Les dits 'philosophes' du XVIIIe siècle étaient des "Lumières", les catholiques des obscurantistes !

De Christ-Roi
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  • "Tous ceux qui ont entrepris de bouleverser l'ordre religieux et l'ordre social, et d'anéantir toutes les lois divines et humaines, ont toujours fait conspirer leurs conseils, leur activité et leurs efforts, à tromper et à dépraver surtout l'imprévoyante jeunesse [...], parce qu'ils mettent toute leur espérance dans la corruption des jeunes générations. Voilà pourquoi le clergé régulier et séculier, malgré les plus illustres témoignages rendus par l'histoire et ses immenses services dans l'ordre religieux, civil et littéraire, est de leur part l'objet des plus atroces persécutions; et pourquoi ils disent que " le clergé est ennemi des Lumières, de la civilisation et du progrès, il lui faut ôter l'instruction et l'éducation de la jeunesse..." (Pie IX, Lettre Encyclique Quanta Cura, Rome 8 décembre 1864)


Les prétendus "philosophes" convoyèrent leur Encyclopédie, vrai outil de guerre des Lumières contre la croyance périmée et inhumaine en ce "Dieu" Jésus-Christ, dont on avait allégué contre toute raison qu'il était né d'une Vierge et qu'il était ressuscité des morts après avoir été crucifié, combat triomphalement gagné par le courage et l'intelligence sur l'obscurantisme chrétien et catholique évidemment.

Pourtant, les dits "philosophes" des Lumières sont les pères de la démocratie totalitaire du XXe siècle, d'autres des antisémites et des racistes qui justifient pour certains la traite négrière.

Voltaire refusait que les enfants pauvres soient éduqués, il préconisait que les gens "inutiles" devaient disparaître, il était "plus fanatiques que les fanatiques qu’il hait" et son antisémitisme a inspiré celui des nazis...

Le racisme des dits "philosophes"

Voltaire était d’un racisme outrancier, considérant les Noirs comme l’intermédiaire entre l’homme et le singe. D’ailleurs, il avait gagné de l’argent grâce aux compagnies négrières, tout comme Diderot et Raynal...

L'Encyclopédie ou "le grand moyen d'éclairer peu à peu le genre humain, & d'écraser l'infame..."

"Ce fut enfin la nécessité de cette précaution, qui inspira à d'Alembert le projet de l' Encyclopédie, comme le grand moyen d'éclairer peu à peu le genre humain, & d'écraser l'infame. Il conçut ce projet, Diderot le saisit avec enthousiasme; Voltaire le soutint avec une confiance qui ranima souvent celle de d'Alembert & de Diderot, prêts à succomber l'un et l'autre plus d'une fois sous leur ? (le mot est illisibile. je traduis par: entreprise)" (Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, 1798, t. I, p. 61).

L'art d'insinuer l'erreur

"[...] La première (ressource) était l'art d'insinuer l'erreur, l'impiété dans les articles où naturellement elle devait le moins être attendue, dans les parties de l'Histoire, de la Physique, même de la Chymie, de la Géographie que l'on aurait cru pouvoir parcourir avec le moins de danger. La seconde (ressource) était l'art des renvois, cet art si précieux, qui consistait après avoir mis sous les yeux du lecteur" (Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, t. I, p. 64) quelques vérités religieuses, à lui faire sentir qu'il devait chercher d'autres leçons dans des articles d'une toute autre espèce...

"Malgré toutes ces ruses, les personnes zélées pour la religion s'élevèrent avec force contre l'Encyclopédie; le Dauphin se récria sur-tout & obtint pour un temps la suspension de cet ouvrage. Les auteurs essuyèrent les dégoûts à diverses reprises; d'Alembert fatigué semblait y renoncer. Voltaire qui sentait mieux que personne l'importance de ce premier moyen des conjurés, releva leur courage. Loin de se relâcher lui-même, il travaillait, il demandait, il envoyait sans cesse de nouveaux articles... Il exaltait sur-tout l'honneur de la persévérance dans une si belle entreprise (voyez ses lett. années 1755-1756); il les pressait, les conjurait au nom de l'amitié, au nom de la philosophie de vaincre les dégoûts, de ne pas se laisser décourager dans une si belle carrière (voyez ses lett. du 3 septembre 1752 & du 13 novembre 1756, surtout du 8 janvier 1757)" (Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, 1798, t. I, p. 76).

