Néron

De Christ-Roi
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Néron, empereur romain de 54 à 68 ap. J-C., despote sanglant.

Chronologie du règne

54-62 Néron a dix-sept ans: Sénèque (philosophe) et Burrus (militaire) exercèrent le pouvoir = quinquennium (cinq ans de calme), s’appuyant, le premier sur le Sénat, le second sur l’armée: les cinq premières années du règne de Néron furent marquées par la modération et la clémence bien que Néron ait peut-être fait empoisonner son rival Britannicus ou bien ce dernier est-il mort d’une crise d’épilepsie ? Toutefois, Agrippine entendait bien gouverner sous le nom de son fils et, rapidement, un conflit s’engagea. Le meurtre (commandité par Néron) de Britannicus, en 55, fut en partie dû au fait que, par calcul, elle s’était rapprochée du fils de Claude.

54 1ère guerre de Rome contre les Parthes Arsacides qui ont envahi l’Arménie en 52, royaume client de Rome dont le roi a fui. Le roi Parthe Vologèse alors plaça son frère Tiridate sur le trône arménien. Néron renforça l’armée de Syrie et installa des légions en Cappadoce et en Galatie sous le commandement de Corbulon, grand chef militaire, légat de Germanie; Rome exulte !

Mais parallèlement Néron envoie des diplomates chargés de discuter avec le roi parthe Vologèse; Inaction et des romains disposant de troupes médiocres en Syrie et des Parthes, menacés par la révolte des Hyrcaniens de Caspienne; Vologèse céda finalement, ou feignit de céder, en ordonnant à ses troupes de repasser la frontière arménienne.

54 Disgrâce par Néron de Narcisse (l’affranchi de Claude) sous la pression d’Agrippine la Jeune.

V. 55 Saint Pierre retourne à Rome avec Jean.

V. 55-70 Rédaction de l’évangile de Saint Marc.

55 Néron s’éprend de l’affranchie Acté.

55 Disgrâce d’Agrippine qui soutient Britannicus. Néron lui retire sa garde Germanique et l’isole dans la villa Antonia.

55 Empoisonnement de Britannicus fils de Claude (ou crise épileptique?) sur ordre de Néron par Locuste, lors d’un banquet en présence même de Néron, Octavie la sœur du prince, Agrippine la Jeune et Titus (qui sera malade également par le poison): Néron est débarrassé de son plus dangereux concurrent...

Fin 55 Accusation du trafiquant Paetus contre Pallas et Burrus de vouloir remplacer Néron par Faustus Cornelius Sulla, fils de Domitia Lepida et mari d’Antonia, seconde fille de Claude. L’accusation est rejetée et Paetus exécuté mais Sulla est exilé en Gaule à Marseille où il sera assassiné en 62 sur ordre de Néron...

55 Renvoi de Pallas qui obtient tout de même l’immunité sur sa gestion.

55 Domitia, tante de Néron et Junia Silana dénonce par l’intermédiaire de l’histrion Pâris et de l’affranchi de Domitia Atimetus, Agrippine la Jeune de vouloir pousser Rubellius Plautus, arrière petit fils de Tibère sur le trône. Agrippine est absoute et Atimetus exécuté, tandis que Junia Silana et Domitia sont exilées.

56 Sénèque et Thrasea Paetus, consuls.

Janvier 56 Sénèque, De Clementia, adressé à Néron = programme politique stoïcien.

56 Sorties nocturnes de Néron, déguisé incognito, à Rome, avec des agressions contre les lupanars et contre les passants. Climat d’insécurité.

56 Les histrions sont chassés d’Italie.

57 Tiridate accepte de recevoir la couronne d'Arménie de Néron.

57 2è guerre contre les Parthes Arsacides. Alors que les Arméniens en 54 avaient demander de l’aide aux Romains, tantôt Corbulon et ses légions en Arménie, étaient les libérateurs de "l’Arménie opprimée", tantôt ils figuraient l’ennemi à abattre. "Corbulon sévit contre une armée amollie dans une pernicieuse inaction. Il renforça la discipline de l’armée de Syrie. Il ne laissa pas de répit à ses troupes : exercices de nuit, marches, contremarches, installation de camps, travaux de fortifications, le général se montra aussi impitoyable envers ses hommes qu’il l’était envers lui-même; on le vit en dépit du froid, tête nue, vêtu légèrement, partout à la fois, constamment sur la brèche" (Jacques Robichon, Néron, Perrin, Saint-Amand-Montrond 2001).

57 Remise en vigueur par Sénèque du Sénatus-Consulte silanien sur la responsabilité des esclaves en cas de meurtre du maître.

57 Saint Paul à Tyr puis à Jérusalem où il s’oppose à la communauté chrétienne dirigée par Jacques car il préconise l’abandon de la pratique de la Loi juive (Torah) depuis le Concile de jérusalem ou des Apôtres (48).

57-69 Pline l’Ancien fait une carrière d’avocat à Rome.

