La Révolution a eu lieu parce que le peuple était excédé par la noblesse et le clergé

De Christ-Roi
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Sommaire

Amorce de l'article

Montrer les manoeuvres des FM et des encyclopédistes.

  • C'est une minorité qui s'empare du pouvoir et se le dispute
  • disette fabriquée (Necker)
  • faux cahiers de doléances
  • propagande
  • émeutes organisées & synchronisées


Montrer la richesse relative de la France

  • depuis toujours, la France n'a jamais été aussi riche


Montrer la cohésion sociale


Relativiser la pauvreté et le ressentiment envers la noblesse et le clergé

Article

En 1789, "c'est une minorité qui s'empare du pouvoir et se le dispute..." (Jean Sévillia)

"[...] 1789, C'EST UNE MINORITE QUI S'EMPARE DU POUVOIR ET SE LE DISPUTE...

"Conduite au nom du peuple, la révolution s'est effectuée sans le consentement du peuple et souvent même contre le peuple" (Jean Sévillia)

"Conduite AU NOM du peuple, la Révolution s’est effectuée sans le consentement du peuple, et souvent même CONTRE le peuple..." (Jean Sévillia, Historiquement correct. Pour en finir avec le passé unique, Perrin, Saint-Amand-Montrond 2003, p. 177).

Le peuple français acclamait le Roi après la prise de la Bastille. En voici une gravure:

Vive le Roi ! Gravure d\'après Debucourt manifestant la popularité de Louis XVI après la prise de la Bastille.JPG

Vive le Roi! Gravure d'après Debucourt manifestant la popularité de Louis XVI après la prise de la Bastille

On peut donc dire que conduite au nom du peuple, la Révolution s’est effectuée sans le consentement du peuple, et même CONTRE le peuple...

Le Roi revenant au château, après sa visite à l\'assemblée, est acclamé par la foule - le 15 juillet 1789 - Aquatinte de Janinet.JPG


Le Roi revenant au château, après sa visite à l'assemblée, est acclamé par la foule - le 15 juillet 1789 - Aquatinte de Janinet


Les dames de la Halle viennent complimenter la Reine aux Tuileries le 7 octobre 1789 - gravure populaire.JPG

Les dames de la Halle viennent complimenter la Reine aux Tuileries le 7 octobre 1789 - gravure_populaire

Une disette fabriquée

"En faveur de ces Droits (de l'homme), tous les conseils des conjurés s'unissent, & ils ont dit: De retour auprès du Trône, Necker affamera ce peuple pour le forcer à l'insurrection; les Frères excitateurs enverront de Paris les harpies des faubourgs demander du pain à Louis XVI; désormais à la tête des Municipes, Bailly & ses assesseurs les feront suivre par les légions des Nationaux; désormais à la tête des Nationaux, La Fayette les emmenera à Versailles; il en entourera Louis XVI sous prétexte de veiller à sa défense, & il s'endormira. Mirabeau, Péthion & Chapellier, Montesquiou & Dupont, Charles Lameth, Laclos, Sillery, d'Aiguillon, préviendront l'Assemblée qu' il faut au peuple des victimes; ils l'empêcheront de se porter auprès du Monarque pour veiller sur ses jours; (Séance du 3 octobre) & ils profiteront des ténèbres pour animer la populace, les brigands & les soldats. Ils ont déjà tout le coeur des furies; ils en prendront le masque & le costume pour diriger leurs coups. D'Orléans abreuvera ses montres des liqueurs de la rage, de la frénésie, & il leur montrera la Reine, la première victime à immoler. Sieyès & Grégoire, & la foule des autres conjurés, resteront spectateurs; mais si le Roi succombe, ils donneront la couronne à d'Orléans, sûrs de la morceler au gré de leur égalité & de leur liberté, dès qu'il la tiendra d'eux..." (Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, P. Fauche Libraire, Hambourg 1799, t. V, p. 124-125).

"Ici se termine ce que j'ai appelé les préléminaires de la Révolution. Necker a fait de son Assemblée "nationale" ce qu'il voulait en faire; il l'a transportée dans cette ville où il voulait la voir pour sa révolution. Dans la amarche tracée par les Sophistes pour écraser le prétendu infame, ici s'ouvre la guerre des lois contre le Christ" (Augustin Barruel, ibid., t. V, p. 124-125).

Des cahiers de doléances n'étaient pas des cahiers de paysans...

"Dans l'ensemble, les élections donnèrent bien ce qu'en attendaient les clubs philosophiques. L'énorme amas de cahiers de plaintes, dont une petite partie seulement est convenablement éditée, en témoignent nettement. Les Cahiers de campagnes ne sont presque jamais des Cahiers de paysans... presque partout ils ont été proposés, rédigés ou copiés par des hommes de loi... Ils reproduisent les modèles non seulement dans leur esprit, mais dans leur style - qui les trahit. Parfois le tabellion lettré qui a tenu la plume les a embellis de citations latines, de vers anglais, de passages de Fénelon, de Montesquieu, de Le Trosne, d'invocation à la Nature ou de remerciements à l'Etre suprême [...], dans le goût du Vicaire savoyard. Parfois, un laboureur tenace et rusé y a fait ajouter des revendications plus précises, ou une liste puérile de criailleries locales..." (Pierre gaxotte, La Révolution française, Nouvelle édition établie par Jean Tulard, Éditions Complexe, Bruxelles 1988, p. 103).

Mgr Freppel: "Je viens de relire attentivement les cahiers dans lesquels clergé, noblesse et tiers-état avaient déposé l'expression libre et sincère de leurs voeux et de leurs sentiments; car "il n'y eut jamais d'élections plus libres que celles de 1789" (Ch. Chassin, Le génie de la Révolution, t. Ier, les élections de 1789, d'après les brochures, les cahiers et les procès-verbaux manuscrits, p. 217).

"On n'y trouve rien de pareil. Tout le monde est d'accord pour conserver les bases fondamentales de la société française: le gouvernement monarchique, l'inviolabilité de la personne sacrée du Roi et l'hérédité de la couronne de mâle en mâle; la religion catholique dominante, ayant seule le culte public dans le royaume, etc. (Rapport sur le dépouillement des cahiers par le comte de Clermont-Tonerre, le 27 juillet 1789, Histoire parlementaire, t. II, p. 177). Rien de tout cela n'est remis en question dans aucun cahier, et le tiers-état ne se montre pas le moins enthousiaste lorsqu'il s'agit de témoigner son attachement à la royauté (Chassin, t. Ier, Tiers-Etat de Bordeaux, de Nantes, de Bar-Le-Duc, de Rouen, de paris, de Vannes, du Forez etc., p. 240 et suiv.)

"C'est donc un fait absolument avéré, un fait hors de tout conteste, que l'idée d'une révolution radicale est totalement absente de ces cahiers préparés par l'élite intellectuelle de la nation, écrits par les commissaires élus de chaque assemblée plébénienne, noble, ecclésiastique, discutés, comparés, et enfin approuvés par la masse des électeurs délibérant et votant en pleine liberté." (Mgr Freppel, La Révolution française, Autour du centenaire de 1789, 1889, p. 7-8) [1]

Propagande révolutionnaire

Propagande maçonnique, du choc des opinions jaillit la Lumière...PNG

Propagande maçonnique, Du choc des opinions jaillit la Lumière...

On se demande laquelle...

Notons au passage que l'enseignement traditionnel de l'Eglise dit que l'on ne met pas Dieu en discussion, en match dans un duel de Sophistes. Le "dialogue" est une technique proprement révolutionnaire: il s'agit de faire tomber l'intégriste dans ce que Luce Quenette appelle l'engrenage révolutionnaire.

