Fatima:Histoire des miracles de 1916 et 1917

De Christ-Roi
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L'enfance

La vie des voyants (CRC)

François (Francisco) Marto est né le 11 Juin 1908 dans le village d'Aljustrel près de Fatima. Il a été baptisé le 20 Juin.
Jacinthe (Jacinta) Marto est née le 11 Mars 1910 et a été baptisée le 19, jour de la St Joseph.

A quelques minutes du bourg de Fatima, se trouve le hameau d'Aljustrel d'une vingtaine de maisons. Là vivaient deux familles nombreuses, les dos Santos et les Marto.



François était gentil, simple, humble, patient, très calme et aimait vivre en paix avec chacun.
Jacinthe aimait porter les agneaux dans ses bras pour qu'ils ne se fatiguent pas.

François et Jacinthe Marto étaient les derniers de neuf enfants. Ils vivaient heureux dans leur famile, en harmonie avec leurs frères et soeurs.


François et Jacinthe aimaient marcher en compagnie de leur cousine Lucie dos Santos qui habitait près de chez eux. Lucie était un peu plus agée, elle est née le 22 Mars 1907.


François aimait jeter des miettes de pain sur les rochers pour les oiseaux.
Dans l'air pur de la montagne, François aimait jouer de la flûte ou chanter, pendant que Lucie et Jacinthe dansaient joyeusement, ou courraient, sautaient dans les champs.

Les heures passaient très vite en amusements.


Un moyen rapide pour finir le chapelet
Jacinthe embrasse Notre-Seigneur

Leurs parents leurs avaient demandé de dire leur chapelet après manger. Mais les trois amis avaient trouvé un moyen rapide pour finir leur prière. Sur chaque grain du chapelet, ils ne disaient que la première phrase de la prière, "Notre Père", "Je vous salue Marie",...


Depuis tout petit, ils avaient appris à la maison et à l'église à aimer Dieu. Un jour qu'ils jouaient, Jacinthe se choisit comme gage, d'embrasser trois fois Notre-Seigneur.


Procession du Saint-Sacrement



Un jour de la procession du Saint-Sacrement, malgré que Lucie insiste pour que Jacinthe jette des fleurs sur le passage de Jésus, Jacinthe se retourne et regarde la procession en essayant de voir Jésus.


Pus tard elle dira: "Mais je ne l'ai pas vu". Lucie lui explique alors que Jésus est caché dans l'hostie. Depuis, Jacinthe l'appelera le "Jéus-Caché".


Les apparitions de l'Ange

1° apparition de l'Ange

Les apparitions de l'Ange (CRC)

Première apparition de l'Ange

Au printemps 1916, alors qu'ils paissaient leur troupeau au Cabeço, ils ont vu l'Ange pour la première fois.

Lucie raconte dans ses mémoires: « Nous étions en train de jouer depuis quelque temps, lorsqu'un vent violent secoua les arbres, et nous fit lever la tête pour voir ce qui arrivait, car le temps était serein. Nous aperçûmes alors, à une certaine distance, au-dessus des arbres qui s'étendaient du côté du levant, une lumière plus blanche que la neige, qui avait la forme d'un jeune homme de quatorze ou quinze ans. Elle était transparente, plus brillante qu'un cristal traversé par les rayons du soleil, et d'une grande beauté. En arrivant près de nous, il dit :

« Ne craignez pas ! Je suis l'Ange de la Paix. Priez avec moi ! »

Il s'agenouilla à terre, et courba le front jusqu'au sol et nous fit répéter trois fois :

« Mon Dieu, je crois, j'adore, j'espère et je vous aime ! Je vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n'adorent pas, qui n'espèrent pas, qui ne vous aiment pas ! »

Puis il se releva et nous dit :

« Priez ainsi ! Les Cœurs de Jésus et de Marie sont attentifs à la voix de vos supplications »

Et il disparut.

Ses mots sont restés gravés dans nos mémoires. Nous sommes restés sur place, répétant sans cesse cette prière jusqu'à que nous tombions de fatigue. La paix et la joie que nous ressentions étaient grandes, écrit Lucie, mais seulement intérieures, notre âme étant complètement concentrée en Dieu.


2° apparition de l'Ange

Deuxième apparition de l'Ange

La deuxième apparition de l'Ange eut lieu un jour d'été, alors qu'ils jouaient près du puits de la maison de Lucie.

Soudain, raconte Lucie, nous vîmes le même Ange près de nous.


  • « Que faites-vous ? nous dit-il. Priez, priez beaucoup ! Les Saints Cœurs de Jésus et de Marie ont sur vous des desseins de miséricorde. Offrez sans cesse au Très-Haut des prières et des sacrifices »


  • « Comment devons-nous nous sacrifier ? » demandai-je.


  • « De tout ce que vous pourrez, offrez à Dieu un sacrifice, en acte de réparation pour les péchés par lesquels Il est offensé, et de supplication pour la conversion des pécheurs. De cette manière, vous attirerez la paix sur votre patrie. Je suis son Ange gardien, l'Ange du Portugal. Surtout, acceptez et supportez avec soumission les souffrances que le Seigneur vous enverra. »


Comme précédemment, François avait vu l'Ange mais ne l'avait pas entendu l'Ange. Il demande à Lucie et Jacinthe étaient de les lui répéter mais elles étaient trop marquées par les paroles de l'Ange pour le faire.