58 Arrestation de saint Paul à Jérusalem. De passage à Jérusalem, Paul est arrêté à l'instigation des Juifs. Il comparaît devant le procurateur de Judée Festus mais il fait valoir sa qualité de citoyen romain et en appelle à César (Néron): ce statut privilégié lui vaut d'être jugé à Rome en 59. Paul plaide sa cause devant Agrippa et sa sœur Bérénice. Indifférents aux luttes entre factions juives, les juges romains le libèrent sans difficulté (60).

58 Poppée, maîtresse de Néron, s’oppose rapidement à Agrippine (ce qui provoquera l’assassinat de sa mère à la demande de Néron en 59.

58 Néron propose une réforme fiscale au Sénat, supprimant des impôts indirects et réintroduisant des impôts directs pour les citoyens romains d’Italie, pour financer ses guerres, son commerce avec l’Orient, ses jeux et constructions. Malgré sa popularité dans le peuple qui supporte les impôts indirects, le Sénat repousse la réforme. Néron va s’opposer au Sénat.

58 Épîtres de Saint Jacques frère de Simon Pierre

58-63 Orient : Reconquête de l’Arménie par Corbulon et paix de compromis avec les Parthes Arsacides.

58 Prise d’Artaxata la première capitale d’Arménie, par la Legio X Fretensis qui ne disposant pas d’assez de troupes pour garder la ville, rasa la cité, et chassa ses habitants,

59 Prise de Tigranocerte, la seconde capitale de l’Arménie.

Mars 59 Assassinat d’Agrippine (qui avait critiqué la maîtresse de Néron, Poppée Sabine) par Anicetus, commandant la flotte de Misène et deux centurions Herculeius et Obaritus sur ordre de Néron avec l’accord de Burrus et Sénèque après une tentative avortée de faire couler son navire à Baies en Campanie qui coûte la vie à Acerronia Polla, fille d’un consulaire et de Cresperius Gallus; Versement d’un donativum de 2.000 HS aux prétoriens.

Fin 59 Exécution de Domitia, tante de Néron, dont il s’approprie les biens.

59-60 Émeute juive à Césarée contre les Grecs; Néron confirme que Césarée est grecque et que les Juifs n’y ont aucun droit.

60 Tigrane V reçoit de Rome le trône d'Arménie.

V.60 Pétrone, Satiricon.

60-63 BRETAGNE: Révolte de Boudicca = soulèvement de la Bretagne. Révolte des Icéniens de la reine Boudicca: le roi des Icènes, Prasutagus, est mort en laissant comme co-héritier, Néron et ses propres filles ; le procurateur traite la province comme territoire romain, pillant, évinçant les indigènes, les traitant comme des esclaves, fait fouetter publiquement la reine Boudicca et violer ses filles. La révolte démarre avec les Icènes puis les Trinovantes qui avaient perdu leurs terres au profit des colons de Colchester. Destruction par les rebelles de Camulodunum (Colchester), de Verulanium (St Albans) et de Londinium (Londres). Sur la route de Londres, les rebelles rencontre une partie de la 9° légion de Q. Petilius Cerialis. Lui et sa cavalerie s’échappe mais l’infanterie est massacrée. Suetonius Paullinus arrive avec sa cavalerie mais renonce à défendre Londres qui brûle ainsi que St Albans. 70.000 colons, vétérans et fonctionnaires romains sont massacrés. Suetonius Paullinus regroupe ses 10.000 hommes dans les Midlands et livre bataille aux rebelles supérieurs en nombre de Boudicca qui est battue.

Ensuite, survient une répression sans pitié et l'extermination des tribus rebelles.

Suicide par empoisonnement de Boudicca.

60 ARMENIE: 3è guerre contre les Parthes. Tiridate réoccupe l’Arménie avec des troupes Parthes de Vologèse qui attaque la Syrie, bien fortifiée sur l’Euphrate par Corbulon.

60 Épîtres de saint Paul aux Colossiens et aux Ephésiens.

60-61 Jusqu’alors, l’Empire dans son ensemble n’avait guère souffert de la démence croissante du prince. La conquête de la Bretagne, œuvre de Claude, avait été achevée et une grave révolte, animée par la reine des Icènes (Bretagne) Boudicca, avait été écrasée.

61 Paul rencontre Néron.

5 février 62 Tremblement de terre et destruction de Pompéi et d’Herculanum.

62 Remise en vigueur de la redoutable loi de majesté, qui punissait de mort toute atteinte à l’Etat romain, donc à l’empereur. Les victimes nombreuses sont Octavie, 1ère femme de Néron, les derniers descendant d’Auguste: la famille julio- claudienne devait s’éteindre avec Néron!... Il y eut des victimes dans la noblesse où l’impopularité de Néron grandit. La plèbe de Rome l’aimât jusqu’au bout à cause de sa prodigalité et des jeux splendides qu’il offrait (Néron sut plaire au peuple grâce à une vieille méthode éprouvée, le Pain et les Jeux, Panem et circenses... Aujourd'hui, rien n'a changé...)

