Saint Chrysostome

Un article de Christ-Roi.

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Saint Jean Chrysostome


Jean Chrysostome ou Jean d'Antioche, né à Antioche vers 344 et mort en 407 près de Comana, a été patriarche de Constantinople et l'un des pères de l'Église grecque. Son éloquence est à l'origine de son surnom de Chrysostome (en grec ancien χρυσόστομος / khrysostomos, littéralement « Bouche d'Or »).

À 18 ans, il demande le baptême, après avoir rencontré l'évêque Mélétios. Il commence alors à suivre des cours d'exégèse auprès de Diodore de Tarse. Après avoir terminé ses études supérieures, il reçoit les ordres mineurs, puis s'installe en ermite aux portes d'Antioche, et se consacre à la théologie. Il compose alors son traité Du Sacerdoce, influencé par les idées de Grégoire de Nazianze. Selon Jean, le monachisme n'est pas la seule voie menant à la perfection. Si le moine, menant une vie recluse, éloignée des tentations, peut plus facilement atteindre son but, Jean juge plus méritante encore la voie du prêtre, qui se consacre au milieu des périls du monde au salut de ses prochains (VI, 5) :

« Le moine qui mettrait ses travaux et ses sueurs en comparaison avec le sacerdoce tel qu'il doit être exercé, y verrait autant de différence qu'entre les conditions de sujet et d'empereur. »

Durant l'hiver 380–381, il est ordonné diacre par Mélétios à Antioche. Quelques années plus tard, il est ordonné prêtre. Il devient alors prédicateur et directeur spirituel. Il poursuit son travail d'écriture, et rédige de nombreux traités : pour consoler une veuve, sur le remariage, sur l'éducation, sur la pratique de cohabitation de moines et de moniales, etc. Il acquiert une certaine célébrité pour son talent d'orateur : des fidèles prennent des notes de ses homélies.

En 397, Nectaire, patriarche de Constantinople, trouve la mort. Au terme d'une bataille de succession acharnée, l'empereur Arcadius choisit Jean. Il s'élève alors avec une grande force contre la corruption des mœurs et la vie licencieuse des grands, ce qui lui attire beaucoup de haines violentes. Il destitue les prêtres qu'il juge indignes, parmi lesquels l'évêque d'Éphèse, et ramène de force à leur couvent les moines vagabonds. Il s'attaque également aux hérétiques, aux Juifs et aux païens : « Les Juifs et les païens doivent apprendre que les chrétiens sont les sauveurs, les protecteurs, les chefs et les maîtres de la cité » (Homélies sur les statues, I, 12). Il impose son autorité aux diocèses d'Asie mineure alentour.

Répugnant à ses devoirs de représentation, il prend seul ses repas et impose un mode de vie frugal et austère à son entourage.

S'il s'attire rapidement l'inimité des classes supérieures et de ses évêques, il jouit au départ de la faveur du couple impérial. Lorsque Jean ordonne le retour des reliques de saint Phocas, l'impératrice Eudoxie se charge en personne de porter la châsse à travers la ville, ce dont Jean la remercie ensuite vivement dans une homélie. En 399, son influence parvient à sauver l'eunuque Eutrope, disgrâcié et réfugié dans la cathédrale. Cependant, l'inimité de la cour impériale va croissant. Jean finit par blesser vivement Eudoxie en lui reprochant l'accaparement d'une somme appartenant à la veuve Callitrope et des biens d'une autre veuve : il aurait comparé l'impératrice à l'infâme reine Jézabel de l'Ancien Testament.

En 402, Jean est pris dans l'affaire de Théophile, patriarche d'Alexandrie, accusé publiquement de tyrannie et d'injustice par un groupe de moines disciples d'Origène. Ces derniers font appel à Jean, qui tente de se récuser, mais doit finalement accepter de présider un synode, convoqué par l'empereur, devant lequel Théophile est censé se présenter. Théophile engage alors la lutte contre son juge, en rassemblant tous les mécontents. Arrivant finalement à Constantinople en juin 413, Théophile est accompagné d'une armada d'évêques égyptiens. L'affaire se retourne alors contre Jean : il est convoqué par ces évêques pour répondre des accusations formulées contre lui. Jean est alors déposé et condamné, condamnation ratifiée par Arcadius.

Il est aussitôt rappelé par l'impératrice, qui a fait une fausse couche et y voit un avertissement du Ciel. Cependant, les accusations reprennent contre lui. Jean se montre particulièrement peu diplomate, commençant un sermon par une allusion à Hérodiade réclamant la tête de Jean le Baptiste. Finalement, il est une deuxième fois condamné et exilé à Cucusus, en Petite Arménie. Peu de temps après, il doit se réfugier au château d'Arabisse pour fuir une incursion des Isauriens.

En 407, il est envoyé à Pithyos, sur la mer Noire, aux confins de l'Empire. Affaibli par la maladie, Jean meurt au cours du voyage près de Comana, dans le Pont-Euxin. Selon la tradition, ses derniers mots sont « gloire à Dieu en toutes choses » (doxa to theo pantôn eneken).

En 438, Théodose II fait rapatrier les restes de Jean à Constantinople, qui sont enterrés dans l'église des Saints Apôtres.

L'élévation de sa pensée, la vivacité et la richesse de son imagination, la clarté, la pureté et l'élégance de son style, la force de sa dialectique et le talent plein de charme avec lequel il sait émouvoir le coeur, le placent saint Chrysostome à côté des plus grands écrivains de la langue grecque. Seule une partie des nombreux ouvrages qu'il avait composés nous est parvenue.

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