Ce dialogue est proprement luciférien: c'est le Serpent qui le premier, à la Génèse, tenta Eve par le dialogue. Par ses questions sournoises, il parvint à insinuer le doute dans la tête de la malheureuse Eve, qui tomba dans la séduction du démon.

"Quand l'oiseau a fixé l'oeil du serpent, il est déjà trop tard"...

Une Révolution préparée depuis des années..., dans tous les cabinets...

Voici les termes de cette lettre: "Monsieur le comte, ne vous y trompez pas: ceci n'est pas l'affaire d'une bourasque. La Révolution est faite & consommée. Elle a été préparée depuis des années par les plus grands génies de l'Europe; elle a des partisans dans tous les cabinets..." (Lettre du médecin Leroi après la prise de la Bastille, cité in Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, 1798, t. II, p. 152).

"Au moment où il fait ses aveux (ce Leroi), la Constitution & le Serment de l'apostasie (1791), n'étaient pas encore décrétés; ...Tout était préparé, tout se hâtait, mais l'Assemblée n'en était encore qu'à ses premiers forfaits contre l'autorité politique & les droits du souverain. C'est à l'aspect de ces premiers forfaits qu'on reproche à Leroi les mal-heureux effets de son école, & c'est à ce reproche qu'il répond: à qui le dites-vous! Je le sais mieux que vous; mais j'en mourrai de douleur et de remords. Lorsqu'il dévoile ensuite toute la noirceur de cette trame ourdie par son académie secrète, dans la maison d'Holbach; lorsqu'il nous dit: 'c'est là que se formait, que se poursuivait toute cette conspiration, dont vous voyez les funestes effets; les complots qu'il déteste sont ceux qu'il voit déjà suivis de tant d'ouvrages & de tant de dangers pour le Trône... Ainsi autant l'aveu du malheureux adepte nous rend indubitable la conspiration tramée par les Sophistes contre la Religion, autant il nous démontre celle qu'ils ont tramée contre le Trône" (Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, 1798, t. II, p. 153).

" [...] Pesons donc cet aveu de l'adepte pénitent. Que nous dit Condorcet glorieux & superbe de la conspiration des Philosophes contre le Trône que ne dise ce malheureux Leroi, mourant de honte, de douleur & de remord!..." (Augustin Barruel, ibid., t. II, p. 156).

"Pour écraser l'infame dans le sens de Voltaire, pour arriver au point d'anéantir les autels & le culte du Dieu prêché par les Apôtres, il ne fallait rien moins que changer ou dompter l'opinion publique, la foi de tous les peuples répandus sur la surface de la terre, sous le nom de Chrétiens. La dompter par la force ne pouvait pas entrer dans les moyens des conjurés.

"Ces progrès de la corruption & de l'impiété supposaient un assez grand nombre d'années, pour que Voltaire & Frédéric ne se flattassent pas d'y arriver (Lettre de Frédéric à Voltaire du 3 mai 1767 cité in Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, 1798, t. I, p. 60).

Le Code de l'Illuminisme indique: "Il faut gagner à nos principes la faveur de la mode, afin que les jeunes Ecrivains les répandent dans le peuple & nous servent sans le vouloir..." Augustin Barruel, ibid., t. III, p. 337). C'était, déjà, en germe, le despotisme de la "Pensée unique" qui asservit aujourd'hui nos contemporains à la dictature maçonnique.

"6° Ici revient l'article que j'ai cité plus haut sur la manière de rechercher l'appui des femmes, sur l'art que tout Régent doit étudier pour savoir les flatter, les gagner, & les faire servir au grand objet de l'Illuminisme..." (Augustin Barruel, ibid., t. III, p. 353).

"7° "Il faut aussi, ajoute immédiatement le Code, il faut aussi par-tout gagner à notre ordre le commun du peuple. Le grand moyen pour cela est l'influence sur les écoles..."

"8° "Lorsqu'on s'est emparé quelque part de l'autorité & du gouvernement, on fait semblant de n'avoir pas le moindre crédit, pour ne pas donner l'éveil à ceux qui travailleront contre nous. Au contraire, là où vous ne pourrez venir à bout de rien, vous prendrez l'air d'un homme qui peut tout. Cela nous fait craindre & rechercher, & fortifie notre parti'" (Augustin Barruel, ibid., t. III, p. 354).

"15° "Lorsqu'un Ecrivain annonce des principes qui sont vrais, mais qui n'entrent pas encore dans notre plan d'éducation pour le monde, ou bien des principes dont la publication est prématurée, il faut chercher à gagner cet auteur. Si nous ne pouvons pas le gagner & en faire un adepte, il faut le décrier..." (Augustin Barruel, ibid., t. III, p. 354).

"19° "Quand parmi nos adeptes, il se trouve un homme de mérite, mais peu connu ou même entièrement ignoré du public, n'épargons rien pour l'élever, pour lui donner de la célébrité. Que nos frères Incconus soient avertis d'enfler par-tout les trompettes de la renommée, pour forcer au silence l'envie & la cabale..." (Augustin Barruel, ibid., t. III, p. 356-357). Dans ces points quinze et dix-neuf, nous voyons de quelle manière la Secte loue ou bien décrie un auteur selon qu'il entre dans son projet ou le combat... C'est la raison pour laquelle aujourd'hui, certains sont sytématiquement mis en avant par les grands medias, cependant que d'autres sont occultés, rejetés de la face médiatique, ils sont traités en parias...

"22° "Si notre ordre ne peut pas s'établir quelque part avec toute la forme et la marche de nos classes, il faut y suppléer par une autre forme. Occupons-nous du but, c'est là l'essentiel; peu importe sous quel voile, pourvu qu'on réussisse. Cependant, il en faut (un voile) toujours un quelconque; car c'est dans le secret que réside la grande partie de notre force" (Augustin Barruel, ibid., t. III, p. 357-358).

"26° "Ne perdez jamais de vue les Ecoles militaires, les Académies, les Imprimeries, les Chapitres des Cathédrales, les établissemens quelconques qui influent sur l'éducation ou le gouvernement. Que nos Regens soient sans cesse occupés à former des plans, & à imaginer la manière dont il faut s'y prendre pour nous rendre maîtres de tous ces établissemens..." (Augustin Barruel, ibid., t. III, p. 359).

Notons que l'Abbé Barruel indique à la fin de ce chapitre: "(N.B. Tout ce chapitre, à part le peu de réflexions que j'y ai mêlées, n'est qu'une traduction du Code, article par arcticle. Instruction B du grade de Régent)" (Augustin Barruel, ibid., t. III, p. 360).

La Secte poursuit: "Que ne ferons-nous pas, ... répandant par-tout & jusque dans les chaumières, les productions de notre choix? Avons-nous une fois pour nous l'opinion publique, il nous sera facile de couvrir de mépris, & d'ensevelir dans un profond oubli, tout écrit fanatique (entendez Catholique) annoncé dans les autres journaux; de recommander au contraire & de faire valoir par-tout les productions conformes à nos voeux. Peu à peu nous pourrons attirer dans nos mains tout le commerce de la librairie. Alors les fanatiques auront beau écrire en faveur de la superstition & des despotes, ils ne trouveront plus ni vendeurs, ni lecteurs ou acheteurs.