19 juin 62 Répudiation puis exécution d’Octavie ébouillantée sous prétexte de stérilité, d’adultère et d’avortement. D’abord déportée en Campanie puis sur l’île de Pandataria, Octavie est mise à mort avec une cruauté inouïe: on lui ouvre les veines et on la plonge dans un bain chaud...

30 juin 62 Mariage de Néron avec sa maîtresse Poppée qu’il tuera à coups de pieds à l’été 65!

62 Burrus mourut peut-être empoisonné par Néron (il avait lui- même appuyé l’empoisonnement de Claude...) ; retraite- démission de Sénèque qui évite ainsi sa disgrâce.

62 Exécution de Rubellius Plautus par empoisonnement sur ordre de Tigellin.

V. 62 Martyre de saint Jacques, chef de la communauté de Jérusalem.

62-63 Lucain publie trois livres de « la Pharsale » sur la guerre civile entre César et Pompée.

62-63 Saint Paul emprisonné à Rome; Rédaction de l’Evangile de Luc. C’est pendant la captivité de Paul que Luc aurait composé son évangile.

63 Libération de Paul; Voyage possible en Espagne.

63 Arménie: Grande victoire du général Corbulon, qui instaure en Arménie le protectorat romain et impose le traité de Randheia. Vologèse se décide à traiter et propose de revenir à la situation antérieure: Tiridate frère de Vologèse est finalement reconnu par Rome "roi d’Arménie" (il sera couronné à Rome en 66): Rome céda donc sur son but de guerre d’origine qui était de chasser les Parthes Arasacides envahisseurs de l'Arménie. Il s’agit donc en réalité d’un compromis qui a le mérite de durer 50 ans jusqu’à Trajan.

Janvier 64 Tournée triomphale de Néron en Italie du Sud.

64 Néron échappe à un tremblement de terre à Naples pendant une de ses représentations dans l’amphithéâtre qui s’écroule après son départ. Des jeux en son honneurs sont donnés à Bénévent et à Pompéi où il assiste en compagnie de Poppée (originaire de Pompéi)

64 Second jeux néroniens où Néron participe comme citharède.

25-26 février 64 Incendie de Rome certainement fortuit. Le feu fit rage six jours durant détruisant un tiers de la ville (10 régions sur 14 et une partie du palais impérial sur le Palatin), tandis que Néron était à Antium, non sans faire de nombreuses victimes dans la population entassée.. Tacite en a laissé un long récit. Néron en fut-il le responsable comme le rapporte les auteurs anciens ? Avait-il au plus fort de l’incendie chanté la "ruine de Troie" comme le bruit courait alors ? Mais ce qui facilitait ses projets d’urbanisme: pour calmer l’opinion qui l’accusait d’avoir fait mettre le feu, il imputa ce crime aux chrétiens de Rome dont il fit périr un grand nombre dans d’affreux supplices (Tacite, Annales XV).

64 Accroissement des domaines impériaux par la condamnation des grands latifondiaires d’Afrique qui procure 2/3 du blé de Rome.

18-25 juillet 64 Néron ouvre ses jardins pour accueillir les réfugiés.

Août 64 Incendie de Lyon. Néron donne 4 millions de sesterces pour la reconstruction de la ville durant l’hiver. Lyon restera fidèle à Néron.

64 Tentative d’empoisonnement de Sénèque qui en réchappe grâce à son régime.

64 Flavius Josèphe vient à Rome plaider la libération d’Eleazar et obtient gain de cause.

64 Le Pont est annexé à la province de Galatie. (gouverneur à Ancyre).

64 Achèvement des travaux du Temple de Jérusalem.

64 Persécution des chrétiens (Tacite, Annales XV). 1ère persécution romaine et torture des chrétiens accusés de l’incendie de Rome: accusé de favoriser ses projets d’urbanisme et d’avoir allumé le feu, Néron lance sa persécution contre les chrétiens. Il ne semble pas, toutefois, que Néron ait publié de loi générale contre leur religion. Les dénonciations contre les Chrétiens sont venues des milieux juifs ; "On estime à 5000 le nombre des Chrétiens de Rome en 64 et à 10% d'entre eux le nombre de martyrs" (Anne Bernet, Les chrétiens dans l'empire romain, des persécutions à la conversion Ier – IVe s., Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée 2003, p. 52, note 1.

"Pour laver Néron des accusations concernant sa responsabilité dans l'incendie, l'Augusta, la très belle Sabian Poppea, trouva la solution, en lui désignant des boucs émissaires parfaits: les Chrétiens? Pourquoi ? Parce qu'ils sont mal connus, calomniés, impopulaires, sans amis et sans appuis. Parce que l'on a soufflé cette idée à l'Augusta. L'Augusta n'est pas juive; elle n'est pas officiellement convertie et ne le souhaite probablement pas, arrêtée par les innombrables interdits rituels. Elle est une prosélyte de la porte, une prosélyte de bonne volonté, attentive aux enseignements rabbiniques et qui reçoit fréquemment les responsables de la communauté hébraïque de Rome. Ce sont eux qui lui ont parlé des Chrétiens, ces dissidents, ces hérétiques. L'Augusta doit absolument savoir et le dire à César, que les Juifs orthodoxes n'ont rien à voir avec ces gens-là... Elle doit savoir aussi les bruits qui courent à leur sujet en ville. Les Chrétiens sont des criminels, des sorciers, des sacrilèges...