A partir de ce moment, les enfants ont commencé à offrir au Seigneur toutes leurs souffrances. Soeur Lucie dira : « Ces paroles de l'Ange se gravèrent dans notre esprit comme une lumière qui nous faisait comprendre qui est Dieu, combien il nous aime et veut être aimé de nous, la valeur du sacrifice et combien celui-ci lui est agréable, comment par égard pour lui Dieu convertit les pécheurs »



3° apparition de l'Ange

Troisième apparition de l'Ange

La troisième apparition de l'Ange eut lieu en automne 1916, au Cabeço.


Dès que nous y arrivâmes, nous nous agenouillèrent, le visage contre terre, nous nous sommes mis à réciter la prière de l'Ange : " Mon Dieu, je crois, j'adore, j'espère et je vous aime ", etc.


Je ne sais combien de fois nous avions répété cette prière lorsque nous vîmes briller au-dessus de nous une lumière inconnue. Nous nous sommes relevés pour voir ce qui se passait et nous avons revu l'Ange qui tenait dans sa main gauche un calice sur lequel était suspendue une Hostie de laquelle tombaient quelques gouttes de Sang dans le calice.


Laissant le Calice et l'Hostie suspendus en l'air, il se prosterna près de nous jusqu'à terre et répéta trois fois cette prière :


« Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je vous adore profondément, et je vous offre le très précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ, présent dans tous les tabernacles de la terre, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels Il est lui-même offensé. Par les mérites infinis de son très Saint Cœur et du Cœur Immaculé de Marie, je vous demande la conversion des pauvres pécheurs »


Puis, se relevant, il prit de nouveau dans ses mains le Calice et l'Hostie. Il me donna la Sainte Hostie et partagea le Sang du calice entre François et Jacinthe en disant en même temps :


« Mangez et buvez le Corps et le Sang de Jésus-Christ, horriblement outragé par les hommes ingrats. Réparez leurs crimes et consolez votre Dieu »


Il se prosterna de nouveau jusqu'à terre et répéta avec nous encore trois fois la même prière : " Très Sainte Trinité... ", etc., puis il disparut.


Dans cette troisième apparition, la présence du surnaturel fut beaucoup plus intense. Nous sommes restés prosterner comme lui, répétant toujours les mêmes paroles. Ce fut François qui se rendit compte que la nuit approchait. Ce fut lui qui nous en avertit et pensa à reconduire notre troupeau à la maison.

De cette communion miraculeuse, un enfant dira : « Je sentais que Dieu était en moi, mais je ne savais pas comment cela s'était fait »



François console Jésus-Caché
Jacinthe aide les pauvres

Les paroles de l'Ange demandant la consolation de Dieu qui est triste à cause de tant de péchés ont très impressionné les trois bergers.


Depuis ce moment, François devint le consolateur de Jésus at passait beaucoup de temps à tenir compagnie au Jésus-Caché du tabernacle.


Jacinthe voulait sauver beaucoup de pécheurs, elle priait et faisaient beaucoup de sacrifices pour la conversion des pécheurs.


Elle fut la première à voir les pauvres et à leur donner son repas. Bientôt, nous fûmes tous les trois à ne rien manger de presque toute la journée.






Les apparitions de Notre-Dame

13 Mai 1917

(CRC)

L'année suivante, le 13 Mai 1917, dimanche, après la messe, nos trois bergers emmènent leur troupeau au plateau de Iria (Cova da Iria). Soudain, ils virent comme un éclair. Craignant l'orage, ils décidèrent de rentrer. Puis il virent un autre éclair.

Lucie raconte : « Après avoir fait encore quelques pas, nous vîmes, sur un petit chêne-vert, une Dame, toute vêtue de blanc, plus brillante que le soleil, irradiant une lumière plus claire et plus intense qu'un verre de cristal rempli d'eau cristalline traversé par les rayons du soleil le plus ardent. »

Première apparition de Notre-Dame
  • N'ayez pas peur, je ne vous ferai pas de mal.
  • « D'où vient Votre Grâce ? » lui demandai-je.
  • « Je suis du Ciel ».
  • Et que veut de moi Votre Grâce ?
  • « Je suis venue vous demander de venir ici pendant six mois de suite, le 13, à cette même heure. Ensuite, je vous dirai qui je suis et ce je veux. Après, je reviendrai encore ici une septième fois. »
  • « Et moi aussi, est-ce que j'irai au Ciel ? »
  • « Oui, tu iras. »
  • « Et Jacinthe ? »
  • « Aussi. »
  • « Et François ? »
  • « Aussi, mais il devra réciter beaucoup de chapelets. »
  • « Est-ce que Maria das Neves[1] est déjà au Ciel ? »
  • « Oui, elle y est. »
  • « Et Amélia[2] ?
  • « Elle sera au Purgatoire jusqu'à la fin du monde. »

Les yeux de Lucie se remplirent de larmes. Alors Notre-Dame demanda :

  • « Voulez-vous vous offrir à Dieu pour supporter toutes les souffrances qu'Il voudra vous envoyer, en acte de réparation pour les péchés par lesquels Il est offensé, et de supplication pour la conversion des pécheurs ?[3] »
  • « Oui, nous le voulons. »
  • « Vous aurez alors beaucoup à souffrir, mais la grâce de Dieu sera votre réconfort. »

Notre-Dame ouvrit les mains pour la première fois, et nous communiqua, comme par un reflet qui émanait d'elles, une lumière si intense que, pénétrant notre cœur et jusqu'au plus profond de notre âme, elle nous faisait nous voir nous-mêmes en Dieu, qui était cette lumière, plus clairement que nous nous voyons dans le meilleur des miroirs. Nous nous mîmes à genoux et priâmes[4].


