Pie XII

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Pie XII (1876-1958), pape (1939-1958).

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Pie XII: "un don" pour le XXe siècle (Benoît XVI)

03/03/2006 18:32


Source: CITE DU VATICAN, 3 mars 2006 (AFP) - Benoît XVI : le pape Pie XII, "un don" pour le XXe siècle

Benoît XVI a déclaré que le pape Pie XII était un "don" pour le XXe siècle car il avait notamment "défendu le peuple allemand dans la grande catastrophe qu'a représenté la guerre", dans un texte rendu public vendredi par le Vatican.

Le pape Pie XII, pontife de 1938 à 1958, a été accusé d'être resté silencieux alors qu'il avait des informations sur la déportation et l'extermination des Juifs.

Pie XII est un "don" pour un siècle "aussi difficile" qui a connu deux guerres mondiales et deux idéologies "destructives: le fascisme-nazisme et le communisme", a déclaré le pape Benoît XVI jeudi devant le clergé romain, selon un texte publié vendredi.

Pie XII "a défendu le peuple allemand dans la grande catastrophe qu'a représenté la guerre", a ajouté Benoît XVI.

"Ce fut le pape de ma jeunesse. Nous l'avons tous vénéré. Comme cela a été dit d'une façon juste, il a beaucoup aimé le peuple allemand et il l'a défendu même dans la grande catastrophe de la guerre", a poursuivi Benoît XVI.

En mai 2005, Benoît XVI avait relancé les spéculations sur la béatification de Pie XII avec un hommage appuyé au rôle joué par un de ses collaborateurs, le père Pancrazio Pfeiffer, dans la protection de nombreux Juifs et partisans pendant l'occupation de Rome par les nazis.

L'ouverture des Archives secrètes du Vatican concernant les années du Pontificat de Pie XII est très attendue par ses détracteurs.

Mais il faudra au moins patienter jusqu'à 2007 "ou même après", avait indiqué en janvier 2005 un collaborateur du préfet des Archives.

Benoît XVI sur Pie XII, attaque la pensée unique

Dire du bien de Pie XII, c'est tabou. C'était tabou...

PIE XII est en effet le Souverain Pontife qui sanctionna Montini, et de Lubac, théologiens libéraux qui triomphèrent au concile Vatican II

Les mesures disciplinaires contre Montini
  • Pie XII l'éloigna de Rome en le nommant archevêque de Milan – promoveatur ut amoveatur.

(Source: Abbé Dominique Bourmaud, Cent ans de modernisme, Généalogie du concile Vatican II, Clovis, Étampes 2003).


Les mesures disciplinaires contre de Lubac
  • La condamnation de ses écrits, dont le livre Surnaturel (1946), après la parution en 1950 de l’encyclique Humani Generis fustigeant la «théologie nouvelle» dont de Lubac est le porte-étendard.
  • Son retrait pour dix ans de l’enseignement théologique.

De Lubac profita alors de cette mise à l'écart de Rome pour écrire trois études sur le bouddhisme (1951, 1952, 1955) et deux livres destinés à une grande audience un peu plus tard..., Méditation sur l’Église (1953) et Sur les chemins de Dieu (1956).

Au terme de ces années de bannissement, il connut une réhabilitation générale lorsqu’en août 1960 Jean XXIII l’appella à Rome comme expert de la Commission théologique préparatoire au concile. Membre de l’Institut depuis 1957, il devait ensuite être élevé au cardinalat par Jean-Paul II en 1983.

(Source: Encyclopédie Universalis)

Idées reçues sur le Pape XII. Que répondre ?

La thèse est connue : le pape Pie XII connaissait les atrocités nazies, mais sa germanophilie et son obsession du péril bolchevique l’ont déterminé à un silence complice ou, au mieux, à des paroles insignifiantes.

Source: Un article du centre de formation.net

1- Empressons-nous de dire qu’on peut être un germanophile reconnu, apprécier par exemple Gœthe et Beethoven, sans partager pour autant l’idéologie nazie.