"Tigellin, préfet du Prétoire, conduisit les arrestations des Chrétiens. 'Celui dont ils tiraient ce nom, Christos, avait été, sous le règne de Tibère, supplicié par le procurateur Pontius Pilatus' (Tacite, Annales)

... On arrêta d'abord ceux qui passaient aux aveux [autre traduction : "On commença donc par saisir ceux qui confessaient leur foi], puis, sur leurs révélations, une infinité d'autres, qui furent bien convaincus d'incendie que de haine pour le genre humain" (Tacite, Annales, G-F Flammarion, XV, 44] "puis sur leurs indications, une grande multitude, moins convaincue de crime d'incendie que de haine du genre humain" (Tacite, Annales XV, 44).

"Certains historiens ont contesté jusqu'à l'existence de la persécution néronienne, soutenant que l'unique document qui l'atteste, le livre XV des Annales de Tacite, serait en fait une interpolation médiévale du texte original. Cette thèse ne rencontre plus grand succès, d'autres documents venant indirectement confirmer le déclenchement d'une persécution en 64; surtout la découverte de la tombe de saint Pierre, au lieu exact où la situait la Tradition, a redonné tout son crédit à l'histoire des premiers martyrs romains. Quant au passage incriminé de Tacite, son style remarquable et la dureté des propos de l'historien envers les chrétiens rendent vraiment très improbable une "pieuse invention tardive"...

"Les délations extorquées dans les supplices aidèrent à atteindre ce 'grand nombre' d'arrestations dont parle Tacite. Le préfet du prétoire n'avait pas fait dans le détail. Hommes, femmes, enfants en bas âge, vieillards furent jetés, fin juillet, en prison. Combien exactement ? Des dizaines à coup sûr, des centaines peut-être.

"On tenait donc les responsables des malheurs et ils allaient payer. Le préfet de la ville Titus Flavius Sabinus [oncle par son frère, Titus Flavius Vespasianus, du futur empereur Vespasien (69-79)] fut chargé d'en informer le Sénat" (Anne Bernet, Les chrétiens dans l'empire romain, des persécutions à la conversion Ier – IVe s., Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée 2003, p. 52, 62).

"On fit de leurs supplices un divertissement: les uns, couverts de peaux de bêtes, périssaient dévorés par des chiens; beaucoup, mis en croix, étaient, lorsque le jour avait disparu, brûlés pour éclairer la nuit. Néron avait offert ses jardins [de sa villa du Vatican] pour ce spectacle et donnait des jeux au Cirque, se mêlant au peuple en habit de cocher, ou conduisant un char. Aussi quoique ces hommes fussent coupables et eussent mérités les dernières rigueurs, les cœurs s'ouvraient-ils à la compassion, en pensant que ce n'était pas pour le bien public, mais à la cruauté d'un seul, qu'ils étaient immolés" (Tacite, Annales, G-F Flammarion, XV,44).

"On était aux premiers jours d'août 64. Les réjouissances débutèrent le matin par une venatio, une reconstitution de chasse, mais d'un genre particulier. À la place des animaux que l'on enfermait dans l'arène avant de lâcher sur eux des chiens ou des fauves, on cousit dans des peaux de bêtes fraichement écorchées les prisonnières chrétiennes et leurs enfants, puis on les livra, ainsi accoutrés, à des meutes de griffons qui, rendus fous par l'odeur des dépouilles, les déchiquetèrent. Des sous-sols de l'amphithéâtre, les maris, les fils et les pères qui attendaient leur tour eurent tout le loisir de contempler cette boucherie. Après quoi, on crucifia ces hommes ou on les livra aux flammes. Le pire attendait d'autres femmes. Trente ans après cette nuit du jardin des supplices, Clément, le 4e pape, écrivant à l'Eglise de Corinthe, évoquera à demi-mot "parmi cette multitude d'élus qui ont enduré tant d'affronts et de tourments, laissant aux chrétiens leur illustre exemple, ces malheureuses Danaïdes, ces malheureuses Dircés, qui souffrirent d'épouvantables et monstrueuses indignités mais atteignirent leur but dans la course sacrée de la foi, et toutes faibles qu'elles étaient physiquement, ont noblement reçu leur récompense" (saint Clément de Rome, Epître aux corinthiens, VI). Tigellin, sur l'ordre de Néron, avait mis de côté les plus jolies et les plus jeunes chrétiennes, afin de les faire figurer dans des reconstitutions scabreuses de mythes obscènes au terme desquelles on les égorgea [à la différence des cinqunate filles de Danaos de la légende qui sur l'ordre de leur père, égorgent pendant leur nuit de noces commune leur jeune époux, ce sont les figurantes chrétiennes qui furent assassinées à la fin du spectacle, après avoir été violées par leurs maris de comédie.

