Clément Ier

De Christ-Roi
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Selon Irénée, théologien du IIe siècle, Clément fut le troisième évêque de Rome et connut personnellement saint Pierre et saint Paul.

Malgré le peu d'informations sur sa vie, la haute estime dans laquelle l'apôtre le tenait est manifeste d'après l'épître aux Corinthiens (v. 96), témoignage tenu par un grand nombre comme un livre canonique de la Bible jusqu'au IVe siècle. Cette lettre, qui constitue l'un des documents les plus importants de l'époque apostolique, est le premier morceau de littérature chrétienne, en dehors du Nouveau Testament, pour lequel l'appellation, la situation et la date relatives à l'auteur sont, sur un plan historique, certifiées. Elle fournit en outre de précieux renseignements sur la vie, la doctrine et l'organisation de l'Église chrétienne primitive. La première lettre du pape Clément Ier qu'il avait adressée au nom des chrétiens de Rome à ceux de Corinthe, peut être interprétée comme une prise de conscience précoce de la responsabilité des Romains envers d'autres Églises.

- Lettre de Clément de Rome (v. 98) indique quelques préceptes de moralité chrétienne à la fin du Ier s., rappelle les exigences que dicte aux chrétiens la foi au Christ, du point de vue de leur conduite: "Nous qui constituons cette part de sainteté, n'accomplissons que des actions saintes"; et d'énumérer quelques-unes de ces actions saintes:

  • "Attachons-nous aux hommes à qui Dieu a donné sa grâce;
  • revêtons la paix,
  • soyons modestes, pondérés;
  • restons à l'écart des persiflages, de la médisance;
  • soyons justes par nos actes plutôt que par nos paroles" (France Quéré, Les Pères apostoliques. Écrits de la primitive Église, par. 30, 1-3 cité in Régine Pernoud, Les saints au Moyen Age, la sainteté d'hier est-elle pour aujourd'hui? Plon, Mesnil-sur-l'Estrée 1984, p. 38).

Clément Ier insiste sur la charité mutuelle: "Mettons-nous chacun au service de notre prochain selon les dons que nous avons reçus, que le fort prenne soin du faible et que le faible respecte le fort, que le riche aide le pauvre et que le pauvre remercie Dieu de lui avoir donné quelqu'un pour secourir son dénuement" (ibid., par. 38, 1-2).

"On retrouve de semblables préceptes d'ordre moral dans la Didaché, l'Instruction, qui certainement aussi date du premier siècle; ici les préceptes sont à la fois plus développés et plus précis: "Tu ne tueras pas; tu ne commetras pas l'adultère; tu ne te livreras pas à l'homosexualité, à la prostitution, au vol, à la magie, à la sorcellerie; tu ne pratiqueras pas l'avortement et tu ne feras pas périr le nouveau-né… Ta parole ne sera ni mensongère, ni vaine… Tu ne seras ni ambitieux, ni rapace, ni hypocrite, ni méchant, ni superbe… Tu ne haïras personne…" (ibid., par. 2).

Sur l'eucharistie, la liturgie de l'eucharistie (le terme est expressément employé) est elle aussi décrite, comme celle du baptême; et le texte précise: "Le jour du Seigneur, réunissez-vous, rompez le pain et rendez grâce après avoir confessé vos péchés, afin que votre sacrifice soit pur" (ibid., par. 14,1).

Quelques conseils aussi sont donnés afin déprouver le vrai et le faux prophète, le vrai et le faux 'saint':

  • "Celui à qui l'inspiration fait dire: 'donnez-moi de l'argent, ou quelques autres biens; vous ne l'écouterez pas; mais s'il demande pour d'autres que lui qui sont dans le dénuement, nul ne doit le juger" (ibid., par. 11,12).

Déjà dans cette société chrétienne encore si restreinte, se trouvent des "trafiquants du Christ" dont il faut se garder (ibid., par. 12,4).