"Crainte que les libraires ne réclamassent contre une institution de cette nature, ils devaient eux-mêmes y être attirés par les avantages qu'on leur proposerait, & par la crainte de voir leur commerce réduit à rien s'ils n'entraient pas dans les vues de la coalition. Ils étaient assurés que les Frères employeraient tous les moyens possibles pour faciliter le débit des oeuvres conformes au but de l'Union; mais ils l'étaient aussi que tout livre contraire à ses projets serait décrié dans ses journaux & par tous les adeptes. Ils n'avaient pas d'ailleurs à craindre de voir diminuer le nombre des livres à vendre. La société savait intéresser les Ecrivains à multiplier leurs productions, par la partie du gain qu'elle leur asssurait. Il devait enfin y avoir des fonds établis pour dédommager tout libraire qui, au lieu de vendre les oeuvres composées dans un esprit contraire à la coalition, les aurait supprimées ou laissées dans le fond de son magasin, en refusant de les exposer en vente, ou bien en faisant semblant de les ignorer, de n'en pas avoir d'exemplaires; en abusant, de toutes les manières possibles, de la confiance des auteurs & de celle du public..." (Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, P. Fauche Libraire, Hambourg 1799, t. V, p. 37-38).

Inonder le public de livres antichrétiens

Inonder la France de journaux: arracher l'estime & l'affection des Français pour le Roi & la Reine

"Dans le plan que nous verrons tracé par les conjurés eux-mêmes, la France devait d'abord être inondée de journaux, invitant désormais le peuple à mettre enfin la dernière main à l'oeuvre de sa liberté. A force de libelles, de calomnies & de traits odieux répandus sur Louis XVI & sur la Reine, ils devaient leur arracher l'estime & l'affection des Français" (Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, P. Fauche Libraire, Hambourg 1799, t. V, p. 145).

Un "amas d'iniquité" (Grégoire XVI)

En 1830, Grégoire XVI in Mirari vos: "la papauté juge durement le flot nouveau des livres qui déversent dans la pensée un amas d'iniquité…"

L'Abbé Barruel indique en effet en 1797: "En Hollande sur-tout il y paraissait chaque mois, chaque semaine, quelques-unes de ces productions sorties de la plume des plus hardis impies. On y faisait paraître entre autres le militaire philosophe, les doutes, l'imposture sacerdotale,... productions à peu près les plus monstrueuses de la secte [que dirait donc aujourd'hui A. Barruel devant toutes ces productions contemporaines ordurières, pornocrates, révolutionnaires, suscitées et encouragées par la secte?! Le gouffre semble sans fin!]

"On eût dit que Voltaire présidait seul à tout ce commerce de l'impiété, tant il mettait de zèle pour en seconder le débit. Il était averti des éditions; il en avertissait les frères de Paris; il leur recommandait de se les procurer, de les faire circuler; il leur reprochait leur défaut d'ardeur à les répandre; il les semait lui-même dans tous ses environs (Voyez les Lettres au comte d'Argental, à Mad. du Dessant, à d'Alembert & sur-tout sa ? en 1769)" (Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, 1798, t. I, p. 160).

"Les conjurés avaient à la cour même, des hommes puissans, des ministres adeptes qui savaient faire taire la loi même, ou ne lui permettaient de parler quelquefois que pour favoriser sous main plus efficacement le commerce d'impiété & de corruption que les magistrats prescrivaient. Le duc de Choiseul & Malherbes furent encore les promoteurs de ce moyen d'arracher au peuple sa religion & de lui insinuer toutes les erreurs du philosophisme. Le premier avec toute la confiance que lui donnait le despotisme de son ministère, menaçait la Sorbonne de son indignation, lorsque, par ses censures publiques, elle essayait de prévenir les peuples contre ces productions du jour. C'était précisément pour cet étrange usage de l'autorité que Voltaire s'écrait, Vive le ministère de France!, vive sur-tout M. le duc de Choiseul! (Lettre de Voltaire à Marmontel, 1767)".

"Malesherbes, que la surintendance de la librairie mettait plus à portée d'éluder à chaque instant la loi, par l'introduction & la circulation de ces oeuvres impies, étaient sur cet objet dans une parfaite intelligence avec d'Alembert... Ils eussent l'un et l'autre bien voulu que les défenseurs de la religion n'eussent pas la même liberté de faire imprimer leurs réponses à la légion d'impies qui se levait en France. Ce moment n'était pas encore venu... Avec sa PRETENDUE TOLERANCE, Voltaire s'indigna que, sous le Ministre philosophe, les apologistes de l'Evangile jouissent encore du droit d'être entendus; et d'Alembert fut obligé d'écrire que si M. de Malesherbes laissait imprimer contre les philosophes, c'était à contre coeur & par des ordres supérieurs, dont ce ministre même n'avait pas pu empêcher l'exécution" (Lettre du 15 janvier 1757)" (Augustin Barruel, ibid., t. I, p. 160).

"A mesure que se répandaient en Europe toutes ces productions, dont Voltaire & le club d'Holbach vinrent à bout de l'inonder, les conquêtes des Francs-Maçons devaient très naturellement s'étendre. Alors il fut aisé aux Philosophes de se faire écouter par des hommes déjà tous disposés aux secrets des mystères par ces productions antichrétiennes, antiroyalistes, & de leur inspirer le désir d'un de la Maçonnerie: ce fut la le grand service qu'elle dut aux Sophistes du siècle..." (Augustin Barruel, ibid., t. II, p. 437-438).

Réclamer la liberté de la presse cependant qu'on étouffe & les écrits & la pensée de quiconque ne pense pas comme nous...

"Cependant, les écrivains adeptes, & Bahrdt, & Schulz, & Riemi, & Philon-Knigge lui-même qui, en quittant les Frères, n'avait pas renoncé à servir leurs complots, & cent autres Ecrivains de la Secte, inondaient le public de leurs productions, de leurs libelles, & en vers & en prose, en comédies, en romans, en chansons, en dissertations; tous les fondemens de la société & de la religion, soit catholique, soit protestante, étaient attaqués avec une impudeur que rien n'égale. Il ne s'agissait plus alors de venger les protestans des Catholiques; le projet de détruire la Religion & des uns & des autres, se montrait ouvertement. Cependant les éloges les plus pompeux étaient réservés aux productions des Frères, qui prêchaient avec le moins de réserve l'impiété ou la sédition. Par une contradiction plus étonnante encore, mais toujours dans l'esprit de la Secte, ces mêmes hommes exerçant le plus terrible despotisme sur tous ceux qui osaient ne pas penser & ne pas écrire comme eux, semblaient ne demander aux Souverains, pour eux & pour les autres, d'autre droit que celui qu'ils disaient tenir de la nature, celui de publier, sans contrainte & sans gêne, leurs opinions & leurs systèmes. Bahrdt sollicitait sur-tout ce prétendu droit, dans sa production sur la liberté de la presse. C'était le livre d'un véritable athée, qui verse à pleines mains sur le public tous les poisons de l'anarchie & de l'impiété; l'auteur n'en fut pas moins loué par les adeptes périodiques...; & malgré sa requête sur la liberté de la presse, les Frères unis n'en continuèrent pas moins leurs efforts pour étouffer & les écrits & la pensée de quiconque ne pensait pas comme eux..." (Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, P. Fauche Libraire, Hambourg 1799, t. V, p. 43-44).

Emeutes organisées & synchronisées

L'Art des correspondances a fixé & le mode & l'heure de l'insurrection

"L'art des correspondances a fait sortir les Frères de leurs Loges; & la France a offert le spectacle d'un million de furies, au même jour, poussant par-tout les mêmes cris, au nom de la liberté & de l'égalité, exerçant par-tout les mêmes ravages" (Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, P. Fauche Libraire, Hambourg 1799, t. V, p. 100).