"La présence en grand nombre de femmes et de jeunes filles dans l'arène avait choqué. Plus encore que celle des mères de famille. Quant aux enfants qui pour certains marchaient à peine, il était impossible de les supposer coupable du moindre crime et leur sacrifice causa un malaise pénible aux spectateurs. Et puis l'attitude étrangement digne, extraordianairement courageuse, de tous ces pauvres gens, était si peu conforme à ce que l'on attendait de monstres dénaturés... l'on commença à murmurer que cette foule n'avait pas été immolée "au bien public mais à la cruauté d'un seul.. Un doute horrifié commençait à poindre en quelques âmes.. Et d'abord en celle de Titus Flavius Sabinus. De ce soir-là, le préfet urbain ne fut plus le même homme et beaucoup s'en rendirent compte. [On ne possède aucune preuve matérielle et irréfutable de la conversion de Titus Flavius Sabinus, sinon l'étrange manière dont il se comporta en 69, pendant la guerre civile, se laissant assassiner sans se défendre, comme si l'idée de verser le sang lui était devenue insupportable. Sinon, surtout, l'exécution de son fils, Titus Flavius Clemens, et de sa bru, Flavia Domitillia, condamnés sous une accusation d'athéïsme qui semble bien dissimuler le fait que ces princes de la famille impériale, parents des héritiers putatifs de l'empire, étaient chrétiens]" (Anne Bernet, Les chrétiens dans l'empire romain, des persécutions à la conversion Ier – IVe s., Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée 2003, p. 52).

V. 65 Maryr de Pierre et Paul à Rome. Saint Pierre, le chef des Apôtres, condamné au supplice de la croix, demanda à être crucifié la tête en bas, ne se jugeant pas digne de mourir de la même manière que son divin Maître.

Pierre est inhumé au lieu où s’élève aujourd’hui la basilique Saint-Pierre, la plus vaste église jamais construite. C’est le siège des pontifes romains, les successeurs de Pierre, les papes, pasteurs de l’Église universelle (catholique en grec): des témoignages littéraires et archéologiques confortent la croyance selon laquelle saint Pierre ait été martyrisé à Rome et celle qui veut qu'il ait été enterré, ainsi que le prétend la tradition, à l'emplacement de l'actuel autel principal de la basilique Saint-Pierre.

On sait par saint Ignace d'Antioche (v. 35- v. 117), dans sa Lettre aux chrétiens de Smyrne, v. 110, qu' une vénération spéciale entoure déjà l’Église romaine "présidente de l’alliance divine", que chaque communauté prend bientôt elle-même le nom d’Église, et ainsi le livre de l’Apocalypse se présente-t-il comme une lettre aux sept Églises. Mais chacune entend bien demeurer en communion avec les Églises voisines; les évêques d’une même région s’écrivent, se consultent et, à l’occasion, se réunissent en synodes provinciaux. Avec saint Ignace, l'Eglise prend le nom de "catholique", catholicos pour définir l'Eglise de Jésus-Christ. Le terme grec, kajolik´ov, qui avait déjà chez les auteurs grecs (Aristote, Zénon, Polybe) le sens d’universel, de total, de général, est déjà employé, depuis le début du IIe siècle, presque exclusivement par les auteurs chrétiens, et donc pour la première fois par Ignace d’Antioche dans sa Lettre aux chrétiens de Smyrne, 112, pour désigner l’Église de Jésus-Christ. Dès ce moment, le mot a un double sens: il désigne la foi catholique commune à toute l'Eglise déjà répandue dans de nombreux pays, par opposition aux communautés ayant assez tôt dévié de la foi apostolique (nicolaïtes, gnostiques, etc.).

Paul rencontre le martyre après quinze ans d'apostolat autour de la Méditerranée. Il eut la tête tranchée le même jour que le martyre de saint Pierre. Leurs martyres eut lieu l'an 65 ou 66. Le tombeau qui renferme une partie de leurs reliques est placé dans la basilique du Vatican, la première église du monde chrétien par sa dignité comme par sa grandeur et sa richesse. Saint Paul est enseveli en un lieu où s'élève aujourd'hui la superbe basilique de Saint-Paul hors les murs. Paul aurait été inhumé en bordure de la route d’Ostie (St Paul –hors- les- Murs). Il a contribué de façon décisive à la diffusion du christianisme dans les provinces de langue grecque, en-dehors des communautés juives. La nouvelle religion lui doit sa séparation d'avec le judaïsme et sa vocation à l'universalité. Paul est appelé pour cette raison l'Apôtre des Gentils, c'est à dire des non-juifs. Il est considéré comme le deuxième fondateur du christianisme après le Christ lui-même et les ennemis de l'Eglise soutiendront même qu'il est le fondateur du chsitianisme avant le Christ! Il est inutile de rentrer ici dans les détails pour réfuter cette thèse. Il s'agit simplement de rappeler que saint Paul n'est ni le Sauveur, ni le Fils de Dieu et qu'il n'est pas plus la "pierre angulaire" en dehors de laquelle tout édifice s'écroule... Les quatorze lettres ou épîtres de saint Paul diffusent un message autant révolutionnaire que religieux en proclamant l'égalité de tous les êtres humains, indépendamment de leur sexe, de leur race, ou de leur statut social. Ses épîtres sont adjointes aux Quatre Évangiles qui racontent chacun à leur manière la prédication de Jésus et dont la rédaction débute vers l'an 70. L'ensemble de ces textes va constituter la base doctrinale de la nouvelle religion, sous le nom de Nouveau Testament (ou Nouvelle Alliance, sous-entendu "de Dieu"), par opposition à la Bible judaïque qui constitue l'Ancien Testament.

