Tertullien

De Christ-Roi
Aller à : navigation, rechercher
                 Tertullien.JPG
                 Tertullien de Carthage 
                 (v. 160- 240 ap. J.-C.)

Quintus Septimius Florens Tertullianus ou simplement Septimius Tertullianus (v. 150-160 - v. 240), apologiste chrétien de langue latine.

On sait qu'il naquit à Carthage, de famille païenne. Son père, qu'il perdit étant enfant, était centurion dans une légion proconsulaire; sa mère lui fut un guide dévoué et éclairé. La date de sa naissance n'est pas connue avec certitude, ni celle de sa mort. La première peut être placée entre 150 et 160; la seconde, entre 220 et 240; vraisemblablement, vers 240.

Ses études furent dirigées vers la pratique de la rhétorique et de la jurisprudence; il y joignit ce qui constituait alors la plus haute culture : philosophie, histoire, science, antiquité, poésie. Il parlait et écrivait le grec ; mais ses écrits en cette langue sont perdus.

Excellent élève, il étudia la pratique de la rhétorique, la jurisprudence, l’histoire, la poésie, les sciences et la philosophie. Devenu avocat et professeur de rhétorique, son élocution puissante, son imagination enflammée et sa droiture lui promettaient une brillante carrière.

Sa conversion eut lieu en 192 : à Rome, suivant quelques auteurs; à Carthage, suivant la plupart des autres et avec plus de vraisemblance. Il deviendra la figure emblématique de la communauté chrétienne de Carthage. Il résulte de son propre aveu que, avant sa conversion, il se livrait, sans retenue, à tous les plaisirs et à tous les désordres que se permettait la jeunesse païenne.

Parmi les motifs de sa conversion, les principaux paraissent avoir été :

  • la constance des chrétiens devant la persécution;
  • la sainteté et l'humilité de leur vie;
  • la supériorité de la doctrine évangélique sur les systèmes philosophiques;
  • les déclarations des démons eux-mêmes confessant et proclamant la divinité du christianisme ;
  • la puissance de la prière et des exorcismes pour la guérison des maladies et l'expulsion des démons. Comme la plupart de ses contemporains, Tertullien croyait aux démons et en trouvait presque partout.

En se convertissant à la religion chrétienne, Tertullien l'avait identifiée : avec la vaillance qui ose affronter tous les périls offrant au croyant l'occasion de confesser sa foi; avec l'austère spiritualité qui dédaigne les richesses, les plaisirs et les honneurs de la terre ; avec les sublimités de la sagesse, avec la droiture intransigeante, qui ne s'accommode d'aucune erreur, d'aucun abus, d'aucune défaillance.

Il dira plus tard : « on ne naît pas chrétien, on le devient » (Apol, XVIII).

Adversaire du paganisme et moraliste intransigeant (cf. ses traités sur la femme, le mariage, la chasteté ou le jeûne), il fut le premier auteur latin à tenter une synthèse entre christianisme et philosophie païenne.

On lui devrait le terme « Trinité ».

A cette première partie de la vie de Tertullien appartiennent les ouvrages suivants :

- Ad Martyres,

- Apologeticum (Apologétique, v. 197, apologie du christianisme),

- De Testimonio animae,

- Ad Nationes,

- Adversus Judaeos,

- De Oratione,

- De Raptismo,

- De Paenitentia,

- De Spectaculis,

- De Cultu faeminarum, I - II,

- De Idolatria,

- Ad Uxorem, I et II,

- De Praescriptione hoereticorum.

- Adversus Marcionem.


Tertullien épousa une chrétienne. Mais il ne semble pas avoir été prêtre.

C'est l'année 207 qui marqua un tournant dans sa vie avec son adhésion au Montanisme. Rompant avec l'église traditionnelle, ses positions deviennent plus rigoristes. Paradoxalement il combattra avec encore plus d'acharnement les hérésies gnostiques qui minent la Chrétienté au IIIe siècle et deviendra même le professeur de Saint Cyprien (200-258).

Il rejoindra le mouvement (hérétique) du Montanisme à la fin de sa vie.

De la vie de Tertullien on connaît peu de chose ! On trouve des éléments biographiques dans quelques-unes de ses œuvres mais également chez Eusèbe de Césarée (Hist. eccl. II, ii. 4) et saint Jérôme (De viris illustribus, chap 53).

Il meurt à Carthage vers 230-240.

Ce fut dans les années où il appartenait au montanisme qu'il composa ses écrits les plus importants contre les gnostiques et les monarchiens.

Saint Cyprien (200-258) le tint constamment en haute vénération.

Saint Jérôme dit que cet évêque de Carthage ne laissait pas passer une journée sans lire quelque partie de son oeuvre ; et lorsqu'il demandait ses traités, il disait :

                « Donnez-moi le maître, Da mihi magistrum ».

En fait, il est impossible de lire ce qui nous reste des ouvrages de Cyprien, sans y retrouver beaucoup des pensées de Tertullien. (E.-H. Vollet).