La Contre-encyclopédie et la défense du christianisme

"L'ouvrage le plus important consacré aux défenseurs du christianisme était la thèse d'Albert Monod intitulée: De Pascal à Chateaubriand. Les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802. Elle remontait à 1916... Un livre plus récent du professeur Didier Masseau, Les ennemis des philosophes, L'antiphilosophie au temps des Lumières, éd. Albin Michel, 2001, comble avec bonheur cette lacune.

"Le sujet de cet ouvrage est original par définition; il est même à contre-courant puisqu'il porte sur les auteurs qui eurent l'extravangante idée de s'opposer aux grands ancêtres, aux statues du progrès et de la raison. Néanmoins, l'ouvrage de D. Masseau n'est pas polémique; c'est un livre scientifique, reposant sur une vaste érudition, et infiniment nuancé.

L'intérêt dominant du livre du professeur Masseau est évidemment d'analyser un courant de pensée largement occulté jusqu'ici mais, surtout, de faire percevoir à ce propos la diversité et la complexité du XVIIIe siècle. Face à la volonté affirmée des "philosophes" de laïciser la société, de centrer sur l'homme et non plus sur Dieu toute recherche raisonnable, de désacraliser l'autorité et de considérer que le seul bonheur vrai est matériel et sur terre, une réaction intellectuelle s'est fait jour. Selon Mr. Masseau, les adversaires des philosophes furent très divers, ils ne constituèrent pas une "coterie" homogène, d'autant moins que l'appartenance à un groupe social, l'ordre du clergé par exemple, ne déterminait pas l'adhésion à un camp: Morellet, Raynal, Mably étaient "abbés", et cependant dans le camp des "philosophes". Dans la masse des réactions que suscita le mouvement rationaliste et laïciste des Lumières, Mr Masseau distingue trois groupes principaux. Le premier est composé de ceux qui choisirent leur camp pour des raisons stratégiques, et qui espérèrent tirer profit du développement de ce combat. Il est certain par exemple que les Académies constituaient un enjeu: les "philosophes" voulaient s'en emparer, et leurs adversaires s'efforcèrent d'enrayer le focntionnement des coetries littéraires et mondaines qui avaient été mises en mouvement. Entre 1760 et 1770, en fait, les "philosophes" finirent par investir l'Académie française.

Un autre groupe serait constitué de "dévôts" disposant d'un pouvoir isntitutionnel, et agissant par exemple à la tête d'un journal. Elie Fréron (1718-1776) [1], dont la formation et la culture étaient similaires à celles de Voltaire, fut, comme directeur de l' Année littéraire, à la pointe du combat contre la "philosophie". C'était un esprit mesuré, honnête, hostile aux attaques personnelles et, surtout, d'une grande indépendance: il avait de la sympathie pour les oeuvres audacieuses et détestait l'intolérance. De 1750 à 1770, il fut le premier adversaire des encyclopédistes. Dans l' Année littéraire, il les attaqua en qualité de critique littéraire, mais était également capable d'aborder les questions théologiques en se fondant sur les faits historiques. Fréron fit flèche de tout bois et rassembla les défenseurs. Pour être juste, il faudrait souligner que la clairvoyance n'était pas le moindre de ses talents. Il écrivit en 1772: "Si les sages philosophes du sicèle qui réclament la tolérance avec tant de chaleur et d'intérêt, parce qu'ils en ont le plus grand besoin, étaient à la tête du gouvernement et se voyaient armés du glaive de la souveraineté ou de celui des lois, ils seraient peut-être les premiers à s'en servir contre tous ceux qui auraient l'audace de contredire leur opinion..." (prophétique!)

Jacob-Nicolas Moreau, qui avait appartenu à l'univers des parlementaires jansénistes, mais s'en était détaché, guéri, rédigea en 1757 un mémoire célèbre sur les "Cacouacs", mémoire qui, avec un humour féroce, ridiculisait la secte philosophique en retournant contre elle ses propres armes…

Palissot, auteur des Petites lettres sur les grands philosophes, fit jouer en 1760 sa pièce Les Philosophes qui, à la manière de Molière, présentait les auteurs des Lumières comme les Tartuffe modernes.