64-65 Reconstruction de Rome ;

Maison dorée Domus Aurea (le "Palais du Soleil", car maison consacrée au soleil sous le signe duquel Néron s’était placé) remplace la Domus Transitoria (propriété impériale où se trouvaient les jardins de Mécène).

V. 65 Composition des évangiles synoptiques (les trois évangiles présentant les plus grandes concordances dans la relation de la vie de Jésus (Luc, Marc et Mathieu).

19 avril 65 Conspiration de Pison (lui même dilettante nonchalant, peu impliqué dans le complot) qui devait assassiner Néron aux Jeux de Cérès. Répression terrible menée par l’affranchi Tigellin, préfet du prétoire qui gouverne Rome: Sénèque doit s’ouvrir les veines ; Exécution des sénateurs Cornelius Silla, L. Junius Torquatus Silanus( exilé à Baïes puis exécuté), C. Cassius jurisconsulte (exilé en Sardaigne puis exécuté), des écrivains Lucain, Pétrone, des stoïciens Thrasea Paetus (son gendre Helvidius Priscus est exilé) et Barea Soranus, du consul L. Vetus et de sa belle mère Sextia et sa fille Pollita, veuve de Rubellius Plautus ; Corbulon (jalousé par Néron qui ordonna de le mettre à mort se perce lui- même de son épée en 67, ainsi que Faenius Rufus ancien préfet du prétoire. Néron était alors monté au Capitole pour y consacrer le poignard par lequel il aurait dû périr en fixant personnellement les termes qui l’accompagnaient. Sur le moment cette inscription fut à peine remarquée.

Été 65 Néron tue Poppée, enceinte, d’un coup de pied au ventre lors d’une dispute, après une rentrée tardive d’une course de char, parce qu’elle était enceinte et malade, (Suétone, Vie de Néron XXXV). Embaumé, Poppée est placée dans le mausolée d’Auguste. Néron épousa Messaline après avoir fait exécuter son mari.

66 Néron épouse Statilia Messalina. Le couple s’entend mal et Néron prend pour amant (passif) Sporus qui ressemble à Poppée. Néron a également pour amant Pythagoras.

66 Paix avec les Parthes. Couronnement à Rome par Néron du roi Tiridate roi Arménie. Il vient à Naples puis à Pouzzoles et assiste aux jeux avec Néron. Couronné à Rome par Néron, qu’il initie peut être au mithraïsme.

Août 66 Soulèvement des Juifs de Judée (66-73), une guerre très dure commence.

Josèphe dit que la révolte dans Jérusalem fut déclenchée à l'instigation des zélotes. Les grands prêtres et le parti des Pharisiens (depuis même l’époque asmonéenne 152-63) s'accommodaient de l'occupation étrangère. Mais dans les milieux populaires, la secte des Zélotes en appella à la résistance et voulut hâter la réalisation des promesses divines: ils ne voyaient pas qu'elles avaient été réalisées en Jésus-Christ... C'est ainsi qu'ils déclenchèrent une violente révolte en août 66. Les Zélotes massacrèrent le grand prêtre Ananias et s'emparèrent de Jérusalem (la population de la ville sainte s'élèvait à cette époque à environ 80.000 habitants). Il y eut des batailles de rues dans la ville sainte. Le bureau d’enregistrement des taxes à Jérusalem fut incendié par des paysans. Hérode Agrippa II (souverain de plusieurs territoires en Palestine du Nord et dernier descendant d'Hérode à y régner) tenta une médiation. Les zélotes prirent le Temple et la ville basse. La révolte fit mille morts à Jérusalem.

Cependant, les Sicaires (de sica, un petit poignard pour assassiner ceux qui collaboraient avec Rome) s’emparèrent de Massada aux premières heures de la révolte en 66 ap. J.-C. De là, et les années suivantes, ils lancèrent de nombreuses attaques contre les Romains et les collaborateurs juifs, puis sur le point d’être vaincus par les forces romaines organisèrent un suicide collectif (suicide qui va à l'encontre des préceptes religieux...)

66 Émeute anti-juive à l’amphithéâtre d’Alexandrie lors d’un débat à propos de la guerre en Judée. Bagarres et meurtres de Juifs par des Grecs ; saint Marc y est tué.

Été 66 Prise de la forteresse de l’Antonia par les révoltés juifs.

