniers, imaginera d'autres Bastilles… A la veille de thermidor, on comptera 400 000 détenus dans les prisons de la république… Et Napoléon n'aura pas besoin de lettres de cachet pour faire exécuter le duc d'Enghien, Cadoudal ou ce général de Lahorie qui a donné au moins son prénom au jeune Victor Hugo…" (René Sédillot, Le coût de la Révolution française, Vérités et Légendes, Perrin Mesnil-sur-l'Estrée 1987, p. 76-77).

"La Révolution a aussi introduit une bien plus grande Justice (avec un grand J) en inventant les pontons dans lesquels on enfermait les prêtres réfractaires, la révolution a aussi réalisé le génocide de Vendée (200 000 morts, soit 1% de la population de l’époque. A l’échelle de la France actuelle, cela donnerait près de 600 000 morts, plus que le nombre de français morts sous la IIè Guerre mondiale…)" (Jean Sévillia, Historiquement correct, pour en finir avec le passé unique).

Les lettres de cachets servaient à conserver l'honneur des familles (Frantz Funck-Brentano)

"Qu'on lise les circulaires des ministres, les isntructions des lieutenants de police, la correspondance des intendants et des subdélégués, les réponses de Louis XVI aux remontrances du Parlement, et, d'autre part, les requêtes et les placets envoyés par les particuliers, la même idée ne cesse de revenir, sous toutes les formes. - "La raison d'être des lettres de cachet est la conservation de l'honneur des familles". -

"Un ordre du roi n'entrâîne aucune honte pour la personne qu'il frappe, tel en est le caractère essentiel; et c'est pourquoi il semblait nécessaire, si les raisons qui l'avaient fait délivrer touchaient à l'honneur du prisonnier, que ces raisons demeurassent secrètes. - "J'ai réussi par ce moyen, écrit Berryer, à rendre service à d'honnêtes gens en sorte que les désordres de leurs parents n'ont pas rejailli sur eux". - La lettre de cachet n'avait rien de l'apapreil infamant dont se servait la justice criminelle. les procureurs du roi auprès des tribunaux disent dans leurs rapports: "Il ne s'est pas trouvé de preuves contre ce particulier pour faire asseoir un jugement à peines afflcitives; mais il serait à propos de le faire enfermer d'ordre du roi". Ce n'était donc pas une condamnation après jugement, c'était une précaution plutôt, un acte personnel du souverain, une correction paternelle. Cette expression est reprise par M.A. Joly, au cours d'une étude sur les lettres de cachet dans la généralité de Caen.

"En 1773, le chevalier de Baillivy écrivait dans un libelle sur, ou plutôt contre les lettres de cachet: "Les lettres de cachet, considérées dans leur principe, ne sont que des grâces particulières que le roi veut bien accorder aux familles pour les sosutraire au déshonneur auquel, suivant le préjugé, elles craignent d'être en butte". Vergennes disait en 1781: "Il est une foule de cas où le roi, par un effet de sa bonté, paternelle, se prête à corriger pour empêcher la justice de punir".

C'est ainsi que Saint-Florentin en arrive à écrire: "un ordre du roi est plutôt une faveur qu'une punition"; et que Malesherbes, en 1789, dans son Mémoire à Louis XVI, répète: "La famille a intérêt à sosutraire son parent à une condamnation infamante; quand le roi, par bonté, veut bien enfermer, c'est une faveur" (Frantz Funck-Brentano, L'Ancien Régime, Les Grandes études Historiques, Librairie Arthème Fayard, Paris 1926, p. 315-316).

Notes

  1. 1,0, 1,1 et 1,2 Jan Schneider, Les réseaux maçonniques franco-américains de 1773 au 14 juillet 1789, Presses Academiques Francophones, 2013
  2. Guy Breton, Les beaux mensonges de l'histoire
  3. 3,0, 3,1 et 3,2 Palloy, Livre de raison du patriote Palloy, présenté par Romi, Editions de Paris, 1956
  4. Demeure du Duc Philippe d'Orléans
  5. 5,0 et 5,1 Bertrand de Molleville, Antoine-François. Histoire de la Révolution de France. Première partie, T1
  6. 6,0 et 6,1 Albert Pike, Morals and dogma
  7. Bernard Faÿ, La Grande révolution 1715-1815, Le Livre contemporain, Paris 1959
  8. Romi, La méprise de la Bastille, Massin, 1989
  9. Bailly, Jean Sylvain (1736-1793). Mémoires de Bailly, Tome 1

Références

1 Jules Michelet, Histoire de la révolution française, Tome 1
2 Guy Breton, Les beaux mensonges de l'histoire
3 Bertrand de Molleville, Antoine-François. Histoire de la Révolution de France. Première partie, T1
4 Mémoires du chancelier Pasquier
5 Bailly, Jean Sylvain (1736-1793). Mémoires de Bailly, Tome 1
6 ROMI, La méprise de la Bastille, Massin, 1989