Protestantisme

Un article de Christ-Roi.

  • "Voyez le protestantisme avec son activité fébrile, avec ses cargaisons de bibles, imprimées dans toutes les langues, avec les millions dépensés à répandre ses pamphlets ou à soudoyer ses agents: quel peuple a-t-il enfanté à Jésus-Christ? Mais pourquoi parler du protestantisme? son essence étant une négation, il ne saurait rien produire ; s'il est fécond, ce n'est qu'en ruines. Ruines intellectuelles, ruines morales, ruines sociales: ces trois mots résument son histoire, et celle de toutes les hérésies passées et futures." (Mgr Gaume, Traité du Saint-Esprit, 1865, troisième édition, Gaume et Cie Editeurs, 3 rue de l'Abbaye, tome II, Paris 1890, p. 228).

Sommaire

ALLER AU PLUS SÛR

"La bibliothèque du couvent dominicain de Sainte-Marie-sur-Minerve, à Rome, possède, parmi de nombreux et précieux manuscrits, une curieuse lettre de Luther adressée à sa vieille mère. La pauvre femme, qui ne voulait pas accuser son fils et qui redoutait de se voir séparée de lui pour l'éternité, lui ayant demandé, "si elle devait changer de religion et adopter ses opinions nouvelles", l'orgeuilleux saxon ne consentit pas à entraîner dans son naufrage celle qui l'aimait tant, et il lui répondit: "Non; restez catholique; car je ne veux ni tromper ni trahir ma mère." (Source: Mgr de Ségur, Causeries sur le protestantisme d'aujourd'hui, Libraie Saint-Joseph, Tolra libraire-éditeur, Rennes 1894)

La mère de Mélanchton, un des plus fameux disciples de Luther, avait été entraînée par son fils, et l'avait suivi dans la prétendue réforme luthérienne. Sur le point de mourir, elle fit appeler le réformateur, et, dans ce moment suprême, elle l'interrogea solennellement: "Mon fils, lui dit-elle, c'est par votre conseil que j'ai abandonné l'Eglise catholique pour embrasser la religion nouvelle. Je vais paraître devant Dieu, et je vous adjure, par le Dieu vivant, de me dire, sans rien me cacher, dans quelle foi je dois mourir". Mélanchton baissa la tête et garda un moment de silence; l'amour du fils luttait en son coeur contre l'orgueil du sectaire. "Ma mère, répondit-il enfin, la doctrine protestante est plus facile, la doctrine catholique est plus sûre!" (Audin, Vie de Luther, t. III, p. 288.)

Si la religion catholique est plus sûre, il faut donc la prendre, et surtout il ne faut point la quitter pour aller au moins sûr." (ni au plus facile!)

C'est ce raisonnement de simple bon sens qui engagea le roi Henri IV à se faire catholique (Les historiens protestants se plaisent à accuser ce grand roi au caractère si généreux, si chevaleresque, d'avoir vendu lâchement son âme au profit de son ambition. On souffre de voir des Français insulter par esprit de parti une mémoire aussi chère à la France.)

[...] Le roi, dit l'historien Péréfixe (Péréfixe, Histoire de Henri IV, p. 200), voyant qu'un des ministres n'osait pas nier qu'on pût se sauver dans la religion catholique, Sa Majesté prit la parole et dit: "Quoi! vous tombez d'accord qu'on puisse se sauver dans l'Eglise romaine?" Le ministre répondit "qu'il n'en doutait pas, pourvu qu'on vécût bien." - "Et vous, Messieurs, dit le roi aux docteurs catholiques, pensez-vous que je puisse faire mon salut en restant protestant?" - "Nous pensons, Sire, et nous vous déclarons qu'ayant connu l'Eglise véritable, vous êtes obligé d'y entrer, et qu'il n'y a pas de salut pour votre âme dans le protestantisme."

Sur quoi le roi repartit fort judiciseuement, en se tournant vers les ministres: "La prudence veut donc que je sois de la religion des catholiques, et non point de la vôtre; parce qu'étant de la leur, je me sauve selon eux et selon vous, et étant de la vôtre, je me sauve bien selon vous, mais non selon eux: or, la prudence demande que je suive le plus assuré." Et il abjura son erreur" (Mgr de Ségur, Causeries sur le protestantisme d'aujourd'hui, Libraie Saint-Joseph, Tolra libraire-éditeur, Rennes 1894)

Comme quoi la propagande protestante n'est ni légitime ni logique... (Mgr de Ségur)

"Lorsque l'Eglise catholique, dans la personne de ses Evêques et de ses prêtres, signale aux chrétiens la propagande protestante comme une agression injuste et odieuse, on voit les journaux hérétiques, et avec eux les organes du rationalisme et de la Révolution, se plaindre amèrement de ce procédé, accusant l'Eglise d'avoir deux poids et deux mesures, et d'interdire tyranniquement aux autres ce qu'elle ne cesse de pratiquer depuis son origine. Ces récriminations méritent une réponse; elle est simple et rapide.

Les sectes protestantes reconnaissent toutes qu'on peut faire son salut dans l'Eglise catholique. L'Eglise catholique, au contraire, a toujours hautement professé qu'elle est la seule vraie religion, et qu'il faut lui appartenir pour être enfant de DIEU.

Les protestants sont en contradiction avec leurs principes lorsqu'ils cherchent à arracher des âmes à l'Eglise catholique; l'Eglise catholique se mettrait en contradiction flagrante avec les siens, si elle n'employait toute sa puissance et toute son ardeur à ramener à JESUS-CHRIST ceux que de funestes erreurs ont séparés de son troupeau.

Quand l'Eglise catholique s'efforce d'éclairer un protestant et de le ramener à la vraie foi, elle lui laisse toutes les vérités qu'il possède déjà et lui fournit celles qui lui manquent. C'est un pauvre homme à moitié vêtu qu'elle achève de vêtir; le peu qu'il a déjà, joint à ce qu'elle lui donne, forme un chrétien complet.

Le contraire arrive quand la propagande protestante travaille à séduire un catholique; elle ne fait autre chose que de lui enlever une partie de ses croyances, sans rien lui donner en retour. Elle le laisse à demi nu, comme ces malheureux passants que les voleurs dépouillent de leurs habits et de leurs manteaux sous le spécieux prétexte de les débarrasser de superfluités gênantes, et sans leur jeter seulement quelques guenilles pour les garantir du froid.

C'est, du reste, une chose avouée par les protestants, qu'en fait de vérités religieuses, ils n'ont rien à donner aux catholiques que ces derniers ne possèdent déjà; bien plus, ils confessent que tout ce qu'ils retiennent du christianisme, ils l'empruntent à l'Eglise. Ecoutons Luther, le fougueux patriarche de la "Réforme", donner son avis en ce point. Au Colloque de Marbourg (dispute entre Luther et Zwingle: Luther y défendait contre ses adversaires le dogme de la sainte Eucharistie...), Zwingle lui objectait que la présence réelle de Notre-Seigneur dans le Saint-Sacrement était un dogme du papisme...

C'est du pape que nous tenons la Bible (Luther)

"Mais alors, dit Luther, niez aussi la Bible, car c'est du Pape que nous la tenons. Nous sommes bien obligés d'avouer, tout protestants que nous sommes, que dans le papisme il est des vérités de salut, oui, TOUTES les vérités du salut, et que c'est de lui que nous les tenons, car c'est dans le papisme que nous trouvons la vraie Ecriture sainte, le vrai baptême, le vrai Sacrement de l'autel, les vraies clefs qui remettent les péchés, la vraie prédication, le vrai catéchisme, les vrais articles de foi. J'ajoute, en outre, que dans le papisme se trouve le VRAI CHRISTIANISME." (Je crois utile de donner le texte de cet aveu si frappant: Luther, Oeuvres, édition protestante d'Iéna, p. 408-409: "Hoc enim facto negare oporteret totam quoque Scripturam sacram et praedicandi officium: HOC ENIM TOTUM A PAPA HABEMUS. Nos autem fatemur sub Papatu plurimum esse boni christianismi, imo OMNE bonum christianismum, atque etiam illinc ad nos devinisse. Quippe fatemur in papatu veram esse Scripturam sacram, verum Baptisma, verum Sacramentum altaris, veras claves ad remissionem peccatorum, verum praedicandi officium, verum catechismum, ut sunt: Oratio dominica, articuli fidei, decem praecepta... Dico INSUPER IN PAPATU VERUM CHRISTIANISMUM ESSE...")