Les hommes qui ont présidé aux premiers ravages

"Quels hommes jusqu'ici ont présidé à ces premiers désastres? Toute l'histoire nous montre un nouvel antre, où, sous le nom de club Breton, Mirabeau & Sieyès, Barnave, Chapellier, le Marquis de la Coste, Glezen, Rouche, Péthion, c'est-à-dire, où l'élite des adeptes de la Capitale & des Provinces suppléant le Comité central, a fixé par l'art des correspondances, & l'instant & le mode de l'insurrection. Mais ils n'en sont qu'à leurs premiers forfaits; le long cours de tous ceux qu'ils médient, exige encore le concert des moyens & des bras. Pour les diriger tous, il leur tarle de sortir des ténèbres..." (Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, P. Fauche Libraire, Hambourg 1799, t. V, p. 100-101).

Origine du nom de "Jacobins" donné aux conjurés adeptes

C'est dans un temple du Dieu de l'Evangile, c'est dans l'Eglise de ces religieux appelés Jacobins, que Mirabeau appelle tous les adeptes des Loges Parisiennes. C'est là qu'il s'établit avec ces mêmes hommes qui composaient son club Breton. La horde des Frères conjurés se hâte de le suivre. Dès cet instant, le temple n'est plus connu dans l'histoire de la révolution que sous le nom de Club; le nom de ces anciens Religieux, qui jadis faisaient retentir des louanges du Dieu vivant, passe à la horde même qui en fait l'école de ses blasphèmes & le centre de ses complots. Bientôt l'Europe entière ne connaît les chefs & les acteurs, les promoteurs, les admirateurs de la Révolution Française, que sousce même nom de Jacobins. La malédiction une fois prononcée sur cette dénomination, il était juste en quelque sorte qu'elle dît à elle seule, tout ce qui existait de Sophistes de l' impiété, conjurés contre Dieu & son Christ, de sophistes de la rebellion, conjurés contre Dieu & les Rois, de sophistes de l' anarchie, conjurés contre toute société" (Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, P. Fauche Libraire, Hambourg 1799, t. V, p. 101-102).

Identité des Jacobins & des adeptes des trois conspirations

"Consentons à entrer dans cet antre, le prototype de tous ceux que la Secte établit & multiplie sous le même nom dans toutes les Provinces. C'est là que nous conduit enfin la tâche que nous nous sommes imposée, de suivre tant de sectes conspiratrices depuis leur origine jusqu'à l'instant qui nous les montre toutes coalisées, toutes ne formant plus que ce monstrueux ensemble d'êtres appelés Jacobins. [...] ici tous se montrent à la fois dans cet antre; tous s'unifient par le même serment. Sophistes & adeptes des arrière-Loges, Rose-Croix, Chevaliers du Soleil, Kadosch, disciples de Voltaire & de Jean-Jacques (Rousseau), adeptes des Templiers, enfans de Swedenborg & de Saint-Martin, époptes de Weishaupt; tous ici travaillent de concert aux bouleversements & aux forfaits révolutionnaires.

"Il n'est plus cet impie, qui le premier jura d'écraser le Dieu de l'Evangile (Voltaire); mais ses complots subsistent; ses élèves sont encore pleins de vie. Nous les avons vu naître dans leurs Lycées académiques; [...] leurs conspirations se concertèrent pour un temps chez Holbach. [...] Ne les cherchez plus même à cet Hôtel d'Holbach ou dans leurs Loges; ils ont désertées pour le nouveau repaire. Ils sont là, ils sont tous au club des Jacobins; & là ils ont quitté jusqu'au manteau de leur philosophie. Les voilà tous couverts du bonnet rouge. Tous Condorcet, Brissot, Bailly, Garat, Ceruty, Mercier, Rabaud, Cara, Gorfas, Dupui, Dupont, Lalande, athées, désites, encyclopédistes, économistes, soit-disant philosophes de toutes espèces; ils sont tous sur la liste des Jacobins, sur la première ligne des rebelles, comme ils le furent sur celle des impies. Ils sont avec la balayure des brigands & des Loges, comme les héros des forfaits & des mystères; avec les bandits de Philippe d'Orléans, comme avec Chabroud son plus digne avocat, & son rival La Fayette. Ils y sont avec tous les apostats de l'Aristocratie, comme avec les Judas du Clergé; avec le Duc de Chartres, les Marquis de Montesquiou, de la Salle, les Comtes de Pardieu, de Latouche, & Charles-Theodore Lameth, Victor de Broglie, Alexandre Beauharnais, Saint-Fargeau; comme Sieyès, & Perigord d'Autun, Noel, Chabot, Dom Gerles, Fauchet & les intrus.

"Ce n'est point par hasard que se voient dans cet antre commun, tous ces antiques conjurés des Lycées & des Loges Parisiennes, & que dans ce même antre viennent se réunir tous les Frères qui ont brillé dans celles des Provinces; Barrère, Mendouze, Bonnecarrère & Collot d'Herbois. Ce n'est point par hasard qu'à Paris, comme dans les Provinces, tous les clubs Jacobins se composent en général des adeptes Rose-Croix, ou Chevaliers du Temple, Chevaliers du Soleil, ou Kadosch; de ceux-là plus spécialement encore, qui sous le nom de Philalètes, ont suivi à Paris, à Lyon, à Avignon, ou Bordeaux, ou Grenoble, les mystères de Swedenborg. Qu'on cherche en ce moment des Frères si zélés de Saint-Martin, les Savalette de Lange, les M**** ou bien les W****. Ils avaient renchéri sur les Rose-Croix, leurs antiques devanciers; ils vont encore les surpasser aux Jacobins. Ils se sont tous unis à Weishaupt, & ils sont devenus avec ses adeptes les plus ardens Jacobins (Voy. la liste des principaux Jacobins dans l'ouvrage intitulé, Causes & effets de la Révolution) (Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, P. Fauche Libraire, Hambourg 1799, t. V, p. 102-105)

La liste des Jacobins a été publiée

"Nous les avons tous vus (les Jacobins) dans cet antre; leur liste est publiée; elle renferme, à elle seule, toutes les listes des arrières-adeptes dispersés jusqu'alors dans leurs Loges. Et ce n'est pas ici une simple réunion locale, ce n'est pas une simple identité de conjurés; c'est une identité de principes, de formes, de sermens, de moyens; c'est le concours de ces conjurés qui constate la coalition" (Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, P. Fauche Libraire, Hambourg 1799, t. V, p. 106).

Identité de principes aux Jacobins, aux Lycées & aux Loges

"Leurs Dieux sont Voltaire & Jean-Jacques (Rousseau), comme ils furent les Dieux des Sophistes encore dans leurs Lycées. Là encore retentissent les mêmes sophismes, les mêmes blasphèmes, dont avait retenti l'Hôtel d'Holbach contre le christianisme, & les mêmes transports pour cette égalité & liberté, qui furent les arrières-secrets de toutes les sectes concentrées dans leurs Loges" (Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, P. Fauche Libraire, Hambourg 1799, t. V, p. 107).

Identité des formes jacobines & maçonniques

"Les délibérations se proposent, les suffrages se prennent tout comme dans la salle des Mystères. les lois des Jacobins & celle des Francs-maçons pour l'admission ou le renvoi des Frères, sont encore les mêmes. Comme au Grand Orient ou bien aux Amis-Réunis & dans toutes les Loges, tout candidat est rejeté, s'il n'est point présenté au club par deux parrains, qui répondent de sa conduite & de sa soumission..." (Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, P. Fauche Libraire, Hambourg 1799, t. V, p. 107).