S’inspirant de Fichte (1762-1814) et Hegel (1770-1831), mais aussi de Sorel (1847-1922), le chantre de la violence, le National-Socialisme plonge ses racines dans la pensée socialiste révolutionnaire. "Hitler a emprunté au marxisme-léninisme ses structures, son goût du secret, son système policier, ses méthodes de répression" (1). Le Führer, qui lit Voltaire avec délices, a pour idoles politiques Frédéric II et Bismarck. Les influences ésotériques des Rose-Croix et des Illuminés de Bavière ajouteront à l’anticatholicisme virulent des nazis.

"Je vous garantis que, si je veux, j’anéantirai l’Église en quelques années", confie Hitler à Hermann Rauschning (2). Goebbels, son dauphin, n’est guère plus tendre : "L’Église catholique poursuit son infâme travail d’excitation… Cette prêtraille politisante est, à côté des Juifs, l’espèce la plus odieuse que nous hébergions aujourd’hui encore dans le Reich. Il faudra, après la guerre, résoudre le problème une fois pour toutes" (3). Quant à Rosenberg, l’idéologue du parti, il estime que "tout européen (…) qui est d’avis que les idiots et les malades incurables ne doivent pas infecter sa nation, est anticatholique selon les termes de la doctrine romaine et ennemi de la morale chrétienne" (4).

2- Pie XI (1922-1939) condamne le nazisme en mars 1937 dans "Mit brennender Sorge",

encyclique principalement rédigée par le cardinal Faulhaber de Munich mais durcie par le cardinal Pacelli, futur Pie XII, publiée 5 jours avant "Divini Re-demptoris" qui dénonce le communisme. Rien de surprenant pour qui sait que 40 des 44 discours prononcés par Pacelli en Allemagne entre 1917 et 1929 soulignent les dangers imminents de l’idéologie nazie. En 1940, Radio-Vatican (5) dénonce les méthodes allemandes en Pologne comme étant "pires que celles des communistes" . "La même année, Pie XII prend des risques considérables dans les "conversations romaines", où il assure la liaison entre la résistance allemande qui cherche à éliminer Hitler et le gouvernement anglais.

Dans son radio-message de Noël 1942, le pape Pie XII évoque "les centaines de milliers de personnes qui, (…) par le seul fait de leur nationalité ou de leur race, ont été vouées à la mort ou à une extermination progressive". Curieusement omis par Costa-Gavras dans son film "Amen", ce passage "anodin" entraîne de multiples réactions. Du côté allemand, Heydrich, chef des services de sécurité SS, envoie une circulaire interne le 22 janvier 1943 : "De façon sans précédents, le Pape a répudié le nouvel ordre européen national-socialiste (…). Son discours n’est rien qu’une longue attaque contre tout ce que nous soutenons (…). Dieu, dit-il, regarde tous les peuples et les races comme dignes de la même considération. Il fait clairement allusion aux Juifs (…). Il se fait lui-même le porte-parole des criminels de guerre juifs" (6). Ce message "insignifiant" fut classé "Top Secret" en Allemagne et sa possession faillit coûter la vie à François de Beaulieu, radio-télégraphiste au QG de la Wehrmacht, qui fut expédié sur le front de l’est avant d’être versé chez les SS.

Côté alliés, le "New York Times" du lendemain salue "le Pape (qui) se place à l’opposé de Hitler", avec la même satisfaction que Malou Blum, responsable de la distribution des "Cahiers du Témoignage Chrétien" dans le sud de la France : "Je me souviens très bien du message de Noël 1942 de Pie XII : le Pape y parlait de l’égalité entre tous les peuples. À l’époque, cela suffisait pour que l’on comprenne. Pour nous, en tous les cas, c’était une condamnation claire du nazisme" (7). Et cela malgré un ton retenu choisi par Pie XII qui n’ignorait rien de la "mansuétude" des nazis : "Avec les généraux prussiens, disait-il, on pouvait encore discuter : avec les nazis, on ne peut pas. Ces gens-là sont diaboliques" (8).

3- Pie XII ne pouvait pas choisir un totalitarisme contre l’autre.