De cet aveu que l'Eglise catholique a le vrai christianisme, il faut conclure nécessairement que les sectes protestantes ne l'ont point, puisque l'Eglise affirme ce que les sectes nient.

Mais il faut conclure, en outre, et cela saute aux yeux, que la propagande [voir liberté religieuse] est pour l'Eglise catholique un droit et un devoir, tandis qu'elle est, de la part des protestants, un non-sens et une injustice."

(Source: Mgr de Ségur, Causeries sur le protestantisme d'aujourd'hui, Libraie Saint-Joseph, Tolra libraire-éditeur, Rennes 1894.)

Que la primauté du pape a toujours été un article de foi (Concile de Nicée 325)

"L'Eglise romaine, disait le premier Concile oecuménique tenu à Nicée, au sortir des persécutions, l'Eglise Romaine a toujours possédé la primauté; Ecclesia Romana SEMPER tenuit primatum."

(Source: Ier Concile de Nicée cité in Mgr Gaume, Le dogme de l'infaillibilité.)

"Et que de tout temps, l'enseignement du Pape a été suivi par l' Eglise catholique du Christ tout entière" (Sixième Concile oecuménique tenu à Constantinople en l'année 681)

Dans les sept premiers siècles, toute l'Eglise, tous les conciles oecuméniques, ainsi que tous les saints Pères ont cru, à l'infaillibilité du Pape.

La foi est immuable; elle doit l'être, puisqu'elle est la vérité, et que la vérité ne change pas. Ce que nous croyons aujourd'hui, c'est ce qu'ont cru nos pères...; ils ont cru à l'infaillibilité du vicaire de JESUS-CHRIST, de même que nous y croyons aujourd'hui: ils y ont cru comme à une vérité révélée, indubitable; nous autres, depuis le décret du Vatican (I), nous y croyons en outre comme à une vérité définie, comme à un dogme de foi.

Le sixième Concile Oecuménique tenu à Constantinople, sous le Pape saint Agathon, en l'année 681, atteste si explicitement la croyance et la pratique des siècles antérieurs, relativement à l'infaillibilité du Pape, que sons eul témoignage nous dispense de rapporter end étail le témoignage des cinq premiers conciles. - Ecoutons; c'est un Concile général qui parle, qui enseigne. D'après les Gallicans eux-mêmes, nous sommes ici devant un oracle infaillible.

"De tout temps, dit le Concile, l'Eglise catholique du Christ tout entière et les conciles généraux ont embrassé fidèlement et suivi en toutes choses l'autorité de cette Eglise Apostolique, comme étant l'autorité même du Prince des Apôtres.

"Tous les vénérables Pères ont embrassé cette doctrine apostolique, de l'éclat de laquelle ont brillé les plus purs flambeaux de l'Eglise de JESUS-CHRIST. C'est cette doctrine qu'ont révélé les saints Docteurs orthodoxes; c'est elle que les hérétiques ont poursuivie de leurs calomnies et de leurs odieux blasphèmes. Cette doctrine est la tradition vivante des Apôtres du Christ, que l'Eglise conserve en tous lieux. C'est elle qu'il faut souverainement aimer et exalter; elle qu'il faut prêcher avec confiance; c'est elle qui unit à DIEU par la confession de la vérité et fait trouver grâce devant le SEIGNEUR. Elle est la règle de la vraie foi."

Que l'on pèse bien tous les termes de cette solennelle déclaration; l'infaillibilité du Siège-Apostolique, et par cosnéquent, l'infaillibilité de celui qui l'occupe y resplendit sous chaque phrase. De tout, y est-il dit, l'enseignement du Pape a été suivi par l' Eglise catholique tout entière; il a été suivi par les six premiers Conciles généraux, sans exception. Il a étés uivi par tous les saints Pères des sept premiers siècles, par les saints docteurs orthodoxes qui y ont conformé leur doctrine. Cet enseignement est la Tradition vivante des apôtres."

( Mgr Gaume, Le dogme de l'infaillibilité.)

Le grand argument de prescription de Tertullien contre les gnostiques vaut aussi pour les protestants

Image:Tertullien.JPG

Tertullien de Carthage

(v. 160- 240 ap. J.-C.)


"Et de fait, dès second siècle, les hérétiques (gnostiques) repoussèrent la Tradition, et disputèrent à l'Eglise la possession de la vraie doctrine qu'ils revendiquaient pour eux-mêmes...

"A cet effet, ils voulurent être reçus à discuter avec les catholiques sur les Ecritures, c'est-à-dire à plaider la cause au fond, moyennant un examen critique des textes de la Bible. Tertullien refusa net d'engager un tel combat. Il déclarait les hérétiques non recevables à formuler leur demande, qu'il écarte a priori, en leur opposant une exception péremptoire basée sur une possession paisible et non interrompue. - "Nous n'avons pas besoin, leur dit-il, d'examiner en détail, ni de réfuter vos opinions, l'une après l'autre. Toute la question entre vous et nous consiste à savoir où se trouve la doctrine du Christ. Or, cette doctrine, le Christ l'a communiquée aux Apôtres qui, à leur tour, l'ont transmise aux Eglises fondées par eux. Donc, nous sommes les vrais possesseurs; et ce seul fait de la possession suffit pour mettre en droit de repousser vos prétentions à une doctrine qui existait avant vous et en dehors de vous. En d'autres termes, nous prescrivons contre vous, nous appuyant sur ce fait certain, palpable, et, par là, nous coupons court à toute discussion ultérieure." (Tertullien, De proescript., XX., cité in Abbé Augustin Aubry, Contre le modernisme, Etude de la Tradition, le sens catholique et l'esprit des Pères, Pierre Tequi Editeur, Gand 1927, réédité aux ESR, p. 41.)

"Tertullien établit ici le grand argument de Prescription; or, cet argument a une valeur incontestable; et il n'est pas de méthode plus conforme à la nature des choses, lorsqu'il s'agit d'une révélation divine qui, indiscutable quant à son sujet même, ne peut être connue et transmise que par la voie du témoignage légitime; il n'est pas de méthode plus rationnelle, aujourd'hui encore, en face des erreurs contemporaines, et surtout de ce modernisme qui tend à s'ériger en juge de la foi, et à remettre en question la doctrine traditonnelle la plus solidement établie.

"D'où nous concluons, à juste titre, que la Tradition a une valeur dogmatique, et que c'est là le principe différentiel entre le catholicisme et toute hérésie en général, puisque toute hérésie est une innovation, et le protestantisme en particulier, puisque le protestantisme est, par excellence, l'innovation ou la "réforme", et la plus subversive de toutes les hérésies."

"On comprend, dès lors, pourquoi le principe de Tradition est un de ceux auxquels l'Eglise, dès l'origine, a tenu le plus: Depositum custodi... nihil innovetur nisi quod traditum est. Toutes les fois qu'elle veut juger une doctrine, elle commence par interroger ses anciens, ceux qu'elle sait dans la ligne traditionnelle; ce qu'ils disent, c'est ce qu'elle adopte toujours.

"Pour être sûr d'avoir les idées vraies, il ne faut pas s'adresser au premier venu; si vous prenez le dogme n'importe où, il sera n'importe comment. Il faut s'adresser à ceux que l'Eglise nous indique comme ayant des idées sans mélange d'erreur; cela est surtout nécessaire dans un ordre de notions aussi délicates que le dogme, où il est si facile et si fréquent de glisser des idées personnelles. [...] Saint Thomas lui-même, lorsqu'il expose, dans sa Somme, l'idée théologique, va la puiser chez les Pères qu'il possède à fond et qu'il admire; ainsi, pour lui, l'oeuvre du théologien consiste à prendre ce que les Anciens ont dit et à le fondre en un monument de forme nouvelle, mais tout entier pris aux sources.

"C'est pour avoir rejeté l'autorité de la Tradition et, en définitive, la direction de l'Eglise qui en est le dépositaire, que le protestantisme s'est constitué, pour aboutir, finalement, au rationalisme. Car le protestantisme ne possède et ne veut reconnaître que l'Ecriture. Or, l'Ecriture isolée, dépourvue du secours d'une autorité enseignante et interprétante, de même nature qu'elle, ne peut se défendre contre les tendances de la raison à se l'assimiler et à l'affecter à ses propres fluctuations.