Identité de sermens

"Ici encore , le gage de cette soumission est le même que celui des Maçons initiés aux derniers Mystères. Pour être Jacobin, tout comme pour devenir ou Rose-Croix illuminé ou Frère de Weishaupt, l'initié jurera soumission aveugle & absolue aux décisions des Frères. Il jurera spécialement d'abord, d'observer & de faire observer tous les décrets rendus en conséquence des décisions du Club par l'Assemblée Nationale. Il jurera ensuite qu' il s'engage à dénoncer au Club, tout homme, dont il aura connu l'opposition à ces décrets inspirés par le Club; qu'il n'exceptera de la dénonciation ni ses amis les plus intimes, ni son père ou sa mère, ou aucun des membres de sa famille" (Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, P. Fauche Libraire, Hambourg 1799, t. V, p. 108).

Identité de gouvernement & des comices

"Enfin il jurera, comme tous les adeptes de Weishaupt, d'exécuter & de faire exécuter tout ce que les membres intimes de ce Club ordonneront, & même tous les ordres qui pourraient répugner à son jugement & à sa conscience (Mém. sur le Club des Jacobins). Car il est encore pour les Jacobins, comme pour le Grand orient, des Comités & des Frères intimes. Tous ces Frères n'ont point quitté les Loges pour renoncer à leurs moyens de fomenter, de hâter & de propager les révolutions. Il est chez eux, comme au Grand Orient, des Comités de rapports, de finances; de correspondances, & enfin un quatrième Comité, celui par excellence appelé le Comité secret. Et presque tous les membres de ces Comités sont ceux que nous avons déjà vu accourir de leurs Loges au Club (Voyez encore la liste de ces Comités dans les causes & les effets de la Révolution, ou bien Montjoie, Conspiration d'Orléans, liv. 13)" (Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, P. Fauche Libraire, Hambourg 1799, t. V, p. 108-109).

Identité de proscriptions

"Enfin il est encore pour le Club Jacobin, comme il est pour les arrières-Loges des Francs-Maçons illuminés, des lois d'exclusion & de proscription; il est une liste noire & une liste rouge, & cette liste rouge est aussi une liste de sang; le nom des Frères exclus ne s'y trouve jamais en vain. Paris a lu leurs noms plus d'une fois; il les a vu périr sous la hache ou n'échapper à la mort que par la fuite..." (Ib. & Brissot à ses Commettans, après son exclusion des Jacobins) (Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, P. Fauche Libraire, Hambourg 1799, t. V, p. 109).

La richesse de l'Ancienne France

"Albert Mathiez, 'champion du robespierrisme', convient que "ce n'est pas dans un pays épuisé, mais au contraire dans un pays florissant qu'éclate la Révolution..." (René Sédillot, Le coût de la Révolution française, Vérités et Légendes, Perrin Mesnil-sur-l'Estrée 1987, p. 201°.

Voilà donc le type même d'hérésie-blasphème historiquement incorrecte, que l'on n'enseigne pas dans nos écoles. Il ne faut surtout pas enseigner que le pays était florissant à la veille de la Révolution...

"Le paysan le plus pauvre était assuré de sa subsistance (A. Barruel)

"La distribution (du blé) se faisait régulièrement toutes les semaines sous l'inspection d'un préposé. Si la provision de quelque loge venait à s'épuiser, ON PRENAIT DANS LE TAS DU SEIGNEUR TOUTE LA QUANTITE NECESSAIRE pour la famille qui en manquait, à charge par elle d'en rendre la même quantité à la moisson nouvelle. AINSI LE PAYSAN LE PLUS PAUVRE ETAIT ASSURE DE SA SUBSISTANCE. Qu'on décide si ce régime ne vaut pas celui des mendiants libres & mourans de faim..." (Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, 1798, t. II, p. 247) [2]

Il n'y a guère un colon de nos villages "qui n'ait un bon habit de drap et qui ne soit bien chaussé et bien nourri" (Voltaire)

Sur la richesse de l'Ancienne France et la richesse des paysans, notons ce témoignage capital d'un ennemi acharné de l'Eglise, Voltaire:

"Je ne sais comment il est arrivé que, dans nos villages, où la terre est ingrate, les impôts lourds, la défense d'exporter le blé qu'on a semé intolérable, il n'y ait guère pourtant un colon qui n'ait un bon habit de drap et qui ne soit bien chaussé et bien nourri..." (Voltaire cité in Frantz Funck-Brentano, L'Ancien Régime, Les Grandes études Historiques, Librairie Arthème Fayard, Paris 1926, p. 410-411).

Une nourriture "substantielle et abondante"

"Vers le début du règne de Louis XVI, les habitants de Nouans (canton de Marolles-les-Braults, Sarthe)... vivaient ainsi: "La nourriture des habitants, même les moins aisés, était substantielle et abondante. Le pain, dans lequel il n'entrait qu'un tiers d'orge sur deux tiers de blé, était fort bon et le cidre, plus ou moins affaibli par l'eau, ne manquait à personne. La soupe du dîner et au souper était suivie d'un plat de viande ou d'oeufs ou de légumes; au déjeuner et à la collation, on avait toujours deux plats, beurre et fromage, puis souvent un troisième de fruits crus, ou cuits, ou secs, pommes, noix, etc." (Bernard, Souvenirs d'un noanagénaire, cité in Frantz Funck-Brentano, L'Ancien Régime, Les Grandes études Historiques, Librairie Arthème Fayard, Paris 1926, p. 419).

"Legrand d'Aussy parle des paysans d'Auvergne...: les dimanches et fêtes la soupe s'enrichit d'un morceau de lard; les autres jours, elle s'assaisonne de beurre ou simplement de sel. A la table des paysabs aisés on sert du lait et du fromage. Ils mangent tous du pain de sèigle. Quant à la boisson ils ne connaissent, en dehors de l'eau pure, que le 'petit lait'" (Frantz Funck-Brentano, L'Ancien Régime, Les Grandes études Historiques, Librairie Arthème Fayard, Paris 1926, p. 419).

Les plus grands progrès en industrie et en richesse (Funck-Brentano)

"L'Ancien Régime a vu les villes de France réaliser les plus grands progrès en industrie et en richesse et dont les transformations, dans la voirie et dans les bâtiments... sont l'un des témoignages.

"Le XVIIIe siècle français est une époque admirée... pour

  • l'éclat charmant de ses arts,...
  • la merveilleuse perfection de l'industrie décorative,
  • du meuble,
  • des soieries,
  • de la reliure,
  • de l'imprimerie" Frantz Funck-Brentano, L'Ancien Régime, Les Grandes études Historiques, Librairie Arthème Fayard, Paris 1926, p. 485).

"L'industrie augmente tous les jours,... on croirait que l'opulence est vingt fois plus grande qu'autrefois" (Voltaire)

"L'industrie augmente tous les jours, écrit Voltaire; à voir le luxe des particuliers, ce nombre prodigieux de maisons agréables bâties dans Paris et dans les provinces, cette quantité d'équipages, ces commodités, ces recherches qu'on appelle 'luxe', on croirait que l'opulence est vingt fois plus grande qu'autrefois... Le moyen ordre s'est enrichi par l'industrie.. Les gains du commerce ont augmenté. Il s'est trouvé moins d'opulence qu'autrefois chez les grands et plus dans le moyen ordre et cela a mis moins de distance entre les hommes... aujourd'hui, l'industrie a ouvert mille chemins qu'on ne connaissait pas il y a cent ans" (Voltaire cité in Frantz Funck-Brentano, L'Ancien Régime, Les Grandes études Historiques, Librairie Arthème Fayard, Paris 1926, p. 485).

Ce témoignage du chef des impies est capital pour contrer le manichéisme farfelu des marxistes agitant aujourd'hui encore le spectre du peuple, pauvre, dominé et opprimé par la noblesse sous l'Ancien Régime...