Puis Notre-Dame ajouta :

  • « Récitez le chapelet tous les jours afin d'obtenir la paix pour le monde et la fin de la guerre. »
  • « Pouvez-vous me dire si la guerre durera encore longtemps ? »
  • « Je ne puis te le dire encore, tant que je ne t'ai pas dit aussi ce que je veux »

La lumière qui environnait Notre-Dame sembla alors lui ouvrir un chemin vers le levant, entre les astres. Elle disparut doucement par ce chemin.


Lucie recommande à ses cousins de ne rien dire
La mère de Lucie ne la croit pas


Lucie recommanda à ses cousins de ne rien dire de cette apparition, mais Jacinthe, si enthousiaste, raconta tout à la maison. Finalement tout le village fut au courant mais presque personne ne crut. Les bergers en souffrirent beaucoup, même de la part de leur famille.

La mère de Lucie la menaça : « Ou tu dis la vérité en avouant que tu as menti ou je t'enferme dans un cachot »






13 Juin 1917

(CRC)

Le 13 Juin 1917, les enfants furent présents au rendez-vous avec une cinquantaine de curieux. Après le chapelet, il virent un éclair puis Notre-Dame leur apparut sur le petit chêne.

Deuxième apparition de Notre-Dame

Lucie demanda:

  • « Que veut de moi Votre Grâce ? »
  • Je veux que vous veniez ici le 13 du mois prochain, que vous disiez le chapelet tous les jours et que vous appreniez à lire. Ensuite, je vous dirai ce que je veux.

Lucie demanda la guérison d'un malade.

  • « S'il se convertit, il sera guéri durant l'année. »
  • Je voudrais vous demander de nous emmener au Ciel.
  • « Oui, Jacinthe et François, je les emmènerai bientôt mais toi, Lucie, tu resteras ici pendant un certain temps. Jésus veut se servir de toi afin de me faire connaître et aimer. Il veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé. À qui embrassera cette dévotion, je promets le salut, ces âmes seront chéries de Dieu, comme des fleurs placées par Moi pour orner son trône. »
  • « Je vais rester ici toute seule ? » demandai-je avec peine.
  • « Non, ma fille. Tu souffres beaucoup ? Ne te décourage pas, je ne t'abandonnerai jamais ! Mon Cœur Immaculé sera ton refuge et le chemin qui te conduira jusqu'à Dieu. »


Ce fut au moment où Elle prononça ces dernières paroles qu'Elle ouvrit les mains et nous communiqua, pour la deuxième fois, le reflet de cette lumière immense. En Elle, nous nous vîmes comme submergés en Dieu. Jacinthe et François paraissaient être dans la partie de cette lumière qui s'élevait vers le Ciel, et moi dans celle qui se répandait sur la terre.

Devant la paume de la main droite[5] de Notre-Dame se trouvait un Cœur, entouré d'épines qui semblaient s'y enfoncer. Nous avons compris que c'était le Cœur Immaculé de Marie, outragé par les péchés de l'humanité, qui demandait réparation. Nous eûmes la conviction que ce rayon pénétrant avait pour but de nous communiquer une connaissance intime et un amour spécial pour le Cœur Immaculé de Marie.


Nous nous vîmes comme submergés en Dieu

Comme à chaque fois, seuls les enfants voyaient Notre-Dame et seules Lucie et Jacinthe L'entendaient. François voyait mais n'entendait pas Notre-Dame. Ce 13 juin, les autres témoins virent plus ou moins un nuage et un bruissement de l'arbre.

Quand Notre-Dame s'éloigna de l'arbuste, rapporte Maria Carreira, il y eut comme le souffle d'une fusée d'artifice lorsqu'on l'entend monter au loin.

Je remarquai un fait étonnant, rapporte un autre témoin. À la fin de l'apparition, lorsque Lucie annonça que Notre-Dame partait dans la direction de l'est, tous les rameaux de l'arbre se ramassèrent et s'infléchirent de ce côté, comme si Notre-Dame, en partant, avait laissé traîner sa robe sur la ramure. »

Les cinquante premiers pèlerins du 13 juin, rentrés chez eux pleins de joie et de ferveur, publièrent partout la bonne nouvelle : Oui, c'était vrai, Notre-Dame était apparue une deuxième fois à la Cova da Iria ! Malgré cela la mère de Lucie s'obstina à ne pas croire. Elle fut une des dernières à croire et Lucie souffrit docilement les persécutions de sa mère.





13 Juillet 1917

(CRC)

Troisième apparition de Notre-Dame

Le 13 Juillet une foule se presse à la Cova da Iria, peut-être deux mille personnes. Après le chapelet, Notre-Dame apparait.