Août 66 Révolte dans Jérusalem déclenchée à l'instigation des zélotes qui assassinent le grand prêtre Ananias; batailles de rues et extension de la révolte. Incendie du bureau d’enregistrement des taxes à Jérusalem par les paysans. Essai de médiation d’Agrippa II. Les émeutiers juifs zélotes prennent le Temple et la ville basse. La révolte juive fait mille morts.

Septembre-octobre 66 Le légat de Syrie, C. Gallus rassemble la XIIème légion Fulminata, 6 cohortes et 4 ailes de cavalerie pour renforcer les forces insuffisantes stationnées en Judée (1 aile et 5 cohortes).

Gallus ne parvient pas à reprendre Jérusalem et doit se retirer de Judée. Lors de la retraite, les Romains tombent dans une embuscade et subissent un désastre à Beth Horon. Les Juifs modérés se rallient à la révolte et nomment des chefs pour mettre la Judée en état de défense (dont Flavius Josèphe).

66-69 Titus, légat de la 15° légion Apollinaris en Judée.

Printemps 67 Vespasien commandant en chef en Galilée.

Mai 67 Prise de Jericho par les armées de Vespasien.

Juillet 67 Conquête de la Galilée par Titus.

Été 67 Rencontre entre Titus et Bérénice à la cour d’Agrippa II en présence de Vespasien et Domitien.

20 Juillet 67 Prise de Jotapata après un siège de 3 mois, défendue par Flavius Josèphe (fait prisonnier) où périssent 40.000 Galiléens.

Juillet 67 Chute de Jaffa; Tibériade se rend. La Legio X Fretensis prend Tarichacae, Gamala, le mont Thabor et Giscala. Elle cantonne à Scythopolis sur le Jourdain.

Automne 67 Campagne de Vespasien en Galilée, il soumet toute la Galilée avec son fils Titus faisant prisonnier son gouverneur révolutionnaire Flavius Josèphe.

Hiver 67 Seules résistent Jérusalem et la forteresse zélote de Massada.

Fin 67 Les zélotes de Jean de Giscala, repliés sur Jérusalem épurent les milieux juifs modérés. Les modérés occupent la ville basse.

Printemps 68 Judée: Prise par Vespasien de la Perée, de Gadara, de Livias, Antipatris, Iamnia, Samarie et Jéricho.

68 Massacre de la communauté essénienne de Qumram.

Juin 68 à juin 69 Arrêt des opérations en Judée sous Galba (68-69); Reprise d’Hébron (tombeaux des patriarches) par les zélotes.

1er juillet 69 Judée: Titus reprend l’occupation de la Judée. Reprise d’Hébron, d’Acrabetta, de Gophna.

Avril 70 Judée: Prise et sac de Jérusalem par Titus. C'est alors la réalisation des prophéties de Notre Seigneur Jésus-Christ sur la destruction de Jérusalem: le second temple de Salomon (temple de Jérusalem, reconstruit sous Cyrus le Perse et Hérode) est détruit (malgré les ordres de Titus semble-t-il). Après la destruction du Temple à cette date, et la disparition du royaume d'Israël, l'empereur Titus fit bâtir un arc de triomphe sur le Forum de Vespasien (71-75 Forum de Vespasien): Construction d’un splendide temple à la Paix (templum pacis) pour commémorer la victoire de l’empereur sur les Juifs.

Les habitants de Judée sont déportés comme esclaves cependant que le Temple, est complètement détruit (à l'exception d'un pan du mur d'enceinte, le futur Mur des Lamentations)...

Les juifs sont dispersés ; c'est la seconde grande Diaspora de l’histoire juive (après la déportation de Nabuchodonosor en 587 av. J.-C.).

1 million de juifs tués, des centaines de milliers réduits en esclavage. la Judée devint province impériale;

72 Début du siège de la forteresse de Massada par Flavius Silva, gouverneur romain de Judée, général de la Xè Légion assiège la forteresse de Massada. La forteresse fut construite par Hérode le Grand sur le promontoire dominant la rive occidentale de la mer Morte (-40/-4). Des esséniens, des zélotes et des sicaires firent probablement partie des derniers défenseurs de Massada.

Avril 73 Chute de Massada. La seule source écrite concernant Massada est l'ouvrage de l'historien juif, Flavius Josèphe, les Romains du général Silva ayant construit une digue à l’ouest de la forteresse de Massada sont sur le point de donner l’assaut final quand les quelques mille zélotes qui défendent la forteresse, femmes et enfants compris suivent le conseil de leur chef Eléazar et décident de se tuer en s’entre’égorgeant plutôt que de se rendre... Ce suicide collectif est une atteinte aux préceptes religieux condamnant le suicide... Les Romains ne découvrent alors que sept survivants, deux femmes et cinq enfants. Les fragments hébreux du Siracide furent découverts en 1956 à Qumran et en 1964 à Massada. La chute de Massada et des nids de résistance en 73 parachève la reprise en main du pays. L’empereur afferme à son profit les terres, impose aux juifs un tribut annuel de deux drachmes et bat des monnaies légendées Judaea capta ou Judaea devicta. Cependant, Rome reconnaît une autorité judiciaire et politique juive, le patriarcat, qui remplit les fonctions autrefois dévolues au sanhédrin. Au début du IIe siècle survient une restauration marquée par des rachats de terres et la reconstruction des villes et des bourgades.