La prospérité des grandes foires (René Sédillot)

"A défaut de statistiques globales sur le commerce intérieur, la prospérité des grandes foires porte témoignage.

"En 1788, c'est-à-dire en une année qu'Ernest Labrousse considère comme mauvaise sur le plan commercial, la foire de Beaucaire réalisait un chiffre d'affaires de 41 millions. Sa notoriété remontait au Moyen Age, et sur l'axe du Rhône elle restait, chaque mois de juillet, le grand rendez-vous des marchands de textiles. Lyon était le premier marché européen de la soie. Orléans et Rouen fixaient les cours de la laine. Mais les foires elles-mêmes n'avaient plus le monopole des grandes transactions… Les richesses circulaient dans une véritable ivresse de communications facilitées par les progrès des techniques." (René Sédillot, René Sédillot, Le coût de la Révolution française, Vérités et Légendes, Perrin Mesnil-sur-l'Estrée 1987, p. 201-202).

Le meilleur réseau routier (René Sédillot)

"C'est d'abord le réseau routier qui devenait exemplaire. Jamais depuis Rome on n'avait vu un réseau d'une telle ampleur et d'une telle qualité. Il était l'œuvre de Daniel Trudaine, demeuré vingt-six ans directeur des Ponts et Chaussées.

"Quarante mille kilomètres d'anciens chemins de terre ou de routes fatiguées étaient redressés, élargis, empierrés, bordés d'arbres et de fossés, avec, de lieue en lieue, de hautes bornes de granit, fleurdelisées, qui marquaient les distances par rapport au point zéro – le parvis de Notre-Dame.

"Le corps des Ponts et Chaussées recevait son statut: à la base, une école dont les élèves étaient recrutés au concours; trois années d'études savantes; un ingénieur en chef par généralité, assisté de sous-ingénieurs; quatre inspecteurs généraux, un intendant-directeur au sommet de la hiérarchie. Devant les routes du royaume, les étrangers se récriaient d'admiration.

"Elles sont "superbes jusqu'à la folie", s'exclamait le voyageur Arthur Young. De la voie qui reliait Limoges à Brive, sur laquelle avait veillé Turgot, le même Young enchérissait: "Le plus beau chemin du monde, parfaitement construit, parfaitement tenu; on n'y voit pas plus de poussière, de sable, de pierre, d'inégalité que dans l'allée d'un jardin…"

"Un inspecteur des Travaux publics, Pierre Trésaguet, avait (p. 203) inventé un revêtement bombé qui superposait une couche épaisse de pierraille à une assise de moellons: le drainage était plus efficace et l'entretien plus facile.

"Toute l'Europe se mettait à l'école des routes françaises.

"Sur ces voies correctement carrossables, de nouvelles voitures publiques étaient mises en service: les "turgotines" de la régie, à quatre, six ou huit places, légères, avec des relais fréquents, pouvaient tenir le galop et couvrir cent kilomètres par jour. De Paris, elles permettaient de gagner en une seule journée Rouen, Amiens, Reims ou Orléans, contre deux ou trois précédemment. Le service des messageries mettait Cherbourg à trois jours de Paris, Lyon ou Bordeaux à six jours.

"Autant que les voyages, les échanges étaient stimulés par les progrès du système routier.

"Ce qui subsistait de péages et de douanes n'apparaissait que comme normale contrepartie des libertés locales.

"Les voies d'eau étaient aménagées, de façon à faciliter les transports lourds auxquels s'affairait toute une population batelière.

"On ouvrait ou entreprenait les canaux de l'Orne, de l'Escaut, de Picardie, de Bourgogne, du Centre, du Rhône au Rhin. Le 24 juillet 1784, au nom du roi, le prince de Condé posait la première pierre de l'écluse initiale de chacun des trois derniers: promesse de transports simplifiés, moins lents et moins coûteux" (René Sédillot, Le coût de la Révolution française, Vérités et Légendes, Perrin Mesnil-sur-l'Estrée 1987, p. 203).

L'explosion des échanges extérieurs (René Sédillot)

"A l'extérieur, les chiffres parlent: d'environ 50 millions de livres à l'avènement de Louis XV, les exportations passaient à la veille de la révolution à plus de 450 millions. En soixante-dix ans, elles avaient été multipliées par neuf.

"Dans le même temps, les importations passaient de 40 à 240 millions: multiplication par six.

"Le commerce extérieur de la France, égal à la moitié du commerce anglais au temps de la Régence, le rejoignait en 1789. Il laissait à la France, en permanence un excédent substantiel (p. 204) (sauf en quatre années de la décennie 1770-1780).

"Jamais on n'avait assisté à pareille exubérance de l'activité marchande et à pareil enrichissement.

"Quand Necker brossait le tableau de la balance commerciale avec les pays étrangers, en excluant de ses calculs tout ce qui venait des colonies (Saint-Domingue, île du Vent) ou ce qui leur était destiné, il évaluait les entrées à 230 millions – dont 70 de matières premières, 20 de diamants et métaux précieux, 40 d'objets manufacturés, 40 de comestibles, 10 de tabacs, le reste concernant des bois, des plants, des mâts, des marchandises d'Extrême-Orient; en regard, il estimait les sorties à 300 millions, dont 150 en objets manufacturés, 70 à 75 en denrées des îles (réexportées), 35 à 40 en vins, eaux-de-vie et liqueurs, 22 en blés, beurre, sel, safran, cuirs, bois, 18 en réexportations de produits orientaux (thé, étoffes, riz de Chine, café, poivre…)

"Excédent sur l'étranger: 70 millions.

"Comme il convenait à un pays développé, la France vendait plus de produits ouvrés qu'elle n'en achetait, importait plus de matières premières qu'elle n'en exportait, et faisait de profitables trafics en servant d'intermédiaires entre ses colonies d'Amérique et l'étranger, comme entre l'Extrême-Orient et l'Europe. [Aujourd'hui, la France délocalise ses emplois et importe en masse des produits étrangers. Je vous laisse conclure tout seul sur l'état de développement de notre pays...]

"La France était le premier fournisseur de l'Espagne, et par Cadix, de toute l'Amérique espagnole.

"Entrons plus avant dans ces échanges.

"Quels produits de son industrie vendait la France?

"Necker répond longuement: des draps, toiles, soieries, parures, des montres, des ouvrages d'acier ou d'autre de métal, des savons, des glaces, des meubles...

"Quelles marchandises achetait-elle? Des cotons, des laines, des chanvres, toutes les drogues propres à la teinture; des toiles venant de Flandre, de Hollande ou de Suisse; des mousselines, des velours de Gênes, de la quincaillerie d'Allemagne et d'Angleterre.

"Avec la France d'Outre-Mer, le commerce prenait des proportions étonnantes...

"Avec les Antilles, entre 1715 et 1780, les échanges avaient été multipliés par 5 à l'exportation, par 10 à l'importation. Aux îles de France et Bourbon, l'intendant Poivre avait introduit la culture des girofliers et des muscadiers, ravissant aux Hollandais le monopole du commerce des épices.

"Paris, sans remords et sans (p. 205) regrets, faisait son deuil du Canada et de ses pauvres peaux de castors...

"Tout ce trafic était assuré par une marine puissante et moderne, moins nombreuse assurément que la marine anglaise, mais avec des unités d'un tonnage trois fois supérieur...

"Beaucoup de bateaux jaugeaient quelque 600 tonneaux et couvraient vingt lieues par jour. En 1783, un armateur de Saint-Malo, Benjamin Dubois, ouvrait la première ligne de paquebots, à départs fixes, entre Bordeaux et New York: le gouvernement de Louis XVI soutenait l'entreprise, en lui accordant subvention et primes de vitesse.