  • « Que veut de moi Votre Grâce ? »
  • « Je veux que vous veniez ici le 13 du mois qui vient, que vous continuiez à réciter le chapelet tous les jours en l'honneur de Notre-Dame du Rosaire, pour obtenir la paix du monde et la fin de la guerre, parce qu'Elle seule pourra vous secourir. »

Lucie, pensant à sa mère qui ne voulait pas croire, aux gens qui se moquaient d'elle, à Monsieur le Curé qui prétendait que ce pourrait être une chose mauvaise, ajouta :

  • « Je voudrais vous demander de nous dire qui vous êtes, et de faire un miracle afin que tous croient que Votre Grâce nous apparaît. »
  • « Continuez à venir ici tous les mois. En octobre, Je dirai qui Je suis, ce que Je veux, et Je ferai un miracle que tous verront pour croire[6]. »

Toute heureuse et sans perdre de temps, Lucie se mit à présenter à la Vierge Marie les requêtes qu'on lui avait confiées. Notre-Dame répondit qu'elle guérirait les uns, les autres non. Quant au fils estropié de Maria Carreira, elle ne le guérirait pas et il resterait pauvre. Mais il devrait réciter tous les jours le chapelet avec sa famille, et il pourrait gagner sa vie. Un de ceux qui avaient eu recours à Notre-Dame, un malade de Atouguia, avait supplié d'aller bientôt au Ciel.

« Qu'il ne soit pas trop pressé, répondit Notre-Dame. Je sais bien quand je dois venir le chercher. »

Il s'agissait de Manuel da Silva Reis, que Notre-Dame ne vint en effet chercher que sept ans plus tard, le 18 février 1924.

On demandait aussi des conversions : une femme de Fatima et ses enfants ; une autre de Pedrogao, des buveurs à corriger de leur vice, d'autres guérisons... Tous devaient réciter le chapelet, telle était la condition générale pour obtenir dans l'année les grâces demandées.

Afin de ranimer la ferveur refroidie de Lucie, la Vierge Marie lui recommanda de nouveau la nécessité du sacrifice, et confia aux enfants des paroles dont il leur faudrait conserver le secret :

« Sacrifiez-vous pour les pécheurs, et dites souvent à Jésus, spécialement lorsque vous ferez un sacrifice :
« Ô Jésus, c'est par amour pour vous, pour la conversion des pécheurs, et en réparation des péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie. »



La vision de l'enfer

Premier secret, la vision de l'enfer

En disant ces dernières paroles, Elle ouvrit de nouveau les mains, comme les deux derniers mois. Le reflet (de la lumière) parut pénétrer la terre et nous vîmes comme un océan de feu. Plongés dans ce feu nous voyions les démons et les âmes (des damnés). Celles-ci étaient comme des braises transparentes, noires ou bronzées, ayant formes humaines. Elles flottaient dans cet incendie, soulevées par les flammes qui sortaient d'elles-mêmes, avec des nuages de fumée. Elles retombaient de tous côtés, comme les étincelles dans les grands incendies, sans poids ni équilibre, au milieu des cris et des gémissements de douleur et de désespoir qui horrifiaient et faisaient trembler de frayeur. (C'est à la vue de ce spectacle que j'ai dû pousser ce cri : "Aïe ! " que l'on dit avoir entendu de moi.) Les démons se distinguaient (des âmes des damnés) par des formes horribles et répugnantes d'animaux effrayants et inconnus, mais transparents comme de noirs charbons embrasés.

Cette vision ne dura qu'un moment, grâce à notre bonne Mère du Ciel qui, à la première apparition, nous avait promis de nous emmener au Ciel. Sans quoi, je crois que nous serions morts d'épouvante et de peur.

Effrayés, et comme pour demander secours, nous levâmes les yeux vers Notre-Dame qui nous dit avec bonté et tristesse :

« Vous avez vu l'enfer où vont les âmes des pauvres pécheurs. Pour les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé. Si l'on fait ce que je vais vous dire, beaucoup d'âmes se sauveront et l'on aura la paix. La guerre va finir. Mais si l'on ne cesse d'offenser Dieu, sous le règne de Pie XI, en commencera une autre pire. Quand vous verrez une nuit illuminée par une lumière inconnue, sachez que c'est le grand signe que Dieu vous donne qu'il va punir le monde de ses crimes, par le moyen de la guerre, de la famine et des persécutions contre l'Église et le Saint-Père.


Deuxième secret, la Communion réparatrice et la consécration de la Russie

« Pour empêcher cela, je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé et la Communion réparatrice des premiers samedis du mois. Si l'on écoute mes demandes, la Russie se convertira et l'on aura la paix. Sinon elle répandra ses erreurs à travers le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l'Église. Les bons seront martyrisés, le Saint-Père aura beaucoup à souffrir, plusieurs nations seront anéanties. À la fin mon Cœur Immaculé triomphera. Le Saint-Père me consacrera la Russie qui se convertira et il sera donné au monde un certain temps de paix. Au Portugal se conservera toujours le dogme de la foi.