Le professeur Masseau insiste sur le soutien que le pouvoir politique apporta à ces auteurs... Il est vrai que le Dauphin, fils de Louis XV, et son entourage, s'efforcèrent de prendre la défense de l'Eglise et du trône. C'est ainsi que le propre confesseur du Dauphin, l'abbé Odet Giry de Saint-Cyr, rédigea en 1758 Catéchisme et décisions de cas de conscience à l'usage des cacouacs et un Discours du patriarche des Cacouacs pour la réception d'un nouveau disciple. Moreau, Palissot reçurent sans doute des appuis. Toutefois, comme l'a remarqué M. Michel Antoine, la propagande royale avait semblé s'essouffler depuis la fin du règne de Louis XIV, et le soutien offert aux adversaires des "philosophes" fut éphémère. Directeur de Librairie depuis 1750, Malesherbes était chargé, comme tel, de contrôler la publication et la circulation des imprimés qui étaient contraires à la religion, aux bonnes moeurs et à l'ordre social et politique. Il choisit de se faire le complice zélé des "philosophes" et des encyclopédistes; en revanche il n'épargna aucune tracasserie aux adversaires des Lumières. En 1752, il n'hésita pas à suspendre L'année littéraire de Fréron (p. 155) sous prétexte d'irrespect à l'égard de Voltaire. Son appétit de tolérance était pour le moins sélectif!

Le comte d'Arcq, enfant naturel du comte de Toulouse, avait, dans plusieurs ouvrages, soutenu des thèses contraires à celles des "philosophes" et provoqué leur irritation. En 1759, alors qu'il avait des difficultés financières, il sollicita l'autorisation de continuer la parution du Journal étranger où il avait des intérêts et dont le privilège avait été supprimé. Malgré l'intervention de Saint-Florentin, la requête reçut une réponse négative, et Malesherbes ne cacha pas que les idées exposées précédemment par le comte d'Arcq sur la noblesse avaient inspiré cette décision. Cette vengence sordide était peu compatible avec la légende tenace d'un Malesherbes libéral et philanthrope. En revanche, la générosité de Malesherbes pour ses amis du parti philosophique n'avait pas de limites... Lorsque la fonction l'obligea à faire saisir par la police les papiers de l' Encyclopédie, sans vergogne, il avertit Diderot la veille, et stérilisa ainsi l'action de son propre service: la fille de Diderot en apporte le témoignage dans ses mémoires.

Le troisième groupe des antiphilosophes distingués par Didier Masseau est celui des apologistes, qui cherchèrent en priorité à défendre en priorité la cause de la religion. Ce groupe est essentiellement - mais non exclusivement - composé de clercs qui, conformément à leur mission, s'efforcèrent de protéger le public des livres pernicieux. Des jansénistes comme Chaumeix, des jésuites comme les pères Berthier, Griffet, Papillon du Rivet, des évêques comme Partz de Pressy ou La Luzerne, et même des protestants comme Formey, investirent toutes leurs ressources intellectuelles dans le combat. Les personnalités fortes et originales ne manquèrent pas: le marquis de Caracioli (p. 36), par exemple, dont l'enthousiasme n'était pas moindre que celui des religieux, ou encore l'abbé Nicolas Sylvestre Bergier, curé d'une paroisse du Jura. Ce prêtre commença sa carrière d'apologiste en 1765 en publiant Le déisme réfuté par lui-même ou Examen en forme de lettres des principes d'incrédulité répandus par Rousseau. le livre remporta un succès considérable et connut cinq éditions en trois ans, puis l'abbé Bergier (p. 166) s'efforça de réfuter avec un égal bonheur Fréret et Voltaire et, à la demande de l'avocat général Séguier, d'Holbach dont le Système de la Nature était sans doute l'ouvrage le plus destructeur du siècle. En juin 1770, le prestige de l'abbé était si grand que l'assemblée générale du clergé le sollicita pour rédiger l' Avis aux fidèles sur les dangers de l'icnrédulité, u nsommet de l'apologétique qui fut envoyé dans tous les diocèses.

A travers le livre de Didier Masseau, la diversité de l'apologétique et ses difficultés apparaissent à l'évidence. Les "philosophes" ont pris à contre-pied les défenseurs de la foi, en avançant des arguments, parfoiss implistes, auxquels les théologiens n'étaient pas formés à répondre, mais qui pouvaient affecter le public des salons et des sociétés.

[...] Dans la seconde moitié du siècle, les apologistes se servirent plus souvent des armes de leurs adversaires, et les jésuites, en particulier, rendirent coup pour coup. le père Nonnotte, par exemple, dans les Erreurs de Voltaire, ouvrage qui fut plusieurs fois réédité, releva systématiquement les erreurs historiques de Voltaire; le père Feller publia un Catéchisme philosophique qui eut beaucoup de succès.