"La grande force de l'enseignement catholique, c'est la parole de Notre-Seigneur lui-même. Dans le choix qu'il a fait de ses apôtres, et par la mission qu'il leur a donnée - Ite, docete omnes gentes - il a fondé son enseignement sur la parole et non sur l'Ecriture. "Le Christ, dit saint Chrysostome, n'a pas laissé un seul écrit à ses apôtres. Au lieu de livre, il leur promit le Saint-Esprit. C'est lui, leur affirma-t-il, qui vous inspirera ce que vous aurez à dire." (Matt., II, 1.) Ce qui faisait dire à saint Augustin, parlant aux fidèles: "Nous sommes vos livres." (Sermon 227.)

"Ce grand livre vivant, auquel il faut se reporter toujours et avant tout, c'est donc l'enseignement oral, perpétué dans la Tradition: Docete... proedicate. L'enseignement par la parole, la parole avec l'assistance du Saint-Esprit promise et assurée, selon les besoins de l'Eglise et jusqu'à la fin des temps. Tel est le seul canal officiel de la diffusion de la foi parmi les nations, passant nécessairement des apôtres à leurs successeurs réguliers, c'est-à-dire à l'Eglise, s'imposant avant même et au-dessus des Ecritures qui ne renferment, d'ailleurs, comme nous en avertissent les Evangélistes, qu'une très faible partie des enseignements du Sauveur.

Ainsi, la Tradition, qui est déjà, naturellement, le moyen humain de conserver toute doctrine, est érigée, officiellement, explicitement et par une loi positive, sous la forme d'un corps enseignant qui est l'Eglise - Docentes eos servare omnia quaecumque mandavi vobis (Matt., XVIII, 20.) - pour être l'organe de la conservation, de la préservation et du développement de la foi à travers les âges, pour la défendre soit contre l'oubli, soit contre toute altération spontanée et sans malveillance, à laquelle est exposée toute doctrine confiée aux hommes, et à laquelle n'avait pas échappé, du moins parmi les gentils, la révélation primitive, soit surtout contre l'altération consciente et préméditée des hérésies."

(Source: Abbé Augustin Aubry, ibid., p. 41-44.)

"L'erreur fondamentale des protestants, c'est la négation de la règle de la foi, la négation du principe d'autorité" (Abbé Augustin Aubry)

"Cette observation est d'autant plus importante que, pécisément, l'erreur fondamentale, la véritable erreur des protestants (v. protestantisme), c'est la négation du principe d'autorité.., à cette erreur, Bossuet - comme la plupart des théologiens modernes - n'a pas toujours donné toute son importance; il l'a souvent traitée comme une des erreurs protestantes, tandis qu'elle est l' erreur protestante."

(Abbé Augustin Aubry, Contre le modernisme, Etude de la Tradition, le sens catholique et l'esprit des Pères, Pierre Tequi Editeur, Gand 1927, réédité aux ESR, p. 64.)

Ce principe général de la foi, cette régle de la foi restitue à à l'Ecriture sainte, dont les protestants faisaient l'unique règle de foi, sa place traditionnelle de source de la foi, mais dans le SENS et AVEC l'interprétation nécessaire de l'Eglise.

Saint François de Sales se servit de la règle de la foi, du principe d'autorité, du principe de Tradition pour détruire l'hérésie protestante

Pour lutter avec avantage contre le protestantisme,

on doit commencer non par réfuter une à une ses erreurs, 
mais par établir solidement la règle de la foi, 

le principe d'autorité, et par restituer ce principe au tribunal que Dieu a établi dans l'Eglise, pour définir, juger, condamner.

"Ce dernier procédé qui s'attaque à la racine du mal et commence par établir la règle de foi, s'il fut peu connu, était cependant le seul vrai. "C'est à son application que doit ses plus beaux titres de gloire saint François de Sales. [...] C'est parce que la méthode de saint François de Sales était exclusivement la bonne que ce grand docteur est le seul qui ait triomphé effectivement de l'hérésie protestante, c'est-à-dire qui ne l'ait pas seulement refoulée et détruite en théorie, mais qui ait préservé de son venin les populations qu'elle menaçait, et lui ait enlevé ce qu'elle avait déjà envahi. Par cette victoire, il contenait et refoulait en Allemagne l'erreur protestante, placé qu'il était lui-même par la Providence dans un pays petit par l'étendue, exceptionnellement important par l'influence doctrinale, dans cette genève, le carrefour où se rencontrent pour se mêler et échanger leurs idées les deux éléments qui se partagent l'Europe, l'élément germanique et l'élément latin; Genève où devait se faire, à l'usage de nations de race altine, la traduction du principe protestant, né chez les nations germaniques; Genève, la ville doctrinale de l'hérésie, la Rome protestante, comme l'appelle saint François de Sales lui-même."

(Source: Abbé Augustin Aubry, Contre le modernisme, Etude de la Tradition, le sens catholique et l'esprit des Pères, Pierre Tequi Editeur, Gand 1927, réédité aux ESR, p. 64.)

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saint Irénée

Saint François de Sales reprit en définitive le même argument que celui du vénérable saint Irénée, contre les gnostiques, qui, eux aussi, dès le IIe siècle, prétendaient se rattacher aux Apôtres - comme nos protestants - , mais "leur tradition était sans autorité, parce qu'elle ne reposait pas sur l'institution et la transmission légitime de l'autorité; au contraire, les évêques étaient héritiers de l'autorité des Apôtres" (Saint Irénée de Lyon).


Ce qui démontre que l'on doit se "reporter sans cesse aux témoins de la foi et à l'enseignement primitif, pour en rechercher et en adopter l'esprit et les règles fondamentales" (Abbé Augustin Aubry)

"Le propre des sciences sacrées, c'est donc de se retremper toujours à ses sources primitives, et, tout en progressant toujours, de regarder toujours son modèle, qui est nécessairement ancien dans une société qui vit d'un dogme immuable, d'une révélation achevée et qui est régie par l'esprit de tradition.

Ainsi devons-nous nous reporter sans cesse aux témoins de la foi et à l'enseignement primitif, pour en rechercher et en adopter l'esprit et les règles fondamentales. Rien n'est beau comme cette succession, cette procession, pour ainsi dire à perte de vue, de témoins de la foi qui se présentent de toutes les contrées du monde, à toutes les époques, pour déposer, à l'appui de l'enseignement catholique, soit dans son ensemble, soit dans une quelconque de ses parties. Cette montée, d'échelon en échelon, de la Tradition catholique vous transporte, comme à l'improviste et avec une joyeuse surprise, jusqu'à l'époque de l'Evangile où vous trouvez le premier anneau de cette grande chaîne historique et traditionnelle, indissolublement scellé dans le roc vif de l'Ecriture, et son premier flot jaillissant, limpide et admirable, de cette haute source, pour descendre ensuite dans les plaines de l'Eglise, arroser le monde chrétien, et continuer sans interruption jusqu'à nous son cours heureux et fécond. Est-il plus grand spectacle que le théologien puisse contempler et offrir aux intelligences qu'il a la charge de former; est-il plus solide confirmation pour la foi?"

(Abbé Augustin Aubry, Contre le modernisme, Etude de la Tradition, le sens catholique et l'esprit des Pères, Pierre Tequi Editeur, Gand 1927, réédité aux ESR, p. 104.)

Est-il possible que Dieu ait choisi Luther et Calvin pour réformer la religion ?(Mgr de Ségur)

Dieu est saint; donc il n'a pu choisir ni Luther, ni Calvin, ni Zwingle, ni Henri VIII, ni les autres, pour réformer son Eglise.

"Jamais, dit l'historien protestant Cobbett (Histoire de la réformation protestante, chap. VII, n° 200.), jamais le monde ne vit, dans un même siècle, une collection de misérables tels que Luther, Zwingle, Calvin, etc.; le seul point de doctrine sur lequel ils étaient d'accord était l'inutilité des bonnes oeuvres, et leur vie sert à prouver combien ils étaient sincères dans ce principe..."