« Cela ne le dites à personne. À François, oui, vous pouvez le dire. Quand vous récitez le chapelet, dites après chaque mystère :
« Ô mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, sauvez-nous du feu de l'enfer, attirez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui en ont le plus besoin. »[7]


Troisième secret

Il existe au moins deux versions du troisième secret:

La version de don Luigi Villa

«Un grand châtiment tombera sur tout le genre humain, pas aujourd’hui, ni demain, mais dans la seconde moitié du XXe siècle. Nulle part dans le monde il n’y a d’ordre, et Satan règne sur les plus hauts postes, déterminant le cours des choses. Il réussira effectivement à s’introduire jusqu’au sommet de l’Église. Pour l’Église aussi, viendra le temps de ses plus grandes épreuves. Des Cardinaux s’opposeront à des cardinaux, des évêques aux évêques. Satan marchera au milieu de leurs rangs, et à Rome, il y aura des changements. Ce qui est pourri tombera, et ce qui tombera, ne se relèvera plus. L’Église sera obscurcie et le monde bouleversé par la terreur. Une grande guerre se déchaînera dans la seconde moitié du XXe siècle. Feu et fumée tomberont du ciel, les eaux des océans se transformeront en vapeur, l’écume de la mer s’élèvera bouleversant et engloutissant tout. Des millions et des millions d’hommes mourront d’heure en heure, ceux qui resteront en vie, envieront les morts. Il y aura la mort partout à cause des erreurs commises par les insensés et par les partisans de Satan, qui alors, et seulement alors, régnera sur le monde. En dernier lieu, alors que ceux qui survivront à tous ces évènements, seront encore en vie, ils proclameront à nouveau Dieu et sa Gloire, et Le serviront comme autrefois, quand le monde n’était pas si perverti ».


Reconstitution du 3° secret officiel
La très douteuse version officielle, révélée le 26 juin 2000

Les enfants ont ensuite vu sur le côté gauche de Notre-Dame, un peu plus en hauteur, un Ange avec une épée de feu dans la main gauche; elle scintillait et émettait des flammes qui, semblait-il, devaient incendier le monde; mais elles s'éteignaient au contact de la splendeur qui émanait de la main droite de Notre-Dame en direction de lui; l'Ange, indiquant la terre avec sa main droite, dit d'une voix forte: Pénitence! Pénitence! Pénitence! Et nous vîmes dans une lumière immense qui est Dieu: “Quelque chose de semblable à la manière dont se voient les personnes dans un miroir quand elles passent devant” un Évêque vêtu de Blanc, “nous avons eu le pressentiment que c'était le Saint-Père”. Divers autres Évêques, Prêtres, religieux et religieuses monter sur une montagne escarpée, au sommet de laquelle il y avait une grande Croix en troncs bruts, comme s'ils étaient en chêne-liège avec leur écorce; avant d'y arriver, le Saint-Père traversa une grande ville à moitié en ruine et, à moitié tremblant, d'un pas vacillant, affligé de souffrance et de peine, il priait pour les âmes des cadavres qu'il trouvait sur son chemin; parvenu au sommet de la montagne, prosterné à genoux au pied de la grande Croix, il fut tué par un groupe de soldats qui tirèrent plusieurs coups avec une arme à feu et des flèches; et de la même manière moururent les uns après les autres les Évêques les Prêtres, les religieux et religieuses et divers laïcs, hommes et femmes de classes et de catégories sociales différentes. Sous les deux bras de la Croix, il y avait deux Anges, chacun avec un arrosoir de cristal à la main, dans lequel ils recueillaient le sang des Martyrs et avec lequel ils irriguaient les âmes qui s'approchaient de Dieu.




  • « Votre Grâce ne me demande-t-elle rien de plus ? »
  • « Non. Aujourd'hui, je ne te demande rien de plus. »


Nos trois bergers refusent de boire pour faire un sacrifice
Une corde pour cilice


Nos trois bergers continuèrent d'obéir à Notre-Dame, en jeunant et refusant de boire même pendant les grosses chaleurs, pour réparer et pour la conversion des pécheurs.

De tout ils faisaient des sacrifices, ils se partagèrent une corde rêche en trois pour se la nouer durement autour de la taille, à même la peau.


La vision de l'enfer marqua profondément les enfants, surtout Jacinthe. A tel point que toutes les pénitences et les mortifications lui semblaient être insuffisantes pour arriver à préserver quelques âmes de l'enfer[8].

François était aussi impressionné par Dieu, la Très Sainte Trinité, dans cette lumière intense qui pénétrait les voyants. Il disait : « Nous brûlions dans cette lumière qui est Dieu et nous ne nous consumions pas. Comment est Dieu ? On ne peut pas l'expliquer ! Oui, vraiment personne ne pourra jamais le dire ! Mais ça fait de la peine qu'il soit si triste ! Si seulement je pouvais Le consoler ! ».


13 Août 1917

(CRC)

Le sous-préfet emmène les enfants chez lui
Le chapelet avec les prisonniers



Le sous-préfet du village d'Ourem, Artur de Oliveira Santos, franc-maçon notoire, président-fondateur de la loge maçonnique de Vila Nova de Ourem, voulait en finir avec cette histoire. Le 13 Août, il alla chercher chacun des enfants chez eux pour les ammener en voiture à la Cova da Iria. En fait, il mentait, il emmena les enfants directement chez lui, puis en prison.

A la Cova da Iria, près de vingt mille personnes attendirent les enfants en vain. Soudain, un coup de tonnerre suivi d'un éclair fit taire tout le monde. Les gens remarquèrent un petit nuage, très joli, de couleur blanche, très léger, qui plana quelques instants au-dessus du chêne-vert, puis s'éleva vers le ciel, et disparut dans les airs. Certains virent des couleurs au sol et aux vêtements, des fleurs aux arbres.

