Saint Augustin

Un article de Christ-Roi.

Saint Augustin (354-430), théologien, prédicateur, père et docteur de l'Église, "le plus glorieux des docteurs catholiques, le type du théologien et le grand roi de la doctrine", auteur des Confessions et de la Cité de Dieu.

Augustin (Saint), Aurelius Augustinus, le plus grand des Pères de l'église latine, né en 354 à Tagaste en Numidie, avait un père païen et une mère chrétienne, Ste Monique. Il eut une jeunesse fort dissipée, et partagea longtemps les conceptions des Manichéens. Il professa la rhétorique à Tagaste, à Carthage et enfin à Milan. Dans cette dernière ville il eut occasion de connaître Saint Ambroise qui, réunissant ses efforts à ceux de la mère d'Augustin, réussit à le convertir. Il se fit baptiser à l'âge de 32 ans, quitta son école, et retourna à Tagaste, où il distribua ses biens aux pauvres, et se consacra au Jeûne et à la prière. Quelque temps après, en 391, il fut ordonné prêtre, malgré sa résistance, par Valère, évêque d'Hippone (Bone), et il devint lui-même, en 395, évêque de cette ville. Il vécut en commun avec les clercs de son église, qu'il préparait au saint ministère, et forma ainsi les premiers séminaires. Il combattit, soit par ses discours, soit par ses écrits, les Donatistes, les Manichéens et les Pélagiens (Pélage), instruisit son peuple par ses prédications, soulagea les pauvres et maintint la discipline dans plusieurs conciles. Il mourut à Hippone durant le siège de cette ville par les Vandales, en 430.

Ses principaux ouvrages sont : la Cité de Dieu, son chef-d'œuvre, les Traités sur la grâce et le libre arbitre, qui l'ont fait surnommer le Docteur de la grâce; les Soliloques, où il traite de Dieu et de l'âme, ses Rétractations, où il juge les écrits et les opinions de sa jeunesse; ses Confessions, où il fait l'histoire de ses erreurs et de sa conversion miraculeuse. On a en outre de lui un grand nombre d'écrits contre les hérétiques de son temps, divers Traités sur l'Ecriture; un Commentaire sur les Psaumes, 363 Sermons, 270 Lettres, etc.

Quelques sermons inédits, trouvés à Florence et au mont Cassin, ont été publiés en 1842 par M. l'abbé Caillau. A. Maï a en outre retrouvé quelques autres écrits (publiés dans la Nova Bibl. Patrum, 1852-53). La meilleure édition de ses œuvres est celle des Bénédictins, 10 vol. in.-fol., Paris, 1679 et ana. suiv.; réimprimée à Anvers, 1700-1703, avec Appendix, et à Paris, 11 vol. grand in-8, par les frères Gaume, La plupart de ses ouvrages ont été traduits; nous citerons : la Cité de Dieu, par Lambert, 1675 et 1736 (avec notes de l'abbé Goujet), et par E. Saisset, 1856; les Confessions, par Arnaud d'Andilly, 1649; Ph. Dubois, 1686; dom Martin, 1741; St-Victor et Moreau, 1840; par Janet, 1859; l'abbé Gabriel, 1863; les Lettres, Sermons et Traités Moraux, par Ph. Dubois, et plus récemment par Poujoulat (1858). Sa Vie a été écrite par Posidius, par Tillemont, par Poujoulat (1846) et par Bindemann (1855). Ses écrits ont été analysés dans la Biblioth. des auteurs ecclésiastiques, de Dupin; dans l'Hist. générale des écrivains sacrés, de Ceillier; ils ont été appréciés dans l'Eloquence chrétienne au IVe siècle, de Villemain; dans la Philosophie de S. Augustin, de Nourrisson, et dans la Psychologie de S. Augustin, de Ferraz. Les restes de S. Augustin sont conservés à Bone et à Pavie.

En librairie - Saint-Augustin, Œuvres, Gallimard (La Pléiade), 1998, 3 vol. : I - Confessions, dialogues philosophiques, II - La Cité de Dieu, III - Philosophie, catéchèse, polémique. - Confessions, Gallimard (Folio), 1993. - Qu'est-ce donc que le temps?, Babel.

N. Neush, Initiation à Saint Augustin, Le Cerf, 2003. - Collectif, Saint Augustin, une mémoire d'Algérie, Somogy, 2003. - Peter Garnsey, Idées sur l'esclavage, d'Aristote à Saint-Augustin, Les Belles Lettres, 2003. - Henri-Irénée Marrou, Saint Augustin et l'Augustinisme, Le Seuil, 2003. - Emmanuel Bermon, Le Cogito dans la pensée de Saint Augustin, Vrin, 2001. - Peter Brown, La vie de Saint Augustin, Le Seuil, 2001. - Nadeau, Vocabulaire de Saint Augustin, Ellipses marketing, 2001. - Philippe Sellier, Pascal et Saint Augustin, Albin Michel, 2000. - Philippe Kaeppelin, Journal d'Augustin, prélude aux confessions de Saint Augustin, Imago, 2000. - Georges Minois, Galilée, PUF (QSJ), 2000. - Du même, L'Eglise et la science, histoire d'un malentendu, Fayard, 1990-91, 2 vol. : I - de Saint Augustin à Galilée, II - de Galilée à Jean-Paul II. - Marie-Françoise Baslez, L'invention de l'autobiographie, d'Hésiode à Saint-Augustin, Rue d'Ulm, 1993. - Bernard Heudre, Saint Augustin, ou la naissance de l'homme occidental, L'Atelier.

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