Luther, malgré l'ardeur de son éloquence populaire et la vigoureuse trempe de son esprit, n'est en définitive, qu'un mauvais prêtre, c'est-à-dire ce qu'il y a de plus dégradé.

Calvin, ecclésiastique aussi, a été convaincu de moeurs infâmes contre nature, et, comme tel, marqué par le bourreau (ce fait semble acquis à l'histoire. Un auteur catholique ayant reproché aux calvinsites ces honteux stigmates de leur patriarche, le calviniste Whitaker eut l'effronterie sacrilège de répondre: "Si Calvin a été stigmatisé, saint Paul et bien d'autres l'ont été de même").

Zwingle, curé d'Einsiedeln, a publiquement avoué, en présence de son évêque, que depuis de longues années, il cédait à ses passions honteuses, et que désormais il prenait femme officiellement pour légaliser sa position.

Tous les saints de la "réforme" sont de ce calibre. Chacun sait la pureté sans tache et la douceur évangélique de Henri VIII, le réformateur de l'Angleterre. Ce misérable, vrai Barbe-Bleue, eut six femmes, à qui il fit couper la tête à mesure qu'il fut dégoûté d'elles. Sa fille, la reine vierge Elisabeth, qui consomma l'oeuvre de Henri VIII, n'a pas été moins célèbre sous les mêmes rapports. La même hache a pu couper la tête des maîtresses du père et des amants de la fille.

Calvin en particulier, mérite notre attention à nous autres Français. C'est lui qui a introduit le protestantisme dans notre patrie. Personne ne l'a mieux dépeint que le protestant calviniste Galiffe, dans ses Notices généalogiques, publiées à Genève même en 1836: "Ce nom criminellement fameux, dit-il, qui dressa l'étendard de l'intolérance la plus féroce, des superstitions les plus grossières et des dogmes les plus impies; épouvantable apôtre, à l'inquisition de qui rien ne pouvait échapper; qui, dans les deux années 1558 et 1559, fit exécuter quatre cent quatorze jugements en matière criminelle, etc." M. Galiffe l'appelle, en outre, un buveur de sang, et prouve chacune de ses assertions par les écrits mêmes de Calvin et par les Archives publiques et authentiques de Genève.

Quant à Luther, moine apostat, vivant en concubinage avec une religieuse défroquée, les protestants l'ont jugé avec une sévérité non moins significative. La vie de Luther, après son apostasie, ne fut autre que celle d'un libertin tout occupé des plaisirs de la table et de brutales jouissances; si bien qu'il était passé en proberbe, lorsqu'on voulait se permettre quelque débauche, de dire: "Aujourd'hui nous vivrons à la Luther," comme le rapporte l'écrivain protestant Bénédict Morgenstern (Traité de l'Eglise, p. 21: "Si quando volunt indulgere genio, non vereantur inter se dicere: Hodiè lutheranicè vivemus.").

Les Propos de table de Luther, que l'on trouve encore dans quelques librairies mal famées sur la liste des ouvrages obscènes, respirent un tel cynisme qu'il est impossible de les citer! Tout le monde connaît cette ignoble prière écrite de la main de Luther, dont l'authenticité n'a jamais été mise en doute, et qui se termine par ces incroyables paroles: "Bien boire et bien manger est le vrai moyen d'être heureux!"

Et l'on voudrait nous faire croire que des êtres pareils ont été envoyés aux chrétiens par Notre-Seigneur JESUS-CHRIST pour rappeler l'Eglise à sa pureté primitive!

Autant donc! Autant vaudrait dire avec les Turcs: DIEU est DIEU, et Mahomet est son prophète! Le bon sens doit ici parler plus haut que tous les mensonges historiques par lesquels on a essayé de réhabiliter ces prétendus "réformateurs".

L'Eglise catholique a pour fondateurs Notre-Seigneur JESUS-CHRIST, et pour apôtres saint Pierre, saint Paul, saint Jean, etc. Le protestantisme a pour fondateur Luther, et pour apôtre Calvin, Zwingle et consorts. Jugez et choisissez."

(Source: Mgr de Ségur, Causeries sur le protestantisme d'aujourd'hui, Libraie Saint-Joseph, Tolra libraire-éditeur, Rennes 1894.)

Les divisions du protestantisme

"Depuis dix-huit cents ans, l'Eglise catholique, apostolique, romaine, fondée par le Christ et gouvernée en son nom par saint Pierre et les Souverains-Pontifes se successeurs, conserve l'unité la plus intacte dans l'enseignement de la foi et dans la pratique de la Religion. Dès l'origine, une foule de novateurs ont essayé d'introduire leurs idées particulières dans le sein de cette grande Eglise; mais elle les a rejetés successivement, et sa doctrine, éternellement vivante, est restée une et vierge.

Depuis trois cents ans que la révolution protestante a éclaté, elle a suivi une voie absolument opposée. Dans le passé, le protestantisme regarde comme ses pères les gnostiques, les ariens, les manichéens, les nestoriens, les iconoclastes, les albigeois, les hussites et tous les hérétiques les plus scandaleux.

Les sectes y naissent et y meurent comme des mouches

De même qu'un cadavre produit des vers, ainsi ce cadavre de religion, continuant des traditions si peu glorieuses, n'a cessé de produire jusqu'à nos jours des centaines et des milliers de sectes qui pullulent dans son sein. Elles y dévorent les âmes et s'y dévorent réciproquement. [...] Elles naissent et meurent comme des mouches.

"Le protestantisme, disait en 1743 le pasteur protestant Froereisen (Discours prononcé lors de son installation comme pasteur à Strasbourg) ressemble à un ver coupé en morceaux qui remuent tant qu'il leur reste quelque force, mais qui perdent insensiblement la vie, et avec elle le mouvement."

Au nom du libre examen, autant de religions que de sectes, autant de sectes que de têtes: autant de croyances que de caprices...

D'ailleurs qu'est-ce qu'une secte protestante? - En vertu du libre examen, chacun de ses membres ne peut-il pas, ne doit-il pas se regarder comme absolument indépendant, et briser l'unité factice du groupe auquel il est censé appartenir? Autant de religions que de sectes, autant de sectes que de têtes, et dans chacune de ces têtes, autant de croyances que de caprices: telle est l'unité protestante. "Depuis le lendemain de la Réforme, disait en gémissant le pasteur Vinet, il y a des protestants, mais il n'y a pas de protestantisme."

Dernièrement, un de nos grands journaux reproduisait, d'après une feuille américaine, la liste nombreuse, et cepednant incomplète, des sectes qui se partagent le seul état de New-York: "Anabaptistes, baptistes, nouveaux baptistes, baptistes libres, baptistes séparés, baptistes rigoureux, baptistes libéraux, baptistes paisibles baptistes petits-enfants, baptistes gloire, halleluiahs, baptistes chrétiens, baptistes au bras de fer, baptistes généraux, baptistes particuliers, baptistes du septième jour, baptistes écossais, baptistes de la nouvelle communion générale, baptistes nègres, indépendants ou puritains, caméroniens, crispites ou frisés, cambellites ou réformés, dunkers, libres penseurs, haldanites, hunting-doniens, irvingiens, inghanites, sauteurs, chrétiens bibliques, glassites ou sandomonians, anciens presbytériens, nouveaux presbytériens, écossais, congrégationistes, quakers ou amis, unitariens, sociniens, moraves ou frères de l'unité, méthodistes ou welsleyens, méthodistes français, originaux connexistes, nouveaux connexistes, swedenborgiens, frères de Plymouthn chrétiens rebaptisés, mormons, kelytes muggletoniens, romaniens perfectionnalistes, méthodistes rogessiens, secklers, universalites marcheurs, rothfieldistes, discilples-amis libres ou agapémonites, luthériens, protestants français, réformés allemands, protestants allemands réformés, catholiques allemands ou disciples de Ronge, nouveaux illuminés, anglicans anglais, anglicans allemands, anglicans français, etc., etc..." Quelle fécondité!