En prison, les enfants ont impressionné leurs co-détenus par leur piété. Jacinthe accrocha une médaille de Notre-Dame au mur et ils dirent tous ensemble le chapelet.


Le sous-préfet menace les enfants



Le sous-préfet essaya tout les moyens pour extirper leurs secrets par des cadeaux et des menaces. Il alla même jusqu'à les séparer et faire croire à chacun que l'autre bouillait dans une marmite. Mais les enfants tinrent bons, ils se consolaient en acceptant ces nouveaux sacrifices et en pensant au paradis. « S'ils nous tuent, comme ils disent, dans peu de temps nous serons au Ciel ! Quel bonheur ! » disait François.

Ils ne furent libérés que le 15 Août.



19 Août 1917

Notre-Dame apparut aux enfants alors qu'ils ne s'y attendait pas sur le chemin des Valinhos.

Quatrième apparition de Notre-Dame
  • « Que veut de moi Votre Grâce ? » demande Lucie
  • « Je veux que vous continuiez d'aller à la Cova da Iria le 13, que vous continuiez à réciter le chapelet tous les jours. Le dernier mois, Je ferai le miracle afin que tous croient. Si l'on ne vous avait pas emmenés à la ville, le miracle aurait été plus connu. Saint Joseph viendra avec l'Enfant-Jésus, pour donner la paix au monde. Notre-Seigneur viendra bénir le peuple. Viendra aussi Notre-Dame du Rosaire et Notre-Dame des Douleurs. »

Lucie se souvint alors de la question dont l'avait chargée Maria Carreira :

  • « Que voulez-vous que l'on fasse de l'argent que les gens laissent à la Cova da Iria ? »
  • « Que l'on fasse deux brancards de procession. Tu porteras l'un avec Jacinthe et deux autres petites filles habillées de blanc ; l'autre, que François le porte avec trois garçons, comme lui vêtus d'une aube blanche. Ce sera pour la fête de Notre-Dame du Rosaire. Ce qui restera sera pour aider à la construction d'une chapelle que l'on fera faire. »
  • « Je voudrais vous demander la guérison de quelques malades. »
  • « Oui, j'en guérirai certains dans l'année. »

Et, prenant un air plus triste :

« Priez, priez beaucoup et faites des sacrifices pour les pécheurs, car beaucoup d'âmes vont en enfer parce qu'elles n'ont personne qui se sacrifie et prie pour elles. »

Et comme d'habitude, Elle commença à s'élever en direction du levant.

13 Septembre 1917

(CRC)

Cinquième apparition de Notre-Dame

Dès l'aube du jeudi 13 septembre, toutes les routes menant à Fatima étaient noires de monde. Beaucoup se mirent en route dès la veille. On dénombra ce jour-là entre vingt-cinq mille et trente mille personnes. Presque tout le monde s'agenouillait et priait avec ferveur.

Les trois petits arrivèrent enfin près du chêne-vert, et Lucie, comme de coutume, demanda que l'on récite le chapelet avec elle. Tous se mirent donc à genoux, riches et pauvres, et répondirent à haute voix aux Ave Maria.

Soudain, certains pélerins virent un globe lumineux, se déplaçant du levant vers le couchant, et glissant majestueusement dans l'espace. Il se dirigeait vers le chêne-vert de l'Apparition. Alors, l'éclat du soleil diminua, l'atmosphère devint jaune d'or, comme les fois précédentes. Le jour baissa tellement que certains rapportèrent avoir distingué les étoiles dans le ciel.

  • « Que veut de moi Votre Grâce ? » demanda Lucie
  • « Continuez à dire le chapelet afin d'obtenir la fin de la guerre. En octobre, Notre-Seigneur viendra ainsi que Notre-Dame des Douleurs et du Carmel, Saint Joseph avec l'Enfant-Jésus afin de bénir le monde. »
« Dieu est satisfait de vos sacrifices, mais il ne veut pas que vous dormiez avec la corde. Portez-la seulement pendant le jour. »
  • « Il y a ici cette petite, qui est sourde-muette, Votre Grâce ne voudrait-elle pas la guérir ? »
  • « D'ici un an, elle se trouvera mieux »

Lucie demande des guérisons et des conversions. Notre-Dame répond :

  • « Je guérirai les uns, mais les autres non, parce que Notre-Seigneur ne se fie pas à eux. »
  • « Le peuple voudrait bien avoir ici une chapelle. »
  • « Avec la moitié de l'argent reçu jusqu'à ce jour, que l'on fasse les brancards de procession et qu'on les porte à la fête de Notre-Dame du Rosaire; que l'autre moitié soit pour aider à la chapelle. »

Lucie voulut offrir deux lettres et un flacon d'eau de senteur de la part d'un pèlerin. Notre-Dame rejeta l'offrande en disant :

  • « Cela ne convient pas pour le Ciel. »
  • « Il y a beaucoup de gens qui disent que je suis une menteuse, que je mériterais d'être pendue ou brûlée. Faites un miracle, pour que tous croient ! »
  • « Oui, en octobre, Je ferai le miracle pour que tous croient. »

Pendant le temps de l'Apparition, la plupart des pèlerins avaient joui d'un merveilleux spectacle : ils virent tomber du ciel comme une pluie de pétales blancs, ou de flocons de neige ronds et brillants qui descendaient lentement et disparaissaient avant d'arriver à hauteur d'homme.