Secrétaire d’État, il juge que "la prise de pouvoir par cet homme [Hitler] est plus dangereuse que la victoire du socialisme elle-même" (9). Devenu pape, il ne change pas d’avis : "il y a bien un danger communiste mais le danger nazi est plus grave actuellement" (10). À un cardinal, il confesse : "Soyez sans crainte, je redoute encore plus Hitler que Staline"(11). Après l’invasion de l’Union soviétique le 22 juin 1941 (opération Barberousse), non seulement Pie XII n’a pas un mot pour soutenir la "croisade anti-bolchevique des nazis" - thèse de propagande élaborée par Goebbels et reprise par les détracteurs du Pape ! - mais "il agit en levant les scrupules des catholiques américains vis-à-vis de l’aide que leur gouvernement voulait apporter à l’Union soviétique"(12).

4- N’aurait-il pu protester plus fermement ? "Tout essai de propagande de l’Église catholique contre le Reich de Hitler n’aurait pas seulement été un suicide provoqué, comme l’a déclaré Rosenberg, mais aurait aussi hâté l’exécution d’encore plus de Juifs et de prêtres"(13).

Par contre, "à l’exception du gouvernement hongrois, aucun régime de l’Europe occupée ne prit complètement en considération les mises en garde du Saint-Siège contre les lois raciales (…). Quant au "silence" sur l’extermination des Juifs, le dossier des gouvernements américain et anglais est abondamment chargé des arguments qui leur faisaient espérer dans la parole du pape une échappatoire à leur propre inaction"(14).

Plusieurs sources indépendantes totalisent le même nombre, un million, de vies juives épargnées grâce à l’action des autorités religieuses catholiques ! D’où la reconnaissance d’Einstein : "L’Église catholique a été la seule à élever la voix contre l’assaut mené par Hitler contre la liberté"(15).


1 - F.G. Dreyfus, Le IIIeme Reich, p. 92.

2 - Hermann Rauschning, Hitler m’a dit, Paris, 1939, éd. Coopération 1945, p.68.

3 - Ministre de la Propagande et de l’Information du IIIe Reich, cité par Éric Picard dans Histoire du Christianisme Magazine n°7, mai 2001, p. 43.

4 - Auteur du livre culte le Mythe du XXème siècle (1930), qui constitue avec "Mein Kampf" la doctrine du nazisme. Citation, id supra p. 41.

5 - À propos de Radio-Vatican, organe officieux du Saint-Siège, le Père Riquet confiera au "Figaro" du 17 décembre 1963 : "À travers ces années terribles, à l’écoute de Radio-Vatican et des messages de Pie XII, nous nous sentions en communion avec le Pape en secourant les Juifs persécutés comme en luttant contre la violence nationale-socialiste".

6 - De même, ce rapport des services secrets de la Gestapo communiqué à Hitler : "Dans sa déclaration de Noël 1942, Pie XII s’est fait l’allié et l’ami des juifs. Il défend donc notre pire ennemi politique". Cité par É. Husson, spécialiste de la Gestapo, Le Figaro, 15 février 2002.

7 - "La Croix", 28 février 2002, p. 3.

8 - Déjeuner à l’Ambassade de France en 1938, alors qu’il n’est encore que cardinal.

9 - Cal Pacelli, alors secrétaire d’État de Pie XI, cité par Sergio Trassati dans "Vatican - Kremlin, les secrets d’un face à face", éd. Payot et Rivages, 1995, p 94.

10 - Pie XII au jésuite Paolo Dezza, aumônier des armées au Vatican, id supra, p. 102.

11 - Cité par W. d’Ormesson, ambassadeur de France auprès du Saint-Siège, dans une lettre à l’amiral Darlan, 21 août 1941.

12 - Jean-Yves Riou, Histoire du Christianisme Magazine n°10, mai 2002, p. 26.

13 - R. Kempner, délégué des USA au conseil du tribunal de Nuremberg, cité par le P. Blet, Le Spectacle du Monde , mars 2002.

14 - Dictionnaire historique de la papauté, Fayard, 1994, art. "Silence" de Pie XII.

15 - Time Magazine, décembre 1940.