Fin 66-Fin 67 Néron en Grèce aux concours olympiques, pythiens, néméens et isthmiques arbitrairement regroupés cette année, qu’il remporte tous. Néron est accompagné de Vespasien.

Pendant son absence, Néron confie le gouvernement de Rome et de l’Italie à l’affranchi Hélius.

Proclamation à Corinthe par Néron de la liberté de l'Hellade (Grèce) alors province d’Achaïe, ce qui exempts les Grecs de tributs (suppression de la province d’Achaïe jusqu’en 72) ;

Néron fait commencer après une étude du terrain le percement du canal de Corinthe (non achevé mais dont la reprise dix-huit siècles plus tard, en 1881 se fera sur le tracé établi par les ingénieurs du despote sanglant).

Pendant ce temps, les provinces et les armées étaient négligées.

Seul le petit peuple de Rome aimait Néron, qui était généreux et familier...

67 Saint Lin, pape (67-79), successeur immédiat de saint Pierre comme évêque de Rome.

Décembre 67 Gaule: Vindex commence à regrouper les opposants gaulois autour de lui. Néron mis au courant, suspend les travaux de Corinthe et rentre à Rome.

67 Asie Mineure: saint Jean, l’Apôtre, prend la tête de l’Eglise chrétienne à Ephèse.

Janvier -Février 68 Débarquement de Néron à Brindisium, entrée triomphale et séjour à Naples puis à Antium ; Vindex en Gaule réunit une assemblée provinciale avec le légat de Belgique, Valerius Asiaticus et les notables gaulois, il gagne le soutien des Séquanes, des Arvernes et des Eduens, puis plus tard des Viennois. Lyon reste fidèle à Néron.

Début mars 68 Retour triomphal de Néron à Rome.

68 Divinisation de Poppée.

Mars- Avril 68 Gaule: Soulèvement des légions de Gaule et d’Espagne avec l’appui de la Garde prétorienne, contre Néron.

9/12 Mars 68 Gaule: Soulèvement de la Gaule par Julius Vindex, légat de Lyonnaise qui réclame un empire libéral et le droit de la province à participer à cette élection.

Levée d’une milice de 100.000 h (dont 20.000 en armes) par Vindex.

Vindex offre la direction du mouvement à Galba par l’envoi d’émissaires à Carthagène. L’armée du Rhin de Verginius Rufus, légat de Germanie Supérieure, reste fidèle à Néron. Vienne lève une legio Allobrogica pour mettre le siège à sa rivale Lyon.

19-22 Mars 68 À la nouvelle Révolte de Vindex en Gaule, Néron à Naples reste sans réaction...

2/3 Avril 68 Défection et soulèvement de Galba en Espagne Tarraconnaise, puis celle d’Othon, légat de Lusitanie le 3 avril.

Othon apporte son or pour frapper des pièces en Espagne pour Galba.

15 Avril 68 Néron apprend la nouvelle de la défection de Galba à Rome où il est rentré sur l’insistance du Sénat, sans le convoquer.

Néron rappelle l’armée en route pour les portes Caspiennes sous les ordres de C. Petronius Sabinus et Rubrius Gallus (VIII Augusta de Mésie, XI Claudia de Dalmatie, XIII Gemina, XV Primigenia et XIV Gemina de Pannonie).

Formation de la I Légion Adjutrix formée de matelots affranchis de la flotte de Misène. Galba est déclaré ennemi public par le Sénat, ses biens confisqués et sa tête mise à prix. Son agent à Rome, Icelus est arrêté. Galba confisque les domaines impériaux en Espagne et les vends aux enchères pour renflouer ses caisses.

Fin Mai 68 Vindex battu, est tué près de Vesontio (Besançon) par L. Verginius Rufus.

Juin 68 Défection de Tigellin, puis des prétoriens ; le Sénat déclare Néron ennemi public et décrète sa déchéance et sa mise à mort et donna l’Empire à Galba, gouverneur d’Espagne Citérieure.

Nuit du 8 au 9 juin 68 Tentative de fuite Néron : il cherche à fuir en Egypte, où il a déjà envoyé un détachement, ou à supplier la clémence des soldats: il tente de partir à Ostie mais les prétoriens le bloquent dans le palais. Réussissant à fuir dans Rome, il trouve refuge dans la maison de campagne de son affranchi Phaon, à 4 milles de Rome, sur les via Salaria et Nomentana, qui prévient les prétoriens.

Sur le point d’être pris, le despote s’enfonce un poignard dans la gorge avec l’aide de son secrétaire Epaphrodite. C'est là, la triste fin d'un tyran qui persécuta les Chrétiens d'une façon ignoble.