Il est certain que l'expulsion des jésuites en 1764 fut un coup très dur pour la défense de la foi: Didier Masseau l'indique à juste titre. Cet évènement accentua la disproportion des forces qui s'était amorcée dès le moment où les "décideurs" avaient manifesté, comme Choiseul, Malesherbes ou Madame de Pompadour, leur sympathie pour les "philosophes". Parallèlement, l'aopologétique se laissa gagner subrepticement par le langage, d'abord, puis par l'esprit des Lumières qui sont la négation même du christianisme. On avait déjà, dans la première moitié du siècle, commencé à parler du "bonheur par la religion", mais la vague utilitariste venue d'Angleterre réussit à contaminer "l'ordre des priorités traditionnellement reconnues par l'Eglise", écrit le professeur Masseau (p. 261). le projet était de concevoir une sorte de christianisme éclairé, de poser en termes chrétiens les problèmes du moment, au risque de se laisser enfermer dans la problématique des Lumières qui privilégiait en particulier le "Progrès" et le "Bonheur". Une fraction de l'apologétique chrétienne se laissa ainsi glisser vers un discours où le coeur et la sensibilité jouent le premier rôle. On passa (p. 262) de la notion pascalienne de "coeur" opposée à la "raison" au "pouvoir d'émouvoir au contact des vérités divines". L'apologétique "sensible" privilégia les preuves du "coeur", les consolations et les beautés de la religion.

L'abbé Clément (p. 184) déclame, préfigurant Chateaubriand et Musset: "Eglise de Jésus-Christ, vous m'ouvrez votre sein. Ah! Je m'y retirerai avec la simplicité d'un enfant, j'irai me jeter et trembler entre ses bras. Avec bonté, elle essuiera mes larmes et calmera du moins l'excès de mes frayeurs". Le sermon se laisse envahir par un sentimentalisme larmoyant de style "Rousseau", en même temps qu'il s'attarde aux questions les plus prosaïques de l'actualité à la condition qu'elles puissent déchaîner les sanglots: les hôpitaux défectueux, la misère, les galériens, la paix, etc. Les ouvrages les plus significatifs de cette veine furent le Traité sur le Beau du père André, qui inspira Chateaubriand, Le Chrétien par le sentiment du père Fidel (1764), Les délices de la religion ou le pouvoir de l'Evangile pour nous rendre heureux (1788) du célèbre abbé Lamourette.

Le livre de Mr Masseau, dont l'érudition est d'une inestimable richesse, fait percevoir avec clarté à son lecteur le bouillonnement de la vie intelelctuelle en France au XVIIIe siècle. Il permet de rétablir certaines vérités capitales. [...] Au cours du combat où les protagonistes des deux camps firent assaut de talent, toutes les alliances furent imaginées (jansénistes et "philosophes" contre les jésuites, jansénistes et les jésuites contre les "philosophes" et les matérialistes).

On peut s'étonner néanmoins de certaines remarques de Mr. Didier Masseau, de son indignation, par exemple, devant l'accusation d'intolérance (p. 251) portée par l'abbé Guénée à l'encontre de Voltaire. Pourtant, les pages consacrées aux Juifs par Voltaire dans l' Essai sur les moeurs, le Dictionnaire philosophique et d'autres ouvrages, ne relèvent pas précisément de l'esprit de tolérance, pas plus d'ailleurs que les invectives contre le Christ ("le Pendu")... Quant aux fièvres affectant Voltaire chaque 24 août, anniversaire de la Saint-Barthélemy, on peut déplorer qu'elles aient été aussi mystérieusement sélectives: apparemment, les flammes des bûchers qui s'élevèrent dans le ciel d'Angleterre après la défaite de Culloden ne le firent pas plus tousser que celle du martyre de Michel Servet!

Mais, dans le foisonnement d'idées et de faits que représente par ailleurs cet ouvrage, il s'agit là de défauts mineurs. Il faut encore rendre hommage à l'auteur d'avoir souligné que la tourmente révolutionnaire redistribua les rôles: tel suppôt des Lumières, comme La Harpe ou Marmontel, déplora la Révolution, tandis que le fils de Fréron devenait terroriste.

On peut ajouter que ce combat courageux des antiphilosophes ne fut perdu qu'en apparence. le renouveau catholique qui se manifesta dans les persécutions de la Révolution porte l'historien à la nuance... Il suffit de rappeler que dans la ville censée être la plus déchristianisée de France en 1789, Paris, des messes clandestines furent célébrées dans toutes les paroisses pendant toute la durée de la terreur... La série W des Archives nationales, comportant les jugements du Tribunal révolutionnaire, permet de dresser un martyrologe et de prendre la tempréture du catholicisme à Paris".

(Source: Jean-Pierre Brancourt, Honneur à la Contre-encyclopédie, Fideliter, Juillet-Août 2001, n° 142, p. 42-47).