Une même nuée[9] que celle des mois précédents se forma au-dessus du chêne. Plus belle encore, elle se forma et se dissipa trois fois.

La majeure partie des spectateurs avaient observé ces ravissants phénomènes. De toutes parts, en effet, on entendait des cris de joie et des louanges à Notre-Dame. Certains, cependant, n'avaient rien vu, telle cette femme, simple et pieuse, qui pleurait amèrement en répétant, désolée : « Je n'ai rien vu... »



13 Octobre 1917

(CRC)

Arrive le jour du grand miracle, annoncé depuis le 13 Juillet 1917. De nombreux pélerins ont dormi dehors. Une pluie fine et continue est tombée toute la nuit. Il y avait là plus de 60 000 personnes, certains ont estimé plus de 100 000. Depuis le matin, il peuvait averse, tout était détrempé.

La mère de Lucie croyait que rien n'allait se passer et que son enfant allait se faire lyncher. Les enfants partirent en avance, la foule était si nombreuse qu'ils avancaient difficilement. Les gens s'agenouillaient dans la boue à leur passage en les suppliant de présenter leurs suppliques à Notre-Dame. Enfin, ils arrivèrent au chêne vert, réduit maintenant à un tronc déchiqueté. On n'entendait que le murmure cadencé de la récitation du rosaire.

Midi, l'heure du rendez-vous, était bien passée. Un prêtre impatient et incrédule récrimina contre les enfants. Les chapelets continuèrent. Soudain Lucie demanda de fermer les parapluies et l'ordre atteint toute la foule. Quelques minutes s'écoulèrent, le prêtre s'énerva encore, voulant faire partir les enfants. Un brouhaha s'amplifia. Tout à coup, regardant vers l'Est, Lucie s'écria "Jacinthe, agenouille-toi!... Je commence à apercevoir Notre-Dame!... Vois-tu l'éclair? " Le petit visage de la voyante rosit et devint d'une beauté immatérielle, comme transparente. Jacinthe et François entouraient Lucie, ils avaient eux aussi le regard fixe, semblaient radieux et absents. Notre-Dame était là, dans la gloire, et ils étaient les seuls à La voir.

Les montres des hommes affichaient 13H30, l'heure légale. Mais l'heure solaire était midi.


Sixième apparition de Notre-Dame
  • « Que veut de moi Votre Grâce ? » demanda Lucie
  • « Je veux te dire que l'on fasse ici une chapelle en mon honneur. Je suis Notre-Dame du Rosaire. Que l'on continue toujours à réciter le chapelet tous les jours. La guerre va finir et les militaires rentreront bientôt chez eux. »
  • « J'avais beaucoup de choses à vous demander : de guérir quelques malades et de convertir quelques pécheurs, etc. »
  • « Les uns oui, les autres non. Il faut qu'ils se corrigent, qu'ils demandent pardon pour leurs péchés. »

Et, prenant un air plus triste :

« Que l'on n'offense pas davantage Dieu, Notre-Seigneur, car Il est déjà trop offensé ! »


Ensuite, Notre-Dame du Rosaire ouvrit ses mains de lumière. Lucie vit les rayons qui en partaient monter tout en haut de l'horizon, jusqu'au point où devait se trouver le soleil; mais ils le dépassaient en splendeur et en éclat. C'est peut-être à ce moment-là que les nuages s'écartèrent subitement devant la foule comme si on faisait glisser deux immenses rideaux. Entre eux, dans l'azur pâle et clair, le soleil apparut, tel un disque d'argent.

« Ce fut alors que l'on put regarder parfaitement le soleil, rapporte le père de Jacinthe et de François, sans en être incommodé. On aurait dit qu'il s'éteignait et se rallumait, tantôt d'une manière, tantôt d'une autre. Il lançait des faisceaux de lumière, de-ci, de-là, et peignait tout de différentes couleurs : les arbres, les gens, le sol, l'air. Mais la grande preuve du miracle était que le soleil ne faisait pas mal aux yeux. »

Nul n'aurait pu imaginer ce qui survint alors : le soleil eut quelques secousses puis se mit à tourner sur lui-même.

« Tout le monde demeurait immobile. Tout le monde se taisait... Tous regardaient le ciel. À un certain moment, le soleil s'arrêta, et puis recommença à danser, à tournoyer ; il s'arrêta encore une fois, et se remit encore une fois à danser, jusqu'au moment, enfin, où il parut se détacher du ciel et s'avancer sur nous. Ce fut un instant terrible ! »

Maria Carreira décrit dans les mêmes termes la stupéfiante chute du soleil :

« Le soleil semblait une roue de feu qui allait tomber sur la foule. On criait : "Ô Jésus ! nous allons tous mourir !" "Ô Jésus ! nous mourons tous !" D'autres s'écriaient : "Notre-Dame, au secours !" Et ils récitaient l'acte de contrition. Il y avait même une dame qui faisait sa confession générale, et disait à haute voix : "J'ai fait ceci, j'ai fait cela... et cela encore !" ». Tout ce peuple tomba à genoux dans la boue.

« Finalement, le soleil s'arrêta, et tous poussèrent un soupir de soulagement. Nous étions vivants, et le miracle annoncé par les enfants avait eu lieu. » Le soleil remonta à sa place en zigzaguant comme il était decendu, reprenant peu à peu son éclat normal au milieu d'un ciel limpide. Alors, la foule relevée, chanta en choeur le Credo.