"Les ports affichaient une prospérité insolente: Dunkerque, patrie de Jean Bart, importait les bois du Nord, les eaux-de-vie, les poissons séchés.

"(p. 207 ) A la veille de la révolution, tous les ports de France battaient leurs records de trafic et se grisaient de leur propre croissance. On ne devait plus, avant longtemps, leur connaître une telle allégresse" (René Sédillot, Le coût de la Révolution française, Vérités et Légendes, Perrin Mesnil-sur-l'Estrée 1987, p. 205-207).

Un développement prodigieux du commerce extérieur (Pierre Gaxotte)

"Le commerce extérieur... a pris un développement prodigieux que - fait rare dans l'histoire économique de l'Ancien Régime - nous pouvons suivre d'année en année, grâce aux statistiques dressées par un commis du Contrôle général nommé Arnould et que corroborent les renseignements réunis par la Compagnie des Indes. Depuis la mort de Louis XIV, il a plus que quadruplé. En 1788, il atteint 1061 millions et cet énorme chiffre ne se retrouvera plus avant 1848...

"Marseille accapare le commerce du Levant. Sur ses quais et dans ses magasins, s'entassent les tapis, les indiennes, les liqueurs, le riz, les blés, les vins de Chypre, les huiles, les peaux, les mousselines, les toiles peintes. Bordeaux et Nates ont le monopole des denrées coloniales. A elle seule, Saint-Domingue leur fournit la moitié du sucre consommé dans le monde. Un moment ébranlés par le traité de 1763, leurs grands armateurs se sont vite ressaisis. les victoires de la guerre de l'Indépendance américaine leur ont donné une audace nouvelle. Là où on lançait sept navires en 1738, on en construit trente-trois en 1784. Les vins de Bordeaux se vendent jusqu'en Russie. Les Bourgognes règnent sur la Belgique et sur l'Allemagne" ( Pierre Gaxotte, La Révolution française, Nouvelle édition établie par Jean Tulard, Éditions Complexe, Bruxelles 1988, p. 21).

Le commerce intérieur suit une marche parallèle (Pierre Gaxotte)

Un progrès étonnant du commerce

"(p. 20) ... Mesance, auteur de précieuses Recherches sur la Population (1766), écrit: "Toutes les personnes instruites conviennent que le commerce a fait des progrès étonnants depuis quarante ans; que les manufactures du royaume sont présentement beaucoup plus occupées qu'elles ne l'avaient jamais été; que malgré les progrès des anciennes fabriques et manufactures, il s'en est introduit dans ce royaume un grand nombre de nouvelles, inconnues à nos pères"

"... Il y a une Bourse, des banques, une caisse d'Escompte au capital de cent millions qui émet des billets analogues à ceux de notre Banque de France, un marché à terme, une cote, de l'agiotage. On spécule sur les changes, sur les valeurs d'Etat, sur les parts de la Ferme générale qui perçoit les impôts directs, sur les actions des grandes compagnies: Compagnie des Indes, Compagnie des Eaux et Compagnie des Assurances. Au jugement de Necker, la France détient la moitié du numéraire existant en Europe. le taux de croissance des industries est difficile à établir. Autant qu'on puisse faire parler les chiffres, les industries nouvelles sont les plus dynamiques. pour la metallurgie on admet un taux de croissance de 72% entre 1738 et 1789; pour la soierie lyonnaise, 185% de 1720 à 1786; pour les charbonnages d'Anzin, 681% de 1744 à 1789; pour les "indiennes" de Mulhouse, 738% de 1758 à 1786. Chiffres impressionnants..." ( Pierre Gaxotte, La Révolution française, Nouvelle édition établie par Jean Tulard, Éditions Complexe, Bruxelles 1988, p. 20-21)

Le plus rapide réseau routier, que n'arrête ni les rivières ni les montagnes

"En 1715, on avait que de mauvais chemins coupés de fondrières et ravagés par les eaux, avec quelques chaussées pavées qui se disloquaient. En 1789, il y a dix mille lieues de bonnes routes, solidement empierrées, régulièrement entretenues, que n'arrêtent ni les rivières ni les montagnes. Les messageries réorganisées par Turgot, sont plus rapides et moins coûteuses. Dans aucun pays, on ne voyage aussi vite, aussi bien et à si peu de frais. Arthur Young qui visita la France sous Louis XVI, au début de la Révolution, ne tarit pas d'admiration (quoique très porté à dénigrer tout ce qui n'est pas anglais) sur la beauté et la commodité des routes françaises" ( Pierre Gaxotte, La Révolution française, Nouvelle édition établie par Jean Tulard, Éditions Complexe, Bruxelles 1988, p. 21).

Mais ici un grave problème se présente...

Cette société brillante repose-t-elle sur un fond de misère ?

La vie paisible, souvent aisée, quelquefois large des paysans (Pierre Gaxotte)

"Au-dessous de la troupe dorée des bourgeois enrichis, y a-t-il une masse énorme de paysans affamés et sans ressources ? Beaucoup l'ont prétendu (évidemment)...

"Et aussitôt de citer le célèbre passage de La Bruyère: "L'on voit certains animaux farouches, des mâles et des femelles... noirs, livides et tout brûlés par le soleil...", sans réflechir que cette page, vieille d'un siècle, n'était qu'un morceau de littérature fignolé par un moraliste qui, comme tous ses contemporains, prenait la charmante vallée de Chevreuse pour un sauvage désert...

"On a glané aussi à travers les écrits de certains économistes des peintures effrayantes de la vie des champs... on a cité des témoignages de voyageurs, mais en face de chaque note affligeante on a pu décrire une autre qui la contredit. Comment d'ailleurs, tirer de ces indications fugitives une conclusion générale ? En une heure de voiture, on passe d'un bon pays dans un mauvais, d'une terre grasse à un sol ingrat... Il suffit d'un jour de grêle pour mettre un village dans la désolation. Une récolte quis 'annonce bien en juin est misérable en juillet. un printemps ensoleillé rachète un hiver détestable. D'une année à l'autre, tout change. D'une province à l'autre, tout varie. Il serait imprudent de donner à de menus faits,s trictement localisés, une portée qui dépasserait la limite de leur canton.

"Et puis, il faut avoir à présent à la mémoire un fait capital et indiscutable, à savoir que le système d'impôts qui pesait sur le paysan lui faisait des APPARENCES de la pauvreté une nécessité presque absolue. l'impôt rural, la taille, était un impôt sur le revenu grossièrement réparti d'après les signes extérieurs de la richesse, par des collecteurs choisis à tour de rôle entre les paysans eux-mêmes... Malheur au taillable exact et sincère! C'est sur lui que retombera tout le fardeau. Ayant à percevoir une somme fixée globalement à l'avance, désireux d'être débarassés au plus vite de leur horrible mission, enchantés de trouver un naïf de bonne foi, une "poire" comme on dirait aujourd'hui, les taxateurs malgré eux se hâtent de doubler ou de tripler sa cote, tandis qu'ils ménagent ceux dont ils craignent les difficultés: les malins qui ont dissimuler leurs revenus, les mauvais têtes qui ont la réputation de ne pas se laisser faire, les plaideurs endurcis qui ne craignent pas les complications ni les "histoires"!