Je ne crois pas qu'en France nous soyons aussi riches... Nous n'avons que des réformés, des protestants de la confession d'Augsbourg, des méthodistes, des anabaptistes, des baptistes, des piétistes, des unitairiens, des latitudinaristes, des darbystes, des irvingiens... je dois dire cependant que je ne connais pas toute la richesse des variétés du protestantisme français, vu que les pasteurs affectent ordinairement une touchante fraternité, et ne se disputent, autant que possible, qu'à huis clos, cachant soigneusement aux regards ce que l'un d'eux, M. Baum, pasteur protestant d'Alsace, appelle indiscrètement les entre-mangeries pastorales (Le Principe de l'égalité et la conscience confessionnelle de certains pasteurs soi-disant luthériens, par J. G. Baum, p. 1.)... Ils ont peur du bon sens français, qui tirerait bien vite de leurs variations et divisions la célèbre conséquence dont se servit jadis Tertullien contre l'hérésiarque Marcion: "Tu varies, donc tu erres."

Combien grande et majestueuse s'élève la sainte Eglise catholique avec sa hiérarchie gardienne de son unité, à côté de ces discussions intestines, de ce morcellement sans fin! (Mgr de Ségur, Causeries sur le protestantisme d'aujourd'hui, Libraie Saint-Joseph, Tolra libraire-éditeur, Rennes 1894)

Comment la sainte Bible n'est pas et ne peut pas être la règle de notre foi (Mgr de Ségur)

La Bible est véritablement la Parole de DIEU: nous le savons tous aussi bien et même beaucoup mieux que les protestants. Tout ce qui est dans la Bible est d'enseignement divin; et cependant la Bible n'est pas et ne peut pas être la règle de notre foi, dans le sens que prétendent les protestants.

Pourquoi?

La Bible ne peut pas être la règle de notre foi parce que JESUS-CHRIST n'a pas dit aux apôtres: Allez et colportez des Bibles; mais bien: "Allez et enseignez toutes les nations; qui vous écoute, m'écoute"

Que le christianisme était déjà répandu avant qu'aucun des Evangélistes se mît à écrire la vie de Jésus

- "Le christianisme, dit le protestant Lessing (Beitrage für Geschichte und Litteratur, t. IV, p. 182.), était déjà répandu avant qu'aucun des Evangélistes se mît à écrire la vie de JESUS.

On disait le Pater avant qu'il fût écrit dans saint Matthieu, car JESUS-CHRIST lui-même l'avait appris à ses disciples, qui l'avaient transmis aux premiers chrétiens... On baptisait au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit avant que la formule du baptême eût été écrite par le même saint Matthieu dans son Evangile, car JESUS-CHRIST l'avait prescrite verbalement à ses apôtres."

Cette première preuve, qui est une preuve de fait, en vaut bien une autre, et les protestants n'ont jamais rien trouvé de raisonnable à y opposer" (Mgr de Ségur, Causeries sur le protestantisme d'aujourd'hui, Libraie Saint-Joseph, Tolra libraire-éditeur, Rennes 1894.)

La Bible ne peut pas être la règle de notre foi parce qu'elle renferme une foule de passages difficiles qui échappent aux intelligences les plus lumineuses

"Les efforts des docteurs de l'Eglise pour en pénétrer le sens, efforts souvent déçus, montrent assez combien les saintes Ecritures sont difficiles à comprendre. "Approfondir le sens des Ecritures, dit Luther lui-même, est chose impossible; nous ne pouvons qu'en effleurer la superficie; en comprendre le sens serait merveille. Que les théologiens disent et fassent tout ce qu'ils voudront, pénétrer le mystère de la Parole divine sera toujours une entreprise au-dessus de notre intelligence. Ses sentences sont le souffle de l'Esprit de DIEU: donc elles défient l'intelligence de l'homme" (Voir Audin, Vie de Luther, t. II, p. 339.)

Que faut-il donc penser d'une règle de foi qui, de l'aveu de Luther et d'une foule de protestants, au lieu d'expliquer la foi, a besoin elle-même de difficiles et longues explciations? Du reste, les protestants ne seraient pas bien venus à nier les difficultés de l'interprétation de la Bible; leurs interminables disputes et dissidences sur presque tous les textes de ce saint Livre parlent assez haut. Il est même remarquable de voir que ce sont les passages les plus simples et les plus clairs des Ecritures qui ont soulevé parmi eux le plus de disputes et de divisions. On a compté plus de deux cents interprétations protestantes de la parole de Notre-Seigneur à la sainte Cène: "Ceci est mon corps!" (Mgr de Ségur, Causeries sur le protestantisme d'aujourd'hui, Libraie Saint-Joseph, Tolra libraire-éditeur, Rennes 1894.)

Enfin, la parole de DIEU dans la Bible n'est pas et ne peut pas être la règle de la foi des chrétiens parce que si cela était, la religion chrétienne ne serait pas faite pour les pauvres et les petits, c'est-à-dire pour ceux que JESUS a déclarés les enfants privilégiés de son amour

"Ce point vaut la peine d'être traité à part." (Mgr de Ségur, Causeries sur le protestantisme d'aujourd'hui, Libraie Saint-Joseph, Tolra libraire-éditeur, Rennes 1894.)

Que le protestantisme n'est pas et ne peut être la religion du peuple

Que le peuple sache ou ne sache pas lire, il est absolument impossible que la Bible soit la règle de sa foi

Non, le protestantisme n'est pas fait pour le peuple. JESUS aime les pauvres et les humbles; or le protestantisme, en donnant la lecture de la Bible comme règle fondamentale de la foi chrétienne, exclut le peuple du christianisme. En effet, les pauvres ou bien ne savent pas lire, et qu'est-ce qu'un livre pour qui ne sait pas lire? (Or, il est à noter que pendant quinze siècles, c'est-à-dire jusqu'à l'invention de l'impreimerie, presque personne ne savait lire dans le peuple. Tous ces pauvres gens auraient donc vécu sans moyen d'arriver à la foi! C'est absurde.)

Si le protestantisme a raison, si pour faire son salut il faut lire la Bible, "alors, dit encore le luthérien Lessing, combien je vous plains, vous tous qui êtes nés dans des pays dont la langue ne sait point parler la Bible; vous qui, nés dans les conditions de société où l'on manque de toutes connaissances, ne savez pas lire la Bible! Vous croyez être chrétiens parce que vous êtes baptisés? Malheureux: ne voyez-vous pas qu'il est aussi nécessaire au salut de savoir lire que d'avoir reçu le baptême? Et encore j'ai grand' peur qu'il vous faille apprendre l'hébreu, si vous voulez être bien assurés de sauver votre âme."

Lors même que tous les pauves sauraient lire, en seraient-ils beaucoup plus avancés pour cela? ne se verraient-ils pas arrêtés à chaque verset, comme nous le disions tout à l'heure? Et qu'on ne dise pas qu'il suffit au peuple que les pasteurs lisent et expliquent une fois apr semaine l'Ecriture sainte dans leurs prêches! Ces explications ne sont que des opinions personelles, qui ne reposent sur aucune autorité et qui varient suivant le caprice de chacun... Ce n'est plus la parole de DIEU, c'est la parole de M. X ou de M. Z; ce qui est bien différent.

Que le peuple sache ou ne sache pas lire, il est donc absolument impossible que la Bible soit la règle de sa foi. DIEU, en donnant la Bible comme règle de foi, aurait exclu de son Eglise et du salut éternel presque tous les hommes; ce qui est une impiété, et ce que personne ne croira jamais.

Donc le protestantisme qui vient nous dire: "Prenez et lisez la Bible; passez-vous de l'Eglise et des prêtres, contentez-vous de la seule Parole de DIEU contenue dans l'Ecriture," ne peut pas être la religion du peuple, et par conséquent ne peut pas être et n'est pas le vrai christianisme, la religion de tous." (Mgr de Ségur, Causeries sur le protestantisme d'aujourd'hui, Libraie Saint-Joseph, Tolra libraire-éditeur, Rennes 1894.)

Que l'Eglise catholique seule respecte la Bible (Mgr de Ségur)

Que l'Eglise ne défend pas la lecture de la Bible mais qu'elle l'entoure de certaines précautions que la foi et l'expérience prescrivent à sa prudence maternelle

(L'Eglise) se souvient que Satan s'est servi de l'Ecriture sainte pour tenter le Christ au désert, et que les Scribes et les pharisiens ne combattaient JESUS et ses apôtres qu'au nom de la parole de DIEU...

Elle se rappelle que son Premier Pontife, le Prince des Apôtres, parlant des épîtres de Saint Paul, enseignait "qu'il s'y rencontre des passages difficiles à comprendre, que des hommes sans doctrine et à l'esprit changeant dépravent, ainsi que le reste des Ecritures, pour leur propre ruine" (IIe Ep. de S. pierre, ch. III, v. 16.)

Et c'est l'Ecriture elle-même qui oblige l'Eglise à donner avec prudence l'aliment divin à ses enfants. L'expérience se joint à la foi, en cette matière si grave; et l'exemple de tous les hérétiques, en particulier des hérétiques modernes, lui a fait voir que cette lecture de la Bible pourrait, dans de certaines conditions, et spécialement dans les traductions en langue vulgaire, être fort dangereuse. Elle a donc tracé des règles très-simples et très-sages destinées non pas à empêcher cette lecture sanctifiante, mais à en écarter les dangers.

La première de ces règles est de recevoir des Pasteurs légitimes de l'Eglise, et d'eux seuls, le texte et l'interprétation de l'Ecriture, de peur, comme l'ajoute l'Apôtre saint Pierre, que "ballotés par l'erreur des faux dcoteurs, les chrétiens ne déchoient de cette solidité de doctrine qui est leur bien propre: ne insipientium errore traducti excidatis à proprâ firmitate."

Puis l'Eglise ordonne que l'on se serve de certaines traductions de l'Ecriture sainte, examinées et annotées avec soin et approuvées par l'autorité ecclésiastique; ainsi les fidèles sont assurés que ce qu'ils lisent est bien la Parole de Dieu, et non pas la parole humaine de quelque traducteur ignorant ou perfide. L'Eglise veut en outre que l'on consulte cette même autorité quis eule peut juger si l'on est dans les dispositions convenables d'esprit et de coeur pour tirer profit de cette sainte lecture. Le simple énoncé de ces règles pratiques suffit pour en faire comprendre la profonde sagesse. Elles ne sont pas seulement sages, elles sont nécessaires.

L'Eglise montre par là combien elle a plus de souci de la sainte Parole de DIEU que ces téméraires novateurs qui, sous prétexte de la mettre à portée de tous, l'ont jetée dans la boue et l'ont indignement profanée. L'Eglise catholique seule respecte la Bible, parce que seule elle comprend la sainteté et le véritable usage.

[...] Les saints prêtres et les vrais chrétiens ont pour le livre des Ecritures des respects et u namour qui ne se peuvent dire. Saint Charles Borromée, le grand archevêque de Milan, le réformateur du clergé d'Italie au seizième siècle, ne lisait la Bible qu'à genoux, la tête nue; et on l'a vu demeurer quatre heures de suite absorbé dans ce divin travail. Saint Philippe Néri baignait de ses larmes les pages sacrées, qu'il savait par coeur. Il en était de même de saint François de Sales et de saint Vincent de Paul.

M. olier, le réformateur de la discipline ecclésiastique en France, entourait le livre de la Bible d'une vénération merveilleuse. Il l'avait magnifiquement relier en argent massif, et il ne le posait jamais à côté des autres livres. Avant de l'ouvrir il se revêtait de son surplis, et, comme saint Charles, ne la lisait qu'à genoux, malgré ses infirmités. La pieuse compagnie de Saint-Sulpice, qui dirige une grande partie de nos Séminaires de France, inspire ces mêmes sentiments de religion aux jeunes ecclésiastiques qu'elle a mission de former, et qui s'empressent de suivre une direction aussi catholique.

JESUS est la manne cachée des Ecritures. Bienheureux est celui qui l'y cherche et l'y trouve! Bienheureuse est l'âme fidèle qui, à la lumière de la sainte Eglise et de la vraie foi, et dans un esprit de piété,d 'amour et de sanctification,s crute l'adorable parole de DIEU, et en fait, avec le Sacrement de l'Autel, l'aliment substantiel d'une vraie et solide piété! (Mgr de Ségur, Causeries sur le protestantisme d'aujourd'hui, Libraie Saint-Joseph, Tolra libraire-éditeur, Rennes 1894.)

Comment les protestants se conduisent à l'égard de la Mère de Dieu

C'est une singulière manière d'honorer un fils que de mépriser et de détester sa mère.

"Or la sainte Vierge est la Mère de JESUS-CHRIST, et les sectes protestantes s'accordent pour la rejeter avec un dédain qui va souvent jusqu'à la colère.

Cette conduite est odieuse, et rien, même les principes protestants, ne la peut excuser. Marie est la Mère de JESUS: or JESUS est DIEU, donc Marie est la Mère de DIEU.

N'est-il pas étrange que des hommes qui se disent chrétiens refusent d'honorer la Mère du DIEU des chrétiens, celle qui leur a donné ce DIEU sauveur?

N'est-il pas étrange que des sujets qui se disent fidèlement dévoués à leur Souverain, refusent à sa mère le respect et l'honneur?...

Lorsque l'Ange apparut à la Vierge MARIE pour obtenir son consentement au grand mystère de l'Incarnation, il lui dit avec un respectueux amour: "Je vous salue, Ô Pleine de grâce! Vous êtes la femme bénie entre toutes les femmes." Les catholiques imitent l'Ange bon et fidèle qui honore la Mère de son DIEU; les protestants préfèrent imiter l'ange infidèle et menteur, celui dont il a été dit dès l'origine "Je poserai des inimitiés entre la FEMME et toi," celui dont MARIE doit écraser la tête: "Et ipsa conteret caput tuum."

Lorsque la Sainte Vierge, portant en elle le rédempteur du monde, se présenta devant Elisabeth, celle-ci fut remplie du Saint-Esprit, et s'écria dans un divin transport: "D'où me vient cet honneur, que la Mère de mon DIEU daigne venir jusqu'à moi? Vous êtes bénie entre toutes les femmes, et le fruit de vos entrailles est béni!" Catholiques, nous suivons l'exemple de sainte Elisabeth, et, sous l'impulsion du mêm Esprit de vérité, nous aimons à témoigner à Marie notre reconnaissance, notre vénération, notre amour [C'est la prière de l'Ave Maria qui reproduit les paroles de l'Ange et de Sainte Elisabeth]. Les sectes protestantes imitent les habitants insensés de Bethléem, qui attendaient la venue du Messie, mais refusaient de recevoir MARIE, ignorant que c'est elle, elle seule qui apporte JESUS.

Lorsque MARIE répondit aux hommages d'Elsiabeth par son sublime cantique, elle s'écria: "Toutes les générations me proclameront bienheureuse, car c'est en moi que Celui qui est puissant a fait sa grande oeuvre!" Quelles sont les générations qui, réalisant cette prophétie, cette parole de la Bible, donnent à MARIE le nom de bienheureuse? Sont-ce les géénrations catholiques qui, dans les chapelles cachées des catacombes, comme dans les splendides basiliques dédiées à Notre-Dame, exaltent le nom et la gloire de MARIE? ou sont-ce les générations protestantes qui n'ont pour la Sainte Vierge ni respect ni louanges, et quic roient lui faire trop d'honneur lorsqu'elles ne l'insultent pas?

Ces passages de l'Ecriture, si clairs, si glorieux pour MARIE, les protestants opposent quelques paroles de Notre-Seigneur à sa Mère, parole mystérieuses dont ils ne comprennent pas les profondeurs, et qui n'ont d'autre but que de faire participer MARIE aux anéantissements de la Rédemption, comme elle avait participé dans l'origine aux joies et aux gloires de l'Incarnation. Si ces paroles avaient le sens que leur prêtent les hérétiques, il faudrait en conclure que JESUS n'a point aimé sa Mère, qu'il ne l'a point honorée, qu'il a été un mauvais fils, et qu'il a violé le quatrième commandement de sa loi: "Tu honoreras ton père et ta mère." Qui prouve trop ne prouve rien.

Après son Père céleste, Notre-Seigneur n'a rien tant aimé que sa Mère. Outre qu'elle sa Mère, elle la plus himble, la plus pure, la pluss ainte de toutes les créatures; à ce double titre, JESUS aime MARIE d'un amour unique. En aimant et en respectant MARIE, nous nous conformons aux sentiments de JESUS, et nous accomplissons ainsi, quoique bien imparfaitement encore, la grande règle tracée par l'apôtre saint Paul: Hoc sentite in vobis quod et in Christo JESUS. "Aimez ce que le Seigneur JESUS a aimé."

Si nous évoquons la Sainte Vierge dans nos besoins, c'est que nous savons que Marie est puissante sur le coeur de son Fils, et que le premier miracle du Christ a été accompli à la prière de sa Mère.

De même que le Père nous a donné JESUS par MARIE, de même veut-il que tous les dons de JESUS nous arrivent par la même voie. Ce n'est point que MARIE soit notre Médiatrice de Rédemption: Notre-Seigneur JESUS-CHRIST seul nous a sauvés et rachetés; mais elle est médiatrice d'intercession et de tendresse, elle est notre avocate, notre mère d'adoption. nous lui demandons sa protection auprès du bon Dieu, comme l'enfant recourt à sa mère pour obtenir plus facilement du père l'accomplissement de ses désirs.

Du reste, le culte des chrétiens envers la Sainte Vierge va droit à JESUS-CHRIST, et c'est le Fils qui est honoré dans la Mère. Si nous aimons et louons MARIE, c'est pour la féliciter d'être la Mère de JESUS, c'est pour la remercier de nous l'avoir donné. le culte d'honneur que nous rendons à MARIE est la sauvegarde du culte d'adoration que l'on doit rendre à JESUS; ce qui se passe sous nos yeux en est une preuve flagrante. C'est l'Eglise catholique, elle que l'on accusait d'oublier JESUS pour MARIE, le Créateur pour la créature, c'est l'Eglise catholique qui conserve seule et défend, contre l'incrédulité protestante, la divinité de cet unique Médiateur, de l'honneur duquel l'hérésie se montrait si pharisaïquement jalouse et qu'elle renie tous les jours davantage.

(Source: Mgr de Ségur, Causeries sur le protestantisme d'aujourd'hui, Libraie Saint-Joseph, Tolra libraire-éditeur, Rennes 1894.)

Le mépris des protestants pour la Mère de Dieu attaque le dogme de l'Incarnation: le protestantisme est donc animé par un esprit antichrist

"Lorsque l'Ange apparut à la Vierge MARIE pour obtenir son consentement au grand mystère de l'Incarnation, il lui dit avec un respectueux amour: "Je vous salue, Ô Pleine de grâce! Vous êtes la femme bénie entre toutes les femmes." Les catholiques imitent l'Ange bon et fidèle qui honore la Mère de son DIEU; les protestants préfèrent imiter l'ange infidèle et menteur, celui dont il a été dit dès l'origine "Je poserai des inimitiés entre la FEMME et toi," celui dont MARIE doit écraser la tête: "Et ipsa conteret caput tuum."

"Lorsque la Sainte Vierge, portant en elle le rédempteur du monde, se présenta devant Elisabeth, celle-ci fut remplie du Saint-Esprit, et s'écria dans un divin transport: "D'où me vient cet honneur, que la Mère de mon DIEU daigne venir jusqu'à moi? Vous êtes bénie entre toutes les femmes, et le fruit de vos entrailles est béni!" Catholiques, nous suivons l'exemple de sainte Elisabeth, et, sous l'impulsion du mêm Esprit de vérité, nous aimons à témoigner à Marie notre reconnaissance, notre vénération, notre amour [C'est la prière de l'Ave Maria qui reproduit les paroles de l'Ange et de Sainte Elisabeth]. Les sectes protestantes imitent les habitants insensés de Bethléem, qui attendaient la venue du Messie, mais refusaient de recevoir MARIE, ignorant que c'est elle, elle seule qui apporte JESUS" (Source: Mgr de Ségur, Causeries sur le protestantisme d'aujourd'hui, Libraie Saint-Joseph, Tolra libraire-éditeur, Rennes 1894)

En rejetant le dogme de Marie Mère de Dieu, les protestants rejettent le dogme de l'Incarnation puisque pour que le Verbe se fasse chair il aura fallu qu'il passe par Marie. Or, la Sainte Ecriture enseigne que « Tout esprit qui confesse Jésus Christ venu dans la chair EST de Dieu, et tout esprit qui divise Jésus n'est pas de Dieu, c'est l'esprit de l'antichrist" (I Jean IV., 2-3): tout esprit qui rejette le dogme du Christ venu dans la chair (Incarnation) et/ou en divise Jésus en lui refusant sa nature divine pour ne retenir que sa nature humaine, "c'est l'esprit de l'antichrist". Le protestantisme en attaquant le dogme de l'Incarnation, en retirant à Marie son titre de Mère du Verbe fait chair, son titre de Mère du Dieu incarné, son titre de Mère de Dieu, est donc un esprit antichrist. Entre la doctrine catholique qui vénère et honore la Mère de Jésus Verbe fait chair, et la doctrine protestante qui insulte la Mère de Dieu, choisissez.

Il est aussi des protestants qui poussés par cette haine vraiment diabolique contre MARIE, attaquent sa virginité perpétuelle

"Il est aussi des protestants qui, toujours poussés par cette haine vraiment diabolique contre MARIE, ont attaqué sa virginité perpétuelle, se fondant entre autres sur un passage de l'Evangile où il est parlé des frères du SEIGNEUR. Ignorent--ils qu'en orient, de nos jours encore, on appelle du nom de frères tous les proches parents? les langues orientales n'ont point de termes pour exprimer la qualité de cousin; et dans la Bible, entre autres exemples, on voit Abraham dire à son neveu Loth: "Qu'il n'y ait point de querelles entre nous, car nous sommes frères." (Gén., XIII, 8.) Saint Jacques, appelé quelquefois dans l'Ecriture frère du Seigneur, était son cousin germain. le dogme de la virginité perpétuelle de Marie est confirmé par tous les monuments des temps apostoliques; il faut manquer de sens chrétien, de pudeur chrétienne, pour oser le révoquer en doute" (Source: Mgr de Ségur, Causeries sur le protestantisme d'aujourd'hui, Libraie Saint-Joseph, Tolra libraire-éditeur, Rennes 1894.)

De l'antiquité de la condamnation de l'erreur protestante refusant à Marie le titre de Mère de Dieu: la condamnation de Nestorius et du nestorianisme (Concile oecuménique d'Ephèse 431 ap. J.-C.)

Saint Cyrille contre l'hérétique Nestorius

"Un esprit vif et pénétrant, une foi ardente, des moeurs pures signalèrent Cyrille aux suffrages, après la mort de son oncle Théophile, patriarche d'Alexandrie, l'an 412.

Elu pour lui succéder, il se montra zélé défenseur de la vérité contre Nestorius. Ce patriarche de Constantinople, sous une apparence de piété, répandait ses erreurs. Il prêchait qu'il y avait deux personnes en Jésus-Christ et que la sainte Vierge, mère de la personne humaine, ne pouvait s'appeler mère de Dieu. Cyrille refusa cette impiété en rappelant que, s'il y a en Jésus-Christ deux natures, la divine et l'humaine, il n'y a qu' une personne, seconde personne de la Trinité, personne divine. JESUS-CHRIST étant cette personne divine, étant DIEU, et Marie étant mère de JESUS-CHRIST, on doit l'appeler Mère de Dieu. L'illustre Docteur écrivit au pape Célestin pour bien préciser l'état de la question, que Nestorius tâchait d'embrouiller dans ses lettres. Le pape condamna ces erreurs dans un concile de Rome et envoya la sentence à saint Cyrille, en le chargeant de la faire exécuter. Celui-ci assembla dans Alexandrie tous les prélats de la province. Ils reçurent avec soumission le décret du Saint-Siège et le firent signifier à Nestorius. Mais l'hérésiarque persista dans ses erreurs et sa désobéissance.

Alors un Concile oecuménique fut assemblé dans la ville d'Ephèse, l'an 431, par ordre du pape et avec le concours de l'empereur Théodose. Cyrille le présida en qualité de légat du Saint-Siège. La première session, qui se tint le 22 juin, dura depuis le matin jusqu'à la nuit. Une foulle immense attendait avec impatience la décision du Concile. Dès qu'on apprit la condamnation de Nestorius et le triomphe de la Mère de Dieu, la joie publique éclata en mille démonstrations. On fit une ovation aux pères du Concile; on les reconduisit à leurs demeures avec des flambeaux et en brûlant des parfums. Toute la ville fut illuminée. Jamais victoire, jamais fête ne fut célébrée avec plus de réjouissance et d'éclat. De retour dans son diocèse, Cyrille s'appliqua, le reste de sa vie à conserver dans toute son intégrité le précieux trésor de la foi, à rétablir et à cimenter la paix, ébranlée par l'hérésie. Il mourut le 9 juin, l'an 444. On le surnomma l' Avocat de la foi orthodoxe, le Docteur de l'incarnation" (Mgr Paul Guérin, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Editions D.F.T., Argentré-du-Plessis 2003, p. 57-58.)

Le protestantisme et la Révolution

Partout où il fut proclamé, son premier appel à la révolte des chrétiens contre le pape se traduisit à l'instant même en appel à la révolte des peuples contre les rois

Tout protestantisme est révolutionnaire. Je ne dis pas tout protestant, mais tout protestantisme, car je sais bien que l'homme n'est pas toujours assez conséquent pour mettre en harmonie ses actions avec ses croyances; souvent il vaut mieux par ce qu'il fait que parce qu'il pense; et de même que nous avons malheureusement des révolutionnaires forcenés parmi les catholiques, malgré le catholicisme; de même on rencontre des esprits sincèrement amis de l'ordre parmi les protestants, malgré le protestantisme. Mais il s'agit ici du protestantisme et non des protestants, et je le répète, tout protestantisme est révolutionnaire.

Tandis que le catholicisme est la soumission du coeur et de l'esprit à l'autorité de l'Eglise, le protestantisme n'est que la négation de toute autorité en fait de religion.

Or, une fois établi en principe que l'homme ne doit reconnaître aucune autorité religieuse, n'est-il pas simple, naturel, logique, de conclure qu'il ne doit non plus reconnaître aucune autorité politique?

"Pourquoi ceux qui ont rejeté l'obéissance à l'Eglise ne rejetteraient-ils pas l'obéissance à l'Etat? le protestantisme, ou la révolte contre l'autorité religieuse, renferme dans ses entrailles le germe de la révolte contre toute autorité.

"L'histoire du protestantisme rend un éclatant témoignage à cette vérité.

  • Partout où il fut proclamé, son premier appel à la révolte des chrétiens contre le pape se traduisit à l'instant même en appel à la révolte des peuples contre les rois...
  • Les mêmes langues des chefs de la Réforme qui formulaient les blasphèmes les plus atroces contre le chef de l'Eglise, vomirent les plus sanglantes insultes contre les chefs des Etats. Pour ces génies du désordre, si le Souverain-Pontife ne fut qu'un tyran, les princes ne furent que des monstres, et les guerres de religions qui, à cette époque malheureuse, ensanglantèrent l'Allemagne, l'Angleterre et la France, ne furent au fond que des guerres de révolution.
  • "Depuis lors; le protestantisme a toujours et partout sympathisé avec toutes les révoltes, et toutes les révoltes ont témoigné au protestantisme des sympathies bien frappantes; tout protestantisme a toujours été essentiellement révolutionnaire, comme toute révolte a toujours été essentiellement protestante.

"C'est du sein des peuples protestants qu'est sorti l'esprit de révolte qui, dans ces derniers temps, a gagné certaines contrées catholiques; c'est depuis que la Réforme a failli renverser l'autel que tous les trônes ont été ébranlés.

  • La Révolution de la France catholique n'a été qu'une imitation sanglante de la révolution de l'Angleterre protestante;
  • et c'est au protestantisme anglais que revient la triste gloire d'avoir introduit dans l'Europe chrétienne la mode païenne d'assassiner juridiquement les rois" (R.P. Ventura, Carême prêché devant l'Empereur, à la chapelle des Tuileries, en 1857, cité in Mgr de Ségur, Causeries sur le protestantisme d'aujourd'hui, Libraie Saint-Joseph, Tolra libraire-éditeur, Rennes 1894.)

En vertu de cette commune origine, le protestantisme et la Révolution se fondent de plus en plus. Les protestants honnêtes repoussent, il est vrai, cette union qui les épouvante; mais elle s'accomplit fatalement, en vertu du principe même qui a produit la Réforme, et les organes les plus avoués du socialisme le proclament hautement.

"... Je m'adresse à toutes les croyances, à toutes les religions qui ont combattu Rome, écrit le révolutionnaire Quinet; ELLES SONT TOUTES, QU'ELLES LE VEUILLENT OU NON, DANS NOS RANGS, puisqu'au fond leur existence est aussi inconciliable que la nôtre avec la domination de Rome."

Tout Luther religieux, dit Louis Blanc, appelle nécessairement un Luther politique.

Mazzini, Garibaldi et les autres aventuriers qui tinrent, il y a quelques années, sous leur joug pervers la capitale du monde chrétien, ne crurent pas trouver un meilleur moyen d'affermir et de consolider en Italie la révolution sociale que d'y introduire le protestantisme: des milliers de Bibles falsifiés furent distribués dans Rome, et le projet fut formé de donner aux protestants l'église du Panthéon, au cour même de la ville. "La Bible, disait en 1850 Garibaldi en confiant au ministre protestant Pozzi l'éducation religieuse de son fils, la Bible est le canon qui nous ouvrira l'Italie."

Les publications effrontées des révolutionnaires modernes sont, du reste, sous les yeux des protestants comme elles sont sous les nôtres. Qu'ils les consultent. D'une voix unanime, les révolutionnaires applaudissent tous au protestantisme, cette forme religieuse de la révolution.

C'est là un fait incontestable et public qui mérite l'attention des hommes sérieux; ceux qui restent indifférents aux intérêts sacrés de la foi doivent s'émouvoir au moins à l'aspect des dangers du foyer domestique.

"Le socialisme, a dit un écrivain, n'est que le protestantisme contre la société, comme le protestantisme n'est que le socialisme contre l'Eglise." (Aug. Nicolas, Du protestantisme et de toutes les hérésies dans leur rapport avec le socialisme, cité in Mgr de Ségur, Causeries sur le protestantisme d'aujourd'hui, Libraie Saint-Joseph, Tolra libraire-éditeur, Rennes 1894.)

Le protestantisme n'est pas français

"Notre France est foncièrement catholique; elle a trop de bon sens et de logique pour être susceptible d'une autre religion; elle peut devenir icnrédule, elle ne deviendra jamais protestante.

Si le protestantisme a trouvé parfois en France des sympathies, ce n'a jamais été que dans les partis révolutionnaires qui s'insurgeaient contre l'autorité légitime; s'il a jamais servi de drapeaux à des Français, ces Français étaient des rebelles qui conspiraient avec l'étranger et fomentaient la guerre civile; si, en dehors de ses sectateurs, il y trouve des amis et des soutiens, c'est son principe révolutionnaire qui les lui attire, et ces partisans ne lui font point honneur.

Le protestantisme n'a rien qui ne soit antipathique à l'esprit français. Il se contredit lui-même, et ne soutient pas l'examen; il est roide et guindé; son austérité apparente et compassée n'est que le froid orgueil du pharisien: rien pour la raison, rien pour l'imagination, rien pour le coeur.

Du reste, il ne se sent pas à l'aise chez nous. Tout ce que nous aimons lui répugne, et il aime tout ce que nous n'aimons point. L'Angleterre, vrai centre du protestantisme dans le monde, est l'objet de ses complaisances et de ses voeux, et sa propagande en France s'alimente en grande aprtie de secours étrangers, plus politiques peut-être que religieux.

Jamais la France n'a pu supporter un Souverain, ni même une Souveraine, qui ne fussent catholiques. Henri IV, ce prince si chéri de nos pères, a été repoussé par eux tant qu'il est resté huguenot. jamais un protestant, jamais une protestante ne s'assoiront sur le trône de France. Un seul essai de ce genre a été tenté en des jours voisins de nous, et DIEU, qui protège la France, a manifesté ses jugements par des coups terribles et répétés.

La France ne serait plus la France si elle cessait d'être LA FILLE AÎNEE DE L'EGLISE!" (Mgr de Ségur, Causeries sur le protestantisme d'aujourd'hui, Libraie Saint-Joseph, Tolra libraire-éditeur, Rennes 1894.)

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