Eusèbe de Césarée

De Christ-Roi
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Eusèbe de Césarée (v. 260-v. 339), historien chrétien, théologien et prélat grec, probablement né en Palestine. Témoin de la dernière persécution du début du IVe siècle, conseiller et panégyriste officiel de l’empereur Constantin, Eusèbe est le premier à composer une histoire de l’Église: il ouvre une nouvelle ère dans l’histoire de l’historiographie, l’histoire ecclésiastique. Cette histoire constitue sa propre tradition historiographique par son principe fondateur (conformité de l’Église avec les principes et les institutions de ses origines), par sa nature nationale (le peuple Chrétien forme une nation de la même manière qu’il existe une historiographie juive), et par son traitement tout personnel de l’histoire (histoire de la succession des évêques et des Pères de l’Église).

Eusèbe sait que les Chrétiens forment une nation et une nation victorieuse.

La continuité des héritiers légitimes du Christ et donc la continuité de l’institution s’expriment par la succession des évêques ou des pères dans leurs sièges apostoliques.

La préservation de la pureté de l’enseignement original des apôtres confère à l’Église son unité interne. Succession apostolique et orthodoxie doctrinale sont les piliers de la nouvelle nation chrétienne, les persécuteurs et les hérétiques, ses ennemis. Le combat de l’histoire ecclésiastique est celui contre la persécution (Livres des Maccabées) et les hérétiques (Actes des apôtres). Eusèbe traite des hérésies, mais il n’imagine pas que le cours même des premiers siècles de l’Église pourra être mis en cause ou avoir plus d’une interprétation. La position de saint Pierre, la hiérarchie ecclésiastique, l’origine et l’évolution des sacrements n’étaient pas matière à controverse pour lui, comme elles le seront au XVIe chez les Protestants.

Baptisé Eusèbe Pamphile, il prit le nom de Pamphile en hommage à son ami et maître Pamphile de Césarée. Ce dernier possédait une vaste bibliothèque, où Eusèbe puisa des matériaux historiques qu'il utilisera plus tard dans ses ouvrages. Eusèbe travailla aussi en collaboration avec Pamphile sur une édition des Septantes à partir des Hexaples, ouvrage du premier d'Origène, et à la préparation d'une apologie (cinq livres, aujourd'hui perdus) de ses enseignements.

Après le martyre de Pamphile, Eusèbe quitta Césarée et se rendit à Tyr, qu'il dut ensuite fuir pour échapper aux persécutions des chrétiens qui sévissaient au début du IVe siècle. Il semblerait néanmoins que ce fût seulement lors de son arrivée en Égypte qu'il fût jeté en prison, et ce n'est qu'une fois les persécutions terminées, après 310, qu'il recouvra la liberté.

Vers 314, Eusèbe devint évêque de Césarée. Au concile de Nicée (325), il prononça le discours d'inauguration et fut nommé à la tête des Semi-Ariens.

À Nicée, il accepta la position orthodoxe trinitaire (catholique) défendue par saint Athanase, ce qui ne l'empêcha pas d'afficher un certain penchant pour les thèses ariennes lors des synodes d'Antioche (324) et de Tyr (335). Eusèbe bénéficia des bonnes grâces de Constantin Ier, empereur de Rome, et fut l'un des hommes les plus savants de son époque.


Ses ouvrages

Outre des œuvres historiques, on doit à Eusèbe les Canons, système de renvois aux Évangiles utilisé dans maints manuscrits bibliques. Il prépara ou améliora les travaux menés par Ammonios, théologien d'Alexandrie du IIIe siècle, en divisant les Évangiles en paragraphes. Ainsi, on en dénombra 355 dans l'Évangile selon saint Matthieu, 236 dans l'Évangile selon saint Marc, 342 dans l'Évangile selon saint Luc et 322 dans l'Évangile selon saint Jean. Tous ces paragraphes dits «ammoniens» sont numérotés en marge du texte. En outre, leur contenu étant commun aux quatre Évangiles, ils étaient, dans leur majorité, quasi identiques d'un Évangile à l'autre. Enfin, pour permettre une utilisation facile des renvois, Eusèbe élabora dix tables — ou listes — explicatives.

On lui doit également des travaux apologétiques, une histoire universelle jusqu'en 303 et une histoire de l'Église jusqu'en 324.

Eusèbe est lu tout au long du Moyen Age. Saint Augustin y fait des références très éloquentes. Grégoire de Tours, Bède, Isidore, Jean le Diacre l’ont étudié.

Voir aussi la biographie wikipedia