"C'est un dogme profondément ancré dans les esprits populaires que le seul moyen de ne pas payer pour les autres, la seule façon de ne pas être écrasé par les estimations injustes, c'est de restreindre ses dépenses, de paraître sans ressources, d'affecter les dehors du plus profond dénuement ! "Le plus riche d'un village, écrivait en 1709 le grand bailli de l'Ile de France, n'oserait à présent tuer un cochon que nuitamment, car si cela se faisait en public, on lui augmenterait ses impositions"... Le contribuable de l'Ancien Régime est rétif, dissimulé et hargneux, à un point que nous ne soupçonnons plus. Sa mauvaise volonté est sans bornes. Il ne s'exécute qu'à la dernière extrémité. Le plus souvent, il est en retard de deux ou trois ans. Tel qui a de l'argent caché, dit Boisguillebert, ne se laisse pas arracher un sou avant la quarantième sommation. plutôt que d'avouer son aisance, en payant dans les délais, on préfère être traîné en justice et menacé de saisie. On harcèle l'intendant de réclamations et de plaintes. On fait intercéder les eigneur, le juge et le curé ! On gémit, on crie, on proteste sans arrêt et c'est à qui gémira, criera et protestera le plus fort et le plus longtemps, afin de ne paraître ni plus riche ni plus facile que le voisin...

"Telle est exactement la situation des paysans de l'Ancien Régime: une grande affectation de misère et, derrière ce manteau de guenilles, une vie paisible, souvent aisée, quelquefois large..." ( Pierre Gaxotte, La Révolution française, Nouvelle édition établie par Jean Tulard, Éditions Complexe, Bruxelles 1988, p. 22-23).

"En 1789, les Français n'étaient pas malheureux. Les documents les plus sûrs nous prouvent, au contraire, que la richesse s'était considérablement accrue depuis un demi-siècle et que l'état matériel de toutes les classes de la société, sauf celui de la noblesse rurale, s'était sensiblement amélioré. Le régime corporatif n'avait pas empêché la naissance et la mise en place de la grande industrie..." ( Pierre Gaxotte, ibid., p. 19).

Et si "en 1789 la partie la moins favorisée de la population paysanne était en révolte virtuelle contre la transformation capitaliste de l'agriculture, il n'en reste pas moins que, depuis un siècle, les campagnes s'étaient enrichies..." ( Pierre Gaxotte, ibid., p. 30).

"Aussi, on peut dire que la vie est devenue plus sûre pour tout le monde. Plus de famines. Les disettes qui au siècle précédent, avaient provoqué une raréfaction des mariages et une restriction des naissances ne sont plus que souvenirs ou imprécises menaces. les meilleurs rendements, le maïs, la pomme de terre, les communciations plus faciles en sont venus à bout. A défaut de signe, l'accroissement régulier de la population suffirait à le prouver" ( Pierre Gaxotte, ibid., p. 31).

La féodalité n'existait plus (Pierre Gaxotte)

"(Les Français) sont est-il besoin de le dire ? des hommes libres. Le servage qui s'est conservé dans presque tous les pays d'Europe n'existe plus en France. Il ne subsiste, sous une forme atténuée, que dans quelques coins du Jura et du Bourbonnais.C 'est l'impossibilité de tester et c'est ce qu'on appelle la mainmorte. Si le mainmortable décède sans enfant, il est réputé sans héritier et ses biens reviennent au seigneur. Par un édit de 1779, préparé par Necker, Louis XVI supprima les dernières traces de servage sur les terres de la couronne.

"Les paysans sont aussi le plus souvent des propriétaires. Ils profitent de la hausse des produits agricoles pour améliorer leur condition. Il est certain... qu'ils possèdent au moins la moitié du sol..." ( Pierre Gaxotte, ibid., p. 23-24).

"La féodalité n'existe plus comme régime politique, ni même comme cadre social, mais elle subsiste au point de vue civil et économique. A côté du gouvernement royal, on voit, jonchant le sol, les débris du gouvernement qui l'a précédé et qui, dépouillé de ses attributions et ayant cessé de rendre des services, continue d'en percevoir le prix.

"Que cette charge dont le motif n'apparaissait plus ait été impatiemment supportée,c ela est sûr, et au demeurant, naturel et légitime... Mais qu'elle ait été d'un poids insupportable,c ela est plus que douteux.

"Tout d'abord, il ne faut pas se laisser abuser par l'extraordinaire quantités de mots quis ervent à désigner les taxesseigneuriales. nulle langue ne fut plus riche en synonymes...

"Les taxes en argent avaient été fixées une fois pour toutes au moyen Age. C'est dire que, par suite de l'avilissement des monnaies, elles étaient tombées à rien, et ne subsistaient plus que comme de simples formalités, où la vanité du seigneur pouvait trouver son compte, mais où sa bourse ne trouvait certainement pas le sien...

"Les taxes en nature étaient plus lourdes, mais les titres en étaient contestés et, par négligence, par peur des difficultés ou par crainte de provoquer une émigration, beaucoup de seigneurs évitaient d'exercer leurs droits.

"En nombre d'endroits, les paysans demeuraient couramment vingt ou trente ans sans rien payer. En d'autres, ils avaient obtenu des arrangements qui réduisaient considérablement les anciens taux. En d'autres encore, en achetant la terre, ils avaient acquis du même coup les droits qui pesaient sur elle. Des centaines de péages avaient été supprimés par les intendants. Si le cens n'avait plus de raison d'être, les banalités se justifian et encore par une contrepartie: l'entretien d'un pressoir, d'un four ou d'un moulin.

"La dîme ecclésiastique impliquait de même que le Clergé ferait les frais du culte, instruirait les enfants, assisterait les pauvres et soignerait les malades" ( Pierre Gaxotte, ibid., p. 26-27).

"Le Clergé a alors en charge deux des fonctions auxquelles l'Etat moderne semble le plus tenir, pour lesquelles il dépense beaucoup et dont la monarchie ne s'occupe que par accident: l'isntruction publique et l'assistance. il y consacre une grosse part de ses revenus ( Pierre Gaxotte, ibid., p. 9).

"A la vérité, l'odieux de survivances féodales n'était point dans leur poids, mais dans le simple fait qu'elles étaient des survivances avec tout ce que cela entraîne d'incertitudes et de querelles... Et c'est bien là, en effet, que gisait le mal. Les droits féodaux étaient un prétexte infini à chicanes.

"Dans le Rouergue, Arthur Young trouve des gentilshommes dont le revenu atteint difficilement cinq cents livres. Un autre voyageur, Smolett, assure que les gentilshommes du Boulonnais ne sont pas assez riches pour faire plus d'un repas par jour, soupe, bouilli, poisson et salade...

"Comme le père de Chateaubriand qui logeait cinq domestiques et deux juments dans un château où auraient tenu cent chevaliers, leur suite et la meute du roi Dagobert, ils vivotaient chichement dans leurs manoirs démeublés et délabrés. Le plus souvent, leurs dernières terres étaient hypothéquées et ce n'est pas apr palisir qu'ils avaient engagé leurs rentes aux hommes d'affaires qui en poursuivaient le recouvrement avec une âpreté qu'ils n'y auraient jamais mise eux-mêmes.

"Les paysans n'avaient aucun motif pour les détester personnellement. En beaucoup d'endroits, au plus fort de la terreur, ils les protégeront et ils les sauveront..." ( Pierre Gaxotte, ibid., p. 28-29).

Conclusion

En 1789 le peuple était catholique & royaliste. Une minorité de factieux appartenant à des "clubs de pensée" parvint donc à manipuler quelques groupes pour renverser la Monarchie. La suite est une succession de carnages et d'atrocités: les révolutionnaires se déchireront entre eux pour acquérir la gloire d'avoir renversé le Trône et l'Autel.


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C'est ainsi que l'on punit les traîtres... - gravure d'époque