Chacun constata que la pluie avait cessé et que leurs vêtements avaient complètement séché. Le Dr Pereira Gens dira « S'il est vrai que la luminosité du soleil s'est affaiblie, sa chaleur n'a rien perdu de sa force. Je sens mon costume presque sec alors qu'il était tout trempé ». Maria de Vieira dira « L'on sentit une chaleur, comme si nous entrions dans une étude surchauffée ».

Il y eut bien un semblant d'apocalypse. Il fut observé loin de la Cova da iria. Dans le village d'Alburitel, à 20 km, l'abbé Inacio Lourenço raconte « C'était le grand miracle, que l'on voyait distinctement du haut de la colline où se trouve mon village ... le soleil semblait avoir pâli ... il paraissait un globe de neige tournant sur lui-même. Puis soudain, il sembla descendre en zigzag comme s'il allait tomber sur la terre ... Tout le monde pleurait, attendant la fin du monde d'un instant à l'autre ».

Durant les dix minutes où la foule put contempler le miracle du soleil, les trois voyants jouissaient d'un spectacle différent. La Vierge Marie réalisait pour eux ses promesses du 19 août et du 13 septembre. Il leur fut donné d'admirer, en plein ciel, trois tableaux successifs, comme pour symboliser les mystères joyeux, douloureux et glorieux du rosaire (Il semble que seule Lucie ait vu les deux derniers tableaux - TLVF t.I, p.305) . Voici le récit :


La vision de la Sainte Famille

La vision de la Sainte Famille

Saint Joseph apparut avec l'Enfant-Jésus et Notre-Dame vêtue de blanc avec un manteau bleu. Saint Joseph et l'Enfant-Jésus semblaient bénir le monde avec des gestes qu'ils faisaient de la main en forme de croix.


La vision de Notre Seigneur Jésus-Christ et Notre-Dame des Douleurs

Peu après, Notre-Seigneur apparut, ensuite rejoint par Notre-Dame. Lucie n'aperçut que le buste de Notre-Seigneur , Il bénissait le monde. Il paraissait exténué et était vêtu de rouge, comme lors du couronnement d'épines. Notre-Dame, vêtue de violet, semblait être Notre-Dame des Douleurs.


La vision de Notre-Dame du Mont-Carmel

Puis vint Notre-Dame sous l'aspect de Notre-Dame du Carmel avec un scapulaire pendant à sa main. Soeur Lucie dira plus tard que le port du scapulaire est le complément indispensable au rosaire.


Lucie, portée sur des épaules criait: « Faites pénitence ! Faites pénitence ! Notre-Dame veut que vous fassiez pénitence. Si vous faites pénitence, la guerre finira... »

Faire pénitence, en portugais, équivaut à "se convertir ", "changer de route et revenir à Dieu", "fuir le péché", et non "faire des pénitences, des mortifications".


Notes

  1. Jeune fille d'environ 16 ans, morte récemment, qui n'était sans doute ni une héroïne, ni une grande sainte. Toute la vérité sur Fatima, Tome I, p. 177 & 189
  2. Jeune fille de 18 à 20 ans, morte dans des circonstances comportant « un irrémédiable déshonneur en matière de chasteté » d'après les recherches du P. Martin dos Reis. Toute la vérité sur Fatima, Tome I, p. 177 & 188
  3. « et en amende honorable pour les blasphèmes et toutes les offenses faites au Cœur Immaculé de Marie » ajoute le P. da Fonseca, repris par le Ch. Barthas. Ce rajout au texte des Mémoires ne sera pas renié par sœur Lucie. Toute la vérité sur Fatima, Tome I, p. 178
  4. Sœur Lucie écrira : « Nous tombâmes à genoux. Cela nous inspira une connaissance si grande de Dieu qu'il n'est pas facile d'en parler ». Ce qui frappa les voyants, surtout François, ce fut la tristesse de Dieu. Il dit : « Ce que j'ai le plus aimé, ce fut de voir Notre-Seigneur dans cette lumière que Notre-Dame a mis dans notre poitrine. J'aime tellement Dieu ! Mais Lui, Il est si triste, à cause de tant de péchés ! Nous, nous devons ne jamais en faire aucun ... » Toute la vérité sur Fatima, Tome I, p. 193
  5. Le chanoine Barthas, historien des apparitions, place le Coeur Immaculé de Marie dans sa main gauche
  6. Jamais le Ciel n'avait montré pareille condescendance aux exigences des hommes, pour leur garantir avec certitude la vérité d'un message. En cela, déjà, par ce lien solide de la prophétie et du miracle, l'évènement de Fatima est inouï, incomparable. TLVF, Tome I, p. 227
  7. Voir l'article Ô mon Jésus
  8. TLVF, Tome I, p. 234
  9. Cette nuée n'est-elle pas le signe de la présence divine, ne rapelle-t-elle pas celles des grandes théophanies bibliques, Moïse au Sinaï (Ex. 19, 9; 24, 16; 16,10; etc ...), Jésus au Thabor (Lc 9,34; Mc 9, 7; Mt. 17,5), Dieu en sa Demeure (Ex. 40, 34-35; I Rg. 8, 10-13). TLVF, Tome